PATRIARCHE ESTEPHAN DOUAïHY: VIE ET OEUVRES


 PATRIARCHE ESTEPHAN DOUAïHY: VIE ET OEUVRES, Beyrouth, 1ère Edition 1991, 2ème Edition 2004.
 

PATRIARCHE
ESTEPHAN
DOUAïHY


VIE
ET
OEUVRES

Père Nasser GEMAYEL


PATRIARCHE
ESTEPHAN
DOUAïHY


VIE ET OEUVRES


Préface du P. Ignace SAADE M.L


Beyrouth


1ère Edition 1991

2ème Edition 2004

La Vie du Patriarche Etienne Douaïhy


Les Maronites voient en la personne d’Etienne Douaïhy, originaire d’Ehden, le plus éminent Patriarche de leur Eglise, et la référence la plus fiable parmi ceux qui ont écrit leur histoire et cherché à organiser les rites du culte. Il est même l’un des plus grands historiens arabes de l’époque ottomane, le père de l’histoire moderne du Liban, et un illustre pionnier de la Renaissance Intellectuelle en Orient.

A- Naissance et études à Rome

Il est né le 2 août 1630, dans une région de la haute montagne libanaise, près de la Forêt des Cèdres, à Ehden, localité qui a donné au Liban des patriarches, des évêques, des moines, des ermites, des prêtres, des penseurs et des leaders. Son père était le sous-diacre Mikhaïl, fils du prêtre Moussa, et sa mère, Mariam El Douaïhy (1). Ayant perdu son père alors qu’il n’avait que trois ans, il a grandi en orphelin. Lorsqu’il eut atteint les onze ans, et suite à la demande d’un parent, l’Evêque Elias El Ehdeni, le Patriarche Gergès Omaïra, lui aussi originaire d’Ehden, l’envoya en 1640 ( ?) au Collège Maronite de Rome, ainsi que trois autres jeunes : Youssef El Rami et son frère Boutros, lesquels, plus tard, ont pris le surnom Toulawi; et Boutros, fils du prêtre Ibrahim, de la famille Oumaya El-Hednani, ordonné plus tard Evêque de Sidon, par El Douaïhy. Ils y sont arrivés ensemble, au mois de juin, 1641, en compagnie du prêtre Semaan Toulawi (l’oncle des sus-mentionnés Youssef et Boutros) et du diacre Youssef Fetyan Hasrouni (2).

Son séjour à Rome a duré quatorze ans -jusqu’au 3 avril 1655- durant lesquels il a étudié ce qu’un étudiant en théologie apprenait à cette époque, c’est-à-dire la rhétorique, la logique, les mathématiques, la philosophie et la théologie, et les langues arabe, syriaque, italienne, latine et grecque. Atteint de cécité, à force d’études et de lectures, c’est miraculeusement, grâce à la Sainte Vierge, qu’il a recouvré la vue et qu’il a pu continuer ses études. Après son retour au Liban, ayant refusé de rester en Europe comme enseignant dans l’une de ses universités, à l’instar de certains étudiants du Collège Maronite, tels Sahyouni, Haklani, Chalak et autres, il fut ordonné prêtre par le Patriarche Youhanna Sefrawi (1648-1656), le 25 mars 1656. Dès lors, il ne cessa d’enseigner, de prêcher, de confesser les pénitents, de réconcilier les adversaires, de faire de son mieux pour la propagation de la religion catholique. Ensuite, il fonda, au Couvent de Mar Yaacoub Al Ahbach, une école d’environ 40 élèves à qui il apprenait, gratuitement, les principes de la langue syriaque, la catéchèse et les bonnes mœurs; plus de douze d’entre eux se sont voués au sacerdoce. Tout au long de son service pastoral, il n’a cessé de débattre de questions d’ordre religieux avec « les hérétiques et les Turcs », et à rédiger divers ouvrages au service des âmes, parmi lesquels le dictionnaire syriaque-arabe, des écrits de liturgie, et d’autres sur les sept mystères. S’il avait eu assez d’argent, il aurait vraisemblablement demandé à un scribe de copier d’autres liturgies, -non comprises dans le bréviaire imprimé-, des vies de Saints ainsi que la cérémonie des sept mystères dont les exemplaires était devenus rares, que ce fût sans raison valable ou par manque de scribes (3).

B- Douaïhy à Alep pour la première fois

Le Patriarche Gergès Besbeli (1657-1670) l’envoya en tant que prêcheur et ministre de la paroisse maronite à Alep où il s’est rendu pour la première fois, durant le carême de 1658, en compagnie de l’ةvêque Andraos Akhijan, un diplômé du Collège Maronite et, ultérieurement, Patriarche des Syriaques Catholiques. Il servit dans cette paroisse cinq mois pendant lesquels il prêcha en arabe et enseigna, les dimanches et les jours fériés, à l’église maronite de Saint Elie. Parfois, il prêchait le Consul français, François Piquet et le reste des commerçants européens en italien. Lors de sa mission à Alep, il a eu l’occasion de débattre la question sur “ la primauté de l’ةglise Romaine” avec un ministre anglais, le Patriarche des Arméniens et l’ةvêque des Grecs. Il leur démontrait qu’elle était le Roc sur lequel le Christ avait fondé son ةglise, et que les portes de l’enfer, c’est-à-dire les Hérétiques et les Turcs, nepourraient rien contre elle.

C- Douaïhy à Jeita

Après son retour au Mont-Liban, il reçut la bulle attestant son acceptation parmi les missionnaires de la Congrégation pour l’évangélisation de l’Orient, et où il se devait, suivant ce privilège, d’informer le Siège Apostolique par des rapports complets sur ses activités, et d’accomplir ce que cette prérogative lui imposait contre un salaire annuel. ہ cause de la tyrannie des Turcs dans les régions du Nord-Liban, il décida de se réfugier dans les contrées du Kesrawan où la sécurité et la paix prédominaient sous le règne du Prince druze (*) et du Cheikh Abou Nawfal el Khazen. Le prêtre Etienne Douaïhy a choisi de vivre avec son frère, près d’Antoura, à Jeita où la moisson était abondante et où vivaient certains pères Jésuites. Sa mission là-bas était limitée à enseigner à quinze étudiants, les sciences humaines et ecclésiastiques, la catéchèse et la langue syriaque. En outre, il s’était chargé d’enseigner la langue arabe au Père Jésuite Antoine qui résidait au couvent d’Antoura. Les dimanches et les jours fériés, il prêchait les croyants dans les églises et les couvents des villages environnants, appelant les antagonistes à se réconcilier et à vivre en paix, à recevoir le sacrement de l’Eucharistie, à rejeter les rancunes et à vivre dans la crainte de Dieu en paroles et en actions. Durant toute cette période il n’a pas cessé d’écrire son livre “Manarat Al Akdass”. ہ peine l’évêque Elias el Ehdeni était-il décédé en 1659, que tous les regards se dirigèrent vers lui pour qu’il la succède à lui paroisse d’ Ehden. Les Ehdéniotes écrivirent à ce sujet au Patriarche Gergès Besbéli, qui lui aussi s’était réfugié dans les contrées du Kesrouan fuyant l’injustice et les extorsions. Mais Etienne Douaïhy refusa sous prétexte que ce rang était élevé et qu’il lui était impossible en tant qu’Evêque de continuer ce qu’il avait entamé en tant que prêtre (4).

D- Douaïhy visiteur patriarcal

En 1660, après un séjour à Jeita d’un an environ, il fut chargé par le Patriarche Besbéli de se rendre dans les régions du Chouf, de Sidon, de la Békaa, dans les contrées de Bchara, de Marjeïoun, de Wadi Al Taïm et dans d’autres régions avoisinantes où la moisson était abondante et les ouvriers peu nombreux; ces contrées étaient relativement loin du siège patriarcal, et la majorité de leurs habitants étaient des Turcs, des Druzes, et des Grecs qui posaient de multiples problèmes aux Maronites à cause de la divergence, sur les questions de la foi tels la primauté de l’Église, les carêmes et la Fête de Pâques.

Douaïhy, s’est efforcé, alors durant sa mission, de rencontrer les curés et de régler les différends existant dans leurs paroisses. Il leur expliquait la doctrine chrétienne, appelait à la confession et accomplissait le travail de missionnaire. Suite à une tournée qui a duré trois mois, il présenta un rapport détaillé au Patriarche qui avait quitté le Kesrouan et était retourné à son siège à Qannoubine, parce que l’Émir des Druzes (*) avait pris possession du pouvoir au Mont Liban, et confié l’autorité de Kesrouan à Abou Nawfal el Khazen. Le Patriarche se réjouit du succès de la mission de Douaïhy et lui demanda de rester auprès de lui à Qannoubine, d’autant que les parents de celui-ci à Ehden le reclamaient pour y fonder une école pour leurs enfants. Le voilà donc de nouveau dirigeant l’école du Couvent Mar Yaacoub Al Ahbach, avec le père Moussa, fils du Hage Youssef, pour assistant (5).

Entre-temps, Douaïhy reçut une lettre du Consul français à Alep, François Piquet, lui demandant de se diriger en Inde afin d’y fonder une mission. Il lui répondit que d’une part cela relevait de la Congrégation de l’évangélisation du monde et de son Excellence le Patriarche, et d’autre part, il ne connaissait ni la langue indienne, ni les coutumes de ce pays (6).

Quel était l’état de l’Église Maronite en 1661?

Dans une lettre adressée à Mario Albricci, Secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation du monde, Douaïhy disait que tous les Patriarches Maronites portaient le prénom de Boutros comme l’Apôtre qui a avait établi le siège d’Antioche, et que le Patriarche Gerges Besbéli avait envoyé à Rome le moine Carmélite Youhanna pour lui apporter le pallium. Au sein de l’Église Maronite à cette époque, il y avait onze Evêques dont quatre anciens du Collège Maronite : Ishak El Shadrawi (+1663), Evêque de Sidon qui vivait en ce temps-là dans les régions du Kesrouan, Mikhaïl Hasrouni (+1669), Evêque de Tripoli, Andraos Akhijan Abed Al Ghal qui vivait à Alep et se consacrait à la conversion des Jacobites, et Sarkis Al Jamri, Evêque de Damas, qui était en France (7). Trois Evêques vivaient avec le Patriarche : Gergès Habkouk, Yaacoub El Rami et Gerges Al Arjassi. Les quatre autres sont des abbés de couvent : l’abbé du couvent Mar Sarkis et Bakhos à Ehden, Boulos el Ehdeni, puisque Ehden avait son propre Evêque qui remplaçait le Patriarche à sa mort, Ibrahim, Abbé du couvent Mar Antonios Kozhaya, Youssef, abbé du couvent Notre Dame de Hawka, et Yaacoub qui habitait au Kesrouan.

Alors que les chefs laïcs étaient : le Sheikh Abou Nawfal el Khazen, consul de France à Beyrouth, chevalier et gouverneur du Kesrouan ; les fils Hobeich qui étaient auparavant, gouverneurs du Mont-Liban et le Sheikh Abou Yazbeck, gouverneur de « notre montagne ». Ils étaient les conseillers et les secrétaires des Princes druzes.

En ce qui concerne la vie monastique dans l’Eglise Maronite, El Douaïhy disait qu’elle avait commencé à s’anéantir et à disparaître en raison de l’injustice et des extorsions. Les prêtres séculiers étaient en majorité mariés et très pauvres, mais ils s’appliquaient beaucoup à leur ministère. On y comptait environ une vingtaine qui avaient suivi leurs études au Collège Maronite de Rome (8).


E- Douaïhy curé de la paroisse de Ardeh

Outre son occupation à l’école, il fut chargé par le Patriarche Besbeli du service pastoral dans le bourg de Ardeh et les villages voisins. Une lettre datant de l’époque où les malades étaient très nombreux, rapporte qu’il était obligé de se procurer une mule pour se déplacer. Alors il passait toute la journée à leur rendre visite en leur administrant les Saints Sacrements. Etienne Douaïhy est resté au service de la paroisse de Ardeh et de ses environs, de novembre 1661 jusqu’au deuxième dimanche de Pâques de l’année suivante (9). Sa mission fut tellement fatigante que sa santé se détériora (10). Mais son état n’empécha pas le père Jésuite Nicolas, chef de la mission en Syrie, de lui demander de l’aider pour entrer dans les pays de Noussayria, vu qu’il ignorait la langue arabe et les mœurs de ces pays. Il lui obtint une permission du Patriarche. Mais Douaïhy suggéra de différer cela quelque peu, le temps que la situation du pays se calme, ensuite il l’accompagnerait pour voir s’il y aurait moyen de faire du bien quand bien même cela n’était pas facile (11).

F- Douaïhy à Alep pour la seconde fois

La présence des Maronites à Alep est très ancienne, elle remonte à l’époque de l’empereur Hercule (610-641). Mais jusqu’au XVème siècle, il n’y avait pas d’informations suffisantes sur l’état de cette communauté. Cependant, ce qui est évident, c’est qu’il y a toujours eu un contact entre le Mont Liban et les Maronites d’Alep. Ceux qui étaient persécutés à Alep, se réfugiaient au Mont Liban, et ceux qui désertaient le Mont Liban trouvaient toujours un travail et un logement, à Alep. En effet, la plupart des familles maronites d’Alep sont venues des villages de Bcharri, Ehden, Blouza, Bann, Ijbeh, Sara’al, Hadchit, Hasroun, Abdine, Akoura. Deux témoins attestent ce qui a été avancé : d’une part, le registre des baptêmes qui remonte à 1666, et qui est le plus ancien en Orient ; il mentionne pour chaque baptisé, le nom du village libanais dont il est originaire, et, d’autre part, les noms des prêtres qui se sont succédé au service des Maronites à Alep.

Alep fut donc pendant longtemps la seule ville des Maronites, et le Patriarche lui portait un intérêt particulier. Voyant que ses enfants y étaient devenus nombreux, il leur nomma des Evêques pour diriger leurs affaires, leur rendre visite et percevoir la dîme. Le Patriarche envoyait aussi au service des Maronites les meilleurs étudiants du Collège Maronite de Rome, car la ville d’Alep attestait une forte interaction entre la diplomatie étrangère et l’activité des différents missionnaires latins d’une part, et l’Orient Chrétien et Ottoman, de l’autre. Comme Douaïhy était un prêtre remarquable, sa première mission avait laissé une très bonne impression chez les habitants d’Alep, et les a poussés à le réclamer une seconde fois pour les servir. Mais quand le Patriarche lui demanda, en 1662, de se rendre de nouveau à Alep, Douaïhy refusa ; alors l’Evêque Boulos El Ehdeni intervint pour le convaincre d’y aller, ce qu’il fit, par obédience après deux mois d’hésitation et d’objections (12). Il emmena ses parents à Alep, mais au lieu de lui donner quelque répit dans cette ville (13), ils lui causèrent des problèmes ennemis.

Dès son arrivée à Alep, il fonda une école connue sous le nom de «l’Ecole Maronite ». Elle devint célèbre du temps du père Boutros Al Toulawi, ancien du Collège Maronite de Rome. Cette école a formé une série de savants et de fondateurs d’Ordres de différentes communautés chrétiennes. Douaïhy y a enseigné les langues syriaque, arabe et italienne à vingt élèves qui formaient tout son effectif. Les dimanches et les jours féries, il prêchait à l’église Saint-Elie, et accomplissait beaucoup de bien parmi les Maronites d’Alep qui interagissaient avec le reste des communautés chrétiennes et musulmanes, n’étant pas victimes de l’injustice et des taxes imposées quotidiennement au Mont Liban (14). A Alep, Douaïhy a eu l’occasion de vivre les questions théologiques sur lesquelles le Catholicisme et l’Orthodoxie avaient des opinions différentes, surtout en ce qui concerne la primauté de l’Eglise Romaine et sa préséance sur le reste des Eglises missionnaires, et autres questions qui étaient et qui sont toujours des sujets de polémique. Le problème des Jacobites entre les Catholiques et les Grecs d’Alep n’a fait qu’empirer. Deux Patriarches ont été élus en même temps. De gros impôts ont été imposés à tous ceux qui obéissaient à Akhijan, alors nombreux fidèles l’ont abandonné. Le nouveau Patriarche commença à écrire plusieurs lettres, essayant de confirmer la foi de sa communauté et de prouver le principe du monophysisme chez le Christ. Alors Douaïhy s’opposa à lui en démentant ses propos et affirmant que le Christ a deux natures et que Dioscore n’était pas légitime. Il discutait avec les savants grecs les questions du purgatoire, de la procession du Saint Esprit et de la primauté du Pape de Rome (15). Douaïhy raconte dans ses correspondances qu’il a composé un livret expliquant position du IV Concile Œcuménique de Chalcédoine et celle du Pape Léon. Douaïhy était compréhensible vis-à-vis des missionnaires latins d’Alep, Il a même fait de son mieux auprès de l’Evêque Maronite d’Alep, Gébraïl Al Blouzawi, pour leur accorder la permission de prêcher en public, au moins durant les grandes fêtes. Parfois, il les aidait à améliorer leur arabe (16). Il a fini par leur obtenir du peuple, de l’Evêque Gébraïl Al Blouzawi et du Patriarche un permis pour prêcher quatre fois par an (17).

En 1665, Douaïhy avait déjà terminé la deuxième session d’une série de quatre sessions qu’il prêchait à l’église Saint Elie à Alep. En plus des paroissiens maronites, des missionnaires latins assistaient à ces sermons, ainsi que des commerçants européens surtout des Français et des Grecs, des Arméniens, des Jacobites et des Nestoriens. Parfois y assistait aussi le Patriarche syriaque Andraos Akhijan, qui, avec les Grecs, réclamait qu’on conserve ces sermons (18).

L’objectif premier de ces sermons était bien sûr, la formation spirituelle des Maronites d’Alep, dont le nombre à l’époque de Douaïhy, était de 3000 environ. Douaïhy déclare aussi, que l’Eglise Maronite, relativement peu nombreuse, était la seule en Orient à reconnaître la primauté de Boutros, et que même si l’enfer s’armait contre elle, il ne pourrait entamer son obéissance au pontife romain, vu qu’elle était protégée par une prérogative particulière et par une grâce divine (19). Le deuxième objectif concernait les chrétiens d’Orient qui venaient en masse se confesser et communier chez les Maronites, peu soucieux de l’attitude de leurs supérieurs directs, et de la réaction négative des Turcs. Douaïhy les poussait à adhérer à l’Eglise de Rome et au Catholicisme (20). Pour cela aussi, il s’est chargé de préparer un projet de concordance entre les divers textes des messes célébrées aux sièges apostoliques orientaux, c'est-à-dire Antioche, Alexandrie, Jérusalem et Constantinople. La concordance serait entre les multiples messes citées en arabe d’un côté et les messes latines, de l’autre. De même, elle serait faite entre les messes grecques, syriaque, copte et abyssine. Dans le cas où une version de la messe abyssine n’était pas obtenue, il la remplacerait par la messe arménienne (21).


G- Douaïhy tente de retourner au Liban

En 1665, Douaïhy demanda de retourner au Mont Liban comme le stipulait l’accord imposé aux étudiants du Collège Maronite de Rome, selon lequel chaque étudiant devait travailler trois ans sous les ordres du Patriarche à l’endroit que celui-ci désignerait, que ce soit au Mont Liban, à Alep, à Chypre ou ailleurs. A la fin de la période requise, Douaïhy a essayé de retourner au Mont- Liban et a écrit au Patriarche ainsi qu’à l’Evêque Al Blouwasi d’Alep, qui était au Mont Liban, au couvent de Tamich, leur demandant de lui accorder la permission de rentrer. Mais la réponse a tardé à venir soit à cause de la guerre qui se déroulait au Mont Liban, soit à cause des bandits, soit suite à la migration. Le Patriarche lui-même avait, en fait, quitté Qannoubine et s’était réfugié au Kesrouan. Comme la réponse ne vint pas, Douaïhy écrivit aux Cardinaux de la Sacrée Congrégation leur exposant son cas, et les informant de sa conviction, que le fait de retourner au Mont Liban ou de rester à Alep lui était devenu complètement égal, puisque la fatigue était la même, que ce soit dans l’un ou l’autre des deux endroits (22). En 1666, il entama la quatrième session de la série de sermons (23).

Rome était plus proche d’Alep que le Mont Liban, puisqu’à l’arrivée de la demande de Douaïhy « missionnaire dans son pays » de retourner au Mont Liban, la Sacrée Congrégation écrivit au consul français à Alep, François Baron, le 19 juin 1666, s’informer sur les préoccupations de Douaïhy à Alep. Le Consul répondit, le 24 janvier 1667, « que tout ce qu’on connaît du père Etienne, c’est qu’il prêche souvent dans son église, qu’il écrit et enseigne la lecture et l’écriture à sept ou huit enfants. C’est un prêtre compétent sans aucun doute, et c’est sûrement dommage qu’il ne s’intéresse pas à la mission au Mont Liban où il sera en sécurité des dangers et où la moisson est abondante (24)».

En 1667, Douaïhy eut 37 ans. Cinq ans s’étaient déjà écoulés à Alep. Il avait atteint un niveau poussé en maturité, en pensée et en analyse ce qui était évident dans ses correspondances. A titre d’exemple, il disait dans une lettre au Siège Apostolique, que l’Orient ne méritait pas d’être appelé Orient mais mélange (chaos) de rites (25), à cause de l’injustice et des persécutions.

H- Etienne Douaïhy Evêque

Douaïhy décida de mettre fin à son service à Alep, après six ans de travail continu dans l’activité apostolique accablante, accomplissant les prières du matin, du soir, de la nuit et les messes, l’enseignement à l’école ainsi que le service pastoral où il assurait les confessions, visitait les malades, réconciliait les antagonistes et prêchait dans toutes les fêtes et les dimanches… Durant ces années, il lui arrivait rarement de se reposer (26). Le 21 mai 1668, il dut quitter Alep pour le Mont Liban où il rencontra le Patriarche Besbeli et lui demanda la permission de visiter La Terre Sainte, en compagnie de sa mère et de son frère Moussa. « Il était un exemple pour les visiteurs, et, disait le frère Franciscain Théophile Toula gardien des terres saintes, nombreux de nos frères l’ont rencontré et ont témoigné de ses vastes connaissances, de sa vertu et de sa sagacité (27)». Après son retour au Mont Liban, les chefs, tant laïcs que spirituels, l’obligèrent à accepter, le 8 juillet 1668, l’évêché sur l’île de Chypre, dont le siège était devenu vacant suite au décès de l’Evêque Sarkis al Jamri d’Ehden (28). Durant sa visite pastorale aux Maronites de l’île (29), en 1669, il laissa quelques annotations de sa main sur des livres et registres sauvegardés jusqu'à nos jours. Il a été aussi cité dans le registre de la ville d’Asomatos: « En 1669, je me suis présenté, moi le misérable parmi les Evêques, Etienne Douaïhy d’Ehden, Evêque de l’île de Chypre pour visiter les enfants de ma paroisse maronite, et les habitants du village d’Asomatos, le 13 mars de l’année susmentionnée…Nous les avons confirmés par le chrême et Dieu les confirmera dans sa fidélité. Nous avons ordonné Issa, fils de Mikhaïl diacre choriste et portier, que Dieu l’éclaire et le guide aux hauts degrés pour bâtir son Eglise (30)». Douaïhy ordonna aussi à l’église Saint Romanos dans le village de Fono des diacres, des choristes et des portiers. Il a béni une petite table pour la messe au village de Gambline que le père Boutros Chebli a transportée comme relique sacrée à Bkerki en 1902 (31).

I- Etienne Douaïhy Patriarche

Après la mort du Patriarche Gergès Besbeli le 12 avril 1670, de la peste, qui a ravagé à Alep et à Damas seules, plus de 215 000 personnes, Etienne Douaïhy lui succéda, le 5 mai de la même année, à l’âge de quarante ans. Au début, personne ne l’a accepté ; le cheikh Abou Nawfal était le premier contestataire, car il considérait que l’élection s’était effectuée rapidement et sans sa permission, étant Consul de France à Beyrouth (32). Il y avait même quelques évêques non disposés à reconnaître en Douaïhy leur Patriarche ; aussi ont-ils écrit à Rome à ce propos, exprimant leur refus (33). Pour toutes ces raisons, quand Youssef Hasrouni, son légat, archevêque de Tripoli, est arrivé plus tard à Rome pour demander le pallium, le Siège Apostolique le fit attendre, Etienne Douaïhy s’en remit au Cardinal Berberini vers la fin du mois de mars 1671, et au Père Général des Jésuites, père Giovanni Pablo Oliva, le 28 août de la même année afin d’obtenir le pallium de confirmation de Rome. Dans cette lettre, il exprimait son affection filiale envers ses anciens professeurs du Collège Maronite et promettait de protéger les missionnaires jésuites (34). Puis Douaïhy a contacté le Consul de France à Sidon Boncorse, en lui rappelant la collaboration militaire et humanitaire qui a eu lieu entre les croisades et les Maronites, mais il ne lui a pas demandé explicitement son intervention pour accélérer l’obtention du pallium (35). Le Père supérieur des frères de Saint François à Jérusalem est intervenu en faveur de Douaïhy (36). Après ces nombreux contacts avec les autorités étrangères concernées, et en raison de la conduite correcte dont il avait fait preuve, les choses se calmèrent et les objections se dissipèrent. Ainsi put-il l’obtenir dignement, et par sa compétence le 8 août 1672 (37). Mais il ne le reçut effectivement que le 6 octobre 1673 au retour de Youssef Hasrouni, son légat qui avait ramené aussi la kwaliriya pour les deux cheikhs Abou Kanso et Abou Nassif Khazen.

Etienne Douaïhy a résidé à Qannoubine, siège de ses prédécesseurs et successeurs jusqu'en 1790. Néanmoins, les batailles continuelles à cette époque, surtout celles qui se déroulaient entre les Druzes et les Chiites d’un côté, et entre les émirs libanais et les pachas turcs de l’autre, en plus des vexations qu’il endurait, le poussaient souvent à s’abriter dans les grottes et les cavernes avoisinantes, et à se réfugier dans des endroits plus sûrs, tels le couvent de Mar Chalita Moqbess au Kesrouan, et celui de Majdel Me’ouch au Chouf. Comme il n’y avait pas à El Jebbeh de préfet permanent, Douaïhy s’appliqua à nommer un seul et unique dirigeant maronite. Combien de fois a-t-il réuni ses cheikhs et s’est-il emporté contre eux ! Et combien de fois les a- t- ils sermonnés et essayé de les mener en vain à la vertu! Un jour, il les a réunis au village de Aïto afin de discuter des affaires du pays, la réunion eut lieu sous un figuier, et, comme ils ne se sont pas réconciliés, il les excommunia, les maudit et se mit en colère contre eux. Sur le champ, le figuier s’est desséché et a perdu ses feuilles (38) et est resté toujours dans cet état. Tout cela montre clairement l’intérêt que portait Douaïhy à l’organisation de son Eglise, afin qu’elle soit ouverte aux Druzes, d’une ouverture devenue une tradition maronite depuis le patriarcat de Youhanna Makhlouf, et à toutes les Eglises orientales et missionnaires latines à l’intérieur, ainsi qu’au siège apostolique et la France à l’étranger. Du fin fond de la vallée de Qannoubine, il s’adressait à eux, discutait et réfléchissait avec eux. Son but était de maintenir un équilibre stable entre l’ouverture à l’Eglise Romaine, où il avait acquis ses études, et la préservation des caractéristiques de l’Eglise Maronite Antiochienne Syriaque, qui vivait en parallèle avec le reste des Eglises orientales et qui était entourée de nombreuses populations non chrétiennes. Il a consacré sa vie entière à cette Eglise qu’il a tant aimée et lui a collecté livres, manuscrits et documents. Il lui a aussi conféré une identité orientale, marquée d’une organisation latine ; puisque la plupart des évêques qu’il avait ordonnés, étaient des anciens du Collège Maronite de Rome (39). Il a même élevé à l’épiscopat à Tyr en 1691, Juliano Ramirez, un moine espagnol de l’Ordre des Franciscains. Ce dernier s’est avéré d’un zèle excessif pour la religion et a prouvé qu’il était capable d’aider les Maronites notamment quand il a reçu une subvention annuelle de 200 scoudes de la Duchesse Avero afin de fonder une imprimerie au Mont Liban. Il était convenu qu’elle fût installée au Kesrouan, au monastère de Mar Chalita Moqbess, ou siégeait le Patriarche et où les cheikhs el Khazen assuraient sa protection. De cette manière, si le projet avait été exécuté, Douaïhy aurait pu imprimer lui-même ses oeuvres, mais ces œuvres attendaient dans les tiroirs de la bibliothèque du Collège Maronite de Rome et dans la bibliothèque de la Congrégation pour l’évangélisation du monde (40).

Sous le patriarcat de Douaïhy, les Ordres Maronites masculins ont été réformés et organisés suivant une organisation latine occidentale. Sa forte personnalité, sa conduite ascétique et sa clairvoyance ont contribué à transformer l’Eglise Maronite en un ouvroir unique qui a atteint l’Homme et la pierre. Jusqu'à nos jours, cette Eglise continue de puiser à sa source intarissable.

Celui qui étudie la biographie d’Etienne Douaïhy, constate que ce Patriarche n’a pas eu de répit dans sa vie : il a connu de nombreuses batailles, maints vexations et changements politiques mais sa devise a toujours été de préserver les intérêts de son peuple, et de le défendre devant les plus hautes instances politiques et religieuses de l’époque. Il remuait ciel et terre pour sauvegarder le « petit troupeau » afin que la dignité du Patriarche d’Antioche et celle de la lignée de Maroun ne soient pas atteintes. Il correspondait avec le roi de France et ses consuls dans les ports du Levant ; il écrivait aussi constamment au Souverain Pontife et à la Sacrée Congrégation et n’omettait pas de déléguer évêques et légats qui le suppléaient et parcouraient les mers et les terres (41), afin que l’Occident chrétien, de Rome à Paris, de la Toscane à l’Espagne, ressente les soucis des chrétiens orientaux, et fasse pression sur Constantinople et ses agents afin de cesser leurs vexations.

En effet, les documents patriarcaux maronites de Bkerké, les archives du Ministère Français des Affaires Etrangères à Paris, ainsi que les documents de la Congrégation pour l’évangélisation du monde conservent toujours ces correspondances. Les archives du sultanat ottoman sont supposées, elles aussi déborder d’informations identiques et de détails rares qui ne seraient présents qu’à Ankara. Cependant, nous avons voulu signaler certaines nouveautés déjà anciennes qui ont mis le point sur les dernières années de la vie d’Etienne Douaïhy, c’est-à-dire de 1695 à 1704.

Les vexations dont le Patriarche Etienne Douaïhy était victime, l’ont toujours poussé à quitter le Couvent de Qannoubine, siège patriarcal, et à se réfugier tantôt au Kesrouan sous la protection des cheikhs el Khazen, tantôt au Chouf sous l’égide des Ma’rouf. A chaque fois, des groupes divers, étrangers et locaux, intercédaient afin qu’il retourne à son siège, la tête haute, protégé et confiant. En 1695, le gouverneur de Tripoli l’apaisa et l’incita à retourner à son siège en le rassurant que le Consul de France payerait ses dettes. Il lui dit :

« Fierté des Chrétiens, Patriarche de (ceci) Qannoubine, que Dieu vous assiste.

Deuxièmement, nous vous informons qu’avec l’arrivée du (biureldi) chez vous et en écoutant ce qu’il a à vous dire, vous seriez calme d’esprit ; et nous vous implorons de retourner à votre siège et vous ne paierez que ce que vous devez habituellement et nous ne vous remettrons à personne. Vous allez recevoir une lettre du Consul pour vous informer et elle vous sera remise des sa réception ; vous continuerez à lui payer votre dû d’argent et il vous prendra en charge. Personne ne s’opposera à vous et nous vous demandons de revenir sur votre décision et de retourner à votre siège. Nous nous engagerons complètement vis-à-vis de vous (42) ».

Arslan Mohammad, gouverneur de Tripoli, renouvela cela en 1697 et apaisa l’esprit de Douaïhy après que l’interprète du consulat français à Tripoli, l’eut informé de l’agression contre les montures du monastère de Qannoubine, et lui demanda d’y retourner en lui disant : « Fierté des Chrétiens, Stéphanos Patriarche de Qannoubine, que Dieu vous assiste. Deuxièmement, nous vous informons que notre interprète chrétien (Antoun) Tarabey (Torbey) nous a communiqué qu’un officier de Jebbeh a exploité les montures du monastère (Qannoubine) ce qui vous a bouleversé; Nous non plus, nous n’accepterions point que cela vous arrive ainsi qu’aux autres ; en effet, nous avons averti l’officier de la région de ne plus obstruer ni les montures du monastère de Qannoubine ni celles des autres monastères dans la région afin que vous ayez la tête reposée de tous les côtés. Nous vous demandons aussi de convenir avec les cheikhs de la région sur le dû d’argent que vous devez normalement et de vous trouver quelqu’un qui vous prenne en charge, afin qu’il vous paie votre dû d’argent comme d’habitude, ainsi que de vous engager avec les cheikhs en ce qui concerne le dû d’argent, la construction de la région et la conciliation des cœurs des malheureux de la paroisse, ce qui nous réjouirait énormément, aussi vous vous arrangerez pour organiser les affaires de vos monastères, et leurs montures pourront descendre et remonter sans que personne ne s’y oppose ou ne les exploite. Nous refusons catégoriquement, que de nos jours, quelqu’un soit victime d’une quelconque agression ou insolence. Veuillez apaiser l’esprit de votre entourage de tous les points de vue et qu’ils soient complètement confiants : nous nous engagerons à fond ». L’an 1109 après l’Hégire (43).


Référence no 42 : Lettre de Wali Tripoli au Patriarche en 1695


Référence no 43


La description précise et fidèle du caractère du Patriarche Etienne Douaïhy durant sa vieillesse est bien conservée dans une lettre adressée par le consul français à Sidon, Jean Baptiste Estelle (1702-1711) au ministre Bonchartrin, le 16 août 1702 (44). Monsieur le Consul était l’invité du Patriarche avec quelques commerçants français en compagnie du second interprète au consulat français à Tripoli, Antoun Torbey, le 14 août 1702, après son retour de la visite des cèdres, et il séjourna deux jours et demi au monastère de Qannoubine. Le Patriarche était informé que le Consul venait le voir, au moment où le convoi s’était approché du Siège patriarcal, il envoya pour le recevoir, quatre évêques, pendant que lui était resté à l’attendre à la porte du couvent à la tête d’une procession, alors que les cloches sonnaient. Quand le consul arriva où était le Patriarche, celui-ci le prit par la main et le fit entrer dans l’église au son du Te Deum. Le Roi de France, dont le portrait se trouvait sur le côté droit de l’église du couvent, avait aussi sa part aux prières du Patriarche et dans ses bénédictions. Ce Patriarche était est un beau vieillard, âgé de 80 ans. Mais il était constant qu’il avait l’esprit d’un homme de quarante. Il s’informa sur la situation en Europe et se réjouit de la mort du prince d’Orange qui était l’adversaire du Roi Louis XIV. Il déclara au Consul qu’il priait tous les jours pour le Roi et sa famille, ainsi que pour la victoire de ses soldats sur leurs ennemis. En effet, durant tout le séjour à Qannoubine, le Consul n’a entendu que des prières élevées à l’intention du Roi Français.

Le consul Estelle ne garda de sa visite à Qannoubine qu’un très bon souvenir, et à la veille de son départ, il demanda la bénédiction du Patriarche et lui offrit une belle montre, en guise de remerciement, que ce dernier accepta avec plaisir.

Le 25 Octobre de la même année, le consul Estelle parla de Douaïhy positivement ; il déclara dans sa lettre au ministère Bonchartrin que l’aide financière envoyée par le Roi français au Patriarche, était répartie d’une manière convenable puisque ce Patriarche était un homme saint qui dépensait tout ce que les bienfaiteurs chrétiens en Occident lui offraient, ainsi que ce qu’il collectait des maronites, d’un côté sur les plus pauvres, et pour payer la rançon de n’importe quelle personne qui devenait prisonnière des Turcs de l’autre, de peur que son peuple ne soit battu, maltraité ou parfois que certains n’abjurent.

Mais dans sa vieillesse, et juste avant sa mort, il arriva au Patriarche ce qu’il avait toujours craint; Issa Hamada, gouverneur de Jebbet Bcharri s’est présenté devant lui et a essayé de le forcer à payer une somme d’argent en vue d’acquitter son dû à l’encaisseur de Tripoli. Au refus du Patriarche, le gouverneur lui infligea un soufflet qui faillit le précipiter à terre.

Le Patriarche demanda l’aide des cheikhs el Khazen qui ont accouru à Qannoubine accompagnés de quatre cents soldats et l’ont conduit au Kesrouan après qu’il eut pardonné à Issa Hamadé son impétuosité et sa vilenie ; il avait aussi interdit aux Khazen de l’attaquer. Il n’oublia pas non plus d’informer le consulat français à Tripoli de ce qui s’était produit, et demanda au vice consul Poullard de lui envoyer l’interprète Antoun Torbey pour quelques jours, le temps qu’il retourne à son siège à Qannoubine. Poullard réalisa son souhait pour deux raisons : la première, parce que c’était un saint homme et la deuxième parce qu’il était à la tête de quarante mille Maronites Catholiques (45). Suite à la demande du (Katakhda) de Tripoli (46) et de l’Emir Béchir Chehab I (47), et à la suite de l’engagement de Issa et Ismaïl Hamadé eux-mêmes à ne plus s’opposer au Patriarche et au monastère de Qannoubine, le Patriarche Douaïhy quitta Kesrouan pour la dernière fois, le 19 avril 1704 et arriva à Qannoubine le 26 du mois. Mais la maladie ne tarda pas à l’accabler et il mourut le 3 mai 1704 (48) entouré de ses évêques, de ses moines et d’une foule énorme. Conformément à son testament et selon son insistance, il fut enterré dans la grotte de Sainte Marina, tombe de ses prédécesseurs.

Lors du 1er centenaire de la fondation du Collège Maronite de Rome, une inscription en latin a été écrite sous le portrait du Patriarche Etienne Douaïhy : «Il n’y a pas d’éloges qui puissent payer son dû à ce pontife puisqu’il dépasse toute louange. Il a été promu à la royauté mais trouva une chaire plus élevée et s’est appliqué à surpasser les autres non pas en question de gloire mais et en vertu. Il a écrit les histoires de sa nation et de son pays ainsi que leurs rites, ce qui lui a valu la louange. Que ses vertus soient alors répandues non seulement par les générations présentes mais par les générations passées et futures. Il a vécu une vie monastique, et se consacrait à lui-même et au service de Dieu comme s’il n’avait pas une paroisse qu’il devait organiser, et, il s’occupait des autres comme s’il n’avait pas de s’occuper ni de lui-même ni de Dieu. Il s’efforçait d’enrichir les autres. Qu’il est heureux ce pays qui reçoit le tribut de son maître, au lieu de le payer à son tuteur (49).

Lors du Synode qui s’est tenu à Bkerki, sous la présidence de sa Béatitude le Cardinal Antonios Khreich, le 3 mai 1982, il a été décidé d’entreprendre la présentation du Procès de Béatification aux instances concernées à Rome ; un comité a été formé sous la présidence de l’Evêque Ignace Ziadé, Archevêque de Beyrouth en ce temps-là. A la demande « de la ligue culturelle du Patriarche Etienne Douaïhy à Zgorta » et en réponse à son insistance, un nouveau comité épiscopal s’est formé, un décret du Patriarche Nesrallah Sfeir le nº 87/132 a permis la formation d’un nouveau comité constitué de l’évêque Georges Abi Saber, Boulos Emile Saadé et Bechara el Ra’ai « pour demander l’avis de Rome ». Après, un 3eme comité s’est formé par un décret du Patriarche Sfeir lui-même sous le nº 88/166 constitué du Monseigneur Michel Hayek, postulateur de la cause, du Père Boulos Sfeir, avocat et du prêtre Youssef Tawk, greffier en plus des Evêques sus mentionnés (50) et nous ignorons « ce qu’est devenue sa cause ?! »


Référence no 46


Référence no 46


Référence no 47

Référence no 47

Référence no 49

Notes:

(1) Concernant ses ancêtres et les membres de sa famille, voir l’évêque
Boutros Chebli, La Traduction de notre Bienheureux Père Etienne Boutros
Douaïhy, Beyrouth, 1913, p.4 (arbre généalogique de la famille Douaïhy) puis
p.5-10, et le Père Ibrahim Harfouche, «Les trésors cachés des
traces de nos Bienheureux Patriarches » dans la revue Al Manara no 3, 1933 ;
p. 500-501. Se référer aussi au Père Youhanna Farah Sebaali, manuscrit Samt el-Habib, volume 3, p 774, «arbre généalogique de la Famille Douaïhy à laquelle les
Obeid prétendent appartenir» d’après le livre du Patriarche Etienne Douaïhy
à Bkerki, par le Père Etienne Assaad Douaïhy, des livres du Patriarche intitulés « Les Secrets du Siège Patriarcal » et que Farès Bey Mikhael Lahhoud Obeï a eu l’obligeance de donner. Cependant le père Ignace Saadé nous a informés que cet arbre diffère de celui imprimé par l’évêque Boutros Chebli dans son livre sus-mentionné. Le manuscrit Samt el-Habib se trouve dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais.
(2) Voir père Ibrahim Harfouche, “les Etudiants de l’Ancien Collège Maronite Romain” dans le magazine “Al Manara” 6 (1935) p.740-741. Voir aussi notre livre en français sur le Collège Maronite de Rome et ses diplômés.
(3) Nous avons puisé tous ces détails à une lettre adressée par Etienne Douaïhy aux cardinaux du Synode Sacré datant du 16/9/1658. Voir l’annexe des correspondances nº 1.
(*)Ce fut une période politique agitée entre les Quaysites et les Yamanites : en 1658, Korkomaz et Ahmad remplacèrent au pouvoir leur Père Melhem El Maani. Le Wali de Damas Ahmad Bacha El Kobarli les contraignit às’enfuir vers le Kesrouan et Jbeil. Mohamad et Mansour Alam El Dine gouvernèrent le Chouf.
(4) Revoir l’annexe des correspondances nº 2.
(*)L’Emir Ahmad El Maani prit le pouvoir après l’assassinat de son frère Korkomaz dans une embuscade dressée par les Ottomans, et suite à sa victoire sur les Alam Al Dine Alyamanyin.
(5) Voir l’annexe des correspondances nº 3.
(6) Voir l’annexe des correspondances nº 4.
(7) A son sujet, voir notre livre susmentionné, p.245-249 et 298.
(8) Annexe des correspondances nº 5.
(9) Annexe des correspondances nº 7.
(10) Annexe des correspondances nº 10.
(11) Annexe des correspondances nº 9.
(12) Annexe des correspondances nº 13 et 15.
(13) Annexe des correspondances nº 13.
(14) Annexe des correspondances nº 10.
(15) Annexe des correspondances nº 11 et 16.
(16) Annexe des correspondances nº 16.
(17) Le même référence.
(18) L’annexe des correspondances nº 12.
(19) L’annexe des correspondances nº 18.
(20) L’annexe des correspondances nº 16.
(21) Annexe des correspondances nº 12.
(22) Annexe des correspondances nº 15.
(23) Annexe des correspondances nº 16.
(24) Rome, ASPF, SOCG, Maroniti, 235 f. 178 rv.
(25) Annexe des correspondances nº 18.
(26) Annexe des correspondances nº 15.
(27) Boutros Chebli la mentionna, référence citée, p.60-62, puis P. Philippe El Semrani la copie de lui, les Maronites à l’île de Chypre, Beyrouth, 1979, p.120. C’est l’équivalent d’une réponse du moine franciscain au Pape Clément X qui voulait s’informer sur le nouveau Patriarche, c'est-à-dire en 1671, dont la confirmation a été retardée, comme on le verra plus tard.
(28) Annexe des correspondances nº 19.
(29) L’île de Chypre est redevenue, le l8 août 1988, un diocèse indépendant, le chorévèque Boutros Gemayel a été élu Evêque de l’île, et a établi son siège à Nicosie. Alors que le secteur libanais a pris le nom de diocèse d’Antélias dont l’Evêque est Youssef Béchara.
(30) Boutros Chebli a cité cette écriture, référence citée, p.32. Père Philippe El Semrani l’a republiée, référence citée, p120.
(31) Annexe précédente.
(32) Les prêtres, vêques, notables, cheikhs et laïcs maronites participaient à l’élection de leur Patriarche, avant que cette habitude ne soit annulée et que l’élection du Patriarche ne devienne la tâche des seuls évêques.
(33) On n’a pas pu savoir la raison pour laquelle les évêques ont refusé l’élection de Douaïhy. On est supposé examiner leurs objections et les révéler. On a remarqué dans quelques correspondances, que le refus était du aux dettes lourdes laissées par son prédécesseur.
(34) Annexe des correspondances nº 23.
(35) Annexe des correspondances nº 24.
(36) Boutros Chebli, référence citée, p 60-62.
(37) De la bulle papale de confirmation le 8 août 1672, et le cotte de plénitude du pouvoir pontifical connu sous le nom de pallium, le 2 Décembre 1672. Voir Boutros Chebli, la référence citée, p. 66-70, puis T. Anaïssi, Bullarium Maronitarum, Roma 1911, pp. 170-179, et d’une autre bulle du pape Clément X au Père Supérieur des Jésuites le 28 Août 1671, voir : A. Rabbath, Documents inédits, I, Paris-Leipzig, 1905, pp. 180-181.
(38) Sem’an Awwad, l’Abrégé de la vie de notre père le Patriarche Mar Etienne Douaïhy… Manuscrit Vatican Syriaque n 400.
(39) Durant son patriarcat, Douaïhy éleva à la dignité épiscopale, quatorze Evêques : Lucas Korbassi (1671), Boutros Doumit Makhlouf Ghostawi (1674), Youssef Bin Barbour Assem’ani Al Hasrouni (1675), Youhanna Ibrahim ( 1677), Boutros fils du Pasteur Ibrahim Ehdeni (1680), Youssef Moubarak Al Rayfouni (1683) Hanna Mouhasseb (1689), Gabriel Douaïhy ( 1690) Gerges Obeid Binyamin Al Ehdeni (1690) Youhanna Habqouq Albecha’alani (1691) Youssef Acchami (1691) Juliano Ramirez (1691) Youssef Suleiman (1695) Ya’acoub Awwad (1698).
(40) Voir, sur l’ordination épiscopale maronite du Franciscain espagnol, les archives de la Congrégation pour l’évangélisation du monde, à Rome. Et pour plus d’information sur les projets des imprimeries au Mont Liban, voir surtout notre article : Nasser Gemayel, « Histoire du Livre imprimé au Liban », dans Livres du Liban, Paris, 3-19 novembre 1989, pp. 14-32.
(41) Parmi eux Boutros Moubarak, Youhanna Marmakoun et l’Evêque Boutros Makhlouf Ghostawi.
(42) Bkerki, tiroir du Patriarche Douaïhy, nº2, page 17. Voir sa photocopie dans un autre endroit de cette étude. Dans les documents 18 et 18 bis, se trouvent des correspondances sur l’apaisement de l’esprit de Douaïhy concernant le moulin et la terre qu’il avait achetée à « Abou Keyrouz ».
(43) Bkerki, référence citée, feuille 20. Voir sa photocopie dans un autre endroit de cette étude. Le même sujet est répété dans le document 21 qui date de la même année.
(44) Voir la lettre en français dans:
Adel ISMAIL, Documents diplomatiques et consulaires relatifs à l’histoire du Liban, vol. 1, pp. 35-47, ou Consulat de Seyde, registre no 1017, lettre 8,
En voici le contenu :
« … Je me déterminay d’aller voir les cèdres du Liban, qui sont à six bonnes lieues de Tripoly, et de là à Canobin résidence du patriarche des Maronies, pour lequel j’avais une lettre de Votre Grandeur pour luy… Le second drogman, nommé Tourbey, était avec nous… Nous arrivâmes à six heures à Eden qui prétend avoir été le paradis terrestre. C’est le sentiment commun des Chrestiens du pais qu’ils savent par tradition. Et ce qu’il les confirme davantage à présent de leur croyance, ce sont quelques écrits que le patriarche des Maronites a fait qui le prouve, à ce qu’ils disent, d’une manière à n’en point douter…
Le patriarche était informé que je venais le voir. Il s’estait préparé à me recevoir. Dès qu’il me sent près de son couvent, il m’envoya quatre évêques pour me recevoir et me faire compliment sur ma bienvenue de sa part. Ayant répondu à son honnesteté et à celles de ses évêques nous marchâmes ensemble pour nous rendre à leur couvent. Y étant arrivé, je trouvay le patriarche à la porte en procession. Dès que l’on m’aperceut, les cloches sonnèrent, il y en a deux à ce couvent qui sont assez grandes, ce qui est particulier en ce pais, et se mirent à chanter.
Etant arrivé où était le patriarche, il me prit par la main toujours chantant et me mena à l’église où il fit chanter le TE DEUM. Après quoy, il fit prier pour le Roy dont il a le portrait au côté droit de l’église. Après cela fini, il me fit la bienvenue et commença à donner mille bénédictions à Sa Majesté et à toute la famille Royalle. J’eus l’honneur de luy rendre la lettre de Votre Grandeur qu’il receut très respectueusement.
Ce patriarche est un beau vieillard. Il a quatre-vingts ans. Mais il est constant qu’il a l’esprit d’un homme de quarante. Il me demanda avec attention la situation de l’Europe, ce que je luy appris et particulièrement la grandeur du Roy et celle du Roy d’Espagne, ce qui luy fit un grand plaisir à ce que je peus connaître, et surtout la mort du prince d’Orange. Il m’assura que tous les jours on faisait une prière, en particulier dans son église, pour la conservation de la personne sacrée du Roy et toute la Maison royalle, et pour la prospérité de ses armes pour que le Seigneur, qui est le Dieu des armées, luy donne victoire contre ses ennemis… Ce patriarche commença encore une grande prière pour le Roy. Après quoy il se dressa et beut à la santé du Roy très respectueusement.
Le lendemain, jour de l’Assomption, il officia pontificalement. Enfin, Monseigneur, pendant deux jours et demy que j’ay resté à ce couvent, qui est bâti dans un rocher et très grand qu’on nomme Canobin, qui veut dire en grec, congrégation des religieux, je n’ai entendu que des prières pour le Roy…
Ce patriarche nous traita très bien et de bonne grâce pendant le tems que nous avons resté avec luy… Je luy présentay une très belle montre, qu’il receut avec joie… ».
(45) Voir la lettre adressée par Pollard à Bonchartrin le 8 avril 1704, dans les archives du ministère français des affaires étrangères à Paris.
A.E. B 1114, Tripoli de Syrie, Correspondance consulaire, (1667-1715) f. 34 rv.
Il disait :
« … Le Patriarche du Mont Liban ayant été obligé de se retirer dans le Casravan de peur des Druses (à comprendre Banou Hamadah) qui l’ont maltraité dans sa maison patriarcale m’a écrit et prié de luy envoyer Torbay mon second Drogman pour quelques jours en ayant raison pour revenir chez luy avec son clergé et ses adhérents; comme c’est un saint homme et le chef de plus de 40 000 Maronites catholiques, j’ay cru ne devoir pas luy refuser ce petit plaisir et je luy renday mes bons offices dans les occasions pourvu que j’ay l’honneur d’être approuvé par Vostre Grandeur… »
(46) Bkerki, tiroir du Patriarche Douaïhy nº 2, feuilles10 et 11. Boutros Chebli publia la référence citée p.244-245, document nº11 seulement. Voir les photocopies des documents dans un autre endroit de cette étude.
(47) La référence précédente, feuilles nº 6 et 9. Boutros Chebli publia la référence citée p.245-246, le texte des 2 documents. Voir leurs photocopies dans un autre endroit de cette étude.
(48) Voir les détails de sa mort et du service funéraire dans le Vatican syriaque 400 et dans la référence citée dans Boutros Chebli, p. 247-250.
(49) Voir le livre intitulé en latin:
Compendiaria enarratio apparatus in Honorem, D. Ioannis evangelistae Romae, MDCLZZZV, p. 49.
Puis Sema’an Awwad, Vatican syriaque 400. Boutros Chebli a publié cette louange en arabe, référence citée p.125-126.
(50) Voir tous ces détails et autres dans le livret « époque du Grand Douaïhy », publications de la ligue culturelle du Patriarche Douaïhy à Zgorta., 1990 p.5-8.

Ses oeuvres


A- Les oeuvres historiques

B- Les oeuvres liturgiques

C- Oeuvres divers :

1- Philosophiques
2- Liturgiques
3- Traductions
4- Linguistiques
5- Economiques

D- Correspondances, Bénédictions des églises, jugements, publications et lettres de recommandation.

Œuvres Historiques

Le plus important des œuvres, dont le contenu parle de l’histoire des Maronites leur foi et leurs rites, est axé sur trois livres qui peuvent être résumés par « défendre les Maronites ». Comme chaque livre était en lui-même une unité indépendante, et fut publié séparément, on tentera de s’attarder sur chacune de ces trois parties :

1- « Le pourcentage des Maronites »

Ce livre vise à mettre la lumière sur la plus ancienne période historique des Maronites gardée mystérieuse. En effet après avoir exposé les avis des historiens et leurs positions sur cette époque, l’historien présente l’histoire de Saint Maroun en se basant sur le livre de Théodore le Corinthien (1), en plus de la lettre de Saint Jean Chrysostome qui lui a été adressée de son exil à Caucase (Arménie), et en se référant sur le peu de bases historiques établies. L’auteur évoque dans certains chapitres les moines, les couvents et les églises qui portent le nom de Maroun (chapitres 4 – 6) ; de même, il évoque les persécutions des moines du Couvent principal, à cause de l’orthodoxie de leur foi par les œuvres œcuméniques générales et leurs décisions (chapitre 7). Il reste, sans se baser sur aucune source historique, ce qui est écrit dans les trois derniers chapitres (8 – 10) sur le fondateur et l’organisateur de l’Eglise Maronite Saint Jean Maroun, et ce qui peut être considéré comme bénéfique, seulement en ce qui concerne les recherches sur les légendes et les propos (2). Pour juger la personnalité de Jean Maroun lui- même, l’auteur s’appuie sur des références écrites, qui ont mentionné cela (quoique par erreur) parmi elles, sa référence de base Gibraïl Ibn ِِAlkala’i, outre les autres sources suspicieuses et d’origine inconnue. Douaïhy était incapable, de ces jours, d’assurer les références finales et constantes autour de la personnalité du premier Patriarche des Maronites, par manque de ces références, comme il l’a déclaré lui-même (3).

Les imprimés et les manuscrits


1- Vatican syriaque 395 (lettres arabes écrites en syriaque datant de 1680) feuille 1 j- 50 j, intitulé « Réclamation sur l’origine Maronite et leur constance dans la foi ».

2- Vatican syriaque 397 (lettres arabes écrites en syriaque datant de 1695) intitulé « Explication détaillée de l’origine Maronite leur constance dans la foi et leur préservation de toute hérésie et divination » (4). Ce manuscrit comporte une introduction importante (feuille 1j- 4j) et un chapitre de réclamation, le 1er chapitre intitulé « Sur les avis des savants qui ont parlé de l’origine des Maronites et leur divination » (feuille 5j-7j).

3- Feytroun – Les Mariamites, 129 (513)

4- Beyrouth, Bibliothèque Orientale, 784, I ( l’an 1870)

5- Bkerké, 105- il manque la conclusion publiée par Rachid Chartouni, p.465.

6- Achkout, Ecole Saints Pierre et Paul, 26 (syriaque) écrit au Couvent de Quannoubine du vivant de l’auteur, et copié par le diacre Antonios al-Kobrossi le 15 mars 1704.
[Voir « l’Orient », 1927, p 856. Et Achkout 36.]

7- Jbeil, Bibliothèque Notre Dame des Secours, 9, copié par le prêtre Ibrahim, fils du prêtre Rizk Moubarak de Jeita le 30 mars 1778, en syriaque, 366.

8- Rouen (France), Bibliothèque de la ville, 1543 (or.60), « Histoire des Maronites ».
Il comporte la 1ere partie. Voir :
Catalogue général des mss. des bibliothèques publiques de France. Département I (Paris 1886) 450.

9- Bibliothèque Nationale de Paris (index Trobo) 308, « Histoire des
Maronites », copié en juin 1799 de la copie de Germanos Farhat au couvent Saint Elie- Chouwaya.

10- Ghosta, Bibliothèque de l’Association des Missionnaires Libanais, 13, feuille 1- 104. Ce manuscrit date de la fin du XVII siècle, et l’auteur lui-même en a rédigé une partie, et a rajouté quelques notes, nombres et références latines. Son titre : « Répondre aux accusations absurdes avec lesquelles les Historiens ont diffamé les Maronites ». Le Père Ibrahim Harfouche l’obtint à Alep et l’annexa à la librairie en 1903. La Bibliothèque des Missionnaires Libanais comporte trois copies de ce manuscrit.

11- Rachid Chartouni a publié « le pourcentage des Maronites » dans la 1ère partie du livre qu’il nomma « Histoire de la Communauté Maronite », Beyrouth, 1890, p1-96, en se basant sur trois manuscrits :

A- Une copie rédigée en arabe en 1886 et qui se trouve à Beyrouth, Bibliothèque Orientale, néanmoins c’est une copie pleine de fautes, incomplète et chargée de faux sens.
B- Le manuscrit du couvent de Louaizé, syriaque, peut-être lui-même le manuscrit de Faytroun, les Mariamites, 129, où il a été écrit dans ses débuts : « L’origine de la communauté et son union éternelle à l’Eglise Romaine… »copié par le moine libanais Neemetallah al Bikfawi. Il est composé de 319 papiers sans date.
C- Une 3ème copie qui appartient à un prêtre de la région de Jbeil et ne diffère du manuscrit du couvent de Louaizé que dans quelques détails. Disponible en syriaque et sans date. Voir introduction de la page 1 à 9.

12- ASSEMANI, J.S., Bibliotheca Orientalis, t. I, Rome, 1719, pp. 496- 506. Il comprend des extraits de la vie de Saint Jean Maron et sa traduction vers le Latin.

13- Voir : J.B. Chabot, Les origines de la légende de Saint Jean Maron p.5 et 10.

14- Le Père Antoine Daou de l’Ordre Antonin publie le livre « L’origine des Maronites » Ehden, 1973.

15- Le Père Abbé Boutros Fahd publie « Kitab al-Chareh al- Moukhtassar » en 1974, en arabe et en latin, en se basant sur un manuscrit Vatican syriaque n°385, 397.

Réfuter les accusations dissiper tous les soupçons

Le second livre prend dans sa totalité l’aspect défensif. Il vise tous ceux qui ont renié aux Maronites leur passé « Orthodoxe », c’est ce que l’auteur a voulu dire dans le titre « réfuter les accusations et éloigner tous les soupçons ». Mais cette partie est considérée très riche en histoires et remarques biographiques et littéraires, notamment en ce qui se rapporte aux questions littéraires. Le reste du livre ne nécessite pas une critique importante. Les cinq 1ers des 19 chapitres, constituent une réponse à Saïd Ibn al Batrik qui est considéré même dans les autres chapitres, comme source de désorientations et de doutes.

En effet, pour minimiser l’importance de Thomas évêque de kfartab (5), considéré comme témoin contre les Maronites, Stéphan el Doueihy essaya de le considérer comme jacobite de Mardine et comme falsificateur du livre « al Hoda » chapitre six (6) et suit cela une polémique défensive contre les adversaires occidentaux dont les noms suivent :

A- Guillaume de Tyr, chapitre 7 (7)
B- Villamont (8) qui avait signalé dans la seconde partie de « son voyage aux Terres Saintes », que l’union des Maronites avec l’Eglise Catholique, s’est produite suite au Concile (Latran) (9) en 1215. Et de nouveau, les Maronites sont victimes de l’hérésie, mais ils se sont retournés après vers l’Eglise Catholique, du temps du Patriarche Gerges Omaira en 1633 (10) (chapitres 8, 10, 18) selon Francesco BALLARINI (11), et le Carmélite Mathias (chapitre 8) (12).

C- Arnaldus ALBERTINI avait les mêmes opinions sur les Maronites. Il disait qu’il les a condamnés dans le Concile de Constantinople (1414-1418) et il les traitait, même de leur temps, c'est-à-dire en 1525, d’hérétiques (chapitres 10 et 15) (13).

D- Le Franciscain Francescus BERDINUS a dit que le retour des Maronites à l’Eglise Catholique s’est produit à l’époque du Pape Léon X en 1515 (chapitre 15) (14).

E- Carlo GIANCOLINO (15) indiqua dans son livre le « Paradis Terrestre », chapitre 78, que l’union des Maronites avec l’Eglise Catholique s’est produite lors du Concile de Florence en 1439 (chapitre 11) (16).

F- Orazio GIUSTINIANI (17) cite le même Concile, et ajoute, « le Concile de Latran en 1442 (ce qui est vrai, c’est que la décision de l’Union a eu lieu en 1445 (chapitre 12) (18).

G- Marc de Lisbonne des moines Franciscains, Evêque Oporto, mort en 1591 (19). Il mentionna dans le « 3eme volume de son œuvre » que l’union des Maronites était le résultat d’une activité apostolique, effectuée par Frère Gryphon en 1450 (20) (chapitre 13).

H- Saint Antoine (21), évêque de Florence mort en 1459, dans son livre sur les annales et les dates (22), ainsi que l’Historien de l’Ordre des Jésuites dans la première introduction du 2nd livre sur l’histoire (23), accusent les Maronites d’avoir commis de multiples erreurs ; plus tard Jean Baptiste ELIANO essaya de les défendre (chapitre 16).

I- Camillo FANUCCI (24) l’auteur du livre sur Rome en 1601 (25), décrit les Maronites pour qui le Pape Grégoire XIII bâtit une école à Rome, comme « des chrétiens, mais des dissidents n’obéissant pas à l’Eglise » (chapitre 17).

Quant au dernier chapitre, le Patriarche l’avait écrit contre les moines Franciscains des Terres Saintes, à cause des actes « latins » qu’ils pratiquaient parmi les Chrétiens Orientaux.

Toutefois, Douaïhy va à l’encontre de sa source principale Gibrail ibn al Kala’i, quand ce dernier prétend qu’un Patriarche maronite au nom de Lucas a dérivé derrière les erreurs apolliniennes. Il l’avait critiqué puisqu’aucun Patriarche maronite ne portait ce nom dans l’Histoire des Maronites (chapitre 9). Egalement, il a réfuté la théorie qui dit que Gibrail Ibn al Kala’i est celui qui a frayé la voie à l’Union (chapitre14). Mais Douaïhy cite aussi le nom de Lucas Banharani comme Patriarche des Maronites, successeur de Daniel Hadchiti en 1282 où il dit qu’il a « vaincu le patriarcat » c'est-à-dire qu’il l’a conquis de force sans que sa foi soit la foi des Maronites.

A- Les Manuscrits :

1- Vatican Arabe 684 et 685 : ces 2 manuscrits avaient disparu de la Bibliothèque du Vatican.
2- Vatican Syriaque 395 (arabe écrit en syriaque) de la feuille 50 à 154.
3- Beyrouth, Bibliothèque Orientale, 784, II
4- Achkout, 36, II (arabe écrit en syriaque)
5- Sabbat, index, 1432.
6- Ghosta, Bibliothèque des Missionnaires Libanais, 13, de la feuille 104 jusqu'à la fin du manuscrit.
7- Bkerké 44 (avant) et 107 (actuellement) et il est écrit par Douaïhy lui-même.
8- Paris syriaque 217, de la feuille 1 C à 15 C. Ce manuscrit est une copie du manuscrit Vatican syriaque - son auteur est Stéphan Douaïhy, évêque de Batroun, le neveu du Patriarche, en 1728.
9- Harharaya 30 n°1 : « défendre et rejeter les accusations » copié le 13 février 1843, par un étudiant de Mar Abda d’une copie corrigée par Germanos Farhat.
10- Rachid Chartouni mentionne dans l’introduction du « Manarat al Akdass » dans la 1ère partie, p.15, que Boutros Moubarak a traduit le livre « Réfuter les accusations » en Latin. Il correspond à Vatican Latin 7411 et dont le titre Latin est : « Vindiciae Nationis Maronitarium… »
Il a été publié par le Père Abbé Boutros Fahd en 1974, 7-94

B- Les Imprimés

Rachid Chartouni l’a publié dans la seconde partie de son livre « Histoire de la Communauté Maronite » de la p. 292 à 466.
Al-mashrek 21 (1923) à la p.23 a rapporté que le livre « Rejeter les Accusations » avait des copies au couvent de Baqlouche et au couvent de Faytroun.

3- « Protestation de la Communauté Maronite »

Ce livre vise à légitimer la dignité du peuple Maronite. L’auteur s’y oppose aux positions et aux plaintes qu’avaient déclarées des gens respectables dans le passé proche. En effet, Douaïhy l’a écrit pour réfuter les accusations que Joan Batchita Eliano le Jésuite, a prononcé en 1er et Thomas le Carmélite (26), après lui. Le pape Grégoire XIII a envoyé le Père Eliano en 1578 pour rendre visite aux Maronites et examiner leur conviction. En effet, il a scruté le contenu de leurs livres pour connaître le degré de leur orthodoxie. Il réunit alors un grand nombre de leurs livres, commenta les erreurs qui s’y trouvaient et les emmena à Rome en 1580. Le nombre de livres qu’il a examiné est 22. Cependant, Eliano n’a pas publié ses livres mais il les a placés dans des armoires fermées, jusqu'à ce que, 33 ans plus tard, le Père Thomas le Carmélite les publiât en latin dans son livre «Au salut de toutes les nations » « De procuranda salute omnium gentium» (27). Toutefois, Douaïhy aurait pu prendre connaissance de ce qu’Eliano avait écrit à travers ce que Gaspar de Chypre à transcrit avant que le Carmélite l’eût traduit vers le latin, comme il l’a cité Philippe Semrani dans « Al-Manara » en 1984, de la p. 188 à 189.

Douaïhy a divisé « le livre des protestations » en 12 protestations contre 12 articles parus dans le livre de Thomas le Carmélite : la création, le Christ et l’Esprit Saint, le jugement dernier, les 7 mystères, les livres sacrés et des coutumes liturgiques diverses. Chaque protestation comportait une réponse à maintes accusations lancées contres les Maronites. Les arguments de ces réponses, Douaïhy les prenait d’habitude aux mêmes livres où avaient été prises les accusations, démontrant la corruption de ce qu’Eliano avait prétendu en premier et le Carmélite après lui. Douaïhy réussit à montrer cela facilement, puisque Eliano qui était chargé de scruter les livres maronites, avait emporté avec lui des livres écrits par les Nestoriens, les Coptes et les Jacobites. Ces livres ne pouvaient être considérés en aucune manière comme des livres maronites ecclésiastiques. Par conséquent, la connaissance du Père Eliano des langues syriaque et arabe était trop limitée, d’où son incapacité à comprendre les textes syriaques et de juger de leur contenu. Douaïhy a répondu à tous ces paradoxes, en répétant ce qui a paru dans les 2 premiers livres, sans qu’il ne se libère lui-même de quelques erreurs historiques. En outre, il publia un grand nombre de textes liturgiques qui traduisent les enseignements catholiques ; dont, les paragraphes des homélies des Pères syriaques (Ephrem, Isaac, Jacob Srouji) qu’il a publiés avec leur traduction.

En plus de la liste des 22 livres que Père Eliano avait réunis et à laquelle l’écrivain s’est référé, se trouvent aussi en parallèle les écritures liturgiques, les séries d’homélies et les livres suivants : « La médecine spirituelle » pour Mikhail évêque de Atrib et Melige, et le (Nomocanon) pour le clément Ibn Al-Assal et l’Explication des quatre évangiles pour Abi Faraj Abdallah Ibn Tayeb et le « Paradis du christianisme » et il l’appelle (Diatessaron Tatians), et le livre des lois des Maronites connu par « Kitab al Hoda » et les enseignements de la vie érémitique et ses règlements pour Bassilios , et un livre dont l’auteur est inconnu, intitulé « le jardin de la vie » comportant des questions et des réponses sur la Bible « prises de divers livres » et « un dialogue entre le Maître et ses disciples » auquel a répondu Gibrail Ibn Kala’i (dans la 1ere partie « la loi de l’Eglise sainte » ) et les lois des Apôtres et les Conciles, « le livre de la vie des Saints » connu sous le nom de martyrologe.

Douaïhy avait utilisé une copie des livres du Père Eliano que Gaspar de Chypre, étudiant à l’école maronite avait transcrit. En effet, cette copie Douaïhy l’avait trouvée à Chypre quand il y était évêque (1668-1670).

A- Les manuscrits

1- Vatican Syriaque 396 (arabe écrit en syriaque) en 1689, 256 feuilles.
2- Alep, 495, Protestation de la Communauté Maronite contre Thomas le Carmélite.
3- Bkerké 43 (avant) 106 (actuellement) 570 pages arabes écrites en syriaque.
4- Ain Waraka 62 (arabe écrit en syriaque). Actuellement présent dans la Bibliothèque des Missionnaires Libanais, sans numéro. Voir « al Mashrek » 25 (1927) 700
5- Couvent Mar Chalita – Maqbass, Voir « al Mashrek » 6 (1903) 593-594.
6- Beyrouth, Bibliothèque Orientale, 783(XVIIIeme siècle) ; 784 (en 1870), il comprend cinq livres sur « la protection de la Nation Maronite » pour Stephan Douaïhy ; et le 3eme livre correspond au livre de « Protestation » mais de style faible.
7- Mar Abda Harharia 29, n° 5 : copié en 1840 par le disciple de Mar Abda Harharaya.
8- Ghosta, Bibliothèque des Missionnaires Libanais, 13. Il y en a aussi une 2eme et 3eme copie. La troisième a été copiée par le religieux Youhanna Nattin de Daroun le 5 mars 1886, du manuscrit Vatican Syriaque 397 que le Père Abbé Fahd avait publié.

B- Les références

9- Sema’ani, Bibliothèque Orientale, 1 : 558-559, il cite cinq sermons pour Mar Isaac, comportant une reconnaissance claire des 2 natures du Christ.

10- A. RABBATH, Documents inédits, I, leipizig, 1905, p.630-643.
Des recueils que A. RABBATH a pris de Rachid Chartouni et qui seront publiés pour la 1ère fois.

11- Père Philippe Semrani, « livre des protestations de la Communauté Maronite » dans « Al-Manara » 8 (1937) de 81-92, 198-212, 301-309, 558-568, 651-664, 735-757, 11 (1940) 242-290, 319-373.

Six articles sont publiés en se basant sur le manuscrit de Bkerké 106 et 107 et le manuscrit Vatican Syriaque 396. (Puis il a été publié dans un livre à part.)

Notes:

(1) Histoire des Asfiya’ Allah, transcrit vers l’Arabe par l’Archimandrite Adrianos Chaccour.
(2) Par exemple, qu’il est le neveu de l’Empereur Charlemagne.
(3) Dans la bibliothèque des Pères Alepois- Sarba, n°355, p.87-98, se trouve une copie de la lettre que Monsieur Elias, descendance du Hage Fakhr, fils du Fakhr al Traboulsi d’origine et de rite orthodoxes et ceci en l’an 1700 J.C a Kir Estephan Patriarche des Maronites après s’être attardé sur le livre qu’il a écrit et dans lequel Hanna Maroun met en garde contre l’hérésie.
(4) Le manuscrit de Vatican arabe 684 comporte les livres 1 et 2, et le manuscrit 685 comporte le livre 3. Mais les deux manuscrits sont perdus depuis bien longtemps. Voir leur contenu dans :
A. MAI, Script.vet. nova coll.IV,2, p.592-594
(5) Voir Georges Graffe, référence citée, volume 2, p 98-100.
(6) Référence précédente, p94-98.
(7) Historia rerum in partibus transmarinis gestarum XXII, 8 : part. lat. 201, 856.
(8) Les voyages du seigneur de Villamont en Europe, Asie, Afrique, Paris, 1596… Lyon, 1606…
Voir : MICHAUD, Biog. Universelle, XL III, 403.
(9) Il est cité dans le texte l’année 1115. Avec cette date , le nom de « Concile » se répète accompagne de la bulle papale Quia divinae Sapientiae en 1215, que le Pape Zakhia III a adressée aux évêques Maronites, leur clergés et leur peuples :
Voir texte dans : T. ANAISSI, Bullarium p. 2-3.
Voir aussi : D.T.C X 25-27
Et sur la présence du Patriarche Maronite Aremia al Amchiti, le Concile Latran en 1215 voir :
J. HEFELE, Conciliengeschiechte V 873, 904
HEFELE-LECLERCQ, V, 1318, 1398.
J.B. CHABOT, “Les listes patriarcales de l’Eglise Maronite”, p. 9-17.
Tous les Historiens Maronites citent cela aussi :
Nasser Gemayel, collection des Patriarches de la communauté Maronite du Patriarche Boulos Massaad, dans « al Manara » 26 (1958) p.55-70
(10) Dans son livre sus-mentionné, édition Lyon, 1611 p.266
(11) Il s’agit ici de son livre:
Epilgo sacro de successi, che nella Chiesa di Dio dal principio del mondo sin al presente anno 1610 sono occorsi, con la monarchia de Sommi Pontefici, Roma 1610. – Faustus Naironus, Dissertatio de Origine... Maronitarum, p. 3.
Son nom fut noté en marge :
“In Epilogo S. Cardine 44” p. 23.
“In Epil. Sac. Cardine 48” p. 109.
“In Epil. Sac. Cardine 44”.
Graffe avait compris que Villamont a dit que les Maronites sont revenus vers le catholicisme avec Gerges Omaira en 1633 ; a noter que son livre a été publié en 1611 ; de même le livre de BALLARINI a été publié en 1610. Citation à comparaître.
(12) Il est, MATHIAS A CORONA LEODIENSIS de West ville, mort en 1676, dans sa collection sur sa défense de l’église Romaine, formée de 12 volumes :
Sanctitas Ecclesiae Romanae, Leodii, 1663;
- Biblioteca Carmelitana II (Aurelianis 1752) 407-409.
F. NAIRONUS, op. Cit. p. 3. « Tract. Sanctitatis Ecclesiae Romanae § de Maternit. S.R.E. ».
(13) Voir :
- De haereticis libri VI, Valentiae, 1534.
- De haereticis libri VI, Vanetiis, 1587.
Voir : HURTER II3 1555.
(14) F. NAIRONUS, op. cit. : « Franciscus Berdinus ex ordine Sancti Francisci » ;
On nota dans la marge: « lib. Antiq. Et moder Palestine ».
Graffe était incapable de déterminer le nom de l’auteur et celui du livre des livres bibliographiques connus.
(15) Le nom à l’imprimerie est devenu Ini Kūlin, et dans le manuscrit du Vatican syriaque 395 p.105 C, il paraît clair Ğn Kūlin.
(16) Carlo GIANGOLINO da Fano, Heudengrafia overo descriptione del Paradiso terrestre, Messina, 1649, p. 133-140.
(17) Horatius JUSTINIANUS, gardien de la bibliothèque du Vatican de 1630-1640, Voir : évêque de Montalto (1640) et Nocera (1645) Cardinal (1646), mort le 25/7/ 1649. Voir :
- G. MORONI, Dizionario di erudizione... XXXI, 220-221.
- D.T.C. VI, 1381.
- Vat. Lat., 8231 ff. 344r-351r.
J.B. ODIER, La Bib. Vat. De Sixte IV à Pie XI, p. 132.
(18) Voir du même auteur :
Acta sacri oecumenici concilii Florentini, Romae, 1638, p. 387-389.
Réimprimer
MANSI 31 B, 1755-1758: Constitutio pro chaldaeis et Maronitis.
(19) Il a écrit les événements monastiques, 1er et 2eme volume en Portugais, Lisbonne 7/1556 et 1615, et le 3eme volume en Espagnol, Salmanck, en 1570, la traduction italienne a été publiée à « Brescia » en 1581 et 1587 et Venise en 1593 et 1617.
Voir : Lexion für Theol. Und Kirche VI 959.
(20) (F. NAIRONUS) la même référence, “Lib. 3 p 3”; p. 68”; “Lib. 3 partis 3. cap. 38 ».
(21) Dans le texte Antonios.
(22) Chronicon (Chronicorum opus und Historiarum opus), 4 vol. Venedig 1474-1479
Voir: D.T.C.I. 1451.
(23) Francesco SACCHINI
Nicolao ORLANDINI, Historia Societatis Iesu prima pars, Romae, 1614; Pars II, Antverpiae 1620; III – V, Romae 1649-1661.
Voir: SOMMERVOGEL V 1934.
(24) En arabe “Fanosios”.
(25) Trattato di tutte l’opere pie dell’ alma città di Roma, Roma 1601, p. 156-157; “Sono Christiani, ma scismatici”.
(26) Voir: A. HOFMEISTER in Lex. fur Theol. Und Kirche X, 128.
(27) Ce livre a été imprimé à Anvers en 1613, p.497 à 501.
Libri septimi pars secunda, cap. VI: Propositiones aliquot excerptae tum e quibusdam libris Maronitarum, dum expurgarentur a Legatis Apostolicis, tum ex communi consensu, et quadam traditione receptae quae videlicet haereses sunt manifestae, vel erroneae, vel superstitiosae qui etiam errores solent esse communes aliis nationibus Orientalibus. p. 413.
En ce qui concerne le contenu et l’objectif de ce livre voir :
J. SCHMIDLIN in Zeitschrift fur Missionwissenschaft und Religionswissenschaft 1 (1911) 221-222.
(28) Voir Youssef Addebs « Al Game’e Al Moufassal », « Le Recueil détaillé », p. 375.


4- L’Histoire Des Temps

“L’Histoire Des Temps” compte parmi les plus importants ouvrages historiques de Douaïhy; il constitue une référence principale pour la connaissance de l’histoire du Proche –Orient à l’époque des Arabes, des Croisés, des Mamelouks et des Ottomans. Douaïhy avait commencé à collecter la matière de ce livre qui contient les divers évènements historiques et religieux s’étendant du début de l’Islam jusqu’à l’an 1699, alors qu’il était encore prêtre. Il en a regroupé les données et les a arrangées sous forme d’annales selon un ordre chronologique.

Douaïhy s’est fié aux ouvrages de Gibraël Ibn Al-Qila’i et à d’autres sources où la forme l’emportait sur le contenu, en ce qui concerne l’ancienne période de l’histoire libanaise. Mais ce livre comporte toujours des faits très significatifs concernant les Patriarches, les Evêques, les écrivains ainsi que les monastères et les relations avec l’Occident, son auteur n’ayant pas omis d’y adjoindre des documents d’une extrême importance.

Douaïhy n’a pas cherché dans cet ouvrage d’interpréter les évènements ou à les analyser, il n’a pas non plus tenté de défendre ou de discuter comme il l’a fait dans d’autres écrits historiques ; il a simplement voulu relater les évènements historiques et religieux d’une manière réaliste et progressive, année par année. C’est la raison pour laquelle son histoire de la région proche n’a apporté que peu de nouveau, puisqu’il s’est appuyé pour l’écrire sur les historiens qui l’ont précédé ou sur ses contemporains. Cependant, la valeur de Douaïhy dans ce livre réside dans ce qu’il a ajouté aux oeuvres des autres chroniqueurs, les faits historiques du Liban et des Maronites. A ce sujet, on note que le titre « L’Histoire Des Temps », n’est qu’une traduction du mot courant « chronicon », titre d’origine, et que Ibn El Ibri a produit un ouvrage pareil, réimprimé par « Dar Al Machreq » en 1986, et dont le titre a été traduit par « L’Histoire Du Temps ».

Douaïhy fut le premier historien libanais à s’intéresser à l’histoire du Liban en entier ; les Maronites, les Druzes, le Nord, la Montagne, le Sud, le Littoral et surtout de l’histoire civile. Mais il ne s’est pas étendu sur l’explication des relations entre les provinces ou sur d’autres sujets qui intéresseraient l’historien contemporain.

«L’Histoire Des Temps » comprend deux textes. Le premier commence par la chronologie des évènements à partir du début des Croisades, en l’an 1095 et jusqu'à 1699 ; Douaïhy l’avait intitulé « Histoire Des Chrétiens ». Ferdinand Tutelle, Père Jésuite a publié ce texte en 1950 à l’occasion du 75ème anniversaire de la fondation de l’Université Saint Joseph à Beyrouth. Dans cette édition, F. Tutelle s’est basé sur le manuscrit Vatican Arabe 683 et Vatican Syriaque 394 ainsi que sur le manuscrit 1496 gardé à la Bibliothèque Orientale. (Se référer à « Al Machreq » 43 (1919) pp. 14-26).

Le second texte commence en l’an 622, avec le début de l’Islam, et s’étend jusqu’à 1686. Douaïhy l’avait intitulé « L’Histoire Des Musulmans ». Le Père Boutros Fahd l’a publié en 1976 en s’appuyant sur le manuscrit Vatican Syriaque 215. Ce texte est la meilleure copie du livre en question puisqu’il est transcrit à partir des notes 137 gardées à la bibliothèque de Bkerké.

On n’a pas encore publié d’édition scientifique intégrale de ce livre, bien que Rachid Ashshartouni en ait déjà publié quelques parties dans son œuvre « L’Histoire de La Communauté Maronite », en l’an 1890.

Boulos Massa’ad, prêtre Alepin (Ordre Maronite Mariamite), Nassib Wheibé Al Khazen et Boulos Qar’ali avaient, en outre, essayé de publier le texte original de « L’Histoire Des Temps », joint à une traduction française, mais ils n’ont pu achever que quatre fascicules qui ont été publiés dans « Le Magazine Patriarcal »13, partie I ; le travail a été interrompu.

En 1984, le Père Youakim Moubarak, a publié, en français, quelques extraits de «L’Histoire Des Temps», dans «Pentalogie Antiochienne /Dimensions Maronites», partie I, Vol. II, pp. 1059-1090.

De plus, le Père Ibrahim Harfouche a relevé dans l’ouvrage de Douaïhy, la biographie de Sarkis Mhasseb, abbé de Mar Challita Moqbess et l’a publiée dans le magazine « Al Mashreq »5,(1902), pp. 686-696. Le Père Boulos Sfeir a passé en revue les multiples copies de « l’Histoire Des Temps », les a comparées les unes aux autres et les a analysées de façon critique dans son livre : Les Ermites dans l’Eglise Maronite, Kaslik, Liban, 1986, pp. 3-21.

Références

Rachid Al-Chartouni a fait paraître une grande partie de « L’Histoire Des Temps » et l’a commentée dans l’appendice de son livre « Histoire de la Communauté Maronite », pp. 97-291 (entre les deux tomes : « Sur la Descendance Des Maronites » et « Réfutation Des Accusations et Dissipation Des Soupçons »).

Manuscrits:

1. Vatican Syriaque 215 : C’est une copie de « l’Histoire Des Temps » à laquelle l’Abbé Boutros Fahd s’est référé en tant que première copie transcrite des notes gardées à la bibliothèque de Bkerké. Elle est écrite par l’auteur lui-même qui l’avait envoyée en 1685 à Boutros Moubarak à Rome afin que la Congrégation pour l’évangélisation du monde l’imprime. Elle mesure 34x24 et est constituée de 158 feuilles. Boulos Massa’ad et Nassib Wheibé Al Khazen ont, en outre, noté dans « Les Origines Historiques », Vol. III, 1958, pp. 64-141, les différences qu’ils avaient trouvées entre le livre imprimé et ce manuscrit plein de fautes dans sa première partie et incomplet dans sa dernière partie. Se référer au Père Boulos Sfeir, même référence.

2. Vatican Arabe 683 : Cette copie appartenait à Youssef Sham’oun Assem’ani ; l’Evêque Simon Aouad Al Hassrouni le lui avait offerte. Elle mesure 34x28, est formée de 120 feuilles et est recouverte en cuir de gazelle. Elle est en bon état et écrite en Karshouni. Le sous-diacre Youssef Bar Habquouq de Bché’lé avait achevé sa transcription le 9 Avril 1710. Le manuscrit commence par la relation des évènements à partir de 1095 et se termine par ceux de 1699. C’est sur cette copie que le Père Jésuite Ferdinand Tutelle s’est basé pour produire son édition de « L ’Histoire Des Temps » en 1950.
Se Référer au livre « Les Origines Historiques » pp. 60-62, et au livre du Père Boulos Sfeir, même référence.

3. Vatican Syriaque 394 : Le prêtre Mikhaël Douaïhy a copié ce manuscrit qui contient 139 feuilles et mesure 31x22. Il remonte au XVIIIème siècle et couvre la période comprise entre 1095 et 1699. Ferdinand Tutelle s’y est encore référé pour sa propre édition.
Se référer aux «Origines Historiques» pp. 62-64 et au livre du Père Boulos Sfeir p. 8.

4. Bkerké 136 : « L’Histoire Des Musulmans », manuscrit arabe que le prêtre Boulos Barhouche de Sahel Alma avait fini de copier le 15 Juin 1854. 349 feuilles.

5. Bkerké137 : « L’Histoire Des Musulmans », par la main d’Etienne Douaïhy, 204 feuilles. Se référer au Père Boulos Sfeir, la référence mentionnée pp. 10-12.

6. Achkout 44 : Se référer à « Al Machreq »21 (1923) 276-277, 25 (1927) 920. Mikhaël Al Mtouchy, curé de Kafryyat à Chypre l’avait transcrit en 1674. 240 feuilles qui touchent à la période s’étendant de 622 à 1675.

7. Leningrad Oriental 94 : Petersbourg : Voir I. Krackovskij dans « Al Mashreq » 23 (1925) 679 #361.
Voir aussi :
- Orientalia 1(Leningrad 1926)1-12
Ainsi que mentionné dans :
- Orient. Christ 25/26 [1928-29] 163
et dans
-Islamica 4[1931] 215.

8. Beyrouth, Bibliothèque Orientale, 1496, voir « Al Mashreq »18 (1920) 158-159. Ce manuscrit qui porte le # 1496, remonte à l’an 1797. Le prêtre Elie Sarkis de Ibayeh l’avait écrit et il porte sur l’époque entre 1094-1699. La copie en question appartenait à Youssef Sfeir et Ferdinand Tutelle s’est basé là-dessus pour l’édition de son livre.

9. La bibliothèque des Missionnaires Libanais possède deux copies de « L’Histoire Des Temps ». La première s’intitule « Histoire Des Musulmans », et remonte au temps de l’auteur comme le montrent les indices à l’intérieur du manuscrit. Elle est suivie de la chaîne des Patriarches qui ont succédé à Douaïhy, jusqu’au Patriarche Youssef Attayan en 1796, accompagnée d’un bref sommaire de leurs vies, mais en une écriture différente de celle du copiste. Ce manuscrit provient du Monastère Mar Sarkis à Reyfoun.

La deuxième copie se divise en deux : « Histoire Des Musulmans » et « Histoire Des Chrétiens ». Son copiste était le prêtre Elie Sarkis de Ebayeh, il l’avait transcrite en 1788. Pour plus de détails, voir Père Ignace Saadé : « Œuvres des Erudits de l’Ecole Maronite gardées à la bibliothèque des Missionnaires Libanais », dans « ةtudes » 12 #16/17, 1985, pp. 191-215. Référence ici pp. 197-198.

L’Evêque Gergés Bar Habquouq Al Bché’lani de Aquoura (28) a ajouté à ce manuscrit et de sa propre main des données sur la vie et l’histoire des Patriarches Youhanna Makhlouf (1609-1633) et Imayra (1633-1644) ainsi que sur celles d’autres personnes de leur temps. Père Ibrahim Harfouche a publié tout cela dans « Al Mashreq »5 (1902) pp. 688-691. Voir : D. T. C. X 65-67.

En plus de ce que l’Evêque Gergés Habquouq avait écrit, le Père Harfouche a publié dans « Al Machreq » (1902) pp. 688-697, la biographie de Douaïhy qu’un contemporain de ce dernier dont le nom nous est inconnu, avait placée au début du manuscrit.

10. Sbat, L’Index, 1430. Ce manuscrit appartient aux héritiers de Mikhaël Abdini.

11. Damas, la Bibliothèque Azzahiriyya, No 4741. Ce manuscrit couvre les années entre 622 et 1675. Louis fils de Youssef Al Faranji l’a écrit en 1776 à Chypre.
12. Un autre manuscrit que le prêtre Elie Sarkis de Ibayeh a écrit, couvre la période entre 622 et 1703. En 1915, il appartenait au prêtre Bernard Ghbayré, mais on en a perdu toute trace aujourd’hui.

13. Manuscrit que le prêtre Maroun Al Achkar de Beit Chabab a copié en 1881. Il touche aux années entre 622 et 1699. Il appartenait au moine Libanais Ignace Tannous Al Khoury de Kfarchakhna et Rachid Ashshartouni l’a adopté pour l’édition de son œuvre.
14. La bibliothèque privée de Rachid Al Achkar-Dick El Mihdi : Manuscrit en Karchouni, intitulé « Histoire Des Musulmans ». Le sous-diacre Antoun, fils du prêtre Maroun Al Achkar mentionné ci-dessus a achevé sa copie le 5 Décembre 1887. Il était auparavant dans la bibliothèque du prêtre Boutros Ghaleb de Beit Chabab, actuellement il est legs permanent au monastère Saint Michel à Bhorsaf.

15. Cheikh Tannous fils de Youssef Ashshidyak, mort en l’an 1861, avait transcrit des extraits de « L’Histoire Des Temps ». Cette transcription se trouve à Beyrouth, dans la Bibliothèque Orientale, no 36, et se trouve aussi comme il est mentionné par Tutelle à :

16. Beyrouth, l’Université Américaine, 956. 9, S55 m. A.

17. Munich Arabe 426 : le moine Maronite Libanais Tannous Bar Youssef Ashshidyak a copié ce manuscrit (sans date).

18. Il existe aussi une quatrième copie à AïnTourin, lieu de naissance de Cheikh Tannous, chez la famille du copiste Fahd Khattar Al Aïtourini.
19. Beyrouth, Bibliothèque Nationale, 956-43. Des parties manquent au début et à la fin de ce manuscrit qui ressemble au Vatican Arabe 683.

20. Jbeil, bibliothèque du Monastère Notre Dame Des Secours 19 – « Histoire Des Musulmans » : Le prêtre Ibrahim, fils du prêtre Rizk Moubarak de Jïta a achevé sa transcription le 11-6-1776. Il est écrit en Karchouni et compte 415 pages.

21. Jbeil, bibliothèque du Monastère Notre Dame Des Secours, 11 – le livre « Histoire Des Musulmans » : le moine Libanais Youassaf Al Jaji s’est occupé, en 1884, alors qu’il était assistant dans sa congrégation, de l’acquisition et de la transcription de ce manuscrit formé de 214 pages et écrit en Karchouni.

22. Rachid Al-Shartouni a pris connaissance d’une autre copie chez le prêtre Etienne Chdid de Bché’lé. Il est probable qu’elle soit actuellement chez les héritiers du prêtre mentionné.

23. La copie des Pères Lazaristes à Beyrouth. Elle est en Karchouni et couvre l’intervalle de temps entre 622 et 1699. Mansour Bar Youhanna Al Hkayyem de Ghosta a fini sa transcription le 31-6-1884.

5- Chaîne Des Patriarches de la Communauté Maronite

Stéphan Douaïhy a laissé un ouvrage, se rapportant à l’histoire de l’Eglise Maronite, intitulé: «Chaîne Des Patriarches de la Communauté Maronite». La classification commence par Youhanna Maroun et se termine par l’auteur lui-même, à la date de sa promotion à la chaire patriarcale. Mais comme c’est le cas avec le « Premier Patriarche », l’on peut dire de ceux qui lui ont succédé jusqu’au XVème siècle, qu’ils sont en majorité «des personnages non confirmés». De plus, Douaïhy ajoute aux noms des Patriarches, des renseignements sur leur vie, et parfois des observations sur les faits historiques. Cependant, une grande partie de ce qu’il expose ici n’est qu’une répétition de ce qui a été mentionné dans des écrits précédents. Quand même, il est à signaler que Stéphan Douaïhy fut le premier à dresser une chaîne des Patriarches Antiochiens Maronites, même si Graff ne croit pas à la valeur exceptionnelle de cette liste.

L’Occident a été au courant de la «Chaîne Des Patriarches» pour la première fois à travers la traduction latine du Maronite Joseph Ascari, ancien élève du Collège Maronite de Rome, en 1733, traduction intitulée : Series chronologica Patriarcharum Antiochiae, Parisiis, 1733. Puis Le Quien s’est référé à Ascari pour utiliser la liste, dans la partie de son livre réservée aux Maronites.

Douaïhy n’a pas été le seul à dresser une chaîne des Patriarches Maronites, d’autres aussi l’ont fait et ont apporté à cette première liste des modifications; entre autres on mentionne la liste de Youssef Sham’oun Assem’ani (=1868) que le Père Youhanna Ntaïn Addar’ouni a imprimée en Latin et en Arabe, et celle du prêtre Toubiya Al Anaïssi. Dans ce qui suit nous indiquons les différentes listes imprimées et manuscrites, sans distinguer entre ce qui est propre à Douaïhy et ce qui appartient aux autres.

A- La chaîne imprimée des Patriarches de la communauté Maronite :

1- Le Quien, Oriens Christianus, Paris, 1740, t. III.
2- Youhanna Ntaïn Addar’ouni Series Chronologica Patriarcharum Antiochiae, Romae, S. C. P. F. 1881.
3- Rachid Ashshartouni, “ Chaîne Des Patriarches de la Communauté Maronite (par Douaïhy), Beyrouth, 1902, p. 11-40. Après l’avoir publiée dans « A l Mashreq » 1 (1898) pp. 247-252 ; 308-313 ; 347-353 ; 390-396.
4- Toubiyya Al Anaïssi, « Chaîne Historique des Patriarches Antiochiens Maronites, Rome, 1927. Il l’avait imprimée dans l’appendice de son livre: Collectio documentorum Maronitarum, Liburni, 1921, pp. 202-206, et dans l’appendice de « Bullaires Maronites », (Bullarium Maronitarum, Romae, 1911, 553-556).
5- Philippe Assamarani l’a publiée de nouveau dans « Al Manara »3 (1932) pp. 88-92.
6- Le journal « Magazine du Savoir » l’a publiée en 1932, no 463/465, p. 3.
7- «Le Missionnaire», à Buenos Aires en Argentine, un journal des Missionnaires Libanais, l’a publiée dans son numéro spécial de 1938, pp. 19-24.
8- J.B. CHABOT, «Les listes patriarcales de l’Eglise Maronite, Etude critique et historique ». [Mémoire de l’Académie des Inscriptions et Belles - Lettres 43,2], 1936, p. 21-43 et séparé, 23 P.
9- «Abrégé de l’Histoire du Mont-Liban» de Antonios Al Aïntourini, imprimé successivement par le Père Ignace Tannous Al Khoury, Beyrouth, 1953, pp. 94-110, et par le Docteur Elias Qattar, Beyrouth, 1983, pp. 96-112.
10- Le prêtre Mansour Al Hattouni, «La Province du Kesrouan : Aperçu Historique», 1884, pp. 392-433.
11- Joseph Ziadé, La Hiérarchie Maronite, sa Résidence, Beyrouth, 1955, p. 141-143.
12- Le Chorévèque Youssef Addagher, «Les Patriarches des Maronites», Beyrouth, 1958.
13- Père Boulos Sfeir, « Les Patriarches dans l’Histoire Maronite », dans le magazine « Al Foussoul », été 1980, pp. 102-107, le Père (Evêque) Youssef Mahfouz s’y est référé dans « Abrégé de l’Histoire de l’Eglise Maronite », Kaslik, 1984, pp. 40-62.
14- Le Père Boutros Daou, « Histoire des Maronites », anglais, Beyrouth, 1984, pp. 232-244, où il compare entre Douaïhy, Assem’ani et un manuscrit dans le village de Béjjeh (Byblos) qui remonte à 1766.
15- Abbé Bernardos Ghbaïra de l’Ordre Antonin, se référer au Père Antoine Daou, « Histoire du Patriarcat Antiochien Maronite », dans « Al Mashreq », 1967, p. 394.
Tout ceci, en plus des listes des Evêques : Addebs, Deryan et Dib, de l’Abbé Boutros Fahd et d’autres.
16- Finalement, Père Youakim Moubarak a traduit cette chaîne en Français dans « Pentalogie Antiochienne », 1/1, 1984, pp. 7-16, 17-20.
17- Enquête du prêtre Nasser Al Gemayel sur la « Chaîne des Patriarches de la Communauté Maronite », par le Patriarche Boulos Mass’ad dans « Al Manara »26 (1985), pp. 55-70.

B- Manuscrits de la « Chaîne des Patriarches de la Communauté Maronite »

1- Bkerké 3 : A la fin de ce manuscrit, Douaïhy a écrit de sa propre main : «Chaîne des Patriarches de la Communauté Maronite». Le copiste a été Ya’coub Al Hassrouni, Evêque de Tripoli, en 1700. Ce manuscrit contient dans sa première partie le livre de l’« Explication Abrégée du Rite Pontifical Syriaque et sa signification».
2- Sabat, l’Index, 1431.
3- Bibliothèque de la Congrégation des Missionnaires Libanais, 123 no 5, manuscrit intitulé : « Lettre autour des Patriarches Maronites au Mont - Liban », de 685 à 1670, accompagné d’un court aperçu des circonstances de l’élection de chacun d’eux. Elias Bar Saad l’a copié en 1705 (Karshouni).
4- Bibliothèque de la Congrégation des Missionnaires Libanais, à la dernière feuille du manuscrit «Histoire des Temps» par Elias Sarkis, Ebayeh, 1788 (sans numéro).
5- Vatican Syriaque 410, face 65-67, copiste : Ibrahim Jalouan Assam’ani, en 1709.
6- « Inventaire des noms des Patriarches Maronites »…cette chaîne a différentes copies réparties dans les bibliothèques des monastères, dont une dans la bibliothèque privée du prêtre Nasser Al Gemayel.
7- La bibliothèque du Monastère de Notre Dame des Secours - Byblos possède trois manuscrits.
8- 2. no111 face 199-204.
9- 3. 118 no 2 p. 131-136 (dix - neuvième).
10- Le manuscrit de la bibliothèque du prêtre Elias Al Howayek à Bejjé (Liban) remonte à l’an 1766. Le prêtre Gergés Sa’ad l’avait écrit sur un ancien Evangile.
11- Une copie se trouve dans la bibliothèque de feu Youssef Ibrahim Yazbek, tirée du manuscrit de Antonios Al Aïntourini, «Abrégé Historique Corrigé», face 79-80, qui à son tour l’avait copiée du prêtre Youssef Maroun Douaïhy de la «Lettre adressée en l’honneur de la Communauté Maronite » que ce dernier avait écrite au milieu du XVIIIème siècle.
12- La bibliothèque du Monastère Mar Antonios – Qozhayya (Saint Antoine) possède une copie, 123 pp. 220-224. Elle prend fin au Patriarche Boulos Mass’ad.
13- La chaîne des Patriarches de Douaïhy dans la livre «Explication du Pontifical» que Boutros Attoulawi a copié début Août 1680.
- Achkout, Ecole SS. Pierre et Paul.
- Al Mashreq 25 (1927) 752.
14- La Bibliothèque Orientale, 33, Ashshartouni s’est fié à ce manuscrit.
15- Bibliothèque St Paul à Harissa, 106, «Inventaire des Noms des Patriarches de la Communauté Maronite transcrit des Histoires de la Bibliothèque St Pierre à Rome, manuscrit en Latin et en Arabe».

16- Bibliothèque Nationale – Paris (Index Troupeau) 308, feuille 178-178 Q à la fin du manuscrit «Histoire de la Communauté Maronite», transcrit en Juin 1799 à partir de la copie de Germanos Farhat, au Monastère Mar Elias – Chwayya (St Elie).

6- Les prélats de Jebbet Bcharré de 1382 à 1690

Ce manuscrit en karshouni occupe les feuilles 224-230 du registre des écrits du grand Assem’ani, réservé dans l’archive du Vatican Latin no 7258. Il traite en détail de ce que Douaïhy avait résumé dans l’«Histoire des Temps», à savoir : les prélats de Beit El Hossayyinat, les prélats Ayyoubiyins, les prélats Al Aanahila et les prélats étrangers à Jebbet Bcharré. A la fin du manuscrit, on retrouve une liste des noms et des dates de ces prélats que le Chorévêque Boulos Qar’ali a copiée et sur laquelle il a commenté, dans la recherche développée qu’il avait faite pour répliquer au livre du Vicomte Philippe de Tarazi : «Le plus Vrai sur l’Histoire du Liban», et ce, dans «Les Maronites au Liban», 3ème partie, appendice des documents: «Prélats de Jebbet Bcharré», dans «Al Manara», (1949), pp. 326-339.

La liste des prélats a été aussi publiée dans « Les Origines Historiques», I, 5ème partie, pp. 537-548. Puis l’Abbé Boutros Fahd l’a publiée avec ses observations dans «Les Patriarches et les Evêques des Maronites», XVIème siècle, Beyrouth 1922, pp. 183-196.

7- « Histoire du Collège Maronite de Rome »

Dans cette recherche en particulier, Douaïhy a donné des renseignements sur les élèves du Collège Maronite de Rome entre 1639 et 1702, c'est-à-dire vers la fin de son patriarcat. Il y a inclus une présentation abrégée de sa vie privée en plus de ses écrits.

Le Père Louis Cheikho a publié une partie de ce livret : de 1639 à 1685. Il en avait été averti par le prêtre Abdallah Mass’ad, frère de Boutros Mass’ad, Archevêque de Damas et neveu du Patriarche Boulos Mass’ad.

Références :

- Louis Cheikho « Grande Œuvre du Patriarche Stéphan Douaïhy », dans « Al Mashreq » 21 (1923) pp. 209-216, 270-279. Puis, il l’a publiée dans son livre « La Communauté Maronite et l’Ordre Religieux des Jésuites », 1923, pp. 118-134.
- L’Evêque Boutros Chebli avait déjà publié la plus grande partie du livret dans « Biographie de Sa Béatitude, notre Père Stéphan Boutros Douaïhy, 1913.

8- « Abrégé de l’Histoire Sainte ».

Le manuscrit Achkout 3, 41 sous le titre « Abrégé de l’Histoire Sainte », porte le nom de Stéphan Douaïhy comme étant son auteur. On n’a pas pu connaître son contenu. « Al Mashreq » 25 (1927) 858.

9- Livret comportant une polémique théologique contre les Jacobites.

Douaïhy a composé un livret où il a prouvé l’illégitimité du Patriarche Dioscore, suite à l’élection de deux Patriarches à la tête des Jacobites, à Alep. Ceci a été mentionné dans une lettre au secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation du monde, Mario Albricci, le 11 Octobre 1664.
Se référer à : Rome, ASPF, SOCG, Maronite, 235, f. 169r-170v.

C- Les Ecrits Liturgiques

10- « Luminaire des Saints »

Grégoire Bar Al Ibri a écrit un ouvrage célèbre ayant le même titre, il se peut que Stéphan Douaïhy s’en soit inspiré. De plus, le moine Chouérite renommé, Joachim Moutran (1696-1766) a de son côté composé au Monastère St Isaïe, en 1752, une oeuvre intitulée « Luminaire des Saints pour l’Explication de la Messe », et il est très probable qu’il ait trouvé l’inspiration pour le titre dans le livre de Douaïhy, mais le sien explique la messe byzantine. On trouve plusieurs copies de cette œuvre parmi les manuscrits du monastère des Pères Alépins à Sarba : 282, 283, 284, 285, 286, 287. Elle a été imprimée à Beyrouth à l’Imprimerie Littéraire en 1888.


* * *

Douaïhy a occupé parmi les connaisseurs (érudits) en liturgie dans l’Orient Chrétien, une place éminente, grâce à une œuvre qui compte parmi les plus importantes qu’il a laissées, tant par son exhaustivité et la richesse de son contenu, que par son organisation systématique. C’est un livre qui explique la messe, intitulé « Luminaire des Saints » ou « Les Dix Luminaires », puisque son auteur a considéré chacune de ses dix parties comme un luminaire. Il lui avait donné ce titre, comme il l’a dit lui-même « espérant qu’il serait tel une lampe sur son support et qu’il brillerait pour tous ceux qui sont dans la maison de ce monde d’obscurité ».

En fait, ce sont des « commentaires » répartis sur plusieurs chapitres, comportant à leur tour un contenu explicatif varié ; ainsi, les leçons théologiques théoriques et ascétiques émergent à travers les indications de classification et symboliques des thèmes, des actes et des prières liturgiques.

Les recherches théologiques apologétiques contre l’enseignement faux et les pratiques déviantes, ont été introduites dans divers endroits, sinon, elles ont précédé, parfois l’interprétation théologique. De cette façon, l’auteur a fait preuve d’une connaissance profonde et prodigieuse des œuvres antérieures auxquelles il a extrêmement emprunté, bien qu’il n’ait pas pu distinguer ce qui était original et ce qui était extrinsèque. Dans ce livre, Douaïhy a rarement évoqué de longs textes, il s’est suffit de courtes citations, ou de quelques références. Il n’ignorait absolument pas les érudits de l’Eglise Latine, depuis le début et jusqu’à Saint Bernard, et souvent, il se référait, dans ses homélies, aux érudits de l’Eglise Grecque, tel Saint Athanase. En outre, parmi les érudits Syriaques, il mentionnait Saint Ephrem, et surtout, Saint Jacques De Saroug et ses Mimré (chants), ainsi que les apocryphes. D’ailleurs, Stéphan Douaïhy en avait fait la connaissance, et il a eu recours aux livres suivants : Schatzhôhle(•), les ouvrages apocryphes attribués à Clément, le Didaché et le Canon des Apôtres, il avait aussi connu de nombreuses légendes sur de la vie des Saints et des hommes éminents de l’Eglise.

Dans la plupart des cas, Douaïhy a cité les textes liturgiques qui indiquaient les pratiques ecclésiastiques en langue syriaque, sans les traduire, comme c’est le cas pour les citations empruntées aux érudits Syriaques. Dans l’ensemble, nous pouvons remarquer que Douaïhy s’est fié aux ouvrages orientaux beaucoup plus qu’aux ouvrages occidentaux, à l’encontre de Gabriel Bar Al Qala’i. Cependant, ce dernier a suivi le rite Latin et en a traduit les œuvres théologiques et non liturgiques.

Stéphan Douaïhy aimait à présenter les pratiques liturgiques occidentales et leurs orientations, par mesure de comparaison, et préférait dévoiler leurs origines. Alors, en plus des célèbres Liturgies Romaine et Byzantine qu’il a énoncées à maintes reprises, il a aussi fait mention des pratiques occidentales des Jacobites et des Arméniens, ainsi que de celles des Dominicains, des Chartreux et des Milanais. Ce sont là des liturgies de la messe latine, avec la messe arabisée et Oporto. Mais, en ce qui concerne la liturgie de la messe et les anaphores que les Maronites utilisaient, Douaïhy se basait sur une assise principale définie comme suit : ceux qui citaient les noms des Apôtres, des Papes, des Patriarches et des Pères de l’Eglise, avant le schisme, y compris Youhanna Maroun, ont, eux-mêmes établis ces liturgies, considérées « acceptables », et qui pourraient aussi être le fruit d’auteurs Jacobites « non acceptables ». Quant aux points communs entre les Maronites et l’Eglise Romaine, ils ont été pris pour des « directives patristiques » et expliqués périodiquement, à l’inverse de l’état de fait avec les autres Eglises orientales.

Aperçu sur le contenu :

La première partie comporte six « luminaires » et souligne l’enseignement général de la messe, elle inclut une explication de la partie relative aux catéchumènes. On y trouve, traités en détail, les thèmes suivants :

1- « Au sujet de la messe, sa liturgie, et le fait d’y assister », en d’autres termes la théologie de la messe, les preuves Scripturaires et de la Tradition sur son essence, sa forme avec ses parties et ses rites liturgiques et sa transmission par les Apôtres, sa signification symbolique, la participation à la messe, particulièrement pendant les jours de fête et les Dimanches, ses horaires, ses fruits et les devoirs des croyants
2- « Concernant les thèmes de la messe » ou bien les endroits de célébration de la messe : construction des églises et la façon de les orienter, l’autel et sa constitution et les vases sacrés.
3- « A propos du prêtre, ministre du sacrement de la messe » ou offreur du sacrifice : l’ordre sacerdotal. Ici Douaïhy traite de la primauté du Pape, de l’affiliation de l’Eglise Maronite au Siège Apostolique, en plus d’un résumé historique de ce Patriarcat et les habits liturgiques.
4- « Sur les préparatifs des prêtres, l’exposition du Saint Sacrement et l’Incarnation ».
5- « Au sujet de ceux pour qui l’Oblation est offerte et de l’apparition, en chair, du Christ». Autrement dit Douaïhy traite du devoir de participer à la messe et de la valeur de cette dernière : prières et glorification, invocation du Christ, de la Sainte Vierge et des Saints, prière pour les vivants et les morts.
6- « En ce qui concerne la lecture de l’Evangile, la catéchèse aux catéchumènes et les litanies pour le prêtre et les non – croyants ». Là, Douaïhy explique la messe pour les catéchumènes dans ses différentes parties, il aborde aussi le Trisagion et les contradictions à son sujet. Puis un chapitre sur la prédication succède à un autre sur les lectures dans la Bible. Quant à la deuxième partie de ce livre, elle se rattache à la partie principale de la messe, c'est-à-dire aux anaphores. L’explication couvre les anaphores de l’Apôtre Jacob et renferme les « luminaires » suivants :
7- Au sujet de la préparation à la Consécration, en plusieurs sections et chapitres.
8- Sur la Consécration, en six sections et plusieurs chapitres.
9- Sur la présentation du corps du Seigneur au Père, en trois sections et plusieurs chapitres.
10- Sur la communion, en quatre sections et plusieurs chapitres.

Ici, les digressions théologiques et historiques abondent, vu que Douaïhy fait des commentaires détaillés sur les symboles de la foi, tout en se concentrant spécifiquement sur l’étude du Christ du point de vue de Sa Personne et de Ses préceptes, et du Saint Esprit, selon la catéchèse Catholique.

En ce qui concerne les anaphores syriaques réparties en anaphores acceptées par les Maronites et d’autres refusées par eux, Douaïhy les a regroupées et comparées les unes aux autres. Là Douaïhy a abordé le fait de l’utilisation de la langue arabe en liturgie (se référer Graff, tome I, pp. 662-663). En outre, il a ajouté au chapitre de la Sanctification, la discussion d’un nombre de questions théologiques et apologétiques à propos de la présence du Christ et la puissance des paroles de Sanctification. De même, il a étudié et commenté la façon de présenter, dans l’Evangile, la transformation du pain et du vin, en chair et sang du Christ, ainsi que l’affaire de l’Epiclèse (convocation du Saint Esprit), qui selon Douaïhy, n’a aucun effet sur la Sanctification.

Si maintenant, nous considérons les paroles de Sanctification dans la première édition de la messe maronite, année 1594, celles que Tuma Tumarak a introduites de sa propre initiative (sans en informer le Pape ni le Patriarche Maronite), alors Douaïhy, ici, défend la régularité des formules de Sanctification et leur exactitude, même si leurs expressions se distinguent les unes des autres dans les anaphores maronites, puisqu’au fond, elles répètent les paroles institutionnelles de Jésus. D’autre part, Douaïhy annexe au « Souvenir des Pères », une présentation historique des quatre premiers conciles. Et, le dernier chapitre traite de la messe inachevée, c'est-à-dire la messe des Saints présanctifiés.

De plus, Douaïhy a présenté de nombreux détails dans les pratiques liturgiques passées et de son temps, il a dit entre autres que Saint Pierre avait célébré la messe pour la première fois, le Mercredi suivant la Pentecôte, qu’il y avait aussi participé avant de quitter Jérusalem, avec l’Apôtre Jean. Que c’était encore St Pierre qui avait introduit la liturgie eucharistique dans la ville d’Antioche, et qu’il avait récité l’anaphore « Sharar » pour solenniser la Dormition de la Sainte Vierge, en présence de tous les Apôtres (1).

Dans un autre endroit, Douaïhy a dit : « Les Pères (de l’Eglise) ont exigé que le Saint des Saints contînt l’Arche des Sacrements renfermant quatre choses, à savoir, l’Eucharistie, le saint Chrême, l’huile du Baptême et l’eau de l’Epiphanie (2). Il a de même décrit le tabernacle de l’église Mar Saba à Bcharré et a mentionné la colombe au-dessus des fonts baptismaux, marque de la demeure du Saint Esprit. Douaïhy a encore indiqué la présence, dans les églises Maronites (peut-être aussi Jacobites), d’une certaine décoration, tels que les miroirs arrondis qui montraient la propreté, et les oeufs d’autruche qui signifiaient la persistance dans la prière et la méditation dans les mystères de Dieu (3).Quant au tablit (tablette) sacré dans l’Eglise Maronite, à laquelle Douaïhy appartenait, il était formé soit de marbre, soit de bois de cèdre, soit de bois d’acacia. « Le bois est signe de la croix du Seigneur et l’Arbre de Vie, et le marbre le tombeau du Sauveur » (4).

A- Manuscrits

1. Alep 600-301 : Le Candélabre des Sanctuaires en deux parties.
2. Mar Challita Moqbes, se référer à « Al Mashreq » 6 1903) 593-594. Actuellement, disponible dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais.
3. Bkerké 65, (karshouni). Sans la date, ni le nom du copiste, il remonte au XVIIème siècle.
4. Sbat, l’Index 1433, il provient des héritiers de Mikhaêl Abdini.
5. Vatican Syriaque 400 (karshouni 1697). Ce manuscrit comprend uniquement la deuxième partie. Douaïhy l’avait achevé en l’an 1686 et l’avait dédié au Collège Maronite de Rome en 1700 comme le montre la première page.
6. Mar Abda Harhryya, 25 et 26. Francis Barakat de Ghosta a terminé sa copie, le 8 Octobre 1840.
7. Bibliothèque des Missionnaires Libanais, 110, copiste et date de copie inconnus, sans numéro. Cette partie comporte six luminaires. La première division est inscrite par Douaïhy lui-même, les autres portent des annotations et des corrections de la main de Douaïhy. Ce manuscrit et le suivant étaient dans la bibliothèque de Mar Challita Moqbes, et correspondent au manuscrit no 2 de cette liste.


Ecriture et sceau du Patriarche Stéphan Douaïhy, le 18 Mars 1700, quand il a dédié son livre « Les Dix Phares » au Collège Maronite de Rome, manuscrit Vatican Syriaque 400.


8- Bibliothèque des Missionnaires Libanais, 111 : ce manuscrit inclut la deuxième partie du manuscrit précédent, c'est-à-dire les quatre derniers luminaires inscrits par un moine de Mar Challita-Moqbes, en 1691. Ibrahim Harfouche a décrit les deux volumes dans le magazine « Al Mashreq » puis a transféré le manuscrit à la bibliothèque du couvent Al Kreim sur autorisation spéciale du patriarche Al Howayek. Il est à noter que l’édition de Rachid Ashshartouni diffère beaucoup de celle du couvent Al Kreim considérée authentique.

9- Manuscrit du couvent Notre Dame de Louaizé, était entre les mains de Rachid Ashshartouni quand il avait commencé la publication du livre « Le Luminaire » (Al Manara). Cette copie est en karshouni. Le prêtre maronite Alépin, originaire d’Ehden, Abd El Massih fils de Boutros Lebian, et l’un des moines Maronites Alépins (actuellement Maronites Mariamites), copiste renommé, l’avait transcrite à Alep en 1711. Copie en deux tomes. Le premier est constitué de 598 pages, format 21x31. Ce manuscrit ne porte pas de numéro, et l’on ne sait pas où il se trouve aujourd’hui.

10- Vatican latin7410.

11- Couvent Kfifane 2 : « Explication des luminaires de la messe », écriture du prêtre Gergés Sa’ad Al Bajjani en 1783 [parmi une multitude] – se référer à « Al Mashreq » 1926, p. 272.

12- Bibliothèque de Aïn Waraqua 61, comme il a été mentionné dans « Al Mashreq » 25 (1927) 700. L’ouvrage « deuxième tome des dix luminaires qui renferme la clarification des mystères divins » écrit en 1686. Le fils de la famille Bassil et élève de Rome l’a transcrit en 1715 [peut-être est-ce l’évêque Bassil Al Bejjani]. Il est à l’adresse du prêtre maronite, Mikhaël Al Mtouchi de Chypre.

B- Les Editions du Livre

Rachid Ashshartouni a publié « Luminaire des Saints », 300 ans après sa composition, en se basant sur le manuscrit du couvent Notre Dame de Louaizé (karshouni année 1711). Il a publié la première partie, à Beyrouth, en 1895, format 22x14, nombre de feuilles 563+34, et la deuxième partie, à Beyrouth, en 1896, format 21x14, nombre de feuilles 694+4.

La première partie inclut les appendices suivants :

- Les écrits de Douaïhy (pp. 11-15).
- « Explication de la messe » (pp.16-19).
- « La langue syriaque était la langue des Juifs au temps du Christ » (pp.20-27).
- « La liturgie de Saint Jacob est à la base de toutes les liturgies » (pp. 27-28).

«Le Père Emmanuel Khoury écrit dans «Al-Manara» 25 (1984) pp. 441-474, ici 461 ce qui suit : «Malgré l’importance de ce livre que l’Ouest a découvert comme en a témoigné Chebli, notre Eglise Maronite ne l’a connu que dans les manuscrits, par conséquent il n’a pu être utile qu’à un groupe privilégié du clergé…Mais l’éditeur (Rachid Ashshartouni) ne nous a pas gardé le style simple de l’auteur, ainsi qu’il le certifie et le justifie lui-même dans la première préface intitulée « allocution de l’imprimeur sur la raison de publier le livre»…

«Il n’est pas important dans ce livre d’analyser chaque mot, ou d’expliquer chaque geste, ni d’éclaircir tout dogme, à l’égard de sa connexion avec l’Evangile, son apparition chez les Pères de l’Eglise et son utilisation dans les décisions des Conciles Œcuméniques ; tout cela se trouve bien dans beaucoup d’ouvrages ; mais le plus significatif chez Douaïhy, est son ample connaissance de l’usage varié, par tous les peuples, de la parole et du mouvement dans leurs contenus et leurs sens populaires et liturgiques ; voilà ce qui caractérise le livre «Luminaire des Saints» et qui le maintient au niveau des œuvres contemporaines, tant par son sérieux que par sa nouveauté… »

Ce livre a été traduit en Latin par le Père Jésuite, Boutros Moubarak, élève du Collège Maronite de Rome, mais n’a pas été imprimé. En outre, Père Youwakim Moubarak a traduit en Français trois articles qu’il avait sélectionnés dans «Luminaire des Saints» imprimé par Rachid Al-Shartouni, et les a publiés dans son œuvre «Pentalogie Antiochienne/Dimensions Maronites», première partie, volume I, pp. 21-108, Beyrouth, 1984.

Les articles :
- Sur le sacerdoce (pp. 23-53).
- Sur les églises (pp. 53-77).
- Sur l’autel (pp. 79-106).
Puis il a traduit le dernier chapitre de la deuxième partie sous le titre de « Encens pour le repos des défunts » (pp. 107-108).


***

Les explications de Douaïhy concernant « l’orientation vers l’Est » pendant la prière, ainsi que dans la construction des autels et des absides des églises, ont été publiées dans : Jahrbuch für Liturgiewissenschaft, 1927, p.158 ; et ce « parce que Dieu a rendu la demeure de nos «premiers ancêtres» à l’Est », et « c’est à l’Est que le soleil pointe », aussi, vu que l’Est « est source de lumière », et, afin que les Chrétiens se distinguent des Juifs «ordonnés de prier vers l’Ouest » (5).

De plus, Boutros Daou a cité ses remarques sur la participation dans la Consécratio (6) dans : Orientalia Christiana Per, 6 (1940) 233, sans mentionner les références il les a tirées.

Notes:
(•)Attribué à Saint Ephrem. Il relate l’histoire d’Adam et Eve qui après que Dieu les eut chassés du paradis, entrèrent le corps dans une grotte dite « Grotte des Trésors ». En 1883 l’orientaliste Allemand Karl Betzold l’a publié en Syriaque et en Arabe, en plus de la description des copies qu’il avait trouvées dans les bibliothèques européennes.
(1) Se référer à “Phare des Saints”édition Al-Shartouni, pp. 51-52.
(2) Même référence, p. 108.
(3) Même référence, pp. 126-127.
(4) Même référence, p. 146.
(5) “Candélabre des Sanctuaires”, première partie, pp. 58-59.
(6) Référence précédente, pp. 252-257.


“Le Livre de la Chirotonie » (1)

Le second grand livre en matière de liturgie comprend un commentaire détaillé sur les rites pontificaux ou rites des ordinations, ce qui apparaît clairement dans le titre : « Livre des Syam îdô » ou « Livre de la Chirotonie », c'est-à-dire : Pontifical de l’imposition des mains. Ceci signifie l’ordination des ministres de l’autel et leur élévation aux ordres ecclésiastiques pour l’assistance du peuple chrétien. La Chirotonie est le livre spécial de l’Evêque qui l’utilise dans les ordinations afin que soit transmise l’autorité sacerdotale qui qualifie le prêtre pour le service et l’administration des sacrements.

A- Manuscrits de la Chirotonie avant Douaïhy

1- Chirotonie de Jérémie Amxîtî :

Stéphan Douaïhy a indiqué la présence de la Chirotonie de Jérémie Amxîtî. En fait, dans son livre intitulé «Explication du rite de la Chirotonie syriaque» (2), pp. 84-85, il a rapporté que le Patriarche Jérémie Amxîtî (1209-1230) « a copié divers livres d’Eglise parmi lesquels le rite de l’ordination des serviteurs de l’autel que nos anciens Pères avaient appelé (Chartouniyya) Chirotonie et syam îdô (ordination) puisqu’il était distribué aux ordinands par l’imposition des mains de l’archiprêtre. Cette copie qu’il avait numérotée de son écriture propre, reste jusqu’à nos jours préservée au couvent Mar Sarkis Ras Annaher à Ehden…et c’est là-dessus que nous nous sommes basé dans notre travail ».

Aujourd’hui ce manuscrit qui représente la copie mère, a disparu.

2- Chirotonie de Tadros, Evêque de Akoura :

Et Douaïhy d’ajouter que « pour qu’il n’y ait pas négligence d’une chose aussi essentielle, nous nous sommes appliqué à la comparer avec la Chirotonie du couvent Mar Alixa’(St Elisée) à Bcharré. Elle a été écrite au couvent de la Sainte Vierge dans le village de Akoura, au temps de son Evêque Tadros en l’an 1607 des Grecs, correspondant à l’an 1296 du Seigneur» (3). Mikhaël Arrajji a déclaré que ce manuscrit était dans la Vaticane, Angelo May l’ayant mentionné sous le numéro 309, lors de sa description des manuscrits syriaques qui s’y trouvaient. La bibliothèque de Bkerké renferme de son côté, une reproduction syriaque du manuscrit, offerte par la Congrégation de la Propagande. Elle contient 118 feuilles.

Cette Chirotonie embrasse les rites d’ordination du chantre, du lecteur, du sous–diacre, du diacre et de l’archidiacre ainsi que ceux du Prêtre, du périodeute, et de l’évêque, il couvre aussi le rite jacobite de l’ordination de l’évêque.

On retrouve notées dans cet ouvrage, trois remarques, dont l’une rapporte que le diacre Khalaf fils du prêtre Ibrahim de Bcharré, a été ordonné en 1804.

3- Chirotonie de l’Evêque Mtawos

Douaïhy a signalé aussi qu’il avait comparé la Chirotonie de Jérémie Amxîtî avec celle que le prêtre Marcus Lemtawos, Evêque de Arca et de Akkar avait copiée en l’an 1622 des Grecs (1311 du Seigneur), et qui se trouvait en son temps dans l’île de Chypre chez l’Evêque Boutros Bar Makhlouf de Ghosta, avec, inscrit dessus ce qui suit : « Hatem disciple de l’Evêque Boutros de la famille Makhlouf du village de Ghosta, Kessrouan, Mont – Liban, que Dieu, Gloire à Lui, le garde» (4).

Le manuscrit en question, ayant le numéro 6 dans la bibliothèque de Bkerké, est formé de 372 feuilles format 22x16. Il est écrit en syriaque, sauf les rubriques qui sont en Karchouni. Il contient les mêmes ordinations que la Chirotonie de l’Evêque Tadros, à l’exception de l’ordination du chantre et d’autres détails que nous ne pouvons noter ici.

4- Chirotonie du prêtre Ibrahim Albani (de Bane) (5)

De même, dans la référence précédente, Douaïhy a dévoilé la présence d’une Chirotonie copiée par le prêtre Ibrahim Al Bani en l’an 1806 des Grecs ou 1495 du Seigneur. Douaïhy l’a encore comparée avec celle de Jérémie Amxîtî. Elle est constituée de 128 feuilles, et il est probable qu’elle soit la copie gardée à la Vaticane sous le numéro Fonds Syriaques, Cod XLVII. Dans la bibliothèque de Bkerké, il existe une reproduction de cet ouvrage, portant le numéro 17, le Cardinal Eugène Tisserand l’ayant offerte en 1942. Cette Chirotonie figurait parmi les livres de Youssef Al Bani, élève du Collège Maronite de Rome, puis elle est passée à Merhej Namroun Al Bani, mais au départ, elle appartenait à l’Evêque Maronite Gergés (?)

5- Chirotonie du Prêtre Habquouq Al Adniti :

Ecrite en l’an 1891des Grecs, 1581 du Seigneur, Douihy en avait pris connaissance et l’avait comparée avec la Chirotonie de Jérémie Amxîtî. C’est un volume de 334 feuilles, format 14x19, en syriaque sauf les lectures et certaines directives et rubriques qui sont en arabe. Elle comporte les ordinations du chantre, du lecteur, du sous–diacre, du diacre et de l’archidiacre, ainsi que celles du prêtre, du périodeute, du chorévêque, de l’évêque et du patriarche. La Chirotonie du prêtre Habquouq est gardée dans la bibliothèque de Bkerké et porte le numéro 33.

6- Chirotonie de Youhanna Al Lehfidi (Jean de Lehfed)

C’est le livre des ordinations et des consécrations. Youhanna Al Lehfidi, disciple du prêtre Gergés, l’a copiée du temps de l’Evêque Mar Daoud Dada, en 1816 des Grecs, ou 1505 du Seigneur. Ce manuscrit est le Paris Syriaque 120 dans la Bibliothèque Nationale de Paris, il comporte 165 feuilles. Le Père Jean Morin en a imprimé une partie – Jean Morin Commentarius de sacris Ecclesiae ordinationibus, p. 384 et suiv., Anvers, 1695 (6), Ibrahim Al Haqlani lui ayant offert la Chirotonie en 1639, quand il était à Rome.

Puis Eusèbe Renaudot l’a traduite, comme il est mentionné dans le manuscrit de Paris, collection Renaudot, numéro 8 feuille 580 et sq. Elle a également été citée dans :

Denzinger, Ritus Orientalium, t. II, p. 108 et sq.
Le manuscrit de Paris inclut toutes les ordinations telles qu’elles sont apparues dans la Chirotonie de Tadros, Evêque de Akoura. De son côté, Mikhaël Arrajji l’a décrit dans la référence citée, pp. X-XI.

7- Chirotonie Vatican Syriaque 48

Sa copie remonte à 1507. Elle est composée de 122 feuilles, en syriaque, sauf les lectures et les rubriques qui sont en karshouni. Outre les ordinations, cette Chirotonie comprend le rite de la consécration de l’église et de l’autel. Au début, elle appartenait à Youssef Al Bani, puis elle est passée à Merhej Namroun Al Bani et à Ibrahim Al Haqlani. Mikhaël Arrajji l’a signalée à la page IX-X.

8- Chirotonie de l’Evêque Youssef Al Akouri (de Akoura) ; Vatican 49

Arrajji ne l’a pas mentionnée, ni Douaïhy non plus dans sa série des Chirotonies. Elle date de 1559, est constituée de 128 feuilles et renferme les rites de l’ordination du chantre, du lecteur, du sous – diacre, du diacre et de l’archidiacre, ainsi que ceux de l’ordination du prêtre, du périodeute, du chorévêque, de l’évêque, du métropolite et du patriarche. Elle parle aussi du rite de la bénédiction de l’autel. Cette Chirotonie était à l’usage de Youssef Al Akouri, Evêque de Sidon, devenu par la suite Patriarche (1644-1648).

9- Chirotonie de Sarkis Assamarani, année 1571 :

Elle comprend aussi le livre des bénédictions. Dès le début, nous y trouvons : les prières sur la patène et le calice, dites « Chirotonie du calice », les Chirotonies des reliques, de la croix, de l’encensoir, de l’encens et du garçon au huitième jour de sa naissance, ensuite, la consécration du cimetière. Vient après « une prière sur les cendres et l’eau le Dimanche des Rameaux ; ainsi, après la messe, le peuple est saupoudré de cendres lors de la bénédiction des rameaux d’olivier ». Puis, l’auteur a copié « une prière sur le sel et l’eau pour le grand jour de Pâques ».

Ensuite, il a écrit « les lois de réception des sacrements » à compter du baptême. Là, il a indiqué la matière, la formule et le servant…Il a en outre ajouté, en karshouni : « Le livre de Bar Al Qal’i achevé en 1571 du Seigneur au Monastère Mar Antonios –Qoshayya, par Sarkis Assamarani, disciple de l’anachorète béni, Sarkis, à Ras Al Wadi… ».

Le volume en question inclut les rites d’ordination des différents ordres sacerdotaux, en d’autres termes, l’ordination du chantre, du lecteur, du sous-diacre, du diacre et du prêtre. Il comporte 140 feuilles, format 20x13 et est gardé à la bibliothèque du Monastère Ashshourfa, 7/10. Cette Chirotonie appartenait au Patriarche Mikhaël Jarwa. Arrajji l’a décrite à la page XI-XII.

10- Deuxième Chirotonie de Sarkis Assamarani

L’anachorète Sarkis, de la famille Jalwan Assamarani, a copié cette Chirotonie en 1584 et a tenu à y introduire maints éléments romains (latins); raison pour laquelle elle a été appelée « Chirotonie du Collège Maronite ». Au temps de Douaïhy elle se trouvait au Monastère Mar Antonios- Qoshayya puisque le Patriarche l’avait comparée avec celle de Jérémie Amxîtî. Aujourd’hui, nous n’en avons aucune trace.

11- Chirotonie du prêtre Luc Al Qorbassi, le Chypriote, élève du Collège Maronite de Rome (7).

Luc Al Qorbassi l’a copiée en l’an 1650-1651, durant le patriarcat de Youhanna Assafrawi. Ce prêtre fut, en effet, le premier évêque que le Patriarche Douaïhy a ordonné, en 1671, au siège de Chypre, pour lui succéder, et le dernier qui a vécu dans l’île jusqu’à sa mort en 1673, avant que le siège ne soit transféré au Liban.

Actuellement, ce manuscrit est dans la bibliothèque de Bkerké, sous le numéro 5. Il comprend les rites des différentes ordinations. Tout est en syriaque, sauf les rubriques et quelques prières de conclusion, outre les sections traduites du latin en arabe.

En plus des ordinations, cette Chirotonie comporte une division qui concerne la bénédiction de l’église, de l’autel et des vases sacrés…et une autre qui couvre le rite de la prise d’habit, de la prononciation des vœux et quelques prières.

Elle se termine par le rite de la Confirmation.

12- Chirotonie de l’Evêque Youssef Al Karmseddani (de Karmsaddé) (+1654)

En 1912, elle se trouvait à la bibliothèque du Monastère Mar Ashe’ya (St Isaïe)-Broummana, chez les Moines Antonins Maronites. Le Père Ibrahim Harfouche a déclaré (8) que le prêtre Stéphan Al Bech’’alani (De Bche’lé) l’avait lue et y avait emprunté ce qui suit :
1- « Le plus humble et le plus méprisable des hommes, Youssef Al Karmseddani, a achevé la transcription de cette Chirotonie en 1650 du Seigneur… ». Le copiste y avait aussi prié que le prêtre Sem’an Attoulawi, élève du Collège Maronite de Rome (9), soit immergé par la miséricorde divine, ayant traduit le manuscrit du latin en arabe.

2- «En l’an 1654 A. D, le propriétaire de cette Chirotonie, l’Evêque youssef Al Karmseddani, est mort…Mais avant de mourir, il l’avait léguée à Gergés Habquouq, Evêque de Akoura, contre vingt messes. Ces dernières ont été accomplies, et celui parmi les Evêques, qui la prendra après Gergés sus - mentionné, offrira lui aussi le même nombre de messes» (10).

13- Chirotonie de l’Evêque Youssef Al Hassarati (1653-1654)

Père Harfouche n’en a pas parlé, bien que Mikhaël Arrajji l’ait citée parmi les manuscrits de la bibliothèque de Bkerké. En fait, elle ne figure pas dans le catalogue des archives de Bkerké que l’Evêque Abdo Khalifé et le prêtre Francis Al Bayssari ont préparé conjointement. Le copiste n’a pas mentionné son nom, mais a dit qu’il avait accompli cette tâche à la demande de l’Evêque Youssef, Abbé (Cénobiarque : vu l’époque) de Hawqa, au temps du Patriarche Youhanna Assefrawi. Cette Chirotonie renferme les rites de la bénédiction du tablit (pierre d’autel), du myron (chrême) et de l’huile des catéchumènes, de plus, elle comprend les rites de la conversion des apostats, de la bénédiction des vases sacrés, des croix en bois et en métal, …du pain, des fruits et d’autres aliments ainsi que les rites de la bénédiction des cierges et des fonts baptismaux.

La deuxième partie du manuscrit concerne les ordinations sauf celles de l’évêque et des autres ordres élevés, en plus de l’ordination de l’exorciste, traduite de la Chirotonie latine. A noter que l’arabe (karshouni), prédomine dans cette œuvre.

14- Chirotonie de l’Evêque Gergés Habquouq Al Bche’lani (De Bche’lé) (1670).

Gardée à la bibliothèque de Bkerké, sous le numéro 8. C’est un volume de 524 pages, de 20 cm sur 15. Arrajji et Harfouche en ont tous les deux fait mention.

Deux parties y font défaut : une première, au début, comprenait les rites d’ordination des ordres inférieurs, avec l’amorce du rite d’ordination du diacre, jusqu’au Hûsoyô ; une deuxième, à la fin, comprenait deux rites concernant la prise d’habit des moines et leur ordination. Quelques-unes des dernières pages manquent aussi. D’autre part, certains rites qui n’ont rien à voir avec la Chirotonie, ont été intercalés entre l’ordination du prêtre et celles de l’évêque et du patriarche, tels que les rites de la consécration de l’Eglise et de l’autel et le rite de la Confirmation…

Ce manuscrit fut copié au temps du Patriarche Gergés Al Bseb’eli (De Bseb’el), du Pape Clément et des Evêques : Mikhaël Al Hasrouni (De Hasroun), Youssef Al Hassarati, Ibrahim Assamarani, Boulos Al Hednani, Gabriel Al Blouzawi et Stéphan Douaïhy. Il appartenait à l’Evêque Gergés Habquouq Al Bech’alani, le diacre Mikhaël fils de Abdallah du village de Bsseb’el en avait achevé la transcription le 22 Juillet 1670, environ trois mois après la mort du Patriarche Al Bsseb’eli. Le Père Harfouche a avancé qu’en accomplissant sa tâche, le copiste ne s’était pas uniquement fié à une Chirotonie régulière, mais qu’il avait introduit dans la copie certains éléments latins.

15- Chirotonie du Patriarche André Akhijan (1676)

C’est André Akhijan Abd el Ghal, premier Patriarche Syriaque (Syrien) Catholique qui l’a écrite en 1676, puis il l’a léguée à l’église Maronite Mar Elias (Saint Elie) à Alep. Elle correspond au numéro 638 de la bibliothèque de l’évêché Maronite à Alep et c’est un volume de format 22x15, non numéroté.

Cette Chirotonie comprend les rites d’ordination de tous les ordres, tous en syriaque, à l’exception des rubriques qui sont en arabe. Viennent après, les rites de consécration de l’église, de l’autel et du tablit (pierre d’autel)…allant jusqu’à l’assistance des mourants et des lunatiques. A la fin du manuscrit, Akhijan déclare la régularité de sa foi au temps « du Pape Clément X et de notre vénérable Patriarche Mar Boutros EStéphanos (Douaïhy)…de Mar Gabriel (al Blouzawi), Evêque d’Alep…et de nos frères, les prêtres : Premièrement Hanna al Hasrouni, le prêtre Youssef Ashsheikh Al Bcherrani et le prêtre Gabriel Al Jab’inii (al Ajba’i), le prêtre Farjallah al Abdini, le prêtre Rizkallah fils de feu prêtre Moussa Bcherrani, le prêtre Gabriel al Hednani, et le prêtre Gabriel al Bcherrani avec nos frères croyants, enfants de l’Eglise Catholique Romaine.. »

B- Manuscrits de la Chirotonie qui se basent sur la réforme de Douaïhy :

Stéphan Douaïhy l’a lui-même dit : il a examiné les anciennes versions de la Chirotonie et les a comparées avec la plus vieille dans l’Eglise Maronite, à savoir, celle du Patriarche Jérémie Amshîtî. En fait, les vieilles Chirotonies étaient divisées en deux parties : une réservée à l’archiprêtre (évêque) et une autre concernant les diacres. Douaïhy a regroupé les deux volumes en un seul dont nous parlerons plus loin, et il y a ajouté une explication résumée où il a décrit tous les ordres avec leurs significations sacrées.

Il existe deux manuscrits de la Chirotonie de Douaïhy, différemment organisés. Le premier date d’avant l’épiscopat de l’auteur, il a constitué une tentative préliminaire du texte final qui a été envoyé à Rome pour y être imprimé, ce qui est arrivé ultérieurement. Son contenu couvre les explications et les rites des différentes ordinations.

Vient après, une interprétation de chacune des parties du rite de l’ordination des prêtres, en plus des remarques sur l’honneur du clergé inférieur et la hiérarchie ecclésiastique. En outre, Douaïhy a réservé un large espace pour évaluer le contenu des prières d’ordination et la signification des rites du point de vue érémitique. Il a de même écrit un commentaire semblable au sujet de la bénédiction des livres liturgiques. Dans ce qui suit, nous passons en revue les Chirotonies I et II de Douaïhy, et toutes les Chirotonies des évêques, celles dont les caractéristiques nous sont parvenues, puisqu’à chaque évêque sa Chirotonie. A part la Chirotonie de Youssef Sham’oun Assem’ani qu’il a rectifiée en 1736 et qui laisse deviner l’empreinte du rite latin, nous pouvons certifier que toutes les autres Chirotonies ont été empruntées à celle de Stéphan Douaïhy, Evêque et Patriarche, et l’ont prise pour base. En 1756, après le Synode de Wata al Jaouz, une nouvelle orientation est apparue dans la Chirotonie Maronite, ce dont nous parlerons à propos.

16- Première Chirotonie de Douaïhy 1668 - 1670 (11)

Cette Chirotonie est de la main même de Douaïhy alors qu’il était encore Evêque, et avant qu’il n’eût commencé la révision officielle. Elle correspond au Manuscrit Bkerké 1 et compte 30+326+50 pages format 40x20. Le Patriarche Youssef Stéphan l’a découverte dans les contrées de Jbeil (Byblos) et de Batroun, et le Patriarche Sem’an (Simon) Awwad l’a utilisée ; preuve en est, les noms qu’il a lui – même écrits, de ceux qu’il avait ordonnés prêtres étant Evêque et de ceux qu’il avait ordonnés Evêques étant Patriarche. A noter que cette liste s’arrête à 1753.

La Chirotonie en question contient les différentes ordinations, allant du chantre jusqu’au patriarche. Elle inclut aussi les rites de la prise d’habit et du capuchon par le moine, la bénédiction du calice et de la patène, en plus du rite du sacrement de la Confirmation selon le rite maronite que Sem’an Awad avait écrit. Quant aux ordinations du Patriarche Douaïhy citées dans ce manuscrit, elles s’élèvent à 152 et se répartissent entre 1669 et 1704, alors que celles de Sem’an Awad de 1716 à 1755, ne sont que 27, avec une seule ordination faite par l’Evêque Mikhaël el Khazen en 1755 et une autre par Gabriel Awad en 1756.

17- Chirotonie de Douaïhy après son accession au patriarcat (1675)

Elle est meilleure que les copies précédentes tant par l’écriture, que par la qualité du papier ou l’organisation. C’est un volume de 319 pages format 32x21, dont certaines sont d’une colonne, mais la plupart de deux, ayant en marge des ajouts et des références latines, écrites peut-être par Douaïhy lui-même.

Son secrétaire, le prêtre Youssef al Hassrouni a transcrit cette Chirotonie en 1675. En fait, c’est un brouillon de la copie qu’il allait envoyer à Rome, en 1685, pour y être imprimée, qui correspond au Vatican Syriaque 311 dont nous parlerons plus loint. Dans cette Chirotonie, Stéphan Douaïhy a regroupé toutes les ordinations : le lecteur, le sous – diacre, le diacre, le prêtre, le périodeute, le chorévêque, l’évêque et le patriarche. Puis il y a ajouté le rite du « revêtement du pallium patriarcal ».

Ensuite, vient la prière de la confirmation par le myron (chrême), la consécration des cimetières, la réception de la confirmation et le revêtement du pallium apostolique. Il est rapporté au début de cette Chirotonie qu’elle était à l’usage de l’Evêque Elias Mhasseb, puis l’Evêque Youssef Geagea l’avait achetée le 18 Avril 1845, et jusqu’en 1906, elle était encore au siège de l’évêché de Chypre à Qornèt Chèhwane, comme l’a indiqué l’Evêque Youssef Deryan dans son livre sur les ordinations. Mais à présent, elle se trouve au siège de Beyrouth.

En outre, c’est sur cette Chirotonie que le Père Youssef Merhej s’est basé pour rédiger, avec quelques Pères de La Ligue Sacerdotale, «un texte corrigé, unifié, clair en contenu, en forme, et en mise en pages, facile à lire pour l’évêque, et pouvant être à distribué aux assistants à une ordination quelconque, afin que leur participation soit consciente et leur prière respectueuse» (12).

18- Chirotonie de l’Evêque Youssef al Hasrouni 1675-1677

Manuscrit numéro 29 à Bkerké. Il appartenait au juriste Mansour Ashémali du village de Shailé au Kesrouan, qui l’avait hérité de son oncle, Béchara Ashémali, Evêque de Damas (1920-1927). Cette Chirotonie couvre jusqu’au rite de l’ordination du périodeute. En se référant au numéro 6, c’est l’évêque Youssef, fils du prêtre Youssef du village de Hasroun qui l’avait copiée quand il était secrétaire du Patriarche Douaïhy.

19- La Chirotonie et son explication (1675)

Le secrétaire du Patriarche Douaïhy, Youssef al Hasrouni a aussi copié cette Chirotonie qui se trouve dans la collection des manuscrits de l’Ecole Mar Boutos wa Boulos (SS. Pierre et Paul) à Achkout appartenant à la famille Mass’ad (13). Suite au nom du copiste, nous lisons une notice sur « propos de nos justes Pères les Evêques et tout ce que la copie chez les Grecs montrera concernant leur connaissance des évêchés dont ils ont la charge ». Douaïhy avit personnellement écrit cette notice. Puis, « Rappel des sept Saints Conciles »…

Se référer à « Al Mashreq » 25 (1927) 750.

20- Chirotonie de l’Evêque Youssef Moubarak (1683)

Elle est gardée à la bibliothèque de Bkerké. Elle porte le numéro 7, est formée de 398 pages de 31 cm par 21. Cette œuvre a été transcrite par Youssef, Evêque de Sidon, fils du presbytre (qass) Souleiman, fils du sous – diacre Sem’an al Ghoustawi Arrayfouni. Elle renferme toutes les ordinations en syriaque et leur traduction en arabe et représente un exemplaire de la Chirotonie de Douaïhy que le Patriarche avait révisée avec les deux Evêques : Boutros Makhlouf et Youssef al Hasrouni. Cette Chirotonie contient aussi le rite de la prise d’habit du moine, en syriaque, à l’exception de quelques prières. Le copiste y avait déclaré que le Patriarche Stéphan Douaïhy était l’auteur de ces rites qu’il avait collectés pour les moines et les moniales, en s’appuyant sur les livres conservés dans les Monastères de Qannoubine, Qozhayya et Hawqa (14).

21- Chirotonie révisée de Douaïhy (avant 1683)

C’est le Vatican Syriaque 311, gardé à la Vaticane, sans date ni nom du copiste. Y est ajoutée une inscription en vertu de laquelle Douaïhy imposait l’usage de cette Chirotonie et des rites qu’il avait lui-même révisés. Ce manuscrit de format 30x21, remonte au 3/10/1683. Il compte 630 pages toutes en syriaque et comprend, outre les ordinations, les rites de la consécration des moines et des moniales.

22- Chirotonie du Monastère des Moines Mariamites - Rome - 1683

De même que la précédente, cette Chirotonie date du 3/10/1683. Elle a été transcrite à Qannoubine, en Syriaque et karshouni mais ne porte pas le nom du copiste. On y dénombre 222 pages de format 25x18. La préface de Douaïhy y est présente mais sans notes en marge ni en bas de page. A la fin de cette Chirotonie, le prêtre Ibrahim al Ghaziri, moine Antonin, a écrit en latin ce qui suit : En 1711, j’ai lu ce livre et n’y ai rien trouvé qui aille à l’encontre de la foi catholique. Gergés, Evêque d’Ehden a lui aussi écrit pour signifier la même chose, et Gaspard Dominique, Evêque de Maline, a prouvé la véracité de leurs témoignages.

Ce manuscrit englobe seulement les rites du chantre, du lecteur, du diacre, de l’archidiacre, du qass et du périodeute prêtre. A la fin nous y trouvons un appendice de Jean Morin dans lequel il donne l’explication morphologique de certains mots.

22- Chirotonie révisée de Douaïhy (1683)

L’Evêque Youssef Moubarak Arrayfouni l’a copiée et elle fut envoyée à Rome en 1685 pour y être imprimée. C’est le Vatican 310. Mikhaël Arrajji a signalé l’existence, à Bkerké, d’une reproduction photographique de cette Chirotonie. Cependant, le catalogue des manuscrits du siège patriarcal n’en fait pas mention.
Youssef Moubarak a transcrit la première partie quand il était encore prêtre, et a achevé le livre en 1694. Elle comprend entre autres une liste des églises que Douaïhy a consacrées entre 1684 et 1698.

23- Chirotonie des Evêques Elias al Gemayel et Philippe al Gemayel (1706) (15)

C’est le manuscrit numéro 13 de la bibliothèque de Bkerké. Il est de grand format : 31x21 et comprend 300 pages toutes en syriaque. Le diacre Elias, fils du prêtre Mikhaël du village de Bseb’el (16) a terminé sa transcription le 12/1/1706.

A la page 293, le copiste a indiqué qu’il avait écrit cette Chirotonie au temps du Patriarche Ya’coub (Jacques) Awwad al Hasrouni et des Evêques : Boutros al Ghostawi, Gergés al Hednani, Youssef Ashami et Gabriel Douaïhy résident au Monastère Mar Sarkis Ras Annaher à Ehden, et des Evêques Hanna de la famille Mhasseb, Youssef Rayfouni et Mikhaël Blouzawi… « Cette Chirotonie est à l’intention de Monseigneur Elias, serviteur du Monastère Mar Elias-Chwayya de la famille Gemayel. Que Dieu lui procure, par elle, de la félicité pour bien longtemps. Amen ».

Puis, de la page 293 à la page 300, l’Evêque Philippe avait, en 1732, copié la procession de la Croix qui diffère totalement de celle inscrite dans le rituel.

Cette Chirotonie couvre les ordinations jusqu'à l’ordre du périodeute et reprend mot à mot, la copie de Douaïhy. Elle comprend aussi les bénédictions du tablit (pierre d’autel), des vases sacrés, des fonts baptismaux, de l’église, de l’autel, de l’huile pour l’onction des malades et des cimetières…ainsi que le rite de prise d’habit du moine et différentes prières pour la bénédiction des images, des médailles et des statues…en plus du rite de la consécration de l’encensoir, de la bénédiction de l’encens avec des prières sur la pâte.

24- Chirotonie de l’Evêque Sem’an Awwad 1718

Ce manuscrit écrit de la main même de l’Evêque, porte le numéro12 à la bibliothèque de Bkerké. Il a été transcrit en 1718. C’est un volume de 148 pages format 30x21, en syriaque, à l’exception des explications et des rubriques qui sont en arabe.

La Chirotonie de l’Evêque Sem’an est une reproduction exacte de celle de Douaïhy décrite plus haut, au numéro 19 (Chirotonie de Youssef Mhasseb). Elle englobe toutes les ordinations, allant du chantre au patriarche, outre le rite de prise d’habit du moine, comme dans le manuscrit sus-mentionné, et, du rite de la confirmation traduit du latin.

A la fin du livre sont inscrites les ordinations de prêtres que l’Evêque Awwad avait accomplies. Il est à noter qu’entre cette Chirotonie et celle des deux Evêques, Elias et Philippe al Gemayel, il existe une parfaite ressemblance.

25- Chirotonie de l’Evêque Elias Mhasseb 1720

Monseigneur Mikhaël Arrajji et Père Ibrahim Harfouche l’ont tous les deux décrite. Elle a le numéro 34 à la bibliothèque de Bkerké et comprend 336+81 pages format 25x15. L’Evêque Elias Mhasseb de Ghosta l’a copiée, au Monastère Notre Dame de Qannoubine, sur ordre du Patriarche Ya’coub Awwad qui s’est occupé « d’écrire dans la plupart des sujets. C’était vers la mi-Mars de l’an 1720 de l’Incarnation. La Chirotonie en question est un legs constant du Monastère Mar Chalita – Kesrouan ». Le presbytre (qass) Gabriel el Achkar a pris part à la transcription.

Le contenu de ce manuscrit est vaste et varié. En fait, à côté des ordinations, il comprend les consécrations, les bénédictions et les rites: de la consécration du myron (saint chrême), de la réception du pallium de confirmation, du sacrement de Confirmation, du port du capuchon et de la consécration de l’eau à l’Epiphanie, le tout en syriaque. Il y a encore la procession de la Sainte Croix, la célébration de la Paix au matin de Pâques et le rite de l’Adoration le dimanche de la Pentecôte.

26- Première Chirotonie pour l’Eglise d’Alep (1727)

C’est le numéro 636 à la bibliothèque de l’évêché maronite. Elle est constituée de 263 pages, de 22 cm sur 16 et est presque entièrement en karshouni. Le 27/2/1727, le presbytre (qass) Abd el Massih Lébian, Moine Alépin Maronite a achevé sa transcription. L’Evêque Germanos Farhat l’a achetée à cinq florans et l’a léguée à l’église Mar Elias (St Elie) à Alep.

Elle comprend les ordinations du chantre, du lecteur, du sous–diacre, du diacre, du prêtre et de l’évêque, et nous avons remarqué que son texte ressemblait à celui des Chirotonies de Louqa (Luc) al Qorbassi, de l’Evêque Youssef al Hassarati, de André Akhijan et de Youssef al Karmsseddani, mais écrit d’une façon abrégée et arrangée.

28- Deuxième Chirotonie pour l’Eglise d’Alep (1727)

Gardée à la bibliothèque de l’évêché maronite à Alep avec le numéro 637. C’est un volume de format 22x16, presque entièrement en karshouni, les pages n’y sont pas numérotées, de plus, il ne porte ni date, ni nom du copiste. En 1727, l’Evêque Germanos Farhat l’avait léguée à l’église Mar Elias (St Elie). Elle ressemble à la Chirotonie précédente.

29- Chirotonie de l’Evêque Gabriel Hawwa (1728)

C’est la Chirotonie de Douaïhy que le prêtre Mikhaël al Mtouchi le Chypriote, élève du Collège Maronite de Rome a copiée en 1728 et que Youssef Louis Assemani a imprimée avec sa traduction latine, dans son livre «Codex Liturgicus» (17) en 1756 et 1758. Actuellement, elle est à la bibliothèque des Moines Mariamites à Rome, 75 (18). Mtouchi l’avait transcrite à partir de la copie officielle que Douaïhy avait envoyée à la cité romaine pour l’impression, à l’intention de Gabriel Hawwa, Evêque de Chypre, qui vivait à Rome après avoir participé à la réforme aux côtés de Abdallah Qar’ali. Ce manuscrit compte 166+7 pages. Après la série des ordinations, il comprend les rites de la consécration du calice et de la patène, de la bénédiction des images et de la Confirmation.

30- Première Chirotonie de Stéphan Douaïhy (1732)

En 1732, plusieurs copistes ont participé à la transcription de cette Chirotonie ; parmi eux, l’Evêque de Batroun dont le manuscrit porte le nom : Stéphan Doueihy, fils de Youssef frère du Patriarche Douaïhy.
Cet ouvrage est composé de 225 feuilles, format 32x22. En 1734, l’Evêque Mikhaël al Blouzawi (19) l’a acheté, puis il est passé à l’Evêque Stéphan al Khazen, il appartenait alors au Monastère Mar Moussa-Ballouné. Par la suite, Père Philippe al Khazen l’a offert à la Congrégation des Missionnaires Libanais où il est gardé jusqu’à présent.
Le manuscrit dont nous parlons couvre les différentes ordinations : du chantre au patriarche. Il contient aussi le rite du port du capuchon monacal, les rites des consécrations et des bénédictions, outre la prière du Qandîl et la prière de l’exorcisme que le sous- diacre Mikhaël al Qortbawi, élève du Collège Maronite de Rome, avait traduite du latin en 1713.

31- Chirotonie de l’Evêque Elias Mhasseb (1733) (20)

Elle se trouve à la bibliothèque de Bkerké : numéro 10, format : 31x22, 204 feuilles. Le sous-diacre Antonios, fils du prêtre Sem’an Awwad du village de Ghosta l’a copiée en 1733 pour l’Evêque Elias Mhasseb qui fut ordonné Evêque le 14 Septembre 1717, par l’imposition des mains de Ya’coub Awwad al Hasrouni, au Monastère Mar Challita-Moqbes. Après, ce manuscrit est passé à l’Evêque Antonios Mhasseb que le Patriarche Sem’an Awwad avait promu à l’épiscopat en présence des Evêques Toubbiyya al Khazen, Stéphan, Hanna, Germanos et des Cheikhs Al-Khazen, du Patriarche arménien Boutros et de l’Evêque Ya’coub…le 28 Septembre 1748, à l’église Mar Elias à Ghosta.

La Chirotonie en question comprend, d’une part, les rites des ordinations du chantre au patriarche, selon le texte de Douaïhy, et d’autre part, le rite de la réception du pallium de confirmation, du sacrement de Confirmation traduit du latin et de la bénédiction des cimetières.
Elle couvre aussi, de la page 101 à la page 204, le rite du sacrement de Confirmation, moitié latin, moitié maronite, que le sous-diacre Ya’coub al Hasrouni avait écrit en 1735. Y ont encore été inscrits, les noms des ordinands des deux Evêques : Elias et Antonios Mhasseb entre 1718 et 1759.

32- Deuxième Chirotonie de l’Evêque Stéphan Douaïhy (1734)

Elle est de la main même de Douaïhy et date de l’an 1734. L’Evêque Deryan a rapporté dans son livre sur les ordinations (p. 10) que ce manuscrit est resté dans l’Evêché Maronite d’Antélias (précédemment de Chypre) jusqu’en 1906. De son côté, Père Ibrahim Harfouche a certifié que le brouillon de cette Chirotonie se trouvait à l’évêché Maronite de Beyrouth (21). Il est aussi à noter que la page 352 portait une inscription qui marquait le nom du copiste, la date de la copie et sa valeur :

« Ce livre béni des ordinations et des consécrations a été achevé, et nous y avons ajouté quelques prières essentielles. Ceci a eu lieu mercredi, le dernier jour du mois de Juin en 1734 de l’ère Chrétienne, et ce, au Monastère Notre Dame de Reyfoun, par le pauvre serviteur Stéphan Douaïhy al Hednani, Evêque de Batroun, au temps du Père des pères et Chef des chefs, Mar Youssef Boutros (Youssef Dargham al Khazen) fils du cheikh Fayyad al Khazen, Patriarche Antiochien honoré -que Dieu nous aide par son invocation- en présence de quinze évêques maronites :…… ».

Cette version a été écrite environ deux ans avant la tenue du Synode Libanais. Presque tous ses textes sont en karshouni, l’origine syriaque n’ayant persisté que dans les mélodies et les articles réservés aux diacres. Le copiste y avait ajouté divers rites outre ceux des ordinations et avait écrit en son début quelque onze ans après, le rite du Bo’out pour les jours de détresse et des épreuves, disant qu’il avait alors 65 ans.

33- Première Chirotonie de l’Evêque Ignace Chrabbiyé (1734)

L’Evêque l’a lui-même transcrite au Monastère Mar Elias-Ballouné à partir de la Chirotonie de l’Evêque Abdallah Qara’li. Ce manuscrit numéro 11 à la bibliothèque de Bkerké est fait de 295 pages, format 21x15. Il englobe les rites des différentes ordinations, sauf celles du chorévêque, de l’évêque et du patriarche. Une partie des consécrations y a été additionnée. A la fin, nous pouvons lire l’inscription d’un nombre d’ordinations et la date de décès de quelques membres de la famille de l’Evêque, en plus de l’inscription de certaines cérémonies de baptême et de confirmation.

34- Chirotonie corrigée par Youssef Sham’oun Assem’ani (1736)

Elle est conservée à la Vaticane, arabe 667, 41 pages, format 28x18. Selon l’Evêque Boutros Dib, Assem’anii l’a écrite quand il était au Liban pour le Synode Libanais en 1736 (22).
Les rites de toutes les ordinations y figurent : du chantre jusqu’au patriarche. Puis viennent les rites de l’acceptation du pallium, de l’intronisation de l’abbé et de la supérieure des nonnes.
Les textes y sont courts, certains ont été empruntés aux rites latin, bysantin ou jacobite.
Cette Chirotonie n’a jamais été popularisée.

35- Deuxième Chirotonie de l’Evêque Ignace Chrabiyyeh (1739)

Le Père Ibrahim Harfouche ne l’a pas signalée alors que Monseigneur Mikhaël Arrajji y a fait allusion. Elle est à la bibliothèque de l’Ecole Mar Boutros wa Boulos (SS. Pierre et Paul) à Achkout. L’Evêque Chrabbiyyeh l’a écrite de sa propre main en syriaque, alors que les rubriques, les lectures et les notes sont en karshouni.

Ce manuscrit est constitué de 220 pages, format 28x18 et sa copie a été achevée au couvent Notre Dame de Louaizé, le 29/4/1739. Son contenu ne diffère pas de celui de la première Chirotonie d’Ignace Chrabiyyeh déjà citée. Néanmoins, il y manque le rite de la bénédiction des cloches et de la consécration de l’huile sainte, traduits du latin.
A la dernière partie de cette Chirotonie, sont inscrits les noms de ceux qui ont accepté l’ordination par l’imposition des mains de l’Evêque Ignace Chrabiyyeh de 1734 à 1754.

 
36- Chirotonie de l’Evêque Ignace Chrabiyyeh (1740)

L’Evêque Ignace Chrabiyyeh l’a lui-même transcrite à partir de celle de Douaïhy, au couvent Notre Dame de Louaizé, en 1740.
Après l’Evêque Chrabbiyyeh, le Patriarche Youssef Stéphan l’a utilisée, l’ayant possédée dès 1786 et y ayant ajouté quelques rites. Puis, l’Evêque Youssef Stéphan II, décédé en 1820, s’est servi de la copie additionnée. Ce manuscrit se trouve à l’Ecole Aïn Waraqa. En voir une description faite par le sous-diacre Antoine Douaïhy, « Les Ordinations de la Chirotonie de l’Evêque Ignace Chrabiyyeh », dans Al Manara, 32, (1991), pp. 71-80.

37- Chirotonie de l’Evêque Germanos Al Khazen (1746)

Le Père Ibrahim Harfouche l’a signalée et a dit qu’elle était ancienne, très abrégée et différente de façon significative de toutes les copies qu’il avait connues. Le qass Francis, fils du prêtre alépin, Hanna de Bane, l’avait transcrite vers la fin du mois d’Avril 1746, pour l’Evêque Germanos Al Khazen.

L’Evêque de Baalbeck, Antoun Al Khazen en a fait usage dès 1818 puis le manuscrit est passé à Stéphan Al Khazen II, Evêque de Damas.
Elle comprend les rites d’ordination allant du chantre au prêtre, tous en arabe (karshouni). Mais, plusieurs rites et consécrations y ont été ajoutés.
Cette Chirotonie se trouvait soit au siège de l’éparchie de Damas, soit à l’Ecole Mar Boutros Wa Boulos (SS. Pierre et Paul) à Achkout.

38- Chirotonie du Patriarche Youssef Stéphan (23) (1755)

Le prêtre Antonios Chahwan, curé du village de Ghosta, l’a transcrite pour le Patriarche Youssef, à partir de la Chirotonie de Douaïhy. Après lui, l’ont utilisée les Evêques Athanase Ashshani’i et Antoun Al Khazen. Elle était conservée à l’Ecole Aïn Waraqa.

C- Les Chirotonies ultérieures à la rectification de l’amélioration apportée par le Patriarche Douaïhy (1756)

Les pères du Synode rassemblé au temps du Patriarche Toubbiyya Al- Khazen, le 25 Août 1756 à Wata Al Jawz, ont souligné la nécessité d’une Chirotonie unifiée. Le Patriarche Sem’an Awad avait déjà adressé, le 30/11/1755 à la communauté maronite, l’avertissement suivant :

« Conformément au décret du saint Synode Libanais qui commande l’examen des rituels, par des personnes respectables, savantes en syriaque et en arabe, et en l’état des rites de notre communauté maronite, nous avons nommé pour la réalisation de cette tâche : l’Evêque Stephan (Douaïhy), l’Evêque Youssef Stephan, (par la suite patriarche), le prêtre Mikhaêl Fadel (par la suite patriarche) et le prêtre Abdallah Basbous (élève du Collège Maronite de Rome). Ils examineront d’abord le Livre de la Chirotonie et les Consécrations selon le Synode Libanais, ainsi que les autres rites imprimés dans le bréviaire et établis dans le Synode cité. Le livre unifié qui en résultera sera divisé en deux champs ; l’un syriaque, l’autre arabe à l’exception des chants qui resteront uniquement en syriaque… ».

Par conséquent, aucune des Chirotonies établies après l’année 1756, n’a transgressé les directives du Synode mentionné et chacun des évêques a tenu à transcrire sa propre Chirotonie à partir de la copie gardée au Siège Patriarcal, connue sous le nom de : Troisième Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy.

39- Troisième Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy (1756) :

Le prêtre Antonios Chahwan, curé du village de Ghosta a copié cette Chirotonie en 1756. Selon Monseigneur Mikhaël Arrajji, elle est à la sacristie du Siège Patriarcal à Bkerké. C’est celle-là même qui est utilisée dans toutes les ordinations. Elle comporte 160 pages, format 29x21, est légèrement différente de la Chirotonie du Patriarche Douaïhy (1683) et couvre l’ensemble des ordinations : du chantre au patriarche. La Chirotonie en question a été écrite suivant les directives des synodes de 1755-1756. A la fin de ce manuscrit nous trouvons un registre de 58 ordinations épiscopales allant de 1773 à 1919.

La troisième Chirotonie de l’Evêque Douaïhy est quelque peu résumée, comparée aux copies de la Chirotonie du Patriarche Douaïhy, et, comme l’avance Ibrahim Harfouche, en maints points elle n’observe pas le Synode Libanais. En fait, en de nombreux aspects, elle est plus précise, plus bienveillante et plus proche du bon goût que ce que le Synode a présenté. Quelques prières répétées y ont même été ôtées.

40- Chirotonie de Toubiyya Al Khazen (1756) :

Le prêtre Youssef Maroun Douaïhy l’a transcrite en 1756. Elle est passée du Patriarche Toubiyya Al Khazen, au Patriarche Youssef Attayan puis à l’Evêque Abdallah Bleibel et à l’Evêque Abdallah Al Boustani. Elle est au siège de l’éparchie de Sidon à Beiteddin (24).

Elle a été écrite dans le respect des directives du Synode de Wata Al Jawz et les évêques l’ont adoptée dans leurs ordinations.
Il est probable que la Chirotonie en question ait été transcrite de celle en usage au Siège Patriarcal. Elle comprend les rites de la bénédiction des cloches selon la Sainte Eglise Romaine, le rite de l’imposition des mains sur le chantre, le lecteur, le sous-diacre, le diacre et l’archidiacre, ainsi que sur le qass, le périodeute, l’évêque et le patriarche.

Dans sa deuxième partie, ce manuscrit comprend la bénédiction du calice et de la patène prise au rite latin et un registre des ordinands du Patriarche Youssef Attiyan de 1786 à 1798, en plus des ordinations de l’Evêque Abdallah Bleibel, et se termine par le rite de la confirmation traduit du latin.

41- Chirotonie de l’Evêque Youakim Yammin Al Ehdeni (l’Ehdéniote/d’Ehden) (1758) (25):

L’Evêque Yammin a écrit cette Chirotonie de sa propre main, puis l’a léguée à l’Eglise Notre Dame de Aïntourin. Conservée au siège épiscopal maronite de Tripoli à Karmsaddé, elle est presque entièrement en karshouni, grand format : 30x20, 409 pages. Elle comprend:
Premièrement, la procession du Rosaire, la bénédiction des cierges, la bénédiction des cendres au début du grand Carême, les prières de préparation [à la communion]et les actions de grâce, la messe de l’Evêque [présidée par], la bénédiction de l’eau, l’anaphore des disciples, l’anaphore de l’Eglise, l’anaphore de Saint Pierre, l’anaphore de Sixte, l’anaphore de Saint Marc, la consécration de l’eau à l’Epiphanie, le rite de l’eau à la fête de l’Exaltation de la Croix, la bénédiction des rameaux, la procession de la Sainte Croix le jour de Pâques, le rite de l’adoration le Dimanche de la Pentecôte et le rite du Bo’out.

Deuxièmement, l’ordination du chantre, du lecteur, du sous-diacre, du diacre et de l’archidiacre, du qass et du prêtre.

Troisièmement, les rites de la confirmation, des consécration baptismale, de l’église et de l’autel, les rites de la consécration des cimetières, de la pierre d’autel, du calice et de la patène, et de la croix et la consécration du vase du Saint Sacrement ; en plus de la règle du carême-la Résurrection - l’Ascension - la Pentecôte- l’Ancienne Pâque – l’année – la lune et son mois.

Quatrièmement, le répertoire des fêtes durant tous les mois de l’année et la liste des indulgences au cours des fêtes…
Cinquièmement, des vers syriaques récités lors de la procession du Rosaire avec la mention du vers abrégé relatif à chaque mois.
Sixièmement, la messe maronite en plus des autres anaphores telles qu’imprimées dans le livre en cours.
Septièmement, les anaphores de Sixte et de Saint Marc.

42- Troisième Chirotonie pour l’Eglise d’Alep (1762) :

Elle se trouve à la bibliothèque de l’évêché maronite d’Alep ayant le numéro 969. Francis, fils de Elias Fathallah l’a copiée au temps de Arsène fils de Choukri Aroutin ordonné évêque par l’imposition des mains du Patriarche Toubiyya Al Khazen en 1762 et mort en 1786.

43- Chirotonie de l’Evêque (Patriarche) Mikhaël Fadel (1765) :

Gardée au siège de l’éparchie de Beyrouth, à sa fin, elle comprend un appendice contenant l’ordination des patriarches, le rite de l’acceptation du pallium de confirmation et le port du pallium apostolique. Elle est de la main du prêtre Antonios Chahwan, datant du 6/5/1765. Elle porte la mention suivante : « Legs constant de notre argent, de notre Monastère Mar Youhanna Hrash, rédigé en décembre 1796 par le misérable Mikhaël Fadel, Evêque de Beyrouth ».

44- Chirotonie de l’Evêque Mikhaël Harb Al Khazen (1773) :

Elle est conservée par Cheikh Harb Al-Khazen. Elle a été copiée par le prêtre Ibrahim Moubarak, fils du prêtre Rizk du village de Jiita et c’est un legs constant du Monastère de Notre Dame des Secours- Ram Bou Daqn.
Elle comprend les ordinations allant du chantre jusqu’au patriarche, toutes en syriaque sauf les rubriques, les lectures et les notes. Elle ressemble plus à la Chirotonie du Patriarche Stephan Douaïhy (1683) qu’à la Chirotonie de l’an 1756.
Viennent après les rites des bénédictions et des consécrations, ainsi que les rites de la confirmation, de la bénédiction des huiles et des cloches, tous traduits du latin.

45- Chirotonie de l’Eglise Mar Gergés-Ehden (1780) :

Cette Chirotonie porte le numéro 30 à la bibliothèque patriarcale de Bkerké. Format : 31x21, 258 feuilles. Barakat R’aïdé Attannouri l’a copiée en 1780 et c’est un legs constant de l’Eglise Mar Gergés à Ehden. Manuscrit complètement arabe sauf les vers chantés. Il comprend les ordinations allant du chantre au prêtre. Il est abrégé et l’on ne connaît pas sa copie d’origine.

46- Chirotonie de l’Evêque Ignace Al Khazen (1791) (26):

Cette Chirotonie sans numéro est conservée au siège du diocèse de Tripoli à Karmsaddé. Elle est entièrement en karshouni, sauf les vers chantés. C’est le sous-diacre Elliah Gemayel qui a achevé sa copie, début Août 1791.
Elle comprend le rite du sacrement de confirmation, de la consécration du calice et de la patène et les ordinations, seulement jusqu’à l’ordre du qass. Elle comprend aussi la consécration de la pierre d’autel (tablit), les consécrations baptismale, de l’église, de l’autel, des cimetières, des cloches, des icônes et des habits sacerdotaux.
Elle se termine par le rite du couronnement des époux et les noms de ceux que l’Evêque a ordonnés prêtres, de 1788 à 1819.

47- Chirotonie de l’éparchie de Beyrouth (avant 1796) :

Elle est entièrement en karshouni, sauf les vers chantés. Format : 29x21, sans date, ni nom du copiste. Elle est entrée en possession de l’Evêque Mikhaël Fadel II au Monastère Mar Youhanna Hrash en Décembre 1796, puis a été transférée à Beyrouth, preuve en est les noms des évêques qui se sont chargés de l’éparchie après Mikhaël Fadel : Boutros Karam, Toubiyya Aoun et Youssef Debs (+1907).
Elle comprend toutes les ordinations et les différents rites. Et là, il est à noter que c’est le prêtre Antonios Chahwan de Ghosta qui a écrit l’ordination du patriarche le 5 Mai 1765.
En outre, la bibliothèque du Monastère Mar Ashé’ya (St Isaïe)-Broummana, en possède une reproduction, que l’abbé Maroun Harika (+1969) avait copiée.

48- Chirotonie de l’Evêque Abdallah Bleibel (1799) (27):

Cette Chirotonie est conservée à la bibliothèque de l’évêché maronite d’Antélias (Chypre auparavant) à Qornet Chahwan, elle était auparavant chez Najib Al Asmar à Salima et au départ dans le Monastère Mar Ashe’ya (Saint Isaïe) – Qortada. C’est le prêtre Youssef Al Achkar de Beit Chabab qui a achevé sa transcription le 25/5/1799.
Elle comprend les ordinations allant des ordres inférieurs jusqu’au périodeute inclus, ainsi que les rites du sacrement de la confirmation, de la consécration du chrême, la bénédiction des cierges à la Présentation de Jésus au temple (Chandeleur), et les rites de la consécration de l’église, de l’autel, des cimetières, de la pierre d’autel (tablit) et de la consécration du calice et de la patène, de la croix et de l’ostensoir.
A la fin de la Chirotonie en question, l’Evêque Abdallah, a lui-même écrit les noms de ceux qu’il avait ordonnés de 1798 à 1839.

49- Quatrième Chirotonie d’Alep (1808) :

Antoun fils du qass Youhanna Douaïhy a terminé la copie de cette Chirotonie le 3 Septembre 1808 et le prêtre Boutros Douaïhy l’a léguée au temps de l’Evêque Germanos Hawwa (1804-1827).

50- Chirotonie du Patriarche Youssef Rajji Al Khazen (1844) :

C’est l’Evêque Boulos Mass’ad (ultérieurement Patriarche) qui la lui a fait écrire par le prêtre Boutros Al Hokkayyem Al Ghostawi du village de Ftahat dans la région de Batroun. C’est une copie conforme de la Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy que le prêtre Antonios Chahwan a écrite en 1756 (28).

51- Chirotonie de l’Evêque Youssef Geagea (1854) :

Manuscrit conservé à l’évêché maronite d’Antélias- Qornet Chahwan. De grand format et comprenant deux champs, l’un syriaque et l’autre karshouni. Le sous-diacre Ghaleb fils de Béchara Al Mkarzel de Beit Chabab l’a transcrit pour l’Evêque le 20 Juin 1854.

Il couvre les ordinations de tous les ordres selon la Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy 1756, en plus des différentes consécrations et du rite de l’octroi du sacrement de confirmation traduit du latin.

52- Chirotonie du siège de l’éparchie de Damas (1872) :

Le prêtre Youhanna fils de Youssef Abi Chedid Awwad a achevé la copie de cette Chirotonie, le 2 Septembre 1872 au Monastère Mar Youhanna Maroun Kfarhay. Il se peut qu’elle ait été transcrite de la Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy de 1756.

53- Chirotonie du Patriarche Elias Al Howayyek (1900) :

C’est le prêtre Youssef Diab Juan du village de Zène qui a achevé le 30 Juin 1900, la copie de ce manuscrit, transcrit de la Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy de 1756. Il est conservé au Siège Patriarcal e Bkerké.

54- Chirotonie de la bibliothèque des Missionnaires Libanais (sans numéro) :

Le prêtre Francis Menassa ( ?) a copié une partie de cette Chirotonie qui se trouvait au Collège Aïn Waraqa. Elle comprend les rites de la Chirotonie et des consécrations.

55- Chirotonie de Boutros Al Boustani, Evêque de Akka :

Le copiste de cette Chirotonie, le prêtre Antonios Ass’ad Mansour Abou Haïdar, de Ma’asser Beiteddin, l’a transcrite à la demande de l’Evêque Boulos Basbous, archevêque de Sidon, le 27 Juin 1908. D’une part, elle comprend les ordinations du chantre, du lecteur, du sous-diacre, du diacre, du qass, du périodeute et du chorévêque, d’autre part, les rites du sacrement de la confirmation, des consécrations baptismale, de l’église, de l’autel, des cimetières et de la pierre d’autel (tablit), ainsi que la consécration du calice et de la patène, de la croix et du vase du Saint Sacrement.
Cette Chirotonie compte 107 pages.
En outre, l’Evêque Boutros Al Boustani a accroché à sa fin, une liste de quelque 100 prêtres qu’il avait ordonnés.

56- Chirotonie de l’Evêque Youssef Deryan (1909) :

Cette Chirotonie copiée en 1909 se trouve à l’évêché d’Egypte, au Caire. Elle ne porte pas le nom du copiste qui pourrait bien être le prêtre Youssef Kreidi, secrétaire de l’Evêque Deryan.
Elle comprend l’explication de la Chirotonie du Patriarche Douaïhy ainsi que les ordinations allant du chantre au prêtre, en plus des différentes consécrations et bénédictions.

57- Chirotonie de l’Evêque (Patriarche) Antoun Arida (1909) :

Manuscrit transcrit de la Chirotonie de l’Evêque Stephan Douaïhy (1756). Le prêtre Youssef Bar Diab de la famille Juan de Zène (Batroun) en a achevé la copie le 28 janvier 1909. Il comprend les rites de toutes les ordinations et est conservé au siège du diocèse de Tripoli-Karmsaddé.

Il existe encore de nombreuses autres copies du livre maronite de la Chirotonie que nous ne mentionnons pas ici.

Certaines sont conservées à la Vaticane – Arabe 624, d’autres sont en la possession de l’archevêque melkite de Chypre (29). L’une d’elle se trouve au Monastère Mar Boutros wa Boulos-Kreim Ettin (SS. Pierre et Paul), le qass Youssef Salamé de Jdeidet Ghazir l’avait copiée le 5 Avril 1938. En outre, Sbat relate dans son index 1435, deux manuscrits provenant des héritiers de Mikhaël Abdini et Antoun Matar. Il en est d’autres copies dans la bibliothèque de Bkerké et ailleurs, cependant ni leurs copistes, ni leurs dates ne sont mentionnés.

La Chirotonie maronite n’a pas encore été imprimée en langue arabe.

A- Le prêtre Boutros Chebli a écrit au sujet de la Chirotonie, « Le Livre Maronite de la Chirotonie du Patriarche Stephan Douaïhy » dans « Al Mashreq » 2 (1899) pp. 640-651.

B- Monseigneur Mikhaël Arrajji l’a étudiée sur ordre du Patriarche Antoun Arida, avec l’acquiescement du Siège Apostolique et a présenté en français, un rapport intitulé : Du Pontifical Maronite, 1947, 205 p. Ce dernier est dactylographié et nous nous sommes basé là-dessus pour exposer les différentes Chirotonies. Monseigneur Arrajji a aussi élaboré une traduction latine de la Chirotonie avec sa rectification qu’il avait copiée en 1948, cependant, elle non plus n’est pas encore imprimée.

C- La Chirotonie a par ailleurs constitué la thèse de doctorat du prêtre Joseph Merhej :

« Jalons pour l’Histoire du Pontifical Maronite, 1975, Paris », non imprimé.

On attend prochainement son impression accompagnée d’une étude scientifique, pastorale et spirituelle de l’Evêque Boutros Gemayel (30).

Notes:
(1) . Pour écrire ce chapitre sur la Chirotonie, nous nous sommes reporté à deux références principales, en plus de ce qui sera signalé dans les notes, à savoir : a- Mikhaël Arrajji, Sur la Chirotonie Maronite , en Français dactylographiée, elle est de LXVIII, 205 pages.
b- Le prêtre Ibrahim Harfouche, Etude de la Chirotonie Maronite, manuscrit. Cette étude est une exposition de trente cinq Pontificaux qu’il a éxaminés ou dont il a reçu la description par correspondance.
Nous remercions notre ami, Père Ignace Ziadé, M. L qui a eu la gentillesse de mettre à notre disposition ces deux références disponibles dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais.
(2) Rachid Al Khoury Al-Shartouni l’a publié pour la première fois à partir de la copie de la bibliothèque de Bkerké, Beyrouth, 1902.
(3) Ibid. p. 86.
(4) Père Ibrahim Harfouche considère que le nom du copiste est « Marcus Lemtawos »
(5) Se référer à Mikhaël Arrajji, référence citée, pp. 6-9 (Chiffres Romains) VI-IX où il s’est répandu dans la description et l’analyse d’une Chirotonie semblable présente dans la Vaticane sous le numéro Manuscrit Vatican Syriaque 47, renfermant 128 pages et où sont mentionnés les rites de la porrection des clefs, de l’ordination du lecteur, du sous – diacre, du diacre, de l’archidiacre, du qaçiç (hiéromoine), du périodeute et du métropolite. Youssef Al Bani avait emmené cette Chirotonie à Rome.
(6) Selon « Al Mashreq » 2 p. 650.
(7) Se référer à notre livre: Les échanges…p. 101.
(8) Dans sa description de cette Chirotonie, dans la réféfence indiquée.
(9) Se référer à notre livre: Les échanges…p. 103.
(10) Voir ce que le Père Ibrahim Harfouche a écrit autour de l’Evêque Gergés Habquouq dans « Les Anciens Monastères du Kesrouan – Monastère Mar Challita ». « Al Mashreq », 5 (1902), p. 689.
(11) Voir une description de cette Chirotonie chez Boutros Chebli dans “Al Mashreq”2 (1899) pp. 640-651. Dans les pages 643-646, il présente une explication générale du rite du sacerdoce et une chronique des rites liturgiques d’ordination, en plus des renseignements sur les différents manuscrits dans les monastères. Père Ibrahim Harfouch a, de son côté, décrit cette Chirotonie dans le magazine « Al Manara »3 (1932) pp. 490-504, 582-596, 719-723, (1933) pp. 45-47 et (1935) pp. 26-32.
(12) Préface du “Livre Maronite de la Chirotonie”, Ligue Sacerdotale, 1987.
(13) En voir une description chez Mikhaël Arrajji pp. XXIX-XXX.
(14) En voir une description détaillée chez Mikhaël Arrajji, pp. XXIV-XXV.
(15) Le premier Evêque du nom de Elias al Gemayel était fils de Farah al Gemayel. Le Patriarche Jacob Awwad l’avait ordonné Evêque de Tripoli en 1706, année où il a copié cette Chirotonie. Il mourut en 1716 à l’Ecole Mar Abda Herhrayya où il fut inhumé.
Quant à Philippe, il fut le premier Evêque à porter ce nom. Il était Farah fils de Elias, fils de Farah al Gemayel. Le Patriarche Jacob Awwad l’avait ordonné Evêque de Loustara le 6 Juillet 1726, c’est alors qu’il prit le nom de Philippe, puis il eut la charge du diocèse de Chypre, après la division des diocèses, suite au Synode Libanais en 1736.
(16) Le diacre Elias était fils du prêtre Mikhaël qui avait déjà copié la Chirotonie de l’Evêque Gergés Habquouq al Bech’elani, en 1670. Revoir numéro 13 ci-dessus.
(17) J. A. Assemani, Codex Liturgicus, t. IX et X.
(18) Dans la bibliothèque des Moines Mariamites à Rome, deux manuscrits portent le numéro 75 : le premier est la Chirotonie mentionnée ici, et le deuxième en karshouni, est composé de 264 pages et renferme l’ « Abrégé des Chroniques Classifiées » du Patriarche Stephan Douaihy, selon le rapport de notre ami feu Abbé Boutros Fahd.
(19) La connaissance de l’identité de Mikhaël, Evêque de Banyas, a été douteuse pour le Père Ibrahim Harfouche, par suite il a cru qu’il s’agissait de Mikhaël al Khazen qui, en fait ne devint Evêque qu’en 1767. De même, Monseigneur Mikhaël Arrajji a trouvé cette identité ambiguë, et, c’est notre ami , Père Ignace Saadé, qui s’en est aperçu lors de sa description de la Chirotonie en question et de son contenu dans « Al Manara »26 (1985) pp. 447-450. Puis, il a publié une liste des 41 ordinations que l’Evêque Mikhaël al Blouzawi II avait accomplies entre 1734 et 1753.
(20) Référence: “Les Trésors Cachés”, “Al Manara” 3 (1932), pp. 881-887, (1933), pp. 45-49, (1935), pp. 26-32 du Père Ibrahim Harfouche, pour avoir une description et une liste des noms de ceux que Elias Mhasseb avaient ordonnés.
(21) Quand Père Ibrahim Harfouche a enquêté sur cette Chirotonie auprès de l’Evêque Boulos Awwad, ce dernier lui a répondu qu’elle n’existait pas. Il paraît qu’elle a été perdue, mais certains avancent que le prêtre Boutros Ghaleb al Mkarzel l’avait prise. En tout cas, pour le moment, nous n’en avons trouvé aucune trace.
(22) Dans: « Etude sur la Liturgie Maronite », p. 173.
(23) Voir sa description dans Al Manara, 9 (1938) pp. 228-236, 334-343, 408-414, 466-485, 568-576 ; (1939) pp.329-330.
(24) . Ce n’est pas la Chirotonie de l’Evêque Bleibel qui sera décrite par la suite et que le Chorévêque Boutros Gemayel (l’Evêque) a étudiée dans « Al Manara »25 (1984) pp. 425-440. Cependant, au cours de notre comparaison des deux Chirotonies, nous avons découvert que l’Evêque Abdallah Bleibel avait utilisée au début de son épiscopat, la Chirotonie de Toubiyya Al Khazen vu qu’il y avait inscrit les noms de ceux qu’il avait ordonnés puis il les a copiés sur sa propre Chirotonie un an après le début de son épiscopat.
Voici la liste en question :
a- Le Moine Libanais Bernardos Al Ghaziri 1798.
b- Tohmé, du village de Chbanniyé, il fut nommé Abdallah.
c- Les Moines Antonins : Eugène, Basile, Bernardos, Gerasimos.
d- Daoud Al Bejjani de Beit Chabab.
e- Elias, fils du prêtre Nohra Al Bejjani de Beit Chabab, il fut nommé Boutros.
f- Martinos Al Anaïssi-Deir Mar Gergés Bhordoq
Se référer au Père Ignace Saadé dans Al Manara, 27 (1986) pp. 409-414.
(25) Dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais, il existe une autre Chirotonie de la main de Youakim Yammin datant du 27 Juin 1776, (sans numéro).
(26) Père Ignace Saadé l’a examinée dans “Al Manara”30 (1989) pp. 357-365 et en a copié les noms des prêtres que l’Evêque Al Khazen avait ordonnés.
(27) Le Chorévèque Boutros Gemayel (Evêque) l’a étudiée dans « Al Manara » 25 (1984) pp. 425-440.
Voir aussi le paragraphe 41 ci-dessus ou la Chirotonie de Toubiyya Al Khazen, le commentaire.
(28) Voir paragraphe 39 ci-dessus.
Ce manuscrit est resté à Bkerké jusqu’en 1906, mais aujourd’hui on n’en a aucune trace.
(29) Comme l’a signalé Louis Cheikho dans “Auteurs du Christianisme”, p. 101.
(30) Se référer à Youakim Moubarak, Pentalogie Antiochienne/Domaine Maronite, tome IV, pp. 321-348 où il publie en français l’article de Boutros Chebli et une traduction de la Chirotonie de deux Patriarches : Tadros Al Aqouri et Jérémie Al Amchiti.


12- Explication de la Chirotonie Syriaque

Stéphan Douaïhy a ajouté à la chirotonie, une « explication » abrégée dans laquelle il a décrit les divers ordres, éclairci leurs significations confuses et clarifié les symboles de leurs gestes. Il a aussi défini la fonction des candidats à ces ordres sacrés. Douaïhy a divisé cette explication en quatre parties :

- La première explication inclur la connaissance de ceux qui acceptent la chirotonie et comprend 11 chapitres.
- La deuxième explication traite des conditions nécessaires à la conclusion de la chirotonie et comprend 8 chapitres.
- La troisième explication traite la répartition des détenteurs des ordres sacerdotaux et comprend 11 chapitres.
- La quatrième explication fait mention des objets que les ordonnés reçoivent et comprend 5 chapitres.

Youssef Al-Bani, Le Maronite et élève du Collège Maronite de Rome, a indiqué que Douaïhy avait envoyé ce livre à Rome, en 1695, pour qu’il y soit imprimé.

A- Manuscrits.

1- Vatican arabe 624.

2- Bkerké 2 : « Explication abrégée de la chirotonie syriaque et ses significations ». Sans nom de copiste ni date de transcription (peut être du XIXème siècle). Il est constitué de 168 pages, en karshouni.

3- Bkerké 3 : « Explication abrégée de la chirotonie syriaque et ses significations » copie du qass Youssef Al Qortbani, secrétaire du Patriarche Douaïhy en l’an 1693. Mikhaël Arrajji a décrit ce manuscrit à la page XXXI. Fait suite à cette explication, la « Chronologie des Patriarches Maronites au Mont – Liban » que Ya’coub Awwad Al Haçrouni, Evêque de Tripoli, ultérieurement Patriarche, a transcrite en 1700.
4- Rome, Les Mariamites, 80 : « Explication de la chirotonie », manuscrit karshouni de 208 pages, format : 22x18.

5- Ecole Mar Boutros wa Boulos (SS. Pierre et Paul) à Achkout : « Explication de la chirotonie » de Boutros Zaïtoun Attoulawi, secrétaire du Patriarche Douaïhy au début de son patriarcat, qui l’a copiée [ms] avant son transfert à Alep. Manuscrit composé de 233 pages.

6- Ecole Mar Boutros wa Boulos (SS. Pierre et Paul)-Achkout : une deuxième copie de l’ « Explication de la Chirotonie », en karshouni, également de la main de l’un de la famille Zaïtoun Attoulawi, qui l’a transcrite début Août 1680. A sa fin, nous retrouvons la Chronologie des Patriarches de Douaïhy, ce dernier ayant laissé quelques corrections, de sa propre écriture. Voir « Al Maxreq » 25 (1927) 752.

7- Bibliothèque des Missionnaires Libanais : le manuscrit ne porte pas de numéro. Le prêtre Boutros Al Hokayyem, du village de Ftahat (Batroun), l’a copié le 16 Mars 1876 du livre de l’explication de la chirotonie que le qass Youssef Al Qortbani avait transcrit en 1693 (voir plus haut, ms Bkerké numéro 3). Il se peut que ce manuscrit soit le même que celui imprimé par Rachid Asshartouni vu qu’il a été réalisé avant que le prêtre Youssef Hassan de Antoura ne l’ait présenté, à l’Ecole Mar Youhanna Maroun-Kfarhaï. Enfin c’est le Patriarche Boulos Mass’ad qui a remis ces deux copies au prêtre Boutros Al Hokayyem.

8- Bibliothèque des Missionnaires Libanais : il s’y trouve aussi une deuxième copie du livre « Explication abrégée de la chirotonie », du copiste Youssef Nassar Salamé, prêtre de Jdeidet Ghazir, qui l’a transcrite le 22 Mars 1900, à partir du manuscrit du hiéromoine Elias du village de Kfarzina, copie datant de 1678, mais dont nous ignorons tout aujourd’hui, même le lieu d’existence.


9- Bibliothèque de l’Ecole Mar Youhanna Maroun-Kfarhaï : Rachid Asshartouni a signalé que le prêtre Boulos Tohmé, du village de Kour (Batroun), l’avait renseigné sur la présence d’une copie du livre « Explication de la chirotonie »,sur laquelle il s’est basé pour imprimer ce livre en 1902. La copie en question ne présente ni date de transcription, ni nom de copiste, ni aucune autre description, sinon qu’elle ne diffère de la copie de Bkerké que par l’avancement de l’explication des consécrations sur celle de la chirotonie.

10- Rachid Ashshartouni a également signalé que le prêtre Boutros Chebli possèdait une copie de cette « Explication », à propos de quoi il a écrit un article dans le magazine « Al Maxreq » 2 (1899) 640.

B- Edition du livre.

Rachid Khoury Asshartouni, éditeur du journal « Al Bachir » et professeur de rhétorique à l’Université Saint Joseph, a publié, le livre « Explication de la chirotonie syriaque », pour la première fois, en 1902, à Beyrouth. Nombre de pages : 81-293.


13- « Explication des Consécrations »

Stéphan Douaïhy a regroupé les consécrations que « les évêques utilisent… dans un seul tome conformément aux anciens exemplaires remontant à plus de 300 ans, afin que nous ne nous écartions en rien de ce que nos pères et maîtres pleins de pureté et de sagesse, qui nous ont précédé sur le Siège Antiochien, ont reçu des Apôtres, trompettes du Saint Esprit ».

Cette « Explication » se divise en dix chapitres :

- Chapitre premier : La consécration de l’église.
- Chapitre deuxième : La consécration de l’autel.
- Chapitre troisième : La consécration baptismale.
- Chapitre quatrième : La consécration de la pierre d’autel (tablit).
- Chapitre cinquième : La consécration du calice, de la patène et des vases de la messe tels que le plat, la cuillère et le récipient des reliques, en plus des couvertures de l’autel et des habits des prêtres et des diacres.
- Chapitre sixième : La bénédiction des églises et des vases de la messe et autres au cas où ils seraient profanés.
- Chapitre septième : La bénédiction des cimetières, des croix, des médailles et autres.
- Chapitre huitième : La consécration du chrême (myron).
- Chapitre neuvième : La consécration de l’huile du baptême.
- Chapitre dixième : La consécration de l’huile de l’onction des malades et de la lampe à huile (Quandil).

A- Manuscrits

1- Bkerké 28 : La transcription de ce manuscrit a été achevée en Décembre 1788 à Ghosta, sans le nom du copiste qui pourrait être le prêtre Antonios Chahwan. Il comprend 117 pages, en karshouni.
2- Bkerké 32 : Pas de mention du copiste, ni de la date de copie. Ce manuscrit était un legs constant du Monastère Mar Challita Moqbes au Kesrouan. Il comprend 316 pages.
3- Bkerké 34 fait partie d’une série qui comprend la chirotonie et son explication abrégée. L’Evêque Elias fils de la famille Mhasseb de Ghosta en a achevé la copie le 15 Mars 1720 (1).
4- Bibliothèque des Missionnaires Libanais : Pas de numéro pour le manuscrit qui comporte aussi « Une explication abrégée de la chirotonie syriaque et ses significations ». Le prêtre Boutros Al Hokayyem, du village de Ftahat, l’a transcrit en 1876, à partir de la copie du prêtre Youssef Al Qortbany qui remonte à 1693 (2).
5- Aïn Waraqa : La troisième chirotonie de l’Evêque Ignace Chrabiyyé (1740) comprend une courte explication des consécrations (3).

B- Edition du livre

Rachid Asshartouni a publié le livre « Explication des consécrations accomplies par l’évêque », en 1902, d’après le manuscrit Bkerké 28 et celui de Kfarhaï qui, peut-être est lui-même devenu, le manuscrit de la Bibliothèque des Missionnaires Libanais. Le livre publié est composé de 1-80 pages.

Notes:
(1) Voir plus haut la chirotonie de Elias Mhasseb numéro 26.
(2) Voir plus haut le numéro 2 de l’explication de la chirotonie.
(3) Voir plus haut, La chirotonie numéro 36.


14- “Le Livre des Anaphores Syriaques”

Stéphan Douaïhy aborde le sujet des anaphores syriaques dans les deux livres : « Candélabre des Saints Mystères » et « Livre des Anaphores Syriaques ». Dans le «Candélabre », Douaïhy se contente de mentionner le nom et surnom de l’auteur de l’anaphore accompagnés d’une courte introduction de ce dernier; puis il cite les premiers mots de l’anaphore en syriaque avec leur traduction arabe. Alors que dans le Livre des anaphores, Douaïhy fait le récit de la biographie de l’auteur de l’anaphore à l’exception des biographies d’Athanase, Cyrille, Eusthate, Jean de Lehfed le Maronite et Ya’coub (Jacques) d’Edesse, avant de reproduire l’anaphore dans son texte syriaque intégral.

Selon Douaïhy, les Maronites utilisent 31 anaphores. Dans le « Candélabre des Saints Mystères» (1), il a recensé 26 des 31 anaphores suivant le nom des auteurs, puisqu’il cite les trois anaphores de Boutros (Pierre) sous le même nom et les anaphores de Clément, Eusthate et celle de Jacques de Saroug sous le même nom. Mais dans le « Livre des anaphores Syriaques », Douaïhy énumère le anaphores par rapport au rangs de leurs auteurs : cinq anaphores pour les Apôtres, sept pour les disciples de ces derniers, trois pour les Pontifes Romains, trois pour les Patriarches de Constantinople, trois pour les Patriarches d’Alexandrie, quatre pour les Patriarches Antiochiens, cinq pour divers évêques et l’anaphore de la consécration du calice.

Telles sont les anaphores connues, il y en a d’outres non reconnues, que Douaïhy a signalées selon le rang des auteurs (2):

Les anaphores des Patriarches d’Alexandrie, Antioche et Mardin, sont au nombre de 30.

Stéphan Douaïhy a regroupé ces anaphores en se basant sur « une copie gardée chez lui, au Monastère de Qannoubine, qu’Eusèbe fils de Stéphan fils de Mass’oud Sham’oun avait écrite en l’an 1641 des Grecs, ou 1329 A. D. Douaïhy s’est également basé sur plusieurs autres copies anciennes, certaines provenant de Maronites, d’autres de Jacobites. Nous en citons les suivantes :

1- Copie du moine Ibrahim à Chypre. Elle date de 1500 et comprend 40 anaphores.
2- Copie de Hanna Bar Hassan de Hadchit. Elle remonte à 1501, comprend 8 anaphores et se trouve à la bibliothèque de Bkerké sous le numéro 59. Le ms Paris Syriaque 77 renferme un autre exemplaire identique au premier.
3- Copie de Hanna Namroun Al Bani (de Bane)… conservée au Monastère Mar Antonios (S. Antoine) –Qoshaïa et date de 1548.
4- Copie du sous-diacre Sem’an de Hadchit, de l’an 1532.
5- Copie de Gabriel Stité et de Hanna Obeid, tous deux de Ehden. Ms conservé à Qozhaya.
6- Les deux copies des prêtres [par la suite Patriarches] Mikhaël et son frère Sarkis de la famille Arraz. La première de l’an 1559, semblable au ms Paris Syriaque 78 ; la deuxième de 1569 est l’équivalent du ms Bkerké 62.
7- Douaïhy s’est aussi basé sur une copie qui lui était tombée entre les mains lors de son séjour à Alep en 1656.

A la lumière de toutes ces œuvres, Stéphan Douaïhy a pu composer le « Livre des Anaphores Syriaques » dont le ms Bkerké 48 n’est en fait qu’une copie formée de 452 pages. Il y a encore une autre copie portant le numéro 51. Elle couvre 24 anaphores, est constituée de 236 pages et remonte au XVIIème siècle (3). Il existe un troisième exemplaire dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais, sans numéro, intitulé : « Les Anaphores Syriaques Acceptables » : «Le ms renferme la biographie des auteurs des anaphores qui sont au nombre de 30 et que Douaïhy a divisés en sept parties, symbole des sept candélabres dont parle l’Apocalypse: les Apôtres, les disciples des Apôtres, les (Papes) Archevêques de Constantinople, Alexandrie et Antioche, et les Evêques» (4). Ensuite, il a fait transcrire ces anaphores à partir de deux anciennes copies conservées au Monastère Mar Challita Moqbes, en 1902, par le frère Youhanna Rahmé M. L

Une quatrième copie dans Sbat, l’Index, 1434, intitulée : « Les Anaphores Orthodoxes et les Pères qui en sont les Auteurs ».
Sans mentionner les multiples anaphores à l’usage des Maronites et dont la transcription remonte à des périodes antérieures et ultérieures à Douaïhy, réparties dans les bibliothèques du monde. Nous en citons (5):

A- Bibliothèque de Bkerké :

1- Bkerké 50: comprend les anaphores : de l’Eglise Romaine, de S. Jacques et de S. Maroutha… 514 pages.
2- Bkerké 52 : comprend surtout l’anaphore de S. Pierre. Sans numéro, mais date du XVIIème siècle.
3- Bkerké 53 : nous y retrouvons l’anaphore des douze Apôtres. Antonios fils de Ghantous Abou Saleh de Deir Al Qamar, l’a copié en Egypte, en 1817. Ms sans numéro.
4- Bkerké 54 : comprend l’anaphore de la consécration du calice. Composé de 41 pages, sans date, il remonte peut-être au XVIIIème siècle.
5- Bkerké 55 : comprend une série d’anaphores : celle de l’Eglise Romaine, de S. Sixte, de Jules, Proclus, Pierre, puis l’anaphore des Douze Apôtres, de Mathieu le Berger, de Marc l’Evangéliste, de Denys et de Pierre l’Apôtre (Xarar). C’est le prêtre Gergés Bar Chalach qui l’a transcrit au village de Ghadir, le 12 Mars 1712. Il est formé de 271 pages.
6- Bkerké 56 : Ce ms couvre une série d’anaphores : Xarar de Sixte, l’anaphore des Douze (incomplet au début), de Jean l’Evangéliste, de Pierre, de Matthieu et de Thomas l’Apôtre. Il est en karshouni, du XVème ou du XVIème siècle et comprend 314 pages.
7- Bkerké 57 comprend différentes anaphores : celle du Pape Sixte, de Jean l’Evangéliste et de Pierre, ainsi que les anaphores des Douze, de Cyrille, Xarar, de S. Jacques et de Mar Maroutha. Ms de 273 pages, karshouni et syriaque, du XVIème siècle. Aurait-il été copié par un certain Sarkis, au Monastère Qoshaïa en 1570 ?
8- Bkerké 58 cite plusieurs anaphores, dont celles de Sixte, de Bar Assalibi, des Douzes, et les anaphores de Jean l’Evangéliste, de Mathieu le Berger, de Pierre et Xarar. Ms de 286 pages, syriaque et karshouni, du XVIème siècle.
9- Bkerké 61 : ce ms renferme quelques anaphores. Le qass Aoun fils de Njeim Al Ghostawi l’a copié en 1675, il est syriaque et formé de 355 pages.
10- Bkerké 62 fait mention de quatre anaphores. Il date du XVIIème siècle et compte 194 pages. Sarkis Arrazi et ses frères l’ont copié.
11- Bkerké 69 cite plusieurs anaphores. Il est syriaque, de 449 pages et c’est un certain Gergés qui l’a transcrit.

B- Bibliothèque Vaticane

12- Vatican Syriaque 28 : ce ms regroupe une série d’anaphores dont « Xarar ». Il est du début du XVIe siècle.
13- Vatican Syriaque 29 : contient 24 anaphores syriaques. Il est de format moyen. En effet le qass Youssef Al Achkar de Broummana nous en a laissé une description lors de sa visite à Rome en 1911. Il a dit : « Ce ms remonte à environ 4 siècles. Le qass Yammine fils de Salem du village de Jambelin en Chypre l’a copié en 1539 de l’ère chrétienne ».
Voici l’index des anaphores qui y sont mentionnées :

1- Anaphore de Saint Pierre Xarar.
2- Anaphore des Apôtres.
3- Anaphore de Saint Jean l’Evangéliste.
4- Anaphore de Sixte.
5- Anaphore de Saint Pierre.
6- Anaphore de Denys.
7- Anaphore de Saint Jean Chrysostome.
8- Anaphore de Mar Youhanna Maroun (Saint Jean Maron) : en syriaque.
9- Anaphore de Saint Jules Patriarche d’Antioche : ….en syriaque.
10- Anaphore de Saint Eusthate, Patriarche d’Antioche.
11- Anaphore de Saint Matthieu l’Evangéliste : ….en syriaque.
12- Anaphore de Saint Philoxène …en syriaque.
13- Anaphore de Saint Jacques, frère du Seigneur : …en syriaque.
14- Anaphore de Saint Cyrille Archevêque de la ville d’Alexandrie : …en syriaque.
15- Anaphore de Saint Lazare Barsabto, Evêque de Babel : …en syriaque.
16- Anaphore (6) de Jacques de Saroug : …en syriaque.
17- Anaphore de Maroutha de Ticrit : …..en syriaque.
18- Anaphore de Saint Thomas….en syriaque.
19- Anaphore de Saint Mathieu le Berger : …en syriaque.
20- Anaphore de Saint Jean Maron ….en syriaque.
21- Anaphore de Grégoire…en syriaque.

Les trois anaphores restantes sont les plus connues et celles écrites dans toutes les éditions de la messe. A la fin du ms est inscrite une phrase que nous citons littéralement :

« Ce livre béni du rite de la messe, a été achevé par un pauvre homme pécheur au nom de qass Yammine fils de Salem du village de Hakel…Il l’a écrit au village de Jambelin dans l’île de Chypre, et l’a rédigé à ses frais afin de le posséder. Il contient 24 anaphores. Ceci a eu lieu au temps de l’Evêque Youhanna du village de Mtachi à l’époque de Mar Boutros (Patiarche) au Mont – Liban, en 1846 des Grecs, le samedi 19 du mois béni de Février. Quiconque lit dans ce livre et y trouve quelque faute, qu’il ne blâme pas le pauvre copiste, ni ne le maudisse par égard pour notre Seigneur Jésus Christ, mais qu’il corrige selon sa connaissance. En fait toute créature est imparfaite et seul Dieu est parfait » (7).

14- Vatican syriaque 31 : Il comprend une série de 10 anaphores et a été copié en deux étapes : en 1564 et 1576.
15- Vatican syriaque 32 comprend un nombre d’anaphores et date du XVIème siècle.
16- Vatican syriaque 292 comprend dix anaphores et a été transcrit en 1735.
17- Vatican syriaque 293 comprend une anaphore prise dans le livre de Gerrmanos Farhat.
18- Vatican syriaque 294 comprend une série d’anaphores du XVIIIème siècle.
19- Vatican syriaque 295 comprend six anaphores. Il est de la moitié du XVIème siècle.
20- Vatican syriaque 297 comprend l’anaphore Xarar et plusieurs autres. Il date de la fin du XVII siècle.
21- Vatican syriaque 398 : nous y retrouvons l’anaphore de Mar Youhanna Maroun et l’anaphore de la consécration du calice. Il remonte à 1666-1687.
22- Vatican syriaque 414 : ce ms est un recueil d’anaphores maronites que Joseph-Marie Sauget a longuement décrites (8). En outre, Angelo Mai avait signalé, dans son index des ms syriaques dans la bibliothèque Vaticane, série Assem’ani, que cet ouvrage comprenait 17 anaphores (9). Toutefois, Père A. Raes y a trouvé trois anaphores de plus que Mai, ce qui fait au total 20 anaphores. Joseph-Marie Sauget de son côté a pu, après recherche et examen, trouver lui aussi une anaphore de plus. Par conséquent, le nombre d’anaphores du ms en question s’élève à 21, suivies d’une étude et d’une comparaison minutieuses avec les anaphores reconnues chez Douaïhy, avec le ms Bkerké 112 (voir ci-dessus) selon l’analyse de W. de Vries et avec la copie du ms Bkerké 112 conservée à la bibliothèque des Missionnaires Libanais comme l’a analysée A. RUCKER.
23- Vatican syriaque 448 regroupe quelques anaphores du XVIIème siècle.
24- Vatican Borgia syriaque 37 : comprend 13 anaphores et a été copié en 1674.
25- Vatican Borgia syriaque 56 : contient 7 anaphores. Sa transcription a été achevée en 1677, en Chypre, à partir d’un ms datant de 1527 (10).

C- Paris- Bibliothèque Nationale (11)

26- Paris syriaque 71 : Constitué de 146 feuilles, ce ms est une série d’anaphores que Gergés de Hadchit a copiées en 1454.
27- Paris syriaque 73 : ouvrage de 101 pages, comprenant une série d’anaphores que Bachus fils du prêtre Youhanna a copiées au Monastère de Hawqa en 1509.
28- Paris syriaque 75 : ms composé de 146 feuilles. Il comprend plusieurs anaphores que Ibrahim fils de Gergés, de Hardin au Mont – Liban, a copiées en 1524.
29- Paris syriaque 79 regroupe une série d’anaphores transcrites en 1555. Il est formé de 97 feuilles.
30- Paris syriaque 80 : ms de 97 feuilles, c’est une série d’anaphores copiées en 1557.
31- Paris syriaque 82 : ouvrage de 124 feuilles, il comprend de nombreuses anaphores et date du XVIème siècle.
32- Paris syriaque 85 comprend deux anaphores en 28 feuilles: celle des douze Apôtres et celle de Saint Jean l’Evangéliste. C’est Sarkis de Qozhaïa qui les a transcrites en 1500.
33- Paris syriaque 86 est une série de six anaphores qui ont été copiées par Eusèbe Renaudot (1648-1729). 125 feuilles.

D- Bibliothèque de Munich

34- Munich 5 : c’est une série d’anaphores qui date de 1548.

E- Bibliothèque de Florence. Bibl. Nat. Centralis

35- Florence 74 : c’est une série d’anaphores. Ce ms est de Qozhaïa et remonte à 1565.

F- Bibliothèque de Florence. Medicis Lorentina

36- Florence 311 : représente l’anaphore des Douze et date de la fin du XVIème siècle.

37- Florence 409 : série d’anaphores. Ms de Chypre du XVIème siècle.

G- Bibliothèque Vénitienne

38- Venise 63 est une série d’anaphores du début du XVIIème siècle.
39- Deuxième ms : Il est de Mar Abda Herhraya, de 1756 et comprend une série d’anaphores.

H- Bibliothèque du Musée Britannique – Londres

40- Londres 2295 : série d’anaphores de 1482.
41- Londres 2254 : série anaphores de 1705.
42- Londres 41 : ce ms comprend quatre anaphores dont celle de l’Eglise Romaine. Il provient de Louaizé, de l’an 1737.

I- Bibliothèque Maronite d’Alep

43- Alep 245 comprend certaines anaphores tirées de la première édition du missel (1592-1594) et qui remontent à 1636, et trois autres anaphores absentes de la première édition, prises de copies anciennes en 1611.
44- Alep 606 est formé de quelques anaphores traduites en arabe, de l’Evêque Germanos Farhat. Il est du début du XVIIIème siècle.
45- Alep 608 : l’anaphore, 1727.
46- Alep 619 : C’est recueil de quelques anaphores, dont Xarar. Il date de 1490, son copiste est le prêtre Youssef du village de Haqel.

J- Bibliothèque du Monastère Mar Antonios-Qozhaïa

47- Qozhaya 34 comprend sept anaphores transcrites en 1709, par le copiste Germanos Al Hage Youssef.

K- Bibliothèque du Monastère Tamich

48- Tamich 50 : Il comprend les anaphores de Mar Boutros et de l’Eglise Romaine. Il ne porte pas de date.

L- Monastère mar Ashe’ya (Saint Isaïe)-Broummana

49- Broummana 46 : c’est le missel, en plus de quelques anaphores. Son copiste est Youssef fils du prêtre Youssef Douaïhy du village d’Ehden.
50- Broummana 50 : c’est aussi le missel avec des anaphores. Barakat R’aïdi Attannouri l’a copié en 1784 et il appartenait à l’Evêque Mikhaêl Al Khazen, vicaire patriarcal.
51- Broummana 41 :
52- Broummana 43 :
53- Broummana 44 : le diacre Abdallah l’a transcrit en 1715.
54- Broummana 45 : Youakim Yammine l’a copié en 1747.
55- Beoummana 50 : c’est le missel en plus de quelques anaphores.

M- Bibliothèque Orientale – Beyrouth

56- Bibliothèque Orientale 1403 : le 10 Juillet 1872, Elias Loutfallah en a achevé la copie.

N- Bibliothèque du Monastère Asshourfa

57- Asshourfa 27/3 : c’est le ms des liturgies des Syriens Maronites. Le prêtre Youssef fils de Hanna Al Hage Kfarfadan de Halat, l’a achevé en 1779.
58- Asshourfa 28/3 couvre les rites des Syriens Maronites.


Tables des Anaphores (12)

Corneille Shelting a publié en 1599, à Cologne, la première table connue des anaphores, dans son livre « Bibliothèque Ecclésiastique ». Elle contenait quarante anaphores. Cependant, Abraham Ecchellensis, en a compté cinquante dans les Eglises Orientales ; il n’en reste que trente et une chez les Maronites (13).Quant à Açahyouni, il n’a dénombré dans sa lettre à Nihosius qui a été publiée en 1733, à Venise, que quatorze anaphores.

Après Douaïhy, le français Rinaudot a publié dans « Collection des Liturgies Orientales », trente-huit anaphores. Puis, en 1871, le savant Bickell en a comptées soixante-cinq dans son livre sur la littérature syriaque. Le savant Anglais Brightman, a de son côté énuméré, en 1896, soixante-six anaphores, dans son oeuvre sur les liturgies orientales, et aux années 1924 et 1929, le Patriarche syriaque Arrouhmani, a publié dans son livre, « Liturgies Orientales et Occidentales », cinquante-huit anaphores. Ultérieurement, le Père Jésuite Mikhaël Hanssens, a publié, en 1932, à Rome, un ouvrage au sujet des « Rites Orientaux » où il a fait mention de soixante-quatorze anaphores sans compter les cinq relatives à la consécration du calice.

Notre chronologie des recensements des anaphores continue avec le Père Raes qui a dénombré, en 1939, dans : Introductio ad Anaphorarum Syriacarum Editionem, imprimé à Rome, soixante-dix anaphores, et, la table du Patriarche syriaque orthodoxe, Ignace Ephrem Barçoum qui comprenait quatre vingt anaphores. Ce dernier ayant signalé de même, dans son ouvrage « Les Perles Parsemées dans l’Histoire des Sciences et des Lettres Syriaques » de 1943, qu’il en avait lues environ, soixante-quatorze.

Nous ne trouvons pas toutes les anaphores dans les missels imprimés. Par exemple, la première édition romaine, celle de 1592, ne comprenait que quatorze anaphores, il en est de même pour l’édition de 1716, alors que les éditions suivantes se sont limitées à neuf anaphores seulement.


***

Dans son livre en langue française : « Liturgie Maronite », le Père Michel Hayek a publié, en 1963, une traduction de l’anaphore Xarar (Chapitre Huit), de l’anaphore de la consécration du calice (Chapitre Neuf) et des autres anaphores utilisées chez les Maronites (sept anaphores – Chapitre Dix).

Puis après, c’est le Père Youakim Moubarak, qui a publié, en 1984, une autre traduction française des douze anaphores à l’usage des Maronites, dans sa « Pentalogie Antiochienne / domaine Maronite », tome IV, pp. 43-163.


15- « Biographies des Pères glorieux et piliers de l’Eglise, auteurs des saintes anaphores de la messe »

La bibliothèque des Missionnaires Libanais possède deux exemplaires de ce livre :

1- La première copie porte le numéro 123 chiffre 6,elle fait partie d’un ensemble que Elias Bar Saad a transcrit en 1705.
2- La deuxième copie ne porte pas de numéro, le prêtre Youssef Nassar Salamé, de Jdeidet Ghazir, l’a transcrite le 22 Mars 1900, à partir de la copie datant du 23 Mars 1678, du prêtre Elias de Kfarzaïna.
3- Il existe encore un troisième exemplaire qui se trouvait, selon le magazine « Al Maxreq » 6 pp. 594-595, dans la bibliothèque du Monastère Mar Challita-Moqbes.


16- “Les Fêtes de l’Année”

Ou “ Livre des Rites et des Bénédictions »
(en syriaque)

Dans ce livre, Douaïhy a regroupé les rites Maronites au cours de l’année. Nous en signalons entre autres:
Rite de la consécration de l’eau à l’Epiphanie.
Rite de la consécration de l’autel.
Rite de la consécration des fonts baptismaux.
Rite de la consécration des vases sacrés.
Rite de la bénédiction des Rameaux etc.
Selon Boutros Chebli dans « Traduction…Stéphan Douaïhy… » p. 202, de ce livre on n’a qu’un seul exemplaire au Liban, au Monastère Mar Challita Moqbes ; Ibrahim Harfouche l’a décrit dans « Al Maxreq » (1903) p. 595.

A- Manuscrits (ms) du livre

1- Bkerké 4 : c’est une copie des «Divines liturgies que les évêques purs accomplissent selon le rite de la Sainte Eglise Maronite. Notre Vénérable Père, porteur de Dieu (Théophore), Mar Stéphan Douaïhy les ayant regroupées… ».Ya’coub fils du prêtre Jean du village de Hasroun l’a transcrite, en 1694, au Monastère de Qannoubine. Elle est en syriaque et karshouni, ses pages sont numérotées de 1 à 275 uniquement, le reste est sans numéros.
2- Bibliothèque des Missionnaires Libanais 107 : « Livre des Rites et des Bénédictions ». Constitué de 221 feuilles, il était à la bibliothèque du Monastère Mar Challita Moqbes. Nous trouvons précédant ce ms, un index, en marge duquel Mikhaël Arrajji a écrit, en 1963, la remarque suivante : « Ceci est l’écriture de Notre Bienheureux Père Stéphan Douaïhy ».
3- Vatican latin 7345 : il est intitulé : « Rituale Syrorum Maronitarum seu Divina Officia quae a sacerdotibus peraguntur secundum ritum sanctae Ecclesiae Syrorum Maronitarum ». Probablement, ce ms est une traduction latine du « Livre des Rites » faite par le Père Jésuite Boutros Moubarak le Maronite.
4- Asshourfa 20/7 : célébrations rituelles des Syriens Maronites, ms composé par Stéphan Douaïhy et copié au cours du XIXème siècle.

B- Manuscrits des rites et des bénédictions avant Douaïhy et de son temps

1- Bkerké 14 : du XVIème siècle.
2- Bkerké 15 : du XVIème siècle (1577).
3- Bkerké 16 : du XVIIème siècle.
4- Bkerké 23 : du XVIème siècle (1517).
5- Bkerké 29 : du XVIIème siècle (1677).
6- Bkerké 36 : du XVème siècle (1411).
7- Bkerké 62 : du XVIIème siècle.
8- Paris syriaque 116 : du XVIème siècle.
9- Paris syriaque 117 : du XVIème siècle (1512).
10- Paris syriaque 118 : du XVIème siècle.
11- Paris syriaque 119 : du XVIème siècle (1539).


17- « Brève Explication des mesures des vers syriaques et les premiers mots des chants (archétypes)», manuscrit connu sous le nom livre des « Têtes des mélodies syriaques » ou rixqolé

Ce ms qui contient toutes les têtes de mélodies (rixqolé) figurant dans les rituels au temps de Stéphan Douaïhy, visait à aider les prêtres et les diacres à maîtriser ces chants, qui, pour la plupart, étaient construits sur la mesure poétique de Mar Ya’coub et de son disciple, Mar Aphram, ainsi que du disciple de ce dernier, Mar Balaï. Ce sont les trois grands maîtres de la poésie syrienne.
Douaïhy a divisé ces rixqolé en huit parties :
1- Qolé (chants) basés sur deux groupes de deux syllabes.
2- Qolé basés sur trois groupes de trois syllabes.
3- Qolé basés sur quatre groupes de quatre syllabes.
4- Qolé basés sur cinq groupes de cinq syllabes.
5- Qolé variés : impairs et pairs.
6- Qolés singuliers où certains sont des paires, d’autres par groupes de trois, de quatre, de cinq et d’autres variés.
7- Répartition sur les sept jours de la semaine.
8- Répartition des divers services tout au long de l’année.

En outre, Stéphan Douaïhy divise la poésie syriaque en couplets semblables, chacun constitué d’un nombre limité de vers, à leur tour divisés en ce qui correspond aux hémistiches dans la poésie arabe. Chaque registre étant formé de syllabes. Il est à savoir aussi que les mesures changent avec le nombre des syllabes dans le registre, et le nombre des registres dans le vers, ainsi que le nombre des vers dans le couplet (14).

A- Manuscrits de l’ouvrage

1- Vatican syriaque 441 : Pie Zingerle l’a traité et a analysé son contenu et ses particularités : Pius Zingerle, Beitrâge zur Syrischer Literatur aus Rom. I Zur syrischen Metrik, in ZDMG 17 (1836) pp. 687-690.
2- Alep 651
3-4- Rome, Les Mariamites 76 et 81 (1699) :
Le premier de 151 pages.
Le second de 250 pages.
Il est de la main de Douaïhy.
5- Bkerké 86 : Il ne porte pas de date, mais peut remonter au XVIIIème siècle. Formé de 67 pages.
6- Bibliothèque Orientale, 1351, Mansour Al-Hokayem a recueilli ce ms en Décembre 1890.
7- Achkout, 42, « Brève explication des mesures des vers syriaques et des têtes des mélodies (rixqolé)».Son copiste a été le sous-diacre Hanna fils du sous-diacre Antoun fils du prêtre Hanna Al-Mada’i Al Qorbassi le Chypriote, et l’élève du Collège Maronite Rome, et ce, le 3 Février 1717. [Al Mashreq].
8- Bibliothèque du Monastère Mar Ashe’ya (S. Isaïe) des Moines Antonins 32 : son écriture a été achevée le 18 Mars 1700, au Monastère Notre Dame de Qannoubine puis il fut un legs du Collège Maronite de Rome et c’est le père Antonin, Boulos Al-Achkar qui le publia. Voir numéro 9.
Préface du livre « Rixqolé ».

B- Edition du Livre

9- Père Boulos Al Achqar a publié le livre sous le titre, Mélodies Syriaques Maronites, Jounieh, 1939, pp. 133-228, d’une manière scientifique accompagné d’une comparaison avec d’autres rites. De même, Père Louis Al-Hage, recteur de l’Université Saint Esprit de Kaslik (Liban), l’a également publié en français et en anglais (Voir les références). Puis, Père Youhanna Tabet en a republié une partie sous le nom [Lilio wa safro] (Nuit et Jour), dans : L’office commun maronite, Beyrouth, 1972, pp. 309-315.

Introduction du livre « Les strophes types »


18- Les Homélies

Le Patriarche Sem’aan Awwad, biographe de Stéphan Douaïhy, a avancé que ce dernier « avait composé deux livres d’homélies ». Youssef Sham’oun Assem’ani a, pour sa part, affirmé cet avis dans sa Chronologie des Patriarches Antiochiens Maronites, que Youhanna Ntaïn Addar’ouni a publiée. Cependant, le Patriarche Boulos Mass’ad a considéré que Douaïhy avait été l’auteur de trois livres d’homélies. En outre, qui lit les correspondances du Patriarche Stéphan, constate qu’il avait réparti ses sermons selon quatre cycles qu’il avait présentés à l’Eglise Mar Elias à Alep, alors qu’il était encore prêtre.

Mais, en ce qui concerne l’importance de ces homélies et leur effet sur les fidèles à Alep, il ne nous reste plus que le témoignage laissé par Youssef fils du diacre Gergés Bar Youssef, en 1671, sur un livre qui renfermait l’office des Saints Mar Romanos, Mar Elias, Mar Gergés et Mar Taddaos (Thaddé). Comme l’a mentionné Ibrahim Harfouche dans « Anciens Monastères au Kesrouan » dans « Al Maxreq » 5 (1902) pp. 687-688, ce livre est conservé à la Bibliothèque Maronite d’Alep, sous le numéro 811. Harfouche écrit:

Ce livre a été achevé et complété au temps du chef des chefs et le père des pères, couronné de gloire et de dignité, maître vertueux et savant laborieux, philosophe spirituel et second Chrysostome, guide au plus haut degré de sa paroisse et combattant pour ce qui est juste et droit. Au temps du prêt à répondre à la controverse, du héros qui fait face à ses examinateurs, du destructeur des idées des égarés par les preuves et les critères évidents. De celui dont l’enseignement est (nourriture pour les âmes) une substance vivifiante des âmes, l’heureux en Dieu, le Patriarche Antiochien Mar Estéphanos, qui suit la voie des Saints Pères et réside au Monastère connu sous le nom de Qannoubine. Auparavant, il était ministre dans cette église. Il prêchait et détournait du mal, rappelant aux fidèles la juste rétribution qui leur est due, la peine sans fin pour les pêcheurs et la vie éternelle pour les justes. Dans notre Eglise, heureuse de posséder une telle perle, gardienne des anciens et des nouveaux livres, personne n’a jamais entendu pareils sermons, puisque ce Patriarche les a incrustés de jugements acceptables chez les diverses communautés et y a présenté des preuves où celui qui craint l’injuste est à l’abri, où il a remué par ses remarques les entrailles des pêcheurs qui ont versé les larmes chaudes. Par ses déclarations dans les sermons, les cœurs des insoumis ont saigné. Il a semé les grains de l’Amour Divin et a montré qu’Il (Amour) voilait les faiblesses. Que de miracles ses prêches ont-elles opérées et que d’âmes ont-elles ressuscitées ! Que de cœurs ont-ils été libérés des chaînes des fautes en écoutant ses discours ! Et son enseignement, à quel point a-t-il attiré les esprits ! Sans oublier les merveilles accomplies quand il rectifiait les caractères et les ramenait à l’état naturel. Jamais, n’a-t-il vu un texte sans l’expliquer, ni rencontré une affaire problématique sans l’élucider, ni un sens obscur sans le clarifier. Heureux soit ce chef qui n’a laissé sévir dans sa paroisse aucun vice mais s’est hâté de l’éliminer des esprits et heureux soit-il ce bon pasteur qui a exhorté ses paroissiens à acquérir la moindre particule de vertu, et à s’abstenir d’accomplir la plus petite dépravation. Sur quoi, nous prions Notre Seigneur Jésus Christ, le Second Hypostase de la Sainte Trinité, qu’Il nous garde ce chef et nous donne Sa grâce pour comprendre ce qu’il nous a rapporté et agir selon ce qu’il nous a indiqué. Amen ».

Manuscrits des Homélies

1- Sbat, l’Index, 1436 : Il provient des héritiers du prêtre maronite Nicolas Keiloun.
2- Sbat, l’Index, 1437 : « Homélie de la Passion », de même provenance.
3- Jbeil, Monastère Notre Dame des Secours, 54 : c’est un manuscrit que le Moine Libanais, qass Andraos Qortbawi a copié en 1801. Il contient les homélies du Patriarche Douaïhy, Sem’aan Al Hasrouni, Youaçaf Addebsi et de Antonios Moubarak. Karshouni et compte 397 pages.
4- Jbeil, Monastère Notre Dame des Secours, 47 : « Livre des homélies» du Patriarche Douaïhy, le prêtre Boulos Ward l’a transcrit le 25 Février 1858. Il compte 222 pages en karshouni.
5- Asshourfa, arabe 38/7 (1866) : ce ms renferme quarante-quatre homélies du Patriarche Douaïhy et de Sem’aan Awwad, de l’Evêque Youaçaf Addebsi de Baskinta et du Père Antonios de la famille Moubarak, élève du Collège Maronite de Rome.
6- Manuscrit qui était en la possession du Chorévêque Boutros Hobeiqa selon Boutros Chebli, la référence citée, p. 213, et selon Louis Cheikho dans Ecrivains du Christianisme, p. 102. Mgr Hobeiqa l’avait offert à l’Evêque Boutros Chebli, et il est probable qu’il soit chez l’un des parents ou amis de ce dernier.
7- Bkerké ( ?). Dans « Evènements Historiques concernant Alep », « Al Maxreq » 50 (1956), pp. 657-668, le Père Jésuite Ferdinand Tutelle a décrit un livre intitulé « Sermons de Douaïhy » que, l’Evêque Abdallah Khoury lui avait prêté en 1939. Père Tutelle a présenté les titres des homélies dans le livre :

1- Naissance de Jean-Baptiste sur la compassion et la charité…12 p.
2- Annonciation……………………………………………1 page
3- Visitation de la Madone à Elisée………………10 pages
4- Le massacre des enfants……………………………………..2 pages
5- Circoncision de Notre Seigneur…………………………11 pages
6- Epiphanie (Baptême de Notre Seigneur)…………………10 pages
7- Fête de la Présentation de La Vierge au Temple…………15 pages
8- Sur Mar Maroun (S. Maron), qu’il est une tour…………8 pages
9- La lèpre du péché pour le second dimanche du Carême……8 pages
10- Sur l’hémorroïsse…………………………………………8 pages
11- Sur l’enfant prodigne et la dignité des parents…………12 pages
12- Fête de Mar Youssef (S. Joseph)………………………10 pages
13- Fête des 40 martyrs…………………………………10 pages
14- Dimanche de l’aveugle, sur l’aveugle par le pêché……14 pages
15- L’Annonciation, contre les Juifs…………………………16 pages
16- Sur la Passion………………………………………………8 pages

Puis, Père Tutelle a publié un sermon du Patriarche Douaïhy « sur Mar Maroun qu’il est une tour ».


19- Rite du port du Capuchon

Douaïhy s’est occupé de réviser «le rite du port du capuchon religieux » et de la consécration des moines et des moniales, vu que la réforme religieuse a eu lieu de son temps et qu’il l’a surveillée directement, dès 1695, avec l’assistance des Evêques : Boutros Makhlouf Al Ghostawi et Youssef Sham’oun Al Hasrouni. Pour cela, d’anciennes copies gardées au siège patriarcal à Qannoubine, au Monastère de Qozhaïa et de Notre Dame de Hawqa, ont été utilisées.


20- Livre des prières

Douaïhy a recueilli et revu le livre des prières qu’il appelait ….en syriaque….signifiant peut-être le xhim ou bréviaire.


21- Douaïhy a regroupé dans un seul livre les sept sacrements et l’a nommé en syriaque.


22- Le livre des morts

Douaïhy s’est aussi intéressé à réviser le livre des morts.


23- Stéphan Douaïhy a écrit quelques biographies de Saints- (Saintes)

Ceci a été mentionné par les biographes du Patriarche.


24- Prière de Sainte Marina

Le Magazine «L’Orient Chrétien » a publié la prière de Sainte Marina moniale de Qannoubine, dans une biographie de la sainte.

- Voir Youssef Hobeiqa, « Les Rites Maronites », dans « Message de la Paix », (1929) p. 223.


Notes:
(1) Deuxième volume, pp. 147-152.
(2) Voir Ephrem Chemali, M. L, “Les Anaphores Maronites” dans “Le Magazine Sacerdotal, 11 (1960) 5 pp. 114-122.
(3) Il est probable que ce ms soit celui étudié et publié par le père W. Vries dans : AS I, fasc. 1, Roma, 1939, p. XVII. Il portait alors le numéro 112, avant que l’Evêque Abdo Khalifé et le Père Francis Al Baïssary [Evêque], n’aient préparé l’index des ms de Bkerké, en 1973. Il en existe une copie dans la bibliothèque des Missionnaires Libanais publiée par : A. RUCKER, « Uber zwei syrische Anaphorensammlungen. – I. Maronitische Anaphorasammlung von Krêm », dans « Oriens Christianus », N. S. 10-11 (1920-1921), Leipzig, 1923, p. 154-156.
Puis l’analyse a été refaite en résumé dans : AS I, fasc. 1, Roma, 1939, p. XXIV.
(4) Voir le Père Ignace Saadé, “Oeuvres des érudits du Collège Maronite conservées à la bibliothèque de la Congrégation des Missionnaires Libanais » dans le magazine « Etudes », 16-17 (1985) p. 191-215.
(5) Voir le prêtre (évêque) Boutros Gemayel, « La Messe Maronite à travers les Manuscrits » dans « Le Magazine Sacerdotal » 12 (1961) 4, p. 97-123.
(6) Jacques de Saroug a élaboré trois anaphores. H. G. Codrington en a publié les textes syriaques et les traductions, dans Anaphorae Syriacae…, vol. II, fasc. 1, Roma 1951.
(7) Nous avons dans notre propre bibliothèque, une description de ce manuscrit avec son texte syriaque et la traduction arabe de l’anaphore de Saint Youhanna, le Patriarche antiochien de Syrie (connu sous le nom de Youhanna de Lehfed) et de l’anaphore de Mar Youhanna, le Patriarche des Maronites surnommé, Maroun le Saint, Docteur de l’Eglise. La description comporte maints ajouts sur ce qu’il y a dans le missel imprimé. Son copiste est « le qass Antonin Youssef Al Achkqar de Broummana », en l’an 1911.
(8) Article publié dans:
Miscellanea Amato Pietro FRUTAZ, Roma, 1978, pp. 207-230.
Le Père A. RAES avait déjà décrit ces anaphores dans :
Anaphorae syriacae quotquot in codicibus adhuc repartae sunt… editae et latine vesae,vol. I, fasc. 1, Roma 1939, p. XXV-XXVI.
(9) A. MAI, Codices chaldaici sive syriaci Vaticani Assemaniani, in Scriptorum veterun nova collectio…, vol. V, pars altera, Roma 1831.
(10) Voir en ce qui concerne les ms 24 et 25 : « Journal Asiatique », 1909, pp. 258-263.
(11) Voir: Zotenberg, Catalogues des Manuscrits syriaques et sabéens (Mandaïtes) de la B. N., Paris, 1874.
(12) A cet égard, se référer à Mikhaël Arrajji, « Anaphores de la messe », dans « Al Manara » 14 (1946) pp. 168-180 et Michel Hayek : Liturgie maronite, 1963, pp. 61-84.
(13) Voir: Abraham Ecchellensis, Catalogus librorum Hebediesu bar Bricha, 1653, in 8., p. 89.
(14) Voir Docteur Chafiq Badran, « Traduction en arabe des mélodies syriaques » dans « Magazine Sacerdotal » 9-12 (1959) pp. 297-312.

C- Ecrits Variés

25- Discussion au sujet des Conclusions Philosophiques (1)

Le Patriarche Douaïhy a fait cette discussion au terme de ses études de philosophie scolastique, sous la direction du Cardinal Louis Cabboni, à Rome, en 1650. Cet écrit est en latin et a pour titre : Conclusiones Philosophicae Eminentissimo Principi Aloysio S. R. E. Cardinale CAPPONIO a Stéphano Edenensi Collegii Maronitarum Alumno dicatae, Romae, 1650, 31 pages., 19x13.
Les archives de Bkerké en renferment une copie imprimée, dans le tiroir du Patriarche Douaïhy.


26- Le Paradis Terrestre

Après avoir terminé ses études, Stéphan Douaïhy a écrit, en latin, un article sur « Le Paradis Terrestre », dans lequel il a essayé de prouver que son village Ehden, était certainement l’Eden dont il est question dans la Bible, selon le Livre d’Ezéchiel 31 : 8 « Les cèdres du jardin de Dieu ne l’égalaient pas, les cyprès n’étaient pas comparables à ses rameaux, ni les platanes à ses branches ; aucun arbre du jardin de Dieu ne lui était comparable en beauté » (2).
Cet ouvrage était dans la bibliothèque du Collège Maronite de Rome.


27- « Dialogue Théologique »

Douaïhy a offert cette œuvre au Patriarche Assafrawi (1648-1656).


28- Le Registre de Douaïhy

Douaïhy avait classé le registre du Patriarcat Maronite qui comportait divers écrits faisant partie des archives de Bkerké et remontant à différentes dates jusqu’à son temps : c’est le Premier Registre. Puis, le Patriarche Boulos Mass’ad a pris le relais dans ce travail et a classé les deuxième et troisième registres, allant du Patriarche Gabriel Al Blouzawi, successeur de Douaïhy, jusqu’à la fin de son propre patriarcat (Le registre de Douaïhy est conservé à Bkerké, alors que les deux registres de Boulos Mass’ad, sont également catalogagués dans les archives du Kreim. Selon le Père Ignace Saadé, c’est le Père Ibrahim Harfouche, M. L, qui a fait ce catalogage).


29- Traduction des Bulles des Maronites

Cet ouvrage renferme un ensemble de bulles adressées aux Maronites, que Douaïhy a traduites en arabe et rassemblées dans un volume. Il comporte les bulles que les papes et le Saint Synode ont envoyées aux patriarches maronites, ainsi que les réponses de ceux-ci, et ce à partir de l’an 517. Le livre en question contient aussi la lettre que le Pape Hormisdas avait envoyée aux moines du Monastère Mar Maroun. La chronologie des bulles de ce volume s’arrête à l’époque de Douaïhy. (Voir l’index des manuscrits de Bkerké de l’Evêque Abdo Khalifé numéro 108 composé de 142 pages. Le Père Ibrahim Harfouche a, de son côté, catalogué cette traduction sous le numéro 49 des manuscrits de Bkerké, conservé dans les archives de la Congrégation des Missionnaires Libanais).

En plus, dans l’index mentionné de Bkerké, numéro 110, nous retrouvons une série de bulles en latin que Douaïhy a aussi groupées dans ce volume. Le Père Ibrahim Harfouche a classé cette autre série sous le numéro 50 dans les manuscrits de Bkerké conservés dans les archives des Missionnaires Libanais.

Il existe également dans l’index de Bkerké numéro 113, un autre ensemble de lettres papales que Douaïhy a groupées et traduites vers l’arabe et que l’Evêque Youssef Al Haçrouni a copiées. Cet ensemble comporte aussi des lettres provenant de pachas ottomans en ce qui concerne l’élection des patriarches, et des titres de propriété du siège patriarcal. Ceci constitue un énorme volume, de 781 pages.

De même, le numéro 114 renferme un certain nombre de bulles que Douaïhy a recueillies.


30- Traduction d’inscriptions gravées dans le rocher.

Le manuscrit Vatican arabe 169 (1686) feuille 195 C comporte une traduction vers l’arabe que le Patriarche Douaïhy a faite en Décembre 1684, d’inscriptions au nom de l’Empereur Marc Aurèle, gravés dans le rocher du pont du fleuve Nahr Al Kalb que cet empereur avait érigé à l’embouchure du fleuve au nord de Beyrouth.


31- Dictionnaire syriaque-arabe.

C’est un dictionnaire syriaque–arabe que Stéphan Douaïhy a préparé après son retour de Rome. Il en a signalé l’existence dans une lettre qu’il avait écrite au Saint Synode le 16 Septembre 1658. Cependant, nous n’en avons trouvé aucune trace. Voir : ASPF, SOCG, Maroniti, 235, f. 52 r-53v.


32- Livre de comptes du siège patriarcal

Cet ouvrage, en karshouni, est le livre de comptes du siège patriarcal au temps de Douaïhy. C’est un volume de grand format, constitué de papiers de tournesol. Ses pages sont divisées en colonnes pour inscrire les entrées et les sorties. Il renferme :
a- Le compte des anciennes et des nouvelles dettes, en plus des notices de leur paiement.
b- Le livre de comptes de la soie.
c- Le livre du revenu des dîmes des paroisses.
d- Le compte rendu des dons -120 piastres- distribués lors de l’ordination patriarcale de Douaïhy.
e- Dépenses de la communauté du couvent en vêtements dont celles des siens propres.
f- A divers endroits encore, est inscrit le montant de l’aide financière offerte à Mariam, la mère du Patriarche. Le montant mentionné pour l’an 1672, par exemple, s’élève à trois ou quatre piastres.
g- Détails concernant le fisc.
h- Compte rendu des dépenses du monastère à partir du 23 Mai 1670, c’est-à-dire, deux jours après l’accession de Douaïhy à la chaine patriarcale.
i- Les frais dela main-d’œuvre dans les propriétés du couvent.
j- Le livre des salaires des employés dans le couvent.
k- Compte rendu de la distribution des calices et des moules de l’hostie.

Bkerké, le tiroir de Douaïhy numéro 2, document numéro 1.

D- Correspondance


Consécration d’églises – Règlements - Tracts – Lettres de recommandation

33- La correspondance de Stéphan Douaïhy

La correspondance constitue une source importante, non encore exploitée comme il faut, des écrits de Stéphan Douaïhy. Une grande partie de cette correspondance reste conservée dans les bibliothèques d’Europe, de la Turquie et du Liban alors que ce qui en a été imprimé, ne constitue qu’une très petite partie. De notre côté, nous avons découvert, au cours de notre recherche dans les archives de la Congrégation de la Propaganda Fide, une série des lettres du Patriarche, toutes en italien. Bien que difficiles, nous avons essayé de les lire, et voilà que nous les publions pour la première fois, avec pour chacune, un résumé en arabe. Par conséquent, nous avons obtenu, à côté des lettres de Douaïhy déjà publiées jusqu’à présent, une grande série de ses correspondances.

Dans ces lettres, nous accompagnons Stéphan Douaïhy dans les différentes étapes de sa vie de prêtre, d’évêque et de patriarche, cela nous révèle d’importants aspects qui restaient encore obscurs, et nous découvrons son interaction avec les évènements, sa conduite apostolique et son harmonie avec son environnement. En outre, nous avons essayé de tirer profit de tout ceci lors du récit de la biographie du Patriarche. En effet, nous n’exagérons pas en disant qu’il serait bon de prendre la vie de Douaïhy comme exemple à suivre par tout prêtre, puisqu’elle est un programme d’action apostolique de premier choix.

Ces correspondances nous montrent aussi combien était solide la relation de Douaïhy avec les autorités romaines et les rois de France comme avec leurs consuls en Orient.

En ce qui concerne les sujets traités dans ces lettres, nous notons d’abord des questions politiques, sociales et historiques relatives aux Maronites d’Alep, du Mont - Liban et de Chypre, puis des problèmes théologiques, liturgiques et apostoliques. Nous y voyons le Patriarche en train de défendre et de lutter jusqu’au bout pour la cause du catholicisme et de ce qu’il représente en Orient, et nous l’y observons en train de protéger sa paroisse et la doctrine de son Eglise, face aux autres Eglises Orientales non Catholiques, et face aux Turcs et aux autres Mahométans.

Les origines de ces lettres sont diverses : Zghorta, Jeita, Tripoli, Alep, Notre Dame de Qannoubine et le Monastère Mar Challita Moqbes (Ghosta).

En conclusion, la langue de ces correspondances, que ce soit l’arabe (karshouni), ou l’italien, indique leur facilité et leur simplicité, vu que leur auteur n’avait pas le souci du genre littéraire ni le soin du texte ; son objectif était de faire comprendre le destinataire. Là, il faut remarquer que le Patriarche Douaïhy n’écrivait pas ses lettres assis derrière un bureau, mais lors de sa mission de prêtre, parfois même dans les grottes et les vallées, à la hâte, de peur de rater, les navires quittant pour l’Ouest, ou d’être surpris par ses adversaires. Nous notons de plus que ses correspondances en italien renferment beaucoup de termes latins preuve d’un fort enchevêtrement des deux langues dans l’esprit de Douaïhy. En publiant ces lettres nous n’y avons fait ni changements, ni substitutions, par contre, nous avons gardé la même orthographe, à laquelle nous avons apporté quelques corrections, et nous avons achevé certaines abréviations pour les rendre plus utiles.

A- Correspondances du prêtre Stéphan Douaïhy

1658

1- Lettre en italien. Douaïhy l’a envoyée le 16 Mars de l’année 1658 aux cardinaux du Conclave.

I – ASPF, SOCG, Maroniti, 235, f. 52r – 53v

“Eminentissimi e Reverendissimi Signori
Con l’occasione che in questo tempo si partono alcuni vascelli par Marsigla non posso mancare di venire non solo a far il mio obligo di riverire l’Eminentissima loro alle quail sempre ho profes-sato humils.a servitù; ma anco di venirli a ringratiare della dignità che per la loro incomparabile hontà si sono degnati a conferire ad un indegno servitore anco di loro più infimi servitori cioè quella di Missionario in Patria, e per meglio operare nella vigna del Signore di conferirmi la pensione annuale, del che io non sٍ con che lingua li ringratiarٍ, con che cuore li servirٍ, e con quale e quanto affetto procurerٍ per l’avvenire di maggiormente occuparmi nella propagatione della Cattolica Religione. Iddio sل se in tutti questi tre anni passati mi sia già occupato in altro che in inalzare con le parole e voi fatti la vera fede, confessando, consigliando, pacificando, instruendo, predicando, corrigendo, scrivendo e facendo quanto giammai fù nel mio potere, del che li loro Eminen. e non prendino l’informat.e da me, ma da qualsivoglia che si parte da questo paese, o s’informino per lettere da quelche vorranno le loro Signori Eminentissimi. Ho tenuto in tutti questi tre anni la scola di 40 figlioli in circa insegnandoli la lingua siriaca, la Dottrina Christiana,e la bontà de constumi senza prenderne da loro nemeno un scudo, e di loro n’ho ordinati docici clerici, e più di questi sarebbero statiordinati se all’hora fussero stati presenti. Infiniti dubii di Controversia, di Casi di Coscienza e di Theologia, mi sono stati proposti non solo in parole, ma molte volte anco in scritto tanto dai Maroniti come anco dall’ Heretici, e dai medesimi Turchi à quail con la gratia divina ho sodisfatto quanto n’era necessario. Di più ho scritto varii libri utili all’aiuto dell’ anime, et hora stَ componendo un dittionario siro arabo, et hٍ ricopiato tre auatro officii festivi par la stampa, et alcuni di sette Sacramente; e se havessi un poco di danaro ne terrei un scrittore per ricopiare l’altri officii dé SS. Comuni e particolari che mancano né Breviarii che stanno stampando, et per ricopiare le vite dei SS. Et le sante sette Sacramenta i quail libri vanno sempre mancando, si per la tirannia come per la penuria dei scrittori. Sul principio di questa quaresima son andato in compagnia col Monsig.r Andrea (3) in fin ad Aleppo ove dimors cinque mesi, nei quail molto l’aiutai con ponendoli delle prediche, I spiegandoli molti dubii che giornalm.e l’intervenivano. Se bene in privato e di nascosto acciَ non s’accorgessero li Giacobiti, e ne facessero poi delle vanie alla nostra natione e mi tratteni anco in predicare le feste e domeciche in arabo nella nostra chiesa ove intervenivano molti heretici; et alcune volte predicai anco in italiano al Sig.r Console Picket (4) et ai Mercanti francesi tanto che quell Sig.r Console homo veramente santo e meritendole d’ogni lode per le sue caritative opere restٍ molto sodisfatto, et in quella città venissimo piْ volte indiscorso si con un ministro dell Inglesi, come anco col Patriarca dell’ Armeni, e col Vesc.(ov)o di Greci et altri per causa del primato della Chiesa Romana dimonstrandoli che non era altra la pietra fondamentale sopra la quale Xto (Christo) eresce la sua chiesa che la sede Romana, della quale non hanno mai potuto prevalere le porte dell’interno che sono li heretici, e li Turchi ch’ hanno dominato tutte le sedie fuorchè la Romana per non falsificarsi le sue veridiche promesse. Dal Sig.r Abraamo (5) mi paesano ho ricevuto una lettera nella quale si lamenta meco perché sono stato cosi negligente per il passato nel mandarli a riverire, ma cio non ha fondam.(ent)o perche Iddio m’e testimonio quarto volte n’ho scritto non solo avanti la morte del patriarca Giovanni (6) ma anco quando fù eletto il nuovo; et di poi con il Padre Gio (vanni) di S. (anta) Groce Carmelita che se poi non sono arrivati io non sَ che più farne, certo è che n’ho scritto, e le ne ho indirizzato al Sig. r Dionisio (7) all’hor Segretario della Sacra Congregatione puٍ essere che non siano arrivati per la poste, e poco commercio, ٍ perse per la gran lontananza, ٍ nascoste per malitia ٍ invidia di qualcheduno; certo è che le non stato negligente, e per l’avenire procurerٍ d’esser più sollecito. Il Sig.r Patriarca si chiama Giorgio da Besbel, e dimora nella sua sedia di Cannubino et è persona intendente nell’idiome di queste parti, et anco di governo. Ha undici Vescovi in tutta la Natione, I quail sono il Mon. r Isaac SCIADRENSE (8), Monsig. r Michele HESRONITA (9) vescovo di Tripoli, Monsig.r Andrea che stل in Aleppo tra la natione de Giacobiti; Mon.r Sergio GAMERIO (10) che ultimam.e fù ordinato e se ne parte per la Francia, I quail tutti quarto sono alumni del nostro Collegio in Roma. In oltre Mon. r Elia (11) vescovo della nostra Eden. Monsig.r Gioseppe in Hauca (12). Monsig.r Abraamo in S. Antonio Chesaia (QUZHAYA) (13), et Mon.r Giacomo Anturino in Chesruan, et Mon.r Giorgio Abacuc, et Mon.r Giacomo di Ram (14) i quail per lo più stanno in Cannubino. II P. Giacomo Hesronita è arrivato con la gratia divina sano e salvo con I suoi compagni, e lui stà anco in Chesruan (KESRUWAN) apresso il Sig. r ABU NAUFEL con il consenso del Rev.mo Patriarca, e non ha potuto arrivare qui in Monte Libano per le molte oppressioni, e tirannie dei Maomettani che lo governano e la tirannia è si grande che il solo tributo della testa arriva a 50 pezzi da otto oltre l’altri tubiti, e la gente non puٍ più vivere qui, ne possono partire per esser le strade occupate dل loro. Il Bascia d’Aleppo fù chiamato dal gran Sig. r che se ne vada in Constantinopoli, non ha voluto andare e si dice che si è ribellato. Prego l’Eminenze loro con soma instanza che si degnino di provedermi d’un apparato per dir la messa perché in queste parti non si trovano ne con danaro, ne senza danaro, e perَ essendo Missionario delle loro Eminense non ho altri a chi ricorrere fuoir della loro liberalità Il che mi servirà si per pregare continuam.e per l’aumento, e propagat.e d.a Chiesa cattolica, com,e anco acciٍ Dio li slonghi la vita, e maggiormente li prosperi in questa e nell’altra come sempre n’ho domandato nei miei sacrificii;e per non più infastidire le orechie delle loro Eminense faccio fine con bacciare humili.e le loro vesti, e raccommandarmi alli loro SS. Sacrificii ricordandoli che li sono humilis.o ser(vitor)e et indigniss.o missionario il quale non domanda altro che la gratia per poterli servire con tutte le forze nella propagat.e della fede.


16 di settembre 1658

Humil.mo et indig.o ser.e
delle loro Emine.e Stefano
Edenen’ Maronita”


1659

2- Lettre en italien que Douaïhy a écrite à Jiita- Kesrouan. Adressée aux cardinaux du Conclave le 16 Juillet 1659, elle n’est arrivée à destination que le 20 Avril 1660.

2) ID. fol. 56r – 57v

“Eminen(tissi)mi e rev(erendissi)mi Sig(no)ri

Stimo di non infastidire le loro Emin.me Sig.rie (le quail con sommo ossequio riverisco) col riferire in questa lettera ció diverse volte gli ne ho dato raguaglo in varie lettere non di meno perche non son certo che tutte le siano capitate nelle mani per lontananza, et indirettura di luoghi per li quail si mandano. In questo tempo son ritornato l’anno passato da Aleppo. ove (come n’ho scritto in alter lettere) ero andato con il Monsig. r Andrea ABELGALE (15) per la conversione dé giacobiti.e se bene io non ho potuto publicam.(ent)e praticar con loro.e parlare della religione christiana per le raggioni che le n’ho significato in altri luoghi. con tutto ció non ho mancato di scrivere contro di loro in privato, prediche, e discorsi circa le loro heresie, e mali abusi, et aiutare quanto si potea il sud(ett)o Monsig(nor)e nelle difficolta. e differenze, e contrarietà in fin a questo paese, doppo che m’era partito, et in questo mentre non perdeo il tempo ma mi trattenni (?) da cinque mesi in sermonegiare a nostri in arabo, et alcune volte in italiano, al Sig(no)r Console e mercanti d’Europa, et in alcuni discorsi che hebbi col patriarca dell’Armeni,col vescovo de Greci, e col ministro de Luterani non ho mancato di diffendere il primato del Pont(efic)e Rom(an)o e la verità della chesa Caolica quanto potei. Essendo ritornato al Monte Libano ricevei la gratia che le loro Eminen(tissim)I sig(nor)I mi mandarono di esser Missionario della Sacra Congreg(azion)e del che subito ne mandai a ringratiarli di questa gratia che per lor mera bontà s’erano dignati di conferirla alla mia indignità, stetti (56v.) in Monte Libano da doi mesi e vedendo che poco era l’utile che vi potea fare all’hora là per la gran tirannia dei Turchi che pativano tutti quei paesi, determinei di andare al paese di Chesruan ove per il governo dei Drusi, e del nostro principe ABU NAUFEL (16) era gran pace, e quivi elessi d’habitare col mio fratello in una terra laq(ua) le se bene è piccola nulla di meno c’era molto da lavorare, e far del bene, et vicina ad essa è il villag(g)io d’Antura ove habitano alcuni PP. Giesuiti; in questa tera ho congregato da quindici figl(i)oli, e l’ho impiegato ne’ studii delle lettere humane, et ecclesiastiche instruendoli nella dettrina Christiana et nell’imparare la lingua siriaca nella quale s’essercitano tutte le nostre funtioni ecclesiastiche tra di quale ne sol venire anco il P(adre) Antonio d(ell)a Comp(agni)a de Giesù ad imparare la lingua araba; e nelli giorni delle Domeniche e delle feste m’occupo sempre in fare qualche predica ò sermone et essortat.e (=esortazione) al popolo, ò nella nostra terra ò qualche oltro villagio, ò monasterio conforme ritrovo più utile, né quail luoghi mi vengono fatti moltis(sim)I dubii e difficoltà procurando io quanto posso di sodisfarli, di pacificare tra li nemici et invitarli alla pace et à SS. Sacramenti, di togl(i)ere le usure, di sradicare li mali abusi, e di piantare il timore divino verbii et opere, et ove prima la nostra terra pochissime volte sentiva la messa, poco frequentava la communione, nella chiesa non si abbiciava la lampada se non pochis(sim)e volte, e la chiesa stava gia per cadere con la gra(tia) di Dio ho uniti quei del villag(g)io et ho fatto riaccommodare il sofitto (soffitto), imbiancare le mura, di abbicare (57r) di continuo la lampada, et ogni uno; e nel tempo che m’avanza m’occupo ò in seguitare un trattato che ne fò della messa molto utile per I preti. E cosi con la gratia di Dio non m’avanza un hora che non si consuma in ser(vici)o di Dio secondo l’intent(ion)e (=intenzione) delle loro Eminentis(sim)e sig(nor)e e mia. Il sig(no)r patriarca per le gran vanie de’ turchi era venuto avanti di me in chesruan ove ancora dura; si spera però che il paese nostro di Monte Libano si mutaran(n)o I suoi mali governatori e cosi ritornara alla sua Sede; Il mons(igno)r Elia che era vesc(ov)o della nostra Eden è passato all’altra vita, et in suo luog(h)o habbiamo ordinato uno della nostra famiglioa per nome Mon(signo)r Paulo Edenense (17). M’haveno I nostri scritto per ordinarmi io, ma io vedendo il peso della dignità, e che non si potea essercitare bene in questo pessimo governo tutto ciò che si ricerca, e che potea più giovare in questo grado di Prete che nella dignità di vesc(ov)o l’ho rifiutato. Ho mandato più volte a pregare le loro Eminen(tissim)e che si dignassero di mandarmi qualche parato per la messa e ferro per l’hostie e non ho havuto mai resposta non sò se le lettere siamo capitate nelle mane di Ves(civ)e Emin(entissim)e ò no’, e però le ritorno di novo a pregare come loro ser(vitor)e e missionnario indegno acciòche maggiormente creschino li oblighi di pregare (come del continuo fò) per la santità del Pont(efic)e e per la Propag(azion)e della fede accrescimento della S. Congre(gazion)e e longhezza di vita e prosperità delle loro Emin(ens)e Sig(nor)e alle q(ua)li bacciò con ogni riverenza le piedi.

Delle loro Rev(erendissi)mi et Emin(entissi)mi Sig(no)re
Indegis(si)mo Ser(vitor)e
1659 a’ 16 di Luglio in Gita (GEITA) di Chesruan”

STEFANO EDENENSE MARONITA

1660

3- Missive en italien écrite à Ehden le 8 Juin 1660 et envoyée aux cardinaux du Conclave.

3) ROME, Id. f. 72r – 73v

“Eminentis(si)mi e R(everendissi)mi Sig(no)ri

Sarebbe il dovere che il servitore ogni giorno, et in ogni momento non facesse altro che riverire, et rendere il dovuto tributo d’ossequio alli suoi osser.mi padroni, ma perche dall’altra parte sarebbe importunità, e fastidie ai Padroni il disturbarli in ogni tempo. Io ti continuo, ancorche dimori in paese lontanissima, riverisco le loro Em(inens)e pregando il supreme padrone che li conferisca quelle prosperità, e gratie delle quale sono meritevoli e degne, nelle presenti righe vengo ad ginocchiarmi, e bacciare il cor santo habito, et insieme a darli ragguaglio delle nostre fattighe nella vigna del Sig(nor)e che sua Maestà ci ha commesso per mezzo delle loro Emin(ens)e Sig(nor)e. Doppo d’haver habitato cirea un’anno nel paese di Chesruan, ove dimorava il Sig(nor)e Patriarcha per le molte vanie de’ Turchi (si come n’haveo dato rag(g)uaglio alle loro Emin(ens)e in molti alter lettere) e doppo d’haver tenuto scola in quell paese et affatigato sommam(ent)e nel coltivare dell’anime mi fù commandato dal Sig(no)r Patriarca (sic) che andassi in visita nel paese del SCIUF (=CHOUF) in quello di Saida, in quello del Bcah (BEQAA), in quello di Bsara (BECHARA), in quelli di Marg hiun = (MARGEOUYOUNE), in quello di Vadi eltaim (= WADI EL TAYM), et altri paesi adiacenti nei quail ci fù molto da lavorare, perche poco erano poco lavorati per esser da una parte molto lontani dalla Sedia patriarchale, et dall’ altra per esser questi paesi in maggior parti habitati dai Turchi, dai Drusi, e dai Greci, dei quail l’ultimi danno sommo fatidio (72v) ai mostri per le differenze che tra di noi e loro circa li articoli della fede, circa il primato della chiesa, e principalm(ent)e in quest’anno nel quale habbiamo diggiunato (sic), et insieme celebrata la pasqua avanti loro cinque settimane tanto che giorno e notte non facevano altro che disputare e dar raggioni de queste differenze restando quelli confuses(si)mi et inoltre sommam(ent)e allegri, havevano anco molte fattighe in scrutare I preti nostri circa l’essenza dei Sacramenti, in provedere alle par(r)ochie de par(r)ochiani, in pacificare I discordi, tanto che alle volte havea da salvare liti e contrasti da quindici, e trenta anni confessere persone erranti, communicare alumni che per anni non haveano molto prete, e fare l’opere di vero missionario, tanto che li giuro che per lo più durava vegliato la terza parte della notte in insignarli, et indrizzarli nella via christiana. Essendo doppo tre mesi tornato da questi paesi ritrovai che il Sig(no)r patriarcha s’era partito di Chesruan et ritornato alla sua sedia per causa che il Duca de’ Drusi havea preso il governo del nostre Monte Libano, et conferite al nostro principe Abu Naufel, e per ciò fui sforzato di ritornare al Monte Libano per rendere ubedienza e conto al Sig(no)r Patriarca (sic), il quale sommam(ent)e restò sodisfatto delle nostre fattighe, e mi commando che restassi con esso in Canubin, ma perche i nostri d’Eden non crede devano di rivedermi in Monte Libano domandarno dal Sig(no)r Patriarcha che mi (73r) mandassi in Eden per ivi tener scola de’ loro figluoli accosenti esso contra sua volontà per non disgustarli e però sono andato in Eden ove per meglio occuparmi nell’utile de’ lor figluoli sono andato ad habitare nel monasterio detto dell’ HABASCI cioè S. Giacomo de’ Hetiopi il quale per esser di nostra casata et vicino al villagio mi è porto più commodo a’ scolari che qual si voglia al-tro luogo (sic), se bene a me e di molto fastidio perche è tutto rovinato, e non ci resta altro che la chiesa, e doi celle, con la gratia di Dio e per mezzo delle loro gratie e liberalità spero di ridurlo in un buon stato, et hora sul principio ho in compagn(i)a un P(adre) Monaco il quale anco ci aiuta nella vigna del Sig(nor)e questo è quanto m’occorre di significare alle loro Eminen.e Sig.e per discernere quante fattighe pattiamo in servitio di sua Maestà, e delle loro Eminenze ancorche siamo messionarii (sic) indegni, li baccio il sacro habito con farli mille inchini e pregare il supreme rè che li dia mille gratie, e prosperità in questa e nell’altra vita, accioche in questa sempre più inalzati il suo sacro nome per mezzo de’ lor messionarii, e nell’altra per godere I frutti di tanti piante che loro piantano in questa terra”.

Di Eden 8 di Giungno 1660

Delle loro Eminenze e Reverendissime Signore

Humiliossimo et indegno servitore messionario

STEFANO EDENENSE MARONITA

4- Douaïhy a écrit cette missive en langue italienne, à Tripoli, le 28 Décembre 1660. Son destinataire est le secrétaire du Conclave.


4) ROME, Id. f. 80r – 81v

« Eminen(tissi)mo e R(everendissi)mo Sig(no)re e Professore Illustrissimo.
Doi lettere insieme mi sono arrivate dalla cortesis(si)ma V. Liberalità con le quali si è dignao di favorire un suo indegnis(sim)o ser(vitor)e et insieme d’animarlo a progredire con più zelo nel colto della vigna del Sig(nor)e non so come possa fare a correspondere al meno ad una gocciolo dell immense gratie con le quali del continuo la di lei Emin(enz) a con quella della sacro Santa Congreg(azion)e accumulano il lor indegno messionario (sic), prego del continuo la Divina Maestà che essa sia la loro mercede e guadagno in questa e nell’altra vita, e che mi conceda maggior gratia per poter maggiom(ent)e affatigarmi nel servitio della S(anta) Chiesa. Con l’occasione che il principe ABU NAUFEL Maronita era entrato l’anno passato nel governo del Monte Libano la maggior parte de’ nostri con il Sig(no)r Patriarcha ritornarono ad habitare in esso Monte, hora come che il governo si è dato a Turchi di Constantinopoli et il governatore è sommam(ent)e tiranno si sono tutti quasi i villaggi del Monte fuggiti, ma come che non poterono passare i termini del suo governo per l’aspezza dell’ invernata furono tenuti da esso, e messo in preggione da ogni villagiio(sic) uno, e non s’aspetto l’aiuto se non dal celo (= cielo) perche da una parte questi paesi sono molto opressi dalla carestia che è molto grande dall’altra dalle guerre che quest’anno sono state fatte a’ capi di questi paesi, perche è venuto in Damasco il figlio di Vizir che con il Bascà di Tripoli a (=ha) fatto la guerra ai Duchi del SCHIHAB et ha destrutto i lor palazzi, tagliato i lor alberi, et rovinato il lor paese, il simile ha fatto contro i nostri nemici HEMAIDIE se bene non hanno ammazzato niun di questi capi, il mede(sim)o volte fare a’ Duchi di MAAN, ma questi l’hanno offerto (80v) doi cento e cinquanta mila piastre per far la pace et essendo sopravenuta l’invernata ogni uno si ritirò al suo luogo et alcuni dicono che si farà la pace con questi danari, altri affermano di nò ma che venuta la primaverà ritornaranno alla Guerra, io in questi tempi non ho mancato d’aiutare i miei paesani quanto potevo, col consiglio, essempio(sic), santi Sacramenti, et altre opere pie, haveo ragunato i figlioli per instruirli nella Dottrina Christiana, e nelle lettere humane ma carestìa e tirannia, m’hanno sommomam(ent)e (=sommamente) impedito e però continuamente e preghiamo la divina Maestà che n’habbi misericordi del suo popolo; e che inalzi questo flagello da loro. Il Sig(no)r Patriarcha è ancora nella sua sedia, et ha mandato per la confirmat(ion)e sua l’Arciprete Giacomo Hesronita che pochi anni fà stava in Roma; et io consiglio e volere; le n’ho fatto instanza più volte per i paramenti della messa e sempre m’ha resposto che non c’havea più, e mi disse che quando havessi gran bisogno mi servissi d’un calice che lui l’havea mandato per il nostro villaggio d’Eden, non havendo apresso di sè altro. Fra I libri che compongo, e sono molto utili per questa christianità è principalmente un trattato che instruisce crica il santis (sim)o Sacram(ent)o della messa il quale stò riguardandolo, et accommodandolo per poi mandarlo a presentare alle loro Eminen(tissi)me Sig(nor)e. Dal Sig(no)r Pichet (PICQUET0 Console d’Aleppo n’hò havuto una lettera nella quale mi dice di domandare la missione per l’Indie, al quale ho risposto che io dependeno in tutto e per tutti dal volere della Sacra S(ant)a congregat(ion)e de Propaga(tion)e Fide, e da quello del nostro Sig(no)r Patriarcha (81r) e però non potevo disporre nulla in questo negocio, essendo che non ero messo se non per aiutare i miei compatriotti i quali n’hanno sommo bisogno, et io n’ho la lingua et l’inclinat(ion)e et al contrario non havea quella d’India, ne i lor costumi, ne posso sapere se quella constellatione mi sarebbe utile, ne il sig(no)r Patriarca havea in ciò voglia per queste et altre raggioni che le n’ho scritto ho mostrato de non andare, ma si bene di affatigar mi qui, e per ciò n’ho voluto fare sapere di ciò consabevole (consapevole) la sua Eminen(z)a mi scusera se è scritto in fretta perche il vascello gia stava partendo, et io ho voluto più presto esser scusato di ignorante che di manchevole però spero d’esser scusato apresso la sua Eminen(z)a e non occorrendomi altro per hora d’avisarli li ni fò humilis(sim)a riverenza in fin a terza bacciandoli le sacre vesti, e pregandoli ogni felicità e prosperità dal cello (= cielo).

Di Tripoli 28 di dicembre 1660.

Della Vostra Eminen(tissim)a e Reve(rendissim)a Sig(ori)a
Humilis(sim)o et indig(nissim)o Ser(vitor)e

STEFANO EDENENSE MARONITA

1661

5- Missive à Mario Albricci, du premier Mars 1661.

5) ROME, Id. F. 78r – 79v

Illus(trissi)mo e Rev(erendissi)mo Sig(nor)e

Somma allegrezza ho conceputo in certo nella promottione (sic) di V(ostra) Ill(ustrissim)a (quale con ogni ossequio riverisco, e salute) alla dignità di Segretario, la quale senza dubio stimo esser stata non tanto per l’humana elettione come par la divina inspirattione, essendo che a tanto peso, con ea dare l’informattione alla sacro Santa Congreg(azion)e per Propagare la Christiana religione per le quatro parti del mondo; quel petto et animo sarà tanto universale, e maturo, come à quello di V(ostra) Ill(ustrissi)ma quale prego la divina maestà che maggiorm(ent)e prosperi, et illumini per il beneficio della sua chiesa, e se bene molto tardi io vengo a rallegrarmi con la di lei persona di questa santis(sim) a promottione non di meno confidato nell’ampiezza del suo petto spero d’esser apresso la li lei benignità scusato essendo che io habitano nel monte lontano dalla Città, et dal porto e non ho saputo il suo Ill(ustrissim)o nome se non dalle lettere con le quali sopra ogni merito fui favorito dall’ Emin(entissimo)o Card(inale) Antonio (Barberini) e per ciò non ho potuto avanti di questo tempo mandare a riobligato a fare, la onde con questa quatro righe mi vengo a prosmessionario (sic) come infimo, et indegno ser(vitor)e e perche giudico che li sia di gran gusto il darli qualche breve rag(g)uaglio della nostra nattione (sic) Maronitana sempre obedientis(sim)a et tra tutte le orientali lei sola soggetta alla chiesa Romana dalle prime sue fasce, cioè dai che il nostro S. Patriarcha dal Sommo Pontefice Sergio Antiocheno et insieme suo con patriotto (se io ben ricordo essendo che hora non è apresso di me il libro che ne tratto di questa materia) e da esso sommo Pontefice li fù concesca la Sedia Antiochena concedendoli il Palio, l’anello, e la mitra alla Romana come sempre i nostri Patriarchi da quel tempo hanno osservato tra tutte le nationi orientali (78v) prendendoli insieme con la confirm(azzion)e e perche il d(ett)o Santo non potè mantenersi in Antiochia per li continui disturbi dei Turchi trasferì la sedia nel paese del Batrun, ove in fin ad oggi si vede un nobilissimo Monasterio chiamato il Monasterio de San Marone, di là la sedia con il lungo tempo fù trasferita in Gibli, finche è arrivata al nostro Monte Libano nel sontuoso Monasterio chiamato la Madonna di Canubino ove hanno vissuto dodici Patriarchi, i quali tutti si chiamano Pietro in honore di quest’ Apostolo il quale fù il P(rim)o che institui questa sedia, la quale hora è governato dal Rev(erendissi)mo Pietro Giorgio di Besbel il quale quando fù ordinato commise il carico della confirm(azzio)e al P. Gio(vann)i Carmelitano Scalzo e perche questo quando fù arrivato andò a meglor vita fù commesco tal carico ad uno della loro relig(io)ne e perche nemmeno questo ha espedito questo negotio deliberò il Sig(no)r Patriarcha di mandare uno della Nazione li ha scritto le lettere dell’obed(ienz)a e doppo d’esser partito ho sentito che ancora non si è imbarca o non sò per qual impedim(ent)o. Ha hora la nat(ion)e undici vescovi de’ quali quatro sono stati alunni nel Coll(egi)o di Roma. Il p(rim)o è Monsig(no)r Isaac Sciadren(sis) vescovo di Sidone che hora dimara nel paese di Chesruan. Il 2o Monsig. Michaele Hesronita vescovo di Tripoli. Il 3 o Monsig(nor) Andrea Abdelgal il quale stà in Aleppo per la conversione de’ Giacobiti. Il 4o Mons.r Sergio vescovo Damasceno che hora sta in Francia. Oltre di questi quatro ne sono tre come suffragenei i quali habitano con il Sig(no)r Patriarche in Canubino cioè Mon. r Giorgio Habacuc, Giacomo Rameni, e Giorgio Argense, i quali soprastano ai beni del sud(ett)o Monasterio, e di loro se ne serve anco il Sig.r Patriarcha per raccogliere le Decime. Oltre di questi ve ne sono quatro altri come abbati dei monasterii cioè Mosig(nor)r Paolo Edenense, abbate del Monasterio di San Sergio et Bacco, e se bene ab antiquo la nostra Eden sempre fù (79r) privilegiata d’un vescovo il quale lui solo tra tutti i nostri vescovi havea questo particolar privileggio di non esser eletto se non dall’ Edenensi, e non dependeva dal Sig(no)r Patriarcha se non nelle cose di fede, e nella morte del Patriarcha lui era il vicario, et havea in Eden sempre doi o tre prelati a similitudine di Abbati mittati non dimeno questo Patriarcha pare che li vuol annullare questo privileggio non volendo dare le dette facoltà al d(ett)o Monsig(no)r il quale fù ordinato solamente a nome del sopradetto monasterio. Il 2do è Monsignor Abramo Abbate dal Monasterio di San Antonio. Il 3o Monsig(nor) Gioseppe Abbate della Madonna di Auca. Il 4o Monsig(nor)r Giacomo che habita in Chesruan. Questi sono i prelati della notra nattione(sic). Et i signori temporali: Il p(rim)o è il prencipe (sic) Abu Naufel, console di Baruto, e Cavaliere Romano, e Governatore di Chesruan, di poi i sig(nor)i filii di Hebaisc, che per un tempo furono goernatori del Monte Libano. Il sig(no)r Abu Jasbec (YAZBEC), governatore quest’anno del nostro Monte; et apresso i Duchi dei Drusi i primi consiglieri et segretarii, e maggiori di casa sono della nostra nattione. La vita monastica per le gran vanie e tirannie è molto mancata, e i preti secolari in maggior parte ussorati, e se bene la povertà è grande, e la disciplina poca non dimeno sono molto eruditi nell’officii sacerdotali, e tra di questi ne sono di vinti (sic) che sono stati allevati in Roma da quali l’altri raccolgono le discipline, e le buone instruttioni nella fede, et amministrattioni (sic) de sacrame(ent) et in numero di questi è il lor indegno messionario, il quale iddio n’è testimonio quanto m’affatigo per la salute dell’anime hor con l’opere, hor con preghiere, hor con prediche, hor con instruttione (sic) de figluoli, hor con la restaura(zion)e delle chiese non perdonando mai tempo; ne occasione, diffendendo sempre il primato della Chiesa Romana avanti i vescovi, e patriarchi dell’altre nattioni. Il che Iddio opera per l’indigno et inutile suo ser(vitor)e in bene delle sue pecorelle. Questo è quanto mi è parso d’avisare la sua Ill(ustrissi)ma perche spero che li sia molto a caro, e se io li potessi servire in qualche negotio non manchi di commandarmi facciendomi in cio particolar gratia, e finisco con bacciarli sacrati mani, e pregarli dal Celo (Cielo) ogni prosperità in questa e nell’altra vita.

Di Sua Illustrissima e Reverendissima Signoria
Humilissimo e obligissimo servitore
STEFANO EDENENSE MARONITA
Di Tripoli 1661 al (Prim)o di Marso


6- Lettre en italien. Douaïhy l’a rédigée à Zghorta, le premier Avril 1661 et expédiée au Cardinal Mario Albricci, Secrétaire de la Propaganda Fide.

6) ROME, Id. f. 88rv.

Illus(trissi)mo e Rev(erendissi)mo Sig(nor)e
(il sig(no)r Mario ALBERICI Segretario)

Nel mese passato scrissi una alla V(ostra) Illustrissima nella quale li diedi qualche ragguaglio dello stato della nostra minima natt(ion)e et hora con l’occassione (sic) che un vascello s’invia per la Christianità non posso mancare di darli ragguaglio qualm.e poco fà che il P. f. Policarpus Carmelitano Scalzo è arrivato alla Città di Tripoli e nella festa della Sacrosanta Annuntiata vestì il Pallio il Rev.mo nostro Patriarca con sommo giubilo di tutta la natione pregando tutti per l’aumento della Chiesa Romana, e per la longhezza di vita del Sommo Pontefice Alessandro VII sperando tutti che con la confirmattione, e buona volontà di esso Pontefice la natione nostra andarebbe assai in meglio, e principalm(ent)e in quest’anno, nel quale Iddio ha flagellato questi paesi con la fame, con la guerra e con la morte, imperoche la carestia hora è più d’un anno per le cavallette che pascerono l’anno passato la sementa, e la misura del fromento è più del anno passato tre o quatro volte, et a pena si ritrova da comprare. In oltre il gran Vizir ha ordinato che si facesce la guerra contra i figluoli di MAAN, contra i figli di SCIAHAB, e contro li HEMEIDIA i quali hanno rovinato tutto questo paese, et hora s’apparechiano l’esserciti contra di loro per terra, e con si sà qual fine haveranno questi tumulti perche i poveri habitatori saranno opressi da anbidoi le parti; e per fine la peste dicesi che gia sia incominciata in Damasco, e cosi sarà sommam(ent)e grave questo castigo per i tre flagelli che sua M. Minacciò a Davide; et il nostro Monte Libano è stato di più tirannegiato perche fuor d’ogni consuetudine hanno richiesto la terza parte del tributo, avanti che venisse la seta si per mantenimento dell’ essercito (=esercito) come anco par la fabrica d’una torre in un’Isola che stà incontro a Tortosa. Io m’occupo in questa S(ant) a Quadragesima in essortare (=esortare) il popolo alla penitenza, e frequenza de’ SS. Sacramenti (88v) per liberarci da tanti flagilli, che Iddio ci l’ha mandati per i nostri peccati, e per non più infastidirla faccio fine con bacciar le sue sacrati mani con ogni humiltà e riverenza.

Di V.II.ma e Rev. Ma
Di SGARTA 1661 I di Aprile

Si dignarà di fare da parte del suo ser(vitor)e una humilis(sim)a riverenza e cordialis(si)mo saluto alla Sacra S. Congreg.e dell Emin.mi Sig.i Card. Avanti de quali baccio con ogni humiltà la terra e loro sacre vesti.

Humilis.mo et indig.mo ser.e
STEFANO EDENENSE MARONITA

1662

7- Douaïhy a envoyée cette lettre en italien, de Tripoli, à Albricci, le Secrétaire du Conclave, et ce, le 20 Avril 1662.

7) ROME, Id. f. 119rv

Ill.mo e Rev.mo Sig.e e Pron. mio Colen.mo
Devo sommamente ringratiare V. Ill.ma (quale con ogni humiltà saluto e riverisco per la benignità sua con la quale si è dignato favorire il più indegno tra i sui ser.i con uno sua charis.a scrita ai 11 di 7bre (settembre) del anno passato e pero m’obliga si di pregarli dal celo (=Cielo) una vita prospera e lunga come anco di invigilarmi molto più nell’aiuto del prossimo. N’ho scritto anco una all’ Emin.mo Card. Antonio Prefetto della S. Congreg.e ringraziandoli favore che si è dignato conferirmi con della sua benignità, che ne ho dato ragguaglio della mia poca fattiga in quest’anno nei villaggii, e Giardini adiacenti e pertinenti alla parrochia di ARDE, la quale mi fù commessa dal nostro Rev.mo Sig.r Patriarca, et in essa dressi dal mese di novembre in fin alla Domenica in Albii servendoli, et amministradoli tutti i SS. Sacramenti principalm(ent)e nelle vigiglie dell’Avento, et della Quaressima; e se bene havevo del continuo la febre non dimeno la gran necessità, et il gran bisogno di aiutare principalmente l’infermi che in quest’anno erano in grandissima quantità era sforzato di prendere in mano il bastone ò cavalcare sopra un giumento e cosi tutto il giorno girare per quei giardini, e villagii ove habitano i nostri per visitarli e conferirlà i Sacramenti necessarii per la lor salute, finalm(ent)e li ordinassimo un curato al quale diedi piene notitia (sic) di tutto ciò che è necessario per la sua dignità, et utili per il prossimo. Ho pregato in altre l’Eminen(tissim)o Sig(no)r Antonio mio Padrone a voler confirmarmi la pensione per poter continuare io nell’aiuto dell’Anime, e pero prego la Vostra Illustris(si)ma a degnarsi di concorre per l’essecuttione (sic) di questo negotio obligandomi di sempre pregare per la sua Illus(rissi)ma come anco fò di presente per il suo antecessore per l’oblighi che li devo, et in ciò sarò maggiorm(ent)e obligato (119v) anche di affatigare con preti affato; non dubito che V(ostra) Illustr(issi)ma mi fara questa cortesia la quale ridonda in utile dell’anime christiane, e se non fossi sicuro del suo affetto buono verso di un suo servitore non l’havessi scritto. Se piaccera a Dio, e mi darà la vita fra poco tempo finiro il libro ch’ho incomminciato del SS. Sacramenti della messa trattato utilis(sim)o per i preti di queste paese. Come questo faccio fine raccomandandomi con alle sue SS orationi, e bacciarando con ogni riverenza et humiltà le sue mani sacrate.

TRIPOLI 20 di Aprile 1662
Di Ill.ma e Rev.ma Sig.a Humilis.mo e devotis.mo ser.e
STEFANO EDENENSE MARONITA


8- Encore un message à l’un des cardinaux du Conclave, qui pourrait en être le président. Il porte la date de la lettre précédente, à savoir le 20 Avril 1662. Douaïhy l’a aussi rédigé, à Tripoli et en italien.

8) ROME, Id. f. 121rv

Eminentis(si)mo e Reverendis(si)mo Sig(nor)e
Resto sommamente obligato a ringratiar la somma benignità e gratia di sua Eminenza con la quale s’è dignata di favorire un suo indegno Missionario e ser(vitor0e con una caris(sim)a della sua scritta a 17 di Settembre del anno passato par la quale mi sento molto più de primai obligato ad affatigarmi nel colto della vigna del Sig(no)r e ricordandomi V. Eminenza a continuar di ragguagliarla di quello che c’occorre in cotesta provincia li significa qualm.e in quest’anno dal principio dal meso di Giugno in fin anco ad oggi ho havuto pochis(sim)a sanità, e pero non hebbe tanto potere di affatigarmi come desideravo ciò pero non ostante il Reveren(dissi)mo nostro Sig(no)r patriarcha m’ho commesco di far il curato in un villagio chiamato ARDE finche l’ordinasse uno di nuovo per ciò sul principio di novembre presi questo carico et incominisci a coltivare quelle anime li quali non sono uniti in un sol villagio ma dispersi in molti villaggii et horti, e pero la fattiga era molto più maggiore di quell che pensava dovendo tutta la giornata non far altro che girare per quei horti per ministrare i SS Sacramenti principalmente all’infermi i quali erano in grandis(sim) a copia in quest’anno per la carestia che era l’anno passato, e ringratio sommam.a S.a Maestà che m’ha dato tante forze che non è morto veruno senza esser stato p(rim)a confessato, communicato et anche havuto l’untione (= unzione) sacra et intorno a’ vivi non mancavo di andare ogni giorno alla chiesa ch’è rovinata, e quivi principalm(ent)e nella quaresima, dir l’officio, la messa, e farli qualche sermone mentre che mi ritrovano haver un poco di forze finalm(ent)e circa la festa di pasqua l’ordinassimo un curato (121v) di novo il varie cose et oratione che deve necessariam(ent)e sapere per l’utile della sua gregge, nella Domenica in Albis mi sono partito da loro con grand(issi)mo lor disgustoo desiderando di restar tutta questa state appresso di loro, ma perche non mi ritrovo ancor troppo sano desidero di mutar ancora al Monte Libano, e dare compito ragguaglanza del tutto al Rev(erendissi)mo sig(no)r Patriarca. In torno a PP. Messionarii s’affatiga qui apresso di noi il P. Cappuccino e c’era p(rim)a il P. Girolamo di S. Teresia Carmelita Scalzo il quale hora dimora in Aleppo. Prego con ogni humiltà la Sua Eminenza come anco tutti Emin(tissi)mi Sig(nor)I Cardinali della S. Congreg.e (quale con ogni reverenza, submissione riverisco, e baccio il lor sacro habito) a dignarsi di confermarmi la pensione, secondariamente maggior e mi possi impendere nell’aiuto dell’anime, e non haver altro pensiero che questo; e per darli più fastidio baggio il suo S. habito pregandoli da Dio ogni prosperità e contentezza.

Tripoli li 20 di Aprile 1662

Di V. Eminen.ma e Reveren.ma Sig.e

9- Lettre en italien au Secrétaire du Conclave. Stéphan Douaïhy l’a écrite à Tripoli, le 21 Novembre 1662.

9) ROME, Id. f. 156rv

Illus(trissi)mo sig(nor)e e Pad(rone) moi Colend(issim) o

Ancorche pochi mesi fà ho scritto alla sua Ill.ma (quale con ogni humiltà e ossequio saluto e riveresco) è dato compito riformattione de’ miei travagli e principalm(ent)e nel villagio de ARDE e di Villagii circumvicini commessi a me dal Reverendissimo nostro Sign.r Patriarcha, con tutto ciò con l’accessione che alcuni PP. religiosi si partono verso Roma non posso mancare di venire a riverirla con queste righe conforme richiedono I suoi meriti et il mio obligo pregandoli dal Celo (= Cielo) ogni felicità, e contentezza di cuore in questa vita et nell’altra, accioche con più larga liberalità possi mostrar al mondo il suo universal animo in propagare la S. religione. Io havendo tutta l’invernata passata consumato in servire li sopra detti villaggii et amministrarli li SS. Sacramenti quanto fù in me possible circa la primavera li ordinassimo un parrochiano, il quale s(econ)do il mio potere ho procurato d’insegnare, et instruire in tutto ciò che c’era di disogno, dandoli anco in scritto molti avertimenti, et orationi necessarii per il culto dell’ anime nelle state essendo il nostro Monte Libano, come anco tutto le stato di Tripoli in grandis(si)ma tirannie, et amazzati molti Duchi e Signori non ho potuto radunare I figluoli, e mantenere la scola de’ Giovani conforme havere in animo, con tutto ciò haveo doi tre figluoli che l’insegnai la lingua siriaca occupandomi per lo più in comporre sermoni, et in seguitare il libro,che un pezzo fà haveo incominciato circa li misterii della messa, e se piace a Dio fra poco tempo le mandarò alle loro Sig.rie per darlo alla stampa come già n’ho havuto doi lettere dall’Eminen.mo Sig.e Card. Antonio mio Sig.r Illustrissimo. Per hora stò radunando i figluoli per li studii perche in questi parti non ce bene maggiore che l’instruttione loro, perciò prego la sua illust.ma di procurare che la pensione sia confermata, accioche possi mantenermi nel culto dell’anime, et in servitio della S. Congreg(azion)e. Il P. Nicolò della Comp. A di Giesù superiore loro in queste parti sono già quatri anni che procura di entrare nel paese de’ NESAIRIE, e non ha potuto già mai entrare si per non haver perfettamente la favella araba, come anco (156v) per non haver la pratica del paese, m’ha portato una lettera dal Sig.r patriarcha che vadi (vada) con lui se non havessi qualche ostante, e però stò espettando che il paese sia tranquillato per andar ambidoi a vedere se ce sia qualche speranza di far bene, se bene credo che sia molto difficile. Il Monsig.r Andrea Arcevescovo de’ Giacobiti in Aleppo m’ha scritto qualm.e per lettere dal Gran Sultano è stato fatto patriarcha, et in oltra ho havuto nova qualm.e ha già ordinato il suo fratello nella primitiva sua dignità, Iddio lo prosperi acciò si propaga la S. religione nelle parti d’Oriente. Finisco con bacciar il sacro habito e le sue SS. mani pregandoli dal cielo ogni prosperità e contentezza col raccommandarmi a suoi SS. Sacrificii.

Di Tripoli 21 di Novembre 1662
Di Vostra Illustrissima Signoria
Indignissimo servitore

STEFANO EDENENSE MARONITA
MESSIONARIO DELLA S. CONGREGAZIONE IN PATRIAM

1664

10- Lettre en italien écrite, à Alep, le 3 Février 1664 et l’a adressée au Secrétaire du Conclave.

10) ROME, Id. f. 162v
ILLUSTRISSIMO E REVERENDISSIMO SIGNORE

Tre mesi fà n’ho mandato con un altra lettera a riverire il sacro habito della di le Illus.ma e Reve.ma sig.ria col darli ragguaglio come I nostri Maroniti di Aleppo doppo d’havermi per lo spatio più nobili, con lettere, sigilli di nostri habitanti in Aleppo acciò venghi con essi ad habitare in d(ett)a Città. La onde il Reverend.mo Mons.r Patriarcha vedendo il bisogno condisce alla loro dimanda e mi ha commandato sotto ubedienza che vadi con loro dichiarandomi per predicatore, e Arciprete della Nattione in Aleppo. Qui subito che sono arrivato ho aperto la scola non solamente per la nostra lingua siriaca ma anco per l’arabita (sic) et italiana apresso li sacerdoti, e ministri heretici ; sono di già congregatinella scola da vinti figluoli ; e ne’ giorni delle domeniche, e feste grandi faccio la predica nella nostra chiesa di S. Elia ; concorrendo per sentire la parola di Dio da tutte le nattioni. Qui Illustrissimo Signore c’è da far molto bene si perche i nostri qui sono in gran numero, e son liberi dalle oppressioni e vanie che si fanno giornalmente nel nostro Libano ; come anco per la mescolanza con l’altre nattioni imperoche ritrovandomi più volte fra i patriarchi habbiamo occassione di parlare de Primato d(ell)a Chiesa,e d’altri articoli che negano, tanto che essendo in questi mesi eletto un patriarca sopra la nattione de’ Giacobiti, et escluso il patriarca Andrea, et fatto varie vanie a quei che lo seguitavano la maggior parte anco di’ preti che seguitavano il Monsig(no)r Andrea, hora seguitono il novo ; et il novo patriarca ha fatto scrivere varie prove per dimostrare (162v) che in nostro Sig.r non c’è altro che una Natura, io con la gratia divina l’ho fatto la resposta con grand’allegrezza de’ nostri, e de’ Greci et di Monsig.r Andrea ; e stiamo aspettando se ordisce più di parlare di detta materia per farli un apologia in contrario, essendo che il patriarcha de’ Greci che stava in un luogo lontano da questa Città, l’hanno mandato i suoi a chiamare per opporsi a questo nostro mostro il quale per danari ha atratto a se l’animo del governatore, havendoli dato più di doi o tre mila scudi. Domandiamo, e speriamo dalla Divina Maestà che per mezzo dell’orationi di Vostra Illustrissima questo mostro, e ritornara il Monsig(no)r Andrea alla sua sedia. Mi farà gratia et honore di riverire, e salutare da parte del vostro humil Messionario, l’Eminen.mo Card.e Antonio Prefetto, e precipe della Sacra Congreg.e come anco l’altri Eminentis(si)mi miei padroni l’habito de’ quali prostrato in terra riverisco, e baccio con ogni humiltà, e riverenza, pregandoli dal Cielo ogni prosperità et felice augurio.

Di Aleppo 1664 3 febraio
Di Vostra Illus.ma e Reveren.ma Sig.ria
Humilis.mo et obligat.mo Ser.e
STEFANO EDENENSE MARONITA


11- Cette missive en langue italienne, a été écrite à Alep, le 11 Octobre 1664.

11) ROME, Id. f. 169r-170r

ILLUS(TRISSI)MO E REVEREN(DISSI)MO SIG(NO)RE


Con l’occassione (sic che un vascello se ne parte da questi lidi a Ligorno non ho potuto mancare di venire a riverire la persona di V. Ill.mo conforme richiede il moi obligo ; et insieme li dò ragguaglio qualm.e n’hò compito in anno che stò in questa Città d’Aleppo, ove per la divina gratia ho havuto grand’ occassione di far bene non solo nell’insegnar i figlioli le lettere humane, e la dottrina Christiana poiche si sono di loro ordinati dieci clerici, ma anco n’ho finito un corso di prediche, non mancando di fare tutto questo chi m’era possible non solo in publico, ma anco nelle private differenze aiutando non solo i nostri, ma anco molti di quest’altre nattioni nelle questioni di fede, talmente che mentre la nattione de’ Giacobiti si sollevò contra il Reverend.mo Monsig.r Andrea, et elesse un altro heretico ne publicarono varie prove per dimostrare che in Christo era una sola natura, io con l’aiuto (169v) divino di subito ne composi un libretto a petitione dei Catolici, ove provai che il conciliabolo di Dioscoro non era legittimo, ma si bene il 4 Concilio di Calcedonia per esser congregato secondo le constitutioni della religione Christiana cioè del Sommo Pont. Romano, che in quell tempo era il S. Leone. Di poi in varii dimostrai la differenza ch’è fra la persona, e la natura e come in Christo concordano l’unità della persona con la dualità delle nature. Il Monsig. r Andrea doppo qualche tempo n’hebbe la confirmat(ion)e del patriarcato se bene si sono spesi molte miliaia di scudi non solo in Constantinopoli al Gran Sig. r ma anco a’ Governatori di questa Città, di quella di Diarbacr (= Diarbekir) tanto che hoggi sospira, e geme soto tanti debiti senza haver soccorso da veruna parte, et in realtà m’obliga la conscienza a confessare a V(ostra) Illustrissima qualm.e alcuni messionarii per altro timorosi di Do, ma poco avezzi alle tirannie di questo paese hanno fatto grand’ecesso in voler convertire le genti per mezzo de’ danari, del che se ne ridono tutte queste nattioni essendo che il nostro Sign.e non ci ha commendato di convertire il mondo (170r) con le ricchezze e pompe, ma si bene con l’humiltà e buon essempio; e che ha preso la fede cattolica per mezzo di danari ad ogni minima turbattore si muta come si è visto chiaram(ent)e quando venne il patriarca heretico poiche la maggior parte di quelli che diceano d’esser catolici son stati dalla parte contraria; ciò l’ho voluto dire perche la conscienza me la sforza, e so bene che la Vostra Illus(trissi)ma intenderà benissimo il tutto e non ha bisogna di chi lo spieghi; prego V(ostra) Illus(rissi)ma dignarsi d’haver qualche riguardo sopra la mia pensione poiche non ha havuto se non la pensione di tre anni et hora sono dieci anni che stò in questi parti; e tutto ciò che farà V. Ill.ma verso questi poveri d’Oriente m’haverà la ricompenza in C(i)elo; e per non darli più fastidio li bascio il S(ant)o habito con ogni humil reverenza pregandoli dal C(i)elo ogni prosperità in questa e nell’altra vita.

D’Aleppo 1664 XI di 8bre
Di V. Ill.ma e Rev.ma Sig.a
Humilis.mo ser.e e Messionario

1665

12- Stéphan Douaïhy a rédigé cette lettre en italien, à Alep, le 30 Juin 1665. Son destinataire est le Secrétaire du Conclave.

12)- ROME, Id. f. 166 rv

ILLUS.MO E REVEREND.MO MONSIG. RE E PADRONE MOI COLEND. MO

Tra doi mesi, se cosi piacerà a Dio, darò termine al secondo corso delle mie prediche in questa nobilis. Ma Città di Aleppo perle quali spero di non esser privato della mercede apresso sua maestà poiche in verità si scorge in questi popoli grandis. Ma mutattione concorrendo non solam. e i nostri Maroniti ma anco de’ PP. Messionarii, de’ mercanti francesi, de’ Greci, dell Armeni, de’ Giacobiti, de’ Nestoriani, e qualche volta i sacerdoti de’ Gerci, et il sud(ett)o Monsig.r patriarca m’han domandato le copie delle prediche, e n’hanno di già letto in publica chiesa più di dodici con gran gusto del popolo. Et io per maggiorm.e atrarre queste nattioni all’unione della fede catolica, mi son impreso il carico di fare una Concordia tra le messe che si celebrano nelle quatre sedie Patriarchali nella lingua arabica intesa da tutti, e cioè la latina per la sede romana la griega per la Costantinopolitana, la siriaca per l’Antiochena, per l’Alexandrina n’hò scritto già in Egitto per haver in arabo la copia della messa Etiopa, e caso che non la potrò havere metterò l’Armena in luogo dell’Etiopa, per il che si può imaginare V. Ill. Ma quanta fattiga ci vole per concordarli, e spese per spiegarli, e scriverli, dovendomi io per lo più occupare nelle prediche, e nella scola de’ figloli. Moltle volte n’ho havuto dispute coi dotti de’ Greci circa la realtà del Purgatorio che essi negano; altre volte circa la process(ion)e dello Spirito S(ant)o. Altre volte per il primato del Pontefice Romano, e perche il nostro Patriarca Antiocheno demando sempre la confirmattione dal Sommo Pontefice lor l’hanno a sommo male, e però la magior parte delle vanie che ci fanno è per questo negotio dicendo che tutti i Patriarchi siano uguali nella Giuris(pru) denze come fratelli d’un sol Padre, e però stimano cosa inconvenientissimo che dopo d’esser stato il patriarca eletto et accettato dal popolo che si mandi a domandare il giuditio (= giudizio) e la confirmattione da un altro patriarca lontanissimo da loro, a questi tali n’hò resposto non esser inconveniente ma convenientissimo premieramente perche con questa dependenza si leva (166v) si l’occassione d’ogni heresia, che possi accadere; et della scisma che può avenire quando si facessoro doi o tre patriarchi, come anco si toglie l’occassione che niuno possi far Patriarca, ò per forza, ò per ricorso al Gran Turco con comprare la dignità per danari come fanno tutte queste nattioni. 2do l’ho mostrato l’inconvenienza che provengono dalla moltitudine dei capi essendo incapace un corpo d’haver due teste, et una sedia di capire doi ré, et il cello d’haver doi soli come dicea il ré Ciro, ma essendo una la colomba di Christo, cosi uno dovea esser il cricata la sua Chiesa et ultimamente ho rigettato tutte le lor forze col detto di Christo a Pietro “Simon, Simon, ecco satanos expetivit ut vos cribraret ut tutti cum, ego aut rogavi pro te ne deficeat fides tua, e tu aliquando converses confirma fraters tuos”, da questa testimonianza non solamente restorono convinti, ma anco ammutaliti, essa gerando questo detto parola per parola con mostrati che il diavolo cerca di cribrare non solamente le private persone ma anco i Patriarchi delle sedie maggiori, e che in tutte le sedi sono stati delli heretici fuorche nella Romana; perche? se non perche Christo ha pregato per esso, e perche Christo ha pregato per esso? se non per haverlo fatto capo, e come tale, l’ha commandato che confermi i suoi fratelli, e quali sono i suoi fratelli? se non i Patriarchi poiche dell’altri l’ha commadato che li bascoli ma a Patriarchi come fratelli deve dare la confirmattione et dunque chi vol esser legittimo fratello di Pietro, e di suoi successori deve da loro prender la confirmatione et in questi e simili travagli, e dispute, meniano la vita con l’ostinati, dovendo sempre star all’erta per esser nimisci capitali della Sedia Romana se bene non quanto l’heretici d’Occidente, con questo baccio con ogni humiltà e riverenza il sacro habito di V. Ill.ma pregandola che non si scordi del suo minimo messionario, e di quanto ne farà con la miseria dell’Orientali Iddio li renderà di certo centupli?… in Celo.

D’Aleppo 1665 30 di Giugno.
Di V. Ill Mo e Rev.mo Signore
Indegno Servitore e messionario

STEFANO EDENENSE MARONITA

(Et il ajoute: Prego degnarsi di salutare da parte mia con ogni riverenza l’Eminentissimo Card. Antonio Barberino con l’Eminentissimo Coll. O della S. Congreg.e l’habito de’ quali baccio con ogni humiltà di core).


13- Ce message en langue italienne au Secrétaire du Conclave a été envoyé d’Alep, le 23 Octobre 1665.

13) – ROME, Id. f. 182 rv + 187 r

Ill. mo Sign.re e Pon. Moi Osser.mo

Sarebbe troppo grande la mia ingratitudine se con l’occassione della partenza di questo vascello non venissi a riverire V. S. a Illu.ma et in qualche parte a correspondere alli molti favori che ella tante le volte s’è degnata di conferir ad un suo indegno ser(vitor)e con prodiga liberalità, e essendo io certo dal benigno animo di V. Sig.ia Ill.ma verso i suoi ser.i ha voluto darli ragguaglio qualm.e n’ho ricevuto una lettera Eminen.mo Sig.re e Pron. moi Colend.mo. Il sig.r Card. Rospigliosi la quale mi fù gratis(si) ma e di sommo honore in essa però mi scrive sua Em.a qualm.e la missione m’è stata concessa per il Monte Libano per sovenire a’speciali bisogni de catolici e poiche debbio ritornare per ritenere la messione. Io sù il principio che venni m’hò mandato ?… la S(anta) Congreg.e come anco V. S. a Ill.ma dandogli ragguaglio qualm.e non di mia spontanea volontà ma si bene sfortatam(ent) e sono venuto a questa Città di Aleppo. Imperoche mentre io stavo travaglando colà di tutto moi potere mi vennero doi persone de più nobili de’ nostri Maroniti habitanti in Aleppo per condurmi seco a questa Città. Io glin’ho dato molte raggioni per le quali non potea con Ioro, e tralasciare li miei negotii, et occupationi ciò non ostante, sono andati dal nostro parente Monsig.r Paulo vescovo d’Eden, anco lui m’essortasse a condescender a lor volontà et ancorche lui a principio non volea, sene andò con loro dal Rev.mo Monsig.r Patriarca par causa di detto negotio, condiscese il Monsig.r vescovo et il Monsig.r patriarca, mi mandò a chiamare, e mi propose la buona richiesta de’ quei doi a nome della nattione Aleppense; Io gl n’ho fatto resistenza certo più di doi mesi, tanto che quelli ne rescrissero in Aleppo che non volea venire, e congregata la nostra nattione n’hanno mandato a ridomandarmi dal Monsig.r Patriarca più tranto che in una sol lettera c’erano i sigilli, con la cottoscritt.e di trenta persone in circa de’ più principali d(ell) a Nattione e scrissero a’ con alcuni vescovi ponderando le lor raggioni mi commesse sotto titolo d’ubedienza che n’andassi con loro, e di ciò n’ho apresso di me la medesima lettera che n’ha mandato ai nostri d’Aleppo al qual obligo nonmi fù lecito far altra resistenza per esser Patriarca e capo di tutta la nattione ma tralasciati tutti i miei negotii, e parenti, sono venuti con loro non gia per riposarmi in questa Città, ma si bene per multiplicare la fattiga. Ne questo è contra la messione come giudico penso perche quando il Sign.r Messario mi n’ha parlato messione io l’ho detto, qualm.e n’havea fatto giuram.o in Coll.o di star tre anni in patria sotto l’obedienza di Monsig.r Patriarca lui mi respose che la d(ett) a missione non era contra l’intentione dell’instituto del Coll.o ma si bene conforme a quello, dovendo affattigarmi in aiuto della mia nattione dove, e conforme giudicarà il nostro monsig.r Patriarca. Il quale dispone secondo che giudica più utile delli detti alumni non solo in Monte Libano ma in Chesruan, in Aleppo, in Cipro, et altri luoghi dove habita la nostra nattione Maronitana (sic), e cosi nell’istessa decreto è scritta la messione ad patriam, e però stimo che il venire in queste parti col commend.o di Monsig.r Patriarca non solo non è contra ma si ben conforme alla messione, essendo medesime la regione ò provincia, la nattione et la giurisdittione con tutto ciò, essendo a me gratis.o ogni minimo cenno dell’Eminen.mi et a me più cara la patria ch’altro luogo subito ch’hebbi d.a lettera n’ho scritto ove una Monsig.r Patriarca e l’altra a Monsig.r Gabrielle, vescovo di questa Città facendoli istanza e pregandoli se cosi giudicavano di darmi facoltà di ritornare a Monte Libano, n’hò havuta passava molto male dale guerre, e da banditi, e rebelli all’gran Sig.re tanto che li habitanti in gran parte son fuggito (sic) et il Monsig.r Patriarca già era andato in Chesruan, e lui stesso stava per S. minuirsi da lui, e però ch’hoggi non parli di questo negottio perche l’andar cola non è altro che gettarsi in molti travagli (187r) e pericoli, dall Rev.mo Monsig.r Patriarca non ho havuto ancor resposta. Talm.e che la V.S. Illust.ma vede col suo ampio giuditio che questo non depende da me, ma si bene da’ superiori, i quali l’haverebbero molto a male se non volessi seguitare i loro command.e. La onde spero dalla prudenza della sua persona che darà all’Emin.Card. miei padroni, quella informattione che si può sperare dalla di lei bontà, potendoli fare la sicurezza, che in quant’a me son prontis(si) mo ad essequir ogni minimo lor cenno, et che ovunque sarò non mancarò di servire la minima nattione mia di tutto cuore, e potere conforme m’è stata commesso dale lor Emin.a. Prego la Divina Maestà che dia alla di lei persona quelle contentezza d’animo, e quei favori che saranno conformi a suoi meriti et all’utilità commune della chiesa, e se ben le mie forze sono molto scarse mi l’offerisco perpetuo serv.e col bacciar il S. habito con ogni ossequio.

Di Aleppo 1665 a’ 23 di 8bre
Di V.S. Ill.ma Humilis.mo ser.e

STEFANO EDENENSE MARONITA


14- Douaïhy a écrit cette missive en italien, à Alep, le 23 Octobre 1665, à l’adresse du Cardinal Berberini, le Président du Conclave

14) – ROME, Id. f. 184r.

Ill. mo et Emin.mo Sig.re e Pon moi Osser.mo

Ho ricevuto con somma riverenza la lettera, con la quale V. S. Emin.ma s’è degnata di favorire un suo indegno ser(vito)re come anco l’acuso( ?) che mi dà da parte della S. Congregazione l’hò ricevuto con sommo desiderio, e volontà di metterlo in effetto, mà sà la V. Emin.a che l’esercitio della mia massione è nelle mani del Rev.mo Monsig.r Patriarca, il quale contra la mia inclinatione m’hà mandato in queste parti, e subito che m’è arrivato il novo ordine della sua persona l’hò dichiarato al Rev.mo Patriarca, e non hò ancor havuto da lui la resposta essendo che per le molte persecutione e tirannie che n’ha patito, e patisce lo stato del Monte Libano, è partito in un altra parte, sono apparechiatis(si)mo di far l’obedienza al p(rim)o segno del mio immediate superiore. Tratando di tutto mio cuore la ringratio et essendo absolutam(ent)e della Vostra Eminenza li prego dal Celo (= Cielo) ogni felicità e contentezza.

D’Aleppo 1665 a’ 23 di 8bre
Di V.Em.a
Humilis.o ser.e

STEFANO EDENENSE MARONITA


15- Lettre destinée aux Cardinaux du Conclave et écrite à Alep, le 23 Octobre, 1665.

15)- ROME, Id. f. 183rv

Ill.mi et Eminem.mi Sig.ri e P(ad)roni miei Colend(issi)mi

Non so con quali parole debbia venire a ringrattiare V. Sig. Rie Eminen.me del tanto horoe che con la loro gratis(si)ma hanno fatto a un lor indegno messionario, e ser(vitor)e prego la Divina bontà che si come con tanta benignità piovono le gratie a’ lor ser(vitor)i indegni, cosi e con maggior abbondanza ne ricevino dal Celo (cielo) quei giubili e contentezza che meritano le loro virtù, e desidera il moi affetto confesso in vero che quanto più scorgo che le loro Emin.e gradiscono le mie poche, et inutile fattighe tanto più m’obligano all’applicat.e con maggior studio attestandoli che non perdono già mai affatiga, e vorrei haver più tempo e maggiori forze per haver maggior occassione d’affatigarmi, essendo in queste parti per la mancanza de’ soggetti necessario alla persona di fare tutti l’officii. Prim(ariament)e quello di sacerdote con alzar di notte al canto del officio notturno, et oltre la messa et oltre la messa d’assistere ogni giorno in chiesa al canto del matutino, e delle vespero. Di poi come maestro assistere alla scola de figlioli i quali sicome imparano diverse lingue cosi è necessario ad assistere ad ogni ano a qualche scrive, ò studia dovendo fare l’officio di tre, o quarto insieme. In oltre come parochiano sentire le confessioni, visitare l’infermi, concordare tra discordanti, e scioglere le maggiori difficoltà che occorrono in questa nostra nattione che avanza il numero di tre mila anime. Finalm(ent)e come predicatore apparechiare le prediche per tutte le feste dell’anno, e maggior parte delle Domeniche, talm.e che ancorche uno volesse, non ritrovarebbe un poco di tempo per riposarsi; piaccia a Dio che tutte siano accette avanti sua Maestà. Mi scrivono le loro Sig.e Emm.e che la missione m’è stata concessa per sovvenire a’ spirituali bisogni de’ catolici di Monte Libano e non per star in Aleppo. in quanto alla mia venuta a questa (183v) Città non è stata di mia libera volontà, ma si bene per un commando espresso del nostro R.mo Monsig.r Patriarca al quale ne feci la resistenza più di doi mesi doppo mi commando sotto il nome d’ubedienza che venissi da’ nostri Maroniti habitanti in Aleppo per le molte domande che m’hanno fatto per lettere e co’ messi i detti Aleppensi, la onde non potendo far più resistenza al Monsig.r Patriarca et a’ vescovi ch’erano ancora congregati tralasciai con gran disgusto tutto le mie occupai e negotii, venni coi messi et alla p(rim)a osserv.e mandai ad avisare le loro sig.rie Emm.me come anco il sig.r segretario e quando m’è arrivata la grats.a loro lettera di subito ne ho scritto a Monsig.r Patriarca se bene ancor non n’hò havuto la resposta perche per le molte persequitt(ion)I e travagli che si patiscono in quelle parti son fuggiti l’habitanti, et il Monsig.r Patr.a è andato ad habitare in Chesruan. Piaccia a Dio che s’accommodi lo stato di Monte Libano, accio ritorni il Mons. Patriarca, et all’hor anco li rescrivero, perche a me è tutto uno, e le fattighe sono le medes(i)me in queste, et in quello parti, e sono in quant’a me apparechiatis(sim)o ad esseguir ogni minimo cenno delle loro sig.r Emm.me si per le molte gratie ch’han conferito ad un lor indegno Messionario, come anco perche son certo che lor volontà è di Dio il quale si compiace dell’ubedienza più delle vittime. E per non tediare più l’orecchie delle loro persone li faccio humilis.ma reverenza con bacciarli il S(ant)o habito.

D’Aleppo 1665 a 23 di 8bre
Delle loro ill.me et Emm.me Sig.re
Humilis.mo et indegnis.mo ser.e

STEFANO EDENENSE MARONITA

Notes:
(1) Se référer au Père Boulos Sfeir, “Influence des deux pôles du Collège Maronite : Douaihy et Assem’ani, sur la direction et la politique de l’Eglise Maronite aux XVIIème et XVIIIème siècles », dans le revue « Etudes » 16-17 (1985), p. 218-219.
(2) Il paraît que cette conviction prévalait au Liban. Voir :
P. CHAMPON. In Kath. Missionen, 1877, pp. 115-118.
(3) C’est l’évêque, puis le 1er patriarche syriaque catholique, André AKHIJAN ABDELGAL élève du Collège Maronite de Rome.
(4) C’est le Consul de France à Alep, François Picquet.
(5) Il s’agit d’Abraham al-Haqilani (ECCHELLENSIS).
(6) C’est le patriarche SAFRAWI, mort en 1656.
(7) Il s’agit de Dionisio MASSARI, 2d secrétaire de la SCPF.
(8) Il s’agit d’Ishaq al-SEDRAWI, + 1665.
(9) Mikhaël Ibn SAADE, + 1669.
(10) C’est Sarkis al-GAMRI, + 1668.
(11) C’est Elias B. Yuhanna, + 1669.
(12) Sacré évêque en 1653 avec Yaqub al-RAMI. Il était supérieur du couvent de Hawqa.
(13) C’est le fils de l’évêque Ibrahim, mort en 1637. Il s’appelle Yuhanna IBRAHIM, +1691. Il prit en charge le couvent de Quzhaya.
(14) L’évêque Giacomo Anturino n’est pas cite dans les livres d’histoire maronite. Giorgio HABACUC n’est autre que Girgis BECHALANY, sacré en 1648. Giorgi de HSARAT est également inconnu. Serait-il Yusuf de HSARAT? Tandis que Giacomo de RAM, il fut sacré évêque, ave Yusuf al-HSARAT en 1653.
(15) Voir supra, la letter précédente, note 1.
(16) Il s’agit de Abu Naufel al-KHAZEN.
(17) Son nom ne figure pas dans la liste des évêques du XVIIos. Il n’est pas cité non plus dans Tarikh al-Azmina.

1666

16- Douaïhy a expédiée cette missive en italien, au Secrétaire du Conclave. Elle date du 11 Novembre 1666.

16) – ROME, Id. f. 180rv

Eminen.mo e Rev.mo sig.re e P(adron)e mio Colend.mo

Con le presenti righe vengo a riverire V.E. et a ringratiarla insieme di nuovo dell’honore singulare col quale di sua bontà s’è dignato di favorire, et honorare il suo divotis.mo ser.e et obediente missionario, e se bene di ciٍ le n’hٍ mandato alter volte a ringratiare nulla di meno per la lontananza de’ paesi e per i miei molti oblighi sarebbe il devere di scriverli di ciٍ ogni mese, come ogni giorno faccio avanti la maestà Divina pregandola di concedere a V. E. una longa e prospera vita, come anco di promovere i di lei meriti a maggior grado per l’utile, e bon commune di tutta la S. Madre Chiesa. In quanto a me sono per la gratia di Dio entrato nel quarto corso delle prediche in questa noblilis.a Città andando sempre più avanzando nelle fattighe, et utlilità de’ nostri, come anco de’ Greci et altri nattioni, I quali ogni festa, e Domenica concorrono con grand’affetto ad ascoltare la parola di Dio, e spero che la fattiga mia sia di grand’utliltà p.a (=prima) a’ nostri Maroniti i quali vanno sempre più meglorandosi, et augmentando nella virtù Christiane e secondariamente a gran parte di questi heretici, e scismatici de’ quali molti vengono spresso a confessarsi, e communicarsi da noi, e se non fosse per la paura de’ lor superiori, come anco per la vania de’ Turchi farebbero tutti I lor negotii in nostra Chiesa, tanto che hora loro maggiori differenze, e difficoltà non ricorrono se non da me, et iio non solo in privato, ma anco in publico tocco le loro heresie, e li confondo dà loro medessimi libri, et autori antichi, talm.e (180v) che in questo tempo moltissimi di loro confessano nel Primato del Sommo Pontefice romano, nella Processione dello Spirito S(ant)o, nel Purgatorio et altri articoli ch’eran negate da logo. In quanto a P.P. religiosi essendoli stata prohibita la predicattione in publio per varie raggioni, ho fatto tutto il mio potere col Ill.mo Monsig.r Gabrielle Vescovo di questa Città acciٍ ritorniro a predicare onde il d(ett)o Vescovo ha ottenuto dal Popolo, e dal Rev.mo Monsig.r Patriarca acciٍ predichino quatre volte l’anno, et di ciٍ il Rev.mo Patriarca l’ha scritto già doi volte et essi l’han ricosato ancorche l’havessi offerto io le feste più celebre, et l’ho detto che s’intromettessero a poco a poco essi non hanno voluto. Del resto sciamo tutti un istessa cosa andando io spessiscime volte da loro, e loro vengono spesso da me si in casa come alle prediche in Chiesa, conferendo insieme i nostri negotii come sarà benis.mo informata V. Em.a per mezzo delle loro lettere, et in qualche li posco(sic) aiutare intorno alla lingua araba, et alter cose non manco mai essendo messionarii di un medesimo luogo, e per non dar più fastidio all’orecchie della persona di sua Em.a la riverisco con ogni humiltà bacciandole il sacro habito, e pregandole dal Celo ogni contentezza, e felicità.

D’Aleppo 1666 11 novembre
Di V. Em.a
Humilis.o e Devotis.mo Ser.e

D. STEFANO EDENENSE MARONITA
MESSIONARIO IN PATRIA

1666

17- Le 9 Août 1666, Douaïhy a signé, avec les prêtres maronites à Alep, une lettre conjointe, en guise d’attestation de la foi de l’Eglise Maronite. Cette lettre est adressée à l’honorable Cardinal de Buillion, à Paris.

• Paris, syr. 334f. 18r.
Voici la liste des prêtres et des qass co-signataires :

1- Le prêtre Youssef.
2- Le prêtre Youssef Bcherrani..
3- Le prêtre Gabriel Ejbe’ani.
4- Le qass Gabriel Al Hednani.
5- Le prêtre Youhanna Al Haçrouni.
6- Le qass Farjallah Al Abdini.
7- Le prêtre Chhadé Al Bcherrani.
8- Le prêtre Stephan Al Hednani (Douaïhy) « Prêtre et prédicateur de la Communauté et envoyé du Saint Synode de la Propagation de la foi ». Avec le sceau.

« Nous, prêtres et qass sus- mentionnés, serviteurs de la Communauté Catholique Maronite et habitant la ville protégée d’Alep, croyons fermement que lors de la Sainte Masse, que nos Saints Pères ont appelée la perfection des perfections, s’accomplit la consécration du Corps du Seigneur et de Son Sang pur qui a été versé pour le salut de nous tous. Aussi, le pain devient-il Corps du Seigneur et le vin Son Sang vivifiant… ». La Lettre est en karshouni.

1667

18- A l’occasion de l’accession de Girolamo Casanat, au poste de Secrétaire du Saint Synode, Douaïhy lui a adressé d’Alep, un message en italien, le 25 Novembre 1667.

18) ROME, Id. f. 208rv

Ill.mo Sig.re e P(adron)e mio Colend(issi)mo

Vengo a riverire la persona di V. Sig.ria Ill.ma et insieme a congratularmi con lei della nova promotione alla dignità Ill.ma di Segretario; imperoche se i Padri del Concilio Niceno hanno affermato delli Arcidiaconi della Chiesa devere esser occhi, e mani, et ali del vescovo, perche li devono dare l’informatt(ion)e della sua gregge, con quanta maggior raggione ho da credere io esser quella persona ch’ha da dar l’informatt.e non ad un Prelato, ne per il governo di una chiesa, ma si bene a quella sacra santa Congregatt.e d’Emin.mo Cardinali, che soprastano alla dirett(ion)e e propagatt(ion)e di tutta la Republica Christiana. La onde havendo io intesa la promott.e della sua persona a questo gran carico m’offerisco al suo commandamento como inutil messionario, et devotis.o ser.e col pregar la Divina Maestà, che si come l’ha’ dotato d’un animo umile et hornato di rare virtù, la vogli, come meritan le singolari sue doti, et io ne desidero inalzar a maggior dignità, accioche de’ splendori delle di lei virtù fusse partecipe non solo l’Occidente ma anco le lacremevoli parti del nostro Oriente, il quale per le continue tirannie, et persequtt.i dell’infedeli, et heretici non merita d’esser chiamato Oriente, ,ma caos de confessione; essendo che di tutto l’Oriente, non vi sia remosta natt.e de’ Maroniti, contra (208v) la quale se armato tutto l’inferno, e non potendola alienare dall ‘ubedienza del Pont.e Rom. (essendo con particular privileggio, e permessione divina conservata) l’ha dispersa per tutto l’Oriente, e di essa qui in Aleppo sono circa tre mila anime, de’ quali son io il rettore et predicatore. Non di meno speriamo dalla Divina bontà che riguardando non all’ apere de’ nostri Orientali, ma alla clemenza d’un nuovo Clemente et alla fatiga, et consiglo d’un altro Girolamo s’habbi da unissi fra poco tempo la Chiesa Orientale, con quella d’Occidente, talm.e ch’a’ nostri tempi sia compita la profettia di Exechiele “non erunt ultra duo gentes nec dividentur amplius in duo regna” ma si bene, “fiet unum ovile et unus pastor”, come n’ha detto il sig.r di ambidoi le parti. Mi rallegro di nuovo con la di lei persona, e la prego di non scordarsi d’un suo inutil messionario nelle parti d’Oriente mi raccommando alli suoi SS. Sacrificii, bacciandoli con ogni riverenza il sacro habito.

D’Aleppo, a’ 25 de 9bre 1667 Di V.S Illm.a
Humilis.mo e Devot.mo Servitore
STEFANO EDENENSE MARONITA

A- L’Evêque


1668

19- Message en italien, écrit le 24 Juillet 1668, à Ehden et expédié aux cardinaux du Conclave.
- Rome, Id., f. 244 r

19)- ROME, Id. f. 224r

Em.mi e Rev.mi Sig.ri e miei Pron.i Colend.mi

Havendo io per il tempo passato diverse volte tentato di andare in pellegrinaggio a’ luoghi SS. Ove fù operata la nostra redent(ion)e non ottenuto per il besogno che se ne trovava havere il popolo; finalm(ent)e quest’anno finito il corso quadragesimale col consenso de’ nostri Aleppensi a’ 21 di Maggio ne presi il camino a Monte Libano, ove resa l’ubidienzza al Rev.mo Monsig.r Patr.a et ottenuto la sua licentia e beneditt.e n’andai in Gierusalemme in Compagnia della cara Madre che di ciٍ n’havea sommo desiderio, et havendo visitato quei SS. Luoghi con soma contentezza ne ritornai a Monte Libano, ove da’ nostri superiori tanto temporali quanto spirituali fui costretto ad accettare la dignità d’Arcives(cov)o sopra l’Isola di Cipro contro ogni mio merito, et volontà; La onde essendomi acresciuto il peso procurorٍ che s’acreschi anco il fervore in servitio della Santa Chiesa, et in servitio e salute dell’anime, confidandomi nella soma begninità dell’Em.ze loro che si compiaceranno di continuare, et acrescere la lor benevolenza verso di me, acciٍ io possi senza sollicitudine del temporale con libertà di spirito attendere alla salute dell’anime, con pregare sempre la Divina Maestà per la felicità dell’ Em.ze loro come per l’amplificatt(ion)e della S(ant)a religione, mi raccommando alla lor magnificentia con bacciarli con ogni riverenza le SS. mani.

Di Eden 1668 a 24 di Luglio
Di V. Em.e e Rev.me
Humilis.o e Devotis.o

STEFANO EDENENSE MARONITA
ARCIVESCOVO DI CIPRO

B- Le Patriarche


1670

20- Lettre du Patriarche Stephan Douaïhy au Cheikh Abi Qanso Khazen. Le prêtre (Evêque) Boutros Chebli l’a transcrite, le 26 Décembre 1905, de l’original conservé chez le cheikh Rachid Saleh Khazen.

- Archives du Patriarcat Maronite – Bkerké – tiroir de Douaïhy numéro 2. Feuille 3.


Lettre no 20


Lettre no 21


21- Douaïhy élu patriarche, a envoyé cette lettre au Cardinal Berberini vers la fin de Mars 1671, demandant le pallium de confirmation et l’informant que son délégué était Youssef Al Haçrouni. Le Patriarche a rédigé la missive en italien, au Monastère Mar Challita – Moqbes.
- Rome, ASPF, Scrit, non rif. Vol. I, f. 136rv ;

21) – ROME, SRC MARONITI, Vol. I, f. 134r

STEPHANO PIETRO PATRIARCA ANTIOCHENO HUMILE

La Pace di N(ost)ro e Salvatore Giesù Christo, che sopra venne a gl’Apostoli Santi e viempù (=viepiù) li loro Cuori d’allegrezza, e splendore, sia in un modo particolare con il n(ost)ro fratello, e carissimo nostro, Protettore della nostra natione il Sig.r Cardinal Barberino, che ottiene l’Eminentissimo, et altissimo stato. Dio sublime lo conserviu longo tempo. Primieramente habbiamo grandissimo desiderio, che non si puٍ esprimere nelle lettere di vedere l’Eminenza Vostra pietosissima quale Iddio liberi da tutti I disastri di questo Mondo. Di poi nel fine dell’anno passato mandassimo à certificare la fraternità vostra Eminentissima, come il nostro Predecessore e devotissimo nostro il patriarca Girogio Pietro sforzato dalla gran tirannie, et angustia s’era invitato vers’il paese di Kesruan, in cui si riposٍ nel Sig.re e quell anno fù pericolosissimo per la peste e persecutioni, che sopravennero à questi paesi, per il che si congregono di nostri frateli Metropolitani venerabilissimi, e gli Abbati de i Monasterii, et i Capi della Natione, e gli sopraintendenti, e ci sforzano à voler succedergli nella sede di Pietro Apostolo in ANTIOCHIA. La onde per le soprad.tte turbolenze non potessimo mandar il nostro Ambasciatore per render ubidienza conforme l’antica consuetudine della nostra natione. Hora che incominciano le navi a viaggiare da queste parti verso l’Occidente, habbiamo mandato nostro Ambasciador’ il nostro figliuolo Gioseppe Esronita e mandassimo con lui lettere alla santità di nostro Sig.re Papa per render ubidienza ed impetrar il pallio patriarcale. Che perٍ supplichiamo la Vostra Charità clementissima che vogli protegerlo et aiutarlo in ciٍ, come protettore di questa sede santa, e di tutta la nostra natione Maronitica. E noi supplichiam’ Iddio glorioso, e sublime che vi conceda longa vita, e fine santo per tutto quello, che fa di fatica per noi. Secondariamente, in quanto al nostro Ambasciadore supplichiamo la vostra liberalità che vi compiaccere d’abboccarsi colla Santità del Papa, e con la Sacra Congregatione de Propaganda Fide, che voglian’ accelerare il suo ritorno. Mentre dimorava apresso de Voi, gli diano la provisione conforme l’antica liberalità loro, et il viatico nel di lui ritorno. E se lo trattavano come gl’ambasciadori, che furono l’anno passato apresso di voi. Sia certa L’Em.za nostra, che nissuno per l’avvenire accettara questo viaggio. Perche non è ignota à noi la lontanaza dei Paesi, et il pericolo del Mare, e dei Corsai. La onde nessuno se contentarà di domandar elemosina in Roma, e per il viaggio, e per vivere. E Dio sia testimonio, che tutte queste nationi christiane, come Maomettane non ci odiano, ne ci peguitano, se non perche noi l’abbandoniano, rendiam’ ubidienza liberalità, e charità Em.ma, che il Rev. Ambasciadore non tornarà se non contento. Terzo habbiamo mandato con l’Ambasciadore due Alunni per il Collegio di Ravenna. Supplichiamo la Fraternità vostra di voler aggregarl’ al nostro Collegio di Roma conforme il decreto di Clemente IX di felice memoria la signoria vostra Em.ma sa molto bene che… e i figliuoli piglian’ orazione l’uno dall’ altro e fanno à gara nello studio, e nelle lingue di questo paese. E dovunque siano, sempre saranno sotto la vostra protetione, e lege. E ciٍ, che… notificare alla fraternità vostra Em. Ma e noi siano sempr’ apparechiati alla vostra servitù.

Data nel fine dal nese di Marzo dell’anno 1671 di Christo nel Monasterio di St. Artemio detto Marsciallita.

L’original arabe (karshouni) a été publié par Père Boulos Mass’ad, le cheikh Nassib Whaibé Khazen, dans, Les Origines Historiques, Tome III, p. 29-30.


22- Dans cette lettre envoyée au Pape Clément X le 24 Août 1671, Douaïhy informe le Souverain Pontife de la mort du Patriarche Gergés Bseb’eli et de sa propre élection à la tête de l’Eglise Maronite, ainsi que de l’arrivée du prêtre Youssef Al Haçrouni pour jurer obéissance en son nom.

Boutros Chebli a publié cette missive dans la référence citée, p. 56 -60.

Au plus saint parmi les parfaits et le plus recherché parmi les vertueux, le père des pères et le chef des chefs, notre maître et diadème de nos têtes, le Souverain Pontife et le plus grand administrateur de l’Eglise, le successeur de Pierre et le vicaire du Christ, St Clément X assis sur la Chaire Romaine. Nous, Stephan Pierre d’Ehden, élu Patriarche d’Antioche, la cité de Dieu, et de ses suites, présentons des milliers de baisements fidèles et de salutations non frelatées.

Qui voudrait étancher sa soif, qu’il se dirige vers la source jaillissante, et qui désirerait mettre son navire au repos, qu’il jette l’ancre dans la cité de paix. Dieu soit loué a dès le début choisi le Siège Romain parmi les autres dans les divers horizons pour qu’il ait la source de la sagesse du salut pour toute personne embrasée [par Dieu], vu qu’Il a Lui – même demandé que la foi de Pierre ne soit pas ébranlée et qu’Il a érigé les piliers de Son Eglise sur la Pierre inébranlable afin qu’elle soit le refuge pour tout égaré. De là, il faut que tout assoiffé accourre vers cette source de sagesse à Rome et que tout voyageur se hâte vers ce havre de paix, pour qu’il retrouve la vie et le salut. Selon Job le Juste : L’or et l’argent ont des minerais et des fours dont ils sont extraits, et les pierres précieuses ont des roches qui les contiennent, mais la sagesse ; où est-elle, et où réside la connaissance ? Comme s’il disait que la sagesse naturelle avait ses propriétaires et les affaires humaines leurs maîtres, mais où se trouvaient la sagesse de Dieu et la connaissance de Son Eglise qui est l’assise de la vérité. Arius a prétendu qu’il détenait la sagesse de Dieu, de même Nestorius et Dioscore, Pyrus et les autres groupes d’hérétiques athées ont prétexté avoir la vérité dans leurs églises, mais le Prophète les a tous démentis : les abysses n’ont-ils pas déclaré qu’ils ne la renfermait pas, et la mer n’a-t-elle pas dit qu’elle ne l’avait point ? Cependant, Dieu a connu sa voie et Lui seul sait son lieu et Il ne permet qu’aucune créature ne retrouve la connaissance de la vérité sinon celle que Lui a informée. C’est pourquoi, quand le Seigneur demanda à Ses disciples : « Au dire des hommes, qui est Le Fils de l’Homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jérémie, pour d’autres, Elie ou l’un des prophètes », personne ne sut la bonne réponse à l’exception de Simon Pierre qui avait accepté la révélation venue d’En Haut et qui déclara : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Par conséquent, après que Jésus l’eût béni, Il lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et la Puissance de la Mort n’aura pas de force contre elle. L’ennemi de l’humanité s’est enragé et a ouvert les portes de l’enfer pour libérer les rois des infidèles, les sectes des Juifs, les armées des incroyants et les troupes des hérétiques qui l’ont frappée, cependant, elle est fondée sur des bases inébranlables et ils n’ont pas pu la dominer. Toutefois, les Ariens ont péri, les Dioscoriens ont été anéantis et tous les groupes adverses ont disparu. Mais l’Eglise de Pierre n’a pas vacillé. La fausseté a débordé et envahi par ses vagues tous ceux qui n’étaient pas sur le même bateau que Pierre, lequel, seul, a atteint le port du salut. Pour cette raison, la communauté Maronite n’a cessé, dès l’aube de l’église, d’obéir au siège pur de Votre Sainteté, et dès qu’elle avait reçu la foi des saints apôtres, elle a toujours été parmi les incroyants et les hérétiques, soumise et obéissante à vos lois. En outre, les Maronites, telles les brebis de l’Evangile, ouvrent bien les oreilles de leurs cœurs pour écouter la voix du Bon Pasteur et adhérer à lui. Pour cela, puissent l’attention et la patience de Votre Sainteté vous porter, étant le chef des pasteurs, à la face de votre affection vers notre Eglise Maronite, ainsi votre voix bienfaisante l’appellerait par son nom, elle que les loups ont dispersée et qui se trouve éparpillée entre les haies des hérétiques, car elle n’a jamais arrêté de suivre vos pas.

Quant à nous, élève de Votre Sainteté et de votre Siège, nous vous informons, Bienheureux Père, que notre prédécesseur, le Patriarche Antiochien Gergés Boutros, est décédé, alors nos frères, les honorables évêques, se sont réunis avec vos fils cénobiarques (abbés) et les notables de votre peuple maronite et nous ont obligé, bien qu’indigne, à lui succéder au Saint Siège d’Antioche comme il vous paraîtra clair dans la lettre que vous recevrez et que les évêques ont écrite et scellée de leurs propres sceaux.

Nous voilà, Saint Père, entre vos mains dignes, nous prêtons attention à vos paroles et attendons vos instructions. De plus, comme le Seigneur des pasteurs vous avait ordonné dans la personne du bienheureux Pierre disant : « Toi, affermis tes frères », que votre bon regard nous enveloppe et que vous nous honoriez par l’envoi de votre bénédictions accompagnées du pallium de confirmation comme il a toujours été coutume parmi vos prédécesseurs et les nôtres qui nous ont devancé dans la vie éternelle. Nous avons voulu venir en personne pour être honoré de votre vue, pour baiser vos mains pures et pour être béni par la bouche de Votre Sainteté, mais la force des oppresseurs nous a cerné, ils ont dispersé nos ouailles et nous ont chassé de notre demeure. En raison de quoi nous avons envoyé votre fils, le qass Youssef Al Haçrouni afin qu’il vous jure obéissance en notre nom. Nous souhaitons que Votre Sainteté pleine de compassion, l’entoure de son affection, qu’elle ne le laisse point dans le besoin de recourir à quiconque, et qu’elle nous le renvoie bientôt parce que nous sommes dans l’attente, et tout le bien que vous auriez fait à notre délégué, au Siège d’Antioche ou à votre communauté Maronite, Dieu soit loué, vous le rendra. Enfin, nous ne cessons de prier le Créateur pour qu’Il garde Votre Sainteté, qu’Il soutienne votre Etat et qu’Il préserve l’Eglise Romaine et ses filles, les Eglises dans les quatre coins du monde, dans la sécurité et la paix, sous les ailes de Sa miséricorde.
Pour conclure et après maintes métanies, nous baisons vos saintes mains.

Rédigée au monastère Mar Challita Moqbes dans la contrée du Kesrwan le 24 Août de l’an 1671 du Seigneur.


Lettre no 23


23) Lettre au Supérieur Général des Pères Jésuites, le Père Giovanni Pablo Oliva. Douaïhy l’a écrite, le 28 Août 1671, au Monastère Mar Challita Moqbes, en langue italienne. Le Père Jésuite Antoine Rabbat l’a publiée en 1905 dans :Documents inédits, I, pp. 180-181.

23) – ROME, GAL 96 I, f. 99

STEFANO PIETRO PATRIARCHA PER LA DIVINA GRATIA DELLA CITTA DI DIO ANTIOCHIA, AL DILETTISSIMO IN CHRISTO FRATELLO IL REV. MO P. GIOVANNI PABLO OLIVA PREPOSITO GENERALE DELLA SACRA COMPAGNIA DI GIESU.

Con l’occasione della speditione che facciamo costi del nostro diletto figliio Don gioseppe Simonio Hesronita nostro segretaio ad effetto di rendere obedienza a nome nostro, e della nostra natione alla Santità di N. Sig.re Clemente X. Come anche per la confermatione, e Pallio per il nostro Patriarchato d’Antiochia, alla quell dignità senza alcun nostro merito, e perche sappiamo quanto V. Paternità Rev.ma habbia a cuore, et in particolare protettione li nostri interessi, tanto più per essere noi piٌata della venerablile Comp. A di Giesù, havendo quell pocho sappiamo, imbevto (sic) dale fatiche delli di lei Padri, mentre eravamo alumni nel Coll.o de Maroniti di Roma, perciٍ confidati nella sua solita benignità ci rendiamo certi, che con la sua continuata protettione, che dovunque potrà sarà d’aiuto al sud.o Don Gioseppe per il compimento de’ negotii, per li quail l’habbiamo inviato a cotesta santa Sede Apostolica; assicurando Vostra Rev.ma che oltre l’obligationi indelebili che le professiamo, non mancaremo dal canto nostro d’assistere a tutto ciٍ farà di bisogno alla Comp.a in queste nostre parti, conforme al presente facciamo, come li medesimi Padri che sono qui le potranno attestare, et in tanto preghiamo a Vostra Rev.ma dal Cielo ogni prosperità.

Data nel Monasterio di Marsciallita nel Kesrouan a di 28 agosto 1671.


24- Douaïhy a rédigé cette lettre en italien, le 25 Octobre 1671 au Moanstère Mar Challita – Moqbes et l’a envoyée au consul de France à Sidon, Mr Bonnecorse.

- Paris, Ar, numéro 4622.
* Le qass Boulos Abboud l’a publiée une première fois, en français, dans le journal de « L’Univers », en Octobre 1905.
* René Ristelhueber l’a republiée in Traditions françaises au Liban, 1918, p. 287-289 ; 1925, p. 323.
* Ibrahim Awwad s’est basé sur la copie précédente dans : Le Droit privé des Maronites, pp.: 296-298.
* Père Youakim Moubarak a une fois de plus publiée la lettre en question dans sa Pentalogie Antiochienne, tome I, vol. II, pp. 774-775.

* Finalement, Joseph M’awwad a présenté la dernière publication dans «Al Manara » (1990), pp. 63-74, comportant les deux textes : arabe et français, sous le titre : « Premier contact entre le Patriarche Stephan Douaïhy et le roi Louis XIV ». Le texte italien qui suit est publié pour la première fois.


Lettre no 24

24) STEFANO PIETRO per la divina gratia patriarcha Antiocheno al dilettissimo figlio BONNECORSE illustrissimo Console di Saida dignissimo, salute et apostolica benedittione. Con il R.P. CLISSON habbiamo ricevuta la grata di Vostra Illustrissima col panegirico fatto in lode de S.M. Christianissima li quail ci sono stati molto grati. Posciache, e chi non concepirà sommo contento, e gioia, col vedere le magnifiche, et heroiche doti di Luigi XIV estendersi per il mondo, non solo ne’ fatti, ma anco nelle lingue, ed’affetti di tutte le genti; e principalmente la nostra maronitana natione, la quale tra tutte le nationi d’Oriente, si come da’ primi natione, la quale tra tutte le nationi d’Oriente, si come da’ primi tempi sola ha abbracciata, e mantenuta la Sacra, e Romana Religione, cosi sempre hà havuto affetto particolare, e singular’inclinatione alli Trofei, e glorie di Francia. Testimonii sono quelli nostri antichi guerrieri, i quail dopo haver dato albergo nel nostro Monte Libano à quell famoso, e non mai à sufficienza lodato Gofredo Buglione, già serenissimo Duca di Lorena, ed invitto Rè di Gierusalemme ed’ alli suoi esserciti, se n’andarono in loro compagnia, all’aguisto di detta Gierusalemme, e di Terra Santa e si portorono in maniera tale, che ben degnamente lasciٍ scritto di loro Vuil: Tirio, con dire, che Eran viri fortes, et in armis strenui, nostris in maioribus negotiis, quae cum hostibus habebant frequentissima, valde utiles. E l’autore de CHRONICON CHRONICORUM, parlando delle loro guerre nell’anno 1581 rimemora li loro valori dell’anno 1099 dicendo: Gotfridus Bilioneus Lotharingiae Princeps, horum (= Maronitarum) usus est opera, tam Hierosolymis, quam reliqua Palestina anno 1099 potitus fuit. Dopo di queste guerre essendo venuto alla presa d’Egitto il santissimo Re di Francia Luigi Gloria de’ Rè, l’ha accompagnato da Cipro l’essercito de’ Maroniti, e dopo d’haver soggiogata Damiata, e fatte diverse impresse, fù preso dalli nemici, e come ne fanno memoria li nostri historici, al ritorno de’ nostri Maroniti, sono venuti loro molti dell’ essercito Francese in Monte Libano, ove restarono guerregiando co’ I nemici più di 30 anni col farli molto danno insino all’anno 1307 uniti le esserciti d’Egitto e della Siria, sopra il numero di 500 m. soggiogorono il nostro Monte Libano, con tutto cio l’anno 1366 non mancarono d’andar in compagnia del Rè di Cipro alla presa d’Alessandria, del che addirato il gran Signore rinovo la persecutione contro il Libano, e prese, quasi tutti li Prelati della Chiesa prigioni in Damasco, frà I quail era anchora Giacomo Aldoense vescovo di Eden et honore della nostra famiglia. E per non addurre alter note della grande inclinatione, e divotione, che sempre hanno havuto li nostri alla Corona di Francia in publico, et in privato, bosteranno le testimonianze della V. Persona Ill.ma con quella altri SS.i Consoli, et negotianti, che hanno praticato in queste parti; Laonde la nostra Chiesa in tutte le Messe et orationi, fanno sempre particular preghiere per la M. Christianissima e massime per la persona del gloriosissimo Luigi XIV come anco per la sua piissima Madre, qual Iddio habbia in gloria, dalli quail la nostra sede Antiochena ha ricevuto molte gratie, e favori.

Le mandiamo il panegirico delle lodi del sopradetto Rè introdotto in lingua Araba, la quale speriamo, che le sarà grata, se ben non totalmente secondo il nostro disio, poiche, oltre l’essere essigliati dalla nostra sede, et occupati ne’negotii della natione, habbiamo patito una febre, causata dalli straordinarii caldi di questo Autunno, con tutto ciٍ per concescendere alla tua presta instanza per la partenza del vascello, n’habbiamo tralasciato di abbozzarlo, secondo, che se premise la brevità del tempo, con la debolezza delle forze. E dandole di nuovo la nostra Benedittione le preghiamo dal Cielo il colmo d’ogni bene.

Dato in S. Artemio di Kesrouan li 25 ottob(re) 1671

1673

25- Il s’agit là d’une lettre en italien que Stephan Douaïhy a envoyée de Qannoubine le 9 Janvier 1673 au moine Capucin J. B Saint – Aignan, à Alep. Il l’y informe que les Capucins intercédaient auprès de l’ambassadeur de France à Constantinople pour recevoir la subvention nécessaire pour l’agrandissement de l’église maronite, - Saint Elie – à Alep.
- Mtaileb, archives des Capucins, dossier 2, document 13.


1674

26- Stephan Douaihy a expédié cette lettre à l’intention des Cardinaux du Conclave le premier Janvier 1674 pour leur exprimer sa gratitude et pour la missive qu’ils lui avaient envoyée, et pour les livres qu’ils lui avaient offerts.
- Rome, ASPF, Scrit. Non rif. Vol. I, f. 155 r.

Père Boulos Mass’ad et Nassib Wheibé Khazen l’ont publiée dans les Origines Historiques, tome III, p. 31.

Sceau de Douaihy

Aux nobles frères et nobles Messieurs, piliers de la Sainte Eglise Romaine et porte – parole de la Propagande, veuillez accepter de la part de Stephan Boutros, Patriarche d’Antioche la Cité de Dieu par la grâce divine, de multiples salutations.

Nous avons reçu avec beaucoup d’estime la lettre et les livres dont vous avez honoré ce siège par l’intermédiaire de notre délégué, le bien – aimé, le qass Youssef Al Hasrouni, et nous prions toujours demandant une gloire continue et un zèle croissant dans la propagation de la foi pour vous et pour la Sainte Congrégation, afin que tous les peuples jurent obéissance au Siège Apostolique. En ce qui nous concerne, nous désirons que votre Générosité ne délaisse jamais cette communauté maronite qui a été depuis toujours soumise à la Sainte Eglise Romaine, et qui, bien que menacée de toutes parts par les tempêtes des hérésies et les flèches des ennemis de la religion, reste la seule à tenir fermement aux enseignements du souverain pontife.

Notre délégué, votre élève sus–mentionné montre beaucoup de reconnaissance à votre égard et ne cesse de nous raconter à quel point vous vous êtes dépensé pour accomplir toutes les tâches dont nous l’avions chargé. C’est cette sollicitude et même plus, que nous souhaitons de votre part.

Que Dieu abonde le bien entre vos mains et qu’Il nous garde vos soins et votre sollicitude totale. Nous vous prions encore que vous nous informiez par le moindre signe de quelque intérêt que vous auriez de ce côté afin que nous nous réjouissions en vous rendant service.

Finalement, que Dieu vous maintienne dans la joie durant toute l’éternité.

Rédigée dans notre siège : Qannoubine, le premier Janvier de l’an 1774 du Seigneur.

Secrétaire, le prêtre Youssef Al Hasrouni


27- Lettre à l’intention du président du conclave, Paluzio Altieri. Elle remonte au premier Janvier 1674, Douaihy y a écrit entre autres : « …Vous savez, certainement, honorable président du conclave, que les hérétiques et les non-croyants nous encerclent, et, à cause de notre union à vous, ils nous haïssent à mort, et tels des sangsues, nous épuisent par l’ampleur de l’oppression et de la gêne. De ce fait, nous sollicitons votre bonté afin que votre regard clément nous enveloppe.».

- Rome, Id. f. 162 r – 163 v ; 165 r v.
Elle a été publiée dans « Origines Historiques », tome III, pp. 33-34.

Au noble et digne d’estime, l’honorable Cardinal, Paluzio Altieri. Du misérable Stephan Douaihy, Patriarche d’Antioche, cité de Dieu, par la grâce divine.

Que la paix de Jésus-Christ, notre Seigneur, Dieu et Maître, qu’Il a conférée aux apôtres purs dans le cénacle de Sion, soit avec l’honorable et noble frère, l’affectueux et être cher, de mémoire répandue et de renommée reconnue, que la clarté de sa munificence et de sa présence demeure en tout lieu plein de brillance, je veux dire : Son Eminence, le Cardinal de grande estime, Paluzio Altieri.

Premièrement, nous désirons de plus en plus votre rencontre aimable et nous prions Dieu pour qu’Il vous préserve pour toujours. Dans les plus heureuses et les plus dignes heures, votre honorable lettre nous est parvenue et nous l’avons reçue avec le témoignage d’honneur qui lui était dû. Nous l’avons lue et avons compris son haut sens. Nous avons remercié Dieu pour votre bonne nature, votre affection et votre attention à l’égard du Siège Antiochien. En outre, notre délégué et fils, le qass Youssef Al Hasrouni, a infiniment exprimé sa reconnaissance pour l’effort que vous avez déployé auprès de Sa Sainteté le Souverain Pontife, votre oncle, pour la satisfaction de nos intérêts et ceux de ce Siège, lequel nous prions le Seigneur qu’Il vous le garde et qu’Il vous le garde pour lui. Et, nous n’avons pas arrêté de demander au Tout-Puissant qu’Il vous maintienne dans la joie pour toujours, qu’Il domine vos ennemis et qu’Il vous préserve de tout malheur. Puis, nous vous informons digne frère, qu’à travers tout l’Orient, nul ne tient à la fidélité orthodoxe, nul n’obéit aux lois (règlements) des pontifes romains, sinon nous et notre communauté maronite. Mais vous savez, certainement, honorable président du conclave, que les hérétiques et les non-croyants nous encerclent, et, à cause de notre union à vous, ils nous haïssent à mort, et tels des sangsues, nous épuisent par l’ampleur de l’oppression et de la gêne. De ce fait, nous sollicitons votre bonté afin que votre regard clément nous enveloppe, et que vous nous fassiez don d’une chasuble et de deux mantes en bon état et convenables pour célébrer la messe durant les fêtes heureuses, dans notre Siège, puisque d’une part notre code est du vôtre, et nous n’avons de recours que votre générosité, et d’autre part, les habits que nous utilisons actuellement, remontent au temps du Vénéré Pape Grégoire XIII et sont devenus décrépités, en plus nous ne possédons pas d’autres ornements qui conviennent au ministère de ce Siège, et quoi que vous nous offriez vous appartient. Maintenant, vu notre propre incapacité, nous faisons appel à Dieu pour qu’Il vous confère une juste récompense en cette vie, par plus de gloire et de bonne santé, et en l’autre par la vie éternelle.

Au cas où vous agréez à notre requête, que Votre Eminence ait l’obligeance de la donner à notre représentant et votre serviteur, le hiéromoine Merhej Nammour, le Maronite, professeur de langue syriaque au Collège Romain de la Sagesse et veuillez ne pas nous réprouver en raison de la demande dont nous vous chargeons, puisque ce sont le zèle religieux et l’accroissement de l’espoir en votre affection qui nous ont poussé à entreprendre cette démarche.
Enfin, nous prions Votre Eminence de nous informer de quelque intérêt…
Rédigée au Monastère de Qannoubine, le premier Janvier de l’an 1674 du Seigneur.


1675

28- Nous avons là une copie d’un jugement à propos d’un partage tripartite d’eau datant du 15 Mai 1675. Le Père Ibrahim Harfouche l’a publiée : id, p. 597-598, mais il y fait remonter la parution du jugement à l’an 1685 au lieu de 1675. Le Père Mikhaêl Gabriel a republié cette correspondance dans « L’Eglise Antiochienne….p. 522 ».

« Nous rédigeons ce qui suit en raison d’une dispute qui a éclaté à cause de l’eau du Mgheissel, entre les propriétaires des terres qui sont à sa proximité. En premier, est venu le cénobiarque (c à d actuellement : abbé) du monastère Mar Challita qui dispose du jardin, et a avancé que le prince Açaf avait depuis longtemps drainé l’eau en question vers ce jardin-là. De même, est arrivé le cénobiarque du Monastère Mar Abda Harhrayya et nous a dit qu’après la ruine du jardin,l’eau était conduite jusqu’aux terres des Barahisha qui étaient alors à leur disposition, preuve en est le moulin présent dans ces terres. Se sont encore présentés, les moines du Monastère Mar Youhanna Hrash pour dire que l’eau était la leur puisqu’elle prenait source dans leur terre.
Pour tout ce qui précède, nous avons décidé que l’eau serait partagée entre les trois parties d’une façon égale pour mettre fin à toute dispute, et Dieu est le Maître de toute rectitude.
Rédigé le 15 Mai 1674 de l’ère chrétienne.


29- Voilà une lettre datant du 8 Août 1675, que le Patriarche Douaïhy a expédiée au Cardinal De Bouillon à Paris. Il y demande l’impression de son livre sur les anaphores qu’il avait déjà présenté au Père Jésuite Michel Nau, ce dernier l’ayant encouragé à l’imprimer.
Paris, Syr., 334 f. 19 r.
Ci-dessous est le texte de la lettre écrite à l’origine en karshouni.

« Mille salutations à l’éminent parmi les cardinaux parfaits et l’auguste entre les nobles princes, l’honorable et élu Monsieur Bouillon plein de grandeur et de pouvoir, du pauvre Stephan Boutros, Patriarche d’Antioche, la cité de Dieu ».
Votre Eminence, le parfum de votre bienveillance s’est exhalé et la clarté de votre ample générosité s’est répandue dans tout l’Orient, ce qui a engagé nos cœurs à vous aimer et incité notre désir de voir votre magnifique face. En fait, nous n’avons pas cessé d’implorer le Créateur, soit-il loué, pour qu’il abonde Ses grâces entre les mains de Votre Honneur pour la propagation de Sa Sainte Eglise et pour qu’Il bénisse de plus en plus Votre Eminence, afin que vous souteniez Son Eglise méprisée, ainsi vous recevrez et le pardon dans cette vie et le Royaume des Cieux dans la vie éternelle.

Maintenant, nous informons Votre Honneur que de pieuses personnes nous ont demandé de leur rendre disponible une explication sur le don du Seigneur digne de tout respect et sur les grâces et les bénédictions que le sauveur a eu la bonté de conférer au genre humain par l’intermédiaire du mystère de Son Corps vivifiant. Face à cette demande, la sollicitude et la charité chrétiennes nous ont mis dans l’obligation de répondre à leur requête et nous avons composé une longue interprétation sur le don des Saints Sacrements, sur les églises, le sacerdoce et les parties de la sainte messe du début jusqu’à la fin selon le rite que les pays en Orient ont reçu de la bouche même des Apôtres et qui de ce fait est adopté par l’Eglise d’Antioche.

Puis nous avons groupé dans un autre livre toutes les anaphores des Saints Pères qui existent en langue syriaque, c'est-à-dire la langue parlée par Notre Sauveur, Sa très Sainte Mère et Ses purs disciples, les anaphores reconnues par l’Eglise étant environ une trentaine. Les apôtres en avaient rédigé un certain nombre, leurs disciples d’autres, les patriarches des quatre Sièges à leur tour avaient composé quelques uns, enfin les Saints évêques avaient encore écrit une autre partie des anaphores en question. Pour revenir à ces deux ouvrages, quelques prêtres missionnaires et autres les ont examinés et nous ont recommandé de nous y appliquer et de rechercher à les imprimer pour l’intérêt de l’Eglise et le profit des croyants, nous citons surtout l’honorable Père Jésuite Michel Nau.

Mais, vu que nous sommes dans l’incapacité de réaliser cette impression à cause de l’oppression et de la difficulté dans lesquelles nous vivons sous l’Islam, le Père Michel nous a conseillé de se tourner vers votre grande sollicitude et de souhaiter de vous, Votre Honneur que vous nous embrassiez de votre noble regard et que vous acceptiez d’imprimer cet ouvrage.
Alors, si vous consentez à satisfaire notre requête , veuillez nous informer par le moindre signe en vue d’envoyer à votre noble personne, le livre dont il est question, et Dieu soit loué vous le rendra dans cette vie et dans la vie éternelle. Nous avons écrit cette lettre pour vous présenter notre demande sans objection quelque soit la réponse et soyez sûr que sans le zèle religieux et le grand espoir que nous avons dans votre indulgence et votre compassion nous n’aurions pas abusé de votre clémence.

Enfin, Votre Eminence, veuillez nous honorer et nous avertir par la moindre indication d’un quelconque service, qu’elle désirera de notre part pour être capable de le lui offrir avec plaisir et que Dieu vous protège et vous préserve dans Sa paix pour toujours.
Rédigé dans notre siège à Qannoubine, le 8 Août 1675 de l’Incarnation.


Lettre no 29


30- Dans cette lettre au Pape Clément X, le Patriarche Douaïhy cherche que soient prolongées les indulgences du Jubilée Général accordé en cette année-là (1675).
Boutros Chebli a mentionné cette lettre, id, p. 95.

31- Missive aux responsables Jésuites à Rome. Douaïhy y accuse les Jésuites de Damas de célébrer Pâques avec les « schismatiques », ce qui a résulté en de grands doutes.
Lettre écrite à Qannoubine, le 20 Juillet, 1676.
- Rome, ASRI, Gal. 96, I, F. 259 r.
31) – ROME, ARSI, GAL. 96, I f. 259r

STEFANO PIETRO PATRIARCHA PER LA DIVINA GRATIA D’ANTIOCHIA à chiunque leggerà ٍ vederà la presente Benedittione et eternal salute.

Facciamo sapere, qualmente habbiamo inteso che alcuni habbino scritto contro li RR. PP. della Comapgnia di Giesù, et incolpato, che havessero dato qui in Oriente scandalo alli fedeli, e principalmente nella Città di Dimasco, con celebrare le feste con li Schismatici, et non secondo la riduttione gregoriana, conforme la Chiesa Romana. Il che da noi udito, habbiamo fatto diligenza particolare sopra di questo, e fatto venire in nostra presenza il sacerdote Simeone Maronita, che serviva alli nostri Maroniti in Damasco, e ricercato da lui e da altri circa questi punti, hanno attestato qualmente? PP. non solamente non hanno dato scandalo, ٍ mutato la riduttione Gregoriana, ma che con zelo grande hanno procurato secondo la loro possibilità di promovere il culto divino, e cattivare l’animo de’ Greci all obedienza della Chiesa Romana, et alla nova riduttione del Calendario, talmente che in questo particolare sono stati di gran sussidio, e rilievo alli Nostri Maroniti, perciَ sono stati ingiuriati dal Patriarcha de’ Greci in publica Chiesa, quale hà minacciato di scommunica alcuni Greci, perche imparavano e conversavano con essi. Perdi tutto questo facciamo attestatione non tanto per i detti testimonii, mà per quello che noi habbiamo visto in loro, e pratticato. Per in fede di tutto ciٍ habbiamo soprascritta la presente e munita con il sigillo di questa nostra Sede Patriarchale.

Data in Canobino residenza a’ di 20 Luglio nell’anno della Divina… 1676.


Lettre no 31


32- C’est une lettre que Douaïhy a adressée au Pape Innocent XI à l’occasion de son élection le 21 Septembre 1676. Dans ce message, Douaïhy félicite le Pape et lui jure obéissance en son propre nom et au nom de l’Eglise Maronite, puis il expose les besoins du Siège Patriarcal et la situation du peuple. Il est vrai que le Patriarche avait écrit la lettre le 10 Novembre 1676 au Monastère Mar Challita Moqbes, cependant, elle n’est arrivée à Rome qu’avec l’Evêque Boutros Makhlouf, portant alors la date du 8 Septembre 1679.
Boutros Chebli l’a publiée, id, p. 104-108.

« Mille baisements et salutations au Saint Père et Vase élu, le cinquième des justes évangélistes et le treizième des apôtres purs, successeur de Pierre et vicaire de Jésus Christ, plein de dignité et d’estime, le Pape Innocent XI ».

L’Eglise (de Dieu) dispersée dans les quatre coins du monde et rassemblée parmi toutes les tribus et les langues de la terre, Notre Sauveur l’avait récupérée par Son Noble Sang de la servitude de Satan et l’avait lavée par l’eau pure pour qu’elle devienne Son épouse resplendissante, sans tâche et sans péché. Par suite, il est impossible qu’Il la laisse sans Sa Providence et qu’Il néglige quelque peu soit-il son administration, sa stabilité et sa propagation jusqu’à la fin des siècles. Et si nous, qui sommes mauvais, prenons soin de nos propriétés et y plaçons des gardiens et des surintendants veillant les nuits pour les remettre en état, combien plus Notre Seigneur plein de gloire, source de toute grâce et de toute bénédiction désignera-t-Il des chefs et des administrateurs pour prendre soin du plant de Sa Grâce, les Hommes qu’Il a crées dès le début à Son image, ensuite Il a obligé toutes les créatures à les servir, et à la fin des temps, après qu’ils eussent été égarés et rendus esclaves du péché, Sa miséricorde L’a abaissé du haut de Ses Cieux, et L’a accroché à la Croix pour leur libération. Puis par Son esprit, Il est descendu dans l’abîme jusqu’à ce qu’Il ait trouvé la brebis perdue, Il l’a alors retirée par le mérite de Sa Passion et l’a ramenée tout heureux au bercail.

Qui de nous suppose alors que le Seigneur pourrait négliger son salut ou bien qu’Il puisse lui nier Sa miséricorde, car serait-Il capable de Laisser les loups s’emparer de Ses brebis et les disperser ? Pour cette raison, le Saint Evangile qui contient la force de Dieu, confirme que lorsque le Seigneur a choisi Simon Pierre pour paître Ses agneaux parlants, trois fois Il lui demanda s’il L’aimait plus que ses compagnons, et quand le disciple eut affirmé ceci à trois reprises devant la Sainte Trinité, Jésus répéta trois fois encore : « Pais mes agneaux. Sois le berger de mes brebis. Pais mes brebis », pour lui prouver que le soin des âmes n’incombe qu’à ceux doués d’une véritable charité et d’une fidélité sûre.

Et comme Pierre seul avait fait face à la milice venue arrêter Jésus et avait dégainé le glaive qu’il portait pour secourir son Maître, lui seul a mérité le vicariat avec ses successeurs par la suite et eux seuls ont détenu et détiennent le pouvoir de lier et de délier. Il nous est parvenu qu’après la mort du feu Pape Clément, cet heureux sort venu du Ciel sur Pierre s’est établi sur vous Père juste et Vase élu. Voilà pourquoi, par les louanges, les acclamations, les glorifications et les chants, nous offrons remerciements et éloge à Dieu Qui est Source de tout don parfait et bon, et dont la volonté pure n’a pas de fin et l’éclatante amitié pour le genre humain point de limites, « Celui qui jette les puissants à bas de leurs trônes et élève les humbles ».

Maintenant, s’il est vrai qu’il n’y a aucune autorité qui puisse venir sinon de la part de Dieu pour réprimer ceux qui font le mal et louer ceux qui font le bien, que dirons-nous alors de celui que le Seigneur a choisi par Sa grâce et l’a rendu l’Assise de l’Eglise, celui pour qui Il a prié que sa foi ne soit pas diminuée et à qui Il a rendu les clés e t promis que « La puissance de la Mort n’aura pas de force contre Elle (l’Eglise) ».Ainsi est-il de Votre Sainteté qui êtes élu à la demande de l’Eglise, par le tirage au sort des saints et par la venue du Saint Esprit pour devenir le maître de maison, le chef des bergers, l’administrateur des grâces et le gardien des Mystères, celui qui établit les canons et qui détient les clés du Royaume puisque personne ne peut prendre que ce qui lui est donné du Ciel. Par conséquent, nous remercions sans arrêt notre Seigneur, Qui a embelli Son Eglise, par l’appel de Votre Sainteté. Nous Le louons parce qu’Il vous a élevé tel un phare (phare et pas candélabre pour l’action propre du phare de conduire les navires vers le havre) pour éteindre les hérésies et nous Le glorifions pour nous avoir montré le bon pasteur qui répand sur nous la lumière de sa face. Nous implorons Dieu pour qu’Il préserve votre Etat et qu’Il accorde à Votre Honneur la paix et la santé pour de longues années à venir.

J’avais aussi l’intention de venir demander votre bénédiction et vous féliciter pour le haut rang et l’autorité élevée qui vous ont été confiés, mais Dieu ne l’a pas permis et ce à cause des difficultés et de l’oppression en cours sur votre peuple maronite spécialement durant ces trois années où ils ont connu plus d’épreuves et d’embarras que le peuple d’Israël de la part des Egyptiens. Beaucoup de villages se sont vidés de leurs populations, certains monastères ont été brûlés et les églises désertées, en plus, nombreux sont ceux qui ont été tués et les autres se sont dispersés parmi les nations étrangères par suite du changement des gouverneurs et de leur sévérité. Puis, cette année, les sauterelles ont envahi ciel et terre et leur a fait suite la sécheresse et la cherté et les prix ont haussé cinq fois. Mais nous ne pouvons pas concevoir la volonté du Créateur et nous acceptons tout ce qui nous vient de Lui. Votre Sainteté, nous n’avons pas voulu vous perturber par ces nouvelles mais plutôt attirer votre attention afin que vous embrassiez de votre noble regard, votre communauté maronite éparpillée parmi les nations désobéissantes.

A la manière de l’apôtre Paul qui, à genoux exhortait les habitants d’Ephèse à la contemplation de l’appel de Dieu pour eux dans le but de comprendre sa largeur, sa longueur et sa profondeur, ainsi nous encore, plions les genoux en face de Rome et d’Europe seules car « ce ne sont pas les biens portants qui ont besoin de médecin, mais les malades ». Ont besoin de médecin tous les chrétiens éloignés que les ennemis de la foi veulent attaquer, piller et tuer, comme il en est fait preuve dans les Ecritures : les géants assaillaient le peuple d’Israël pour voler, enlever et assassiner ceux qui, en raison de la faim et des ennuis du chemin, restaient en arrière.

Que Votre Sainteté veuille bien envelopper de son regard universel et de sa clémence paternelle, pleins de compassion et de bonté, notre Siège, nos églises et nos prêtres qui, malgré qu’ils supportent la servitude des barbares depuis très longtemps, restent fidèles à vos canons et vous souhaitent longue vie et avancement. Cependant, en ce temps difficile, où l’iniquité a augmenté, l’état de nos ouailles est nul, c’est ce qui nous incite à vous supplier, généreux Père, pour l’amour et la passion du christ, notre Sauveur, que vous nous prêtiez attention, que vous nous traitiez comme si nous étions l’un de vos évêques et que vous consacriez à votre Siège Antiochien un revenu annuel nous permettant d’accomplir le ministère qui nous a été confié, vu que nous sommes le seul peuple en Orient obéissant à vos canons, et la communauté la plus haie à cause de cela. Votre Honneur, l’honorable Evêque Boutros arrivera de notre part, vous jurer obéissance, il vous exposera aussi en détail l’état de notre peuple, veuillez bien vous occuper de lui rapidement, en sorte qu’il remplisse sa tâche en hâte et retourne à sa paroisse, et tout ce que vous aurez l’obligeance de nous offrir, s’il vous plaît envoyez-le avec notre évêque pour mettre fin à cette quête.

Finalement, nous plions avec notre peuple les genoux et souhaitons à Sa Sainteté longue vie et paix.

Rédigé dans la contrée du Kesrouan, le 8 Septembre de l’an 1679 du Seigneur.

Votre humble élève
Stéphan Boutros
Patriarche d’Antioche


1682

33- Note (brève communication écrite) signifiant que Stephan Douaïhy avait reçu par l’intermédiaire de Merhej Namroun Al Bani, une somme d’argent que le Pape avait envoyée en aide au Siège Antiochien, le 10 Décembre 1682.
Publiée par Boutros Chebli, i.d, p. 114.
« Stephan, Patriarche d’Antioche, par la grâce de Dieu.
J’ai reçu à travers l’honorable Evêque de Nicosie, Boutros Doumit, de la part de Mr Fousto, notre représentant à Rome, 307,5 réals : la somme que le Saint Père Innocent XI avait envoyée en aide au Saint Siège d’Antioche. Ecrite à Qannoubine, le 10 Déc 1682 ».


1683

34- Lettre patriarcale adressée à la communauté rédigée au monastère Mar Challita Moqbes, le 20 Juin 1683. Boutros Chebli l’a publiée, id, p. 171-174.

Que la grâce de Dieu et la bénédiction du ciel soient sur notre peuple valeureux et nos estimables ouailles.

Tout d’abord, nous ressentons un désir ardent de vous voir, notre très généreux Créateur vous ayant comblés de bien, de santé et de grâces.

Nous savons tous que chaque Homme est fait d’un esprit et d’un corps, le corps se reproduit d’un autre et les dirigeants du monde l’administrent, alors que l’esprit est crée par Dieu et Il a ordonné que les chefs qu’Il a désignés par Sa grâce l’administrent, et personne ne pourra acquérir cet honneur s’il ne lui a pas été donné d’En Haut. C’est ce que certifie l’Ancien Testament à propos d’Aaron le Grand Prêtre, qui ne s’était pas présenté lui-même pour accéder à ce rang, mais plutôt Dieu l’avait présenté et élu par le moyen de son frère Moïse, et c’est ce qu’assure le Nouveau Testament , en ce qui concerne l’apôtre Pierre qui ne s’était pas emparé de la direction de l’Eglise mais l’avait reçue de Celui qui avait dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai Mon Eglise ». Même le Christ, dont la nature humaine est unie à la nature divine en une seule hypostase, n’a pas demandé la gloire pour Lui-même, et n’a pas entamé la proclamation de la Bonne Nouvelle avant que Dieu le Père n’eût témoigné pour Lui des Cieux. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, Celui qu’il M’a plu de choisir. Ecoutez-Le ». Pour cette raison, l’Eglise a établi que personne n’avance de son propre chef vers les ordres sacrés et selon l’Apôtre : Personne ne s’obtient l’honneur que si Dieu l’appelle comme Il avait appelé Aaron. De cette manière, le Christ ne s’était pas glorifié toue Seul en tant que Grand Prêtre, mais avait obtenu cette gloire de Celui qui Lui avait proclamé : « Tu es Mon Fils bien-aimé, aujourd’hui Je T’ai enfanté ».

De leur côté, les Apôtres ont jugé que tous ceux qui achètent les ordres ecclésiastiques seront passibles d’excommunication. En fait, dans le canon 28, ils avancent que n’importe quel évêque, qass ou diacre qui acquiert son ordre par conspiration ou par pot-de-vin, soit séparé de l’Eglise avec son ordinant et qu’on évite de leur adresser la parole comme Pierre évitait de parler à Simon le magicien, et dans le canon 29, ils déclarent que si un évêque demande l’assistance des chefs de ce monde pour avoir une Eglise sous sa direction, qu’il soit banni avec quiconque aurait participé à son acte. En plus le Concile de Chalcidoine a établi dans son second canon que n’importe quel évêque qui ordonne un qass, un diacre ou autre par pot-de-vin se déshonore, l’ordination sera invalide et qui aurait acquis son ordre par pareil moyens sera excommunié et dans le cas où il est déjà dans le ministère de l’Eglise son ministère lui sera retiré. De même, les saints conciles rendent quiconque obtient l’un des ordres sacerdotaux par machination, passible d’excommunication. Pour sa part, le Pape Paul V avait envoyé, à notre peuple, au temps du Patriarche Youhanna Makhlouf, une encyclique l’avertissant de commettre de tels actes et y a imposé une excommunication définitive et des délits ecclésiastiques sur chacun des dirigeants qui contraindrait le Patriarche ou les évêques à ordonner quelqu’un, sur quiconque s’élèverait contre eux en ce qui concerne leurs ouailles ou qui les empêcherait d’exercer leur direction comme il leur appartient. Par conséquent, étant chargé de la part de Dieu de diriger Son peuple, et de l’orienter, suivant la voie des Apôtres et des Saints Pères, nous vous ordonnons chers fils d’éviter toute manœuvre et tout prix du silence dans les ordinations, qu’elles soient pour vous ou pour d’autres, et sachez que Dieu est jaloux de Son propre bien et punie ceux qui font tort à l’autorité de Ses prêtres. Donc, celui qui désobéit sera excommunié par Dieu, les Apôtres purs, les saints conciles et par notre humble personne, de plus, le Sang du Christ sera son adversaire et nous sommes innocent de son péché. Alors que Dieu bénisse ceux qui obéissent, les enrichissent de Sa Grâce et les rende irréprochable de toute condamnation.

Rédigée au Monastère Mar Challita, le 20 Juin de l’an 1683 de l’Incarnation ».


35- Voilà un jugement gardé chez la famille Moubarak au Kesrouan. Le Père Harfouche l’a transcrit à partir de son origine en karshouni : « Les Anciens Monastères au Kesrouan », « Al Mashreq » no 6 (1903) p. 597, puis le prêtre Mikhaêl Gabriel l’a publiée dans « L’Histoire de l’Eglise Antiochienne Maronite, tome II, vol. I, p. 520-521. Ce jugement date du 5 Août 1683.

Nous écrivons pour dire que Abou Souleiman Aoun, du village de Jiita, s’est présenté devant nous et a introduit une instance contre le curé du village à cause de la terre inculte située au-dessous des mûriers de Abou Harfouche Chkeir, avançant qu’il l’avait donnée gratis à sa fille, épouse de Hanna, le frère du prêrre. Ibrahim, le fils du prêtre Mikhaêl est aussi venu et il a témoigné et certifié qu’il avait estimé la valeur de la dite terre avant qu’elle ne fût plantée, à deux piastres et que Souleiman Aoun a reçu cette somme entière à travers son gendre Hanna et son frère, le prêtre, et que tous les deux avaient participé à bêcher la terre et à la planter, puis ils se l’étaient partagée en moitié depuis trois ans et ceci par le consentement mutuel des deux parties. Par la suite, le prêtre Youssef, cénobiarque du monastère de Raïfoun, s’est présenté chez nous et a confirmé être descendu à Jiita où il avait regroupé les paysans : Abou Abdallah Youssef, Abou Massoud et son frère, Abou Farah Salamé, Abou Harfouche Chkeir et Chej’an Al Quayyem, les fils Ashemri, les fils Abou Khalifé, Abou Matar Sarkis et d’autres qui étaient présents, puis il les avait interrogés sur la terre en question alors ils ont attesté qu’elle avait été vendue au prix mentionné. Donc, conformément à l’estimation et au témoignage cité (seulement le témoignage est cité selon le texte ), la terre est vendue et non pas donnée gratis et le partage entre le prêtre et son frère est un partenariat équitable et sans tromperie. Enfin, Dieu reste le Maître de toute rectitude.
Ecrit au Monastère Mar Challita Moqbes, le 5 Août en 1683 de l’ère chrétienne.


1685

36- Douaïhy a écrit cette lettre, au monastère Mar Challita Moqbes au Kesrouan, le 10 Février 1685 et l’a expédiée aux cardinaux de la Congrégation de la Propagande avec Ya’coub Awwad, faisant porter avec lui le livre de la chirotonie et celui de « La Consécration des Moines »afin qu’ils soient imprimés et traduits avant sa « mort ». Puis il y a demandé une somme d’argent pour être partagée entre les anciens élèves du Collège de Rome dans le but qu’ils vaquent mieux à l’éducation des jeunes et de la population. Le Patriarche y a encore déclaré qu’il lui était impossible en ce temps-là d’envoyer de nouveaux élèves au Collège Romain par suite des embarras qui survenaient lors de leur voyage, à l’exception des deux élèves qu’il avait déjà envoyés au Collège de Ravenne et dont il demandait l’acceptation au Collège de Rome.
- Rome, ASPF, Scrit. Non rif, vol. I, f, 208 rv.
Ce message a été publié dans « Les Origines Historiques », tome III, p. 45-46. :

« Mille salutations aux honorables et nobles frères, Leurs Eminences les Cardinaux, soucieux de la propagation de la sainte foi, de la part de Stephan Boutros, Patriarche d’Antioche, par la grâce de Dieu.

Sceau

En vertu du dessein qui nous est parvenu de Vos Noblesses pour que nous envoyions les rites de notre communauté maronite qui traite des ordinations sacerdotales et des bénédictions des lieux sacrés, notre cher fils, le qass Ya’coub Awwad Al Haçrouni vous porte les livres de la chirotonie et de la consécration des moines pour qu’ils en entament l’interprétation et l’impression en attendant que nous ayons expédié le reste. Honorables frères, nous vous sollicitons, par votre obligeance et votre attention de prendre soin de notre délégué afin qu’il n’ait besoin de personne, et veuillez enjoindre à ceux chargés de l’impression du livre, de s’appliquer à leur tâche, peut-être pourrions-nous le voir et l’utiliser tant que nous sommes encore en cette vie. De toute façon, nous ne cessons, avec nos honorables frères les évêques, de prier Dieu soit-Il loué, qu’Il vous maintienne et le Souverain Pontife en vie et qu’Il promulgue Sa Sainte Fidélité dans tous les horizons.

Il ne vous est point méconnu que notre peuple et nos prêtres sont dispersés parmi les nations étrangères. Ils ont perdu tout espoir et n’ont point de porte à frapper sinon celle de votre clémence, c’est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir assigner une somme annuelle d’environ 100 piastres qui sera partagée entre 3 à 4 prêtres, élèves du Collège Maronite de Rome, de cette façon ils pourraient s’acquitter de l’éducation des enfants et du peuple et suivraient vos canons tout comme les missionnaires que vous envoyez. Serions-nous douteux du profit que ces derniers seraient en mesure d’apporter, nous ne vous aurions pas écrit, et nous, en tant que berger de nos ouailles, vous avons transmis notre situation et les besoins qui s’en suivent pour échapper aux remontrances.

Nous informons aussi vos Eminences que les deux élèves déjà envoyés au Collège de Ravenne et qui continuent leurs études au Collège Maronite aux dépenses de la Congrégation de la Propagande, sont au terme de leur éducation, nous nous sommes alors engagé à envoyer deux autres à leur place avec les élèves que nous avons expédiés au Collège Maronite puisque ceci ne nous est pas toujours aisé. Nous serons plein de reconnaissance si vous acceptez notre requête et dans ce cas veuillez dire au directeur du Collège de les prendre sous ses auspices et veuillez faire de façon à ce que l’argent de poche des deux garçons que nous avons envoyés et de ceux qui viennent de votre part, ne soit pas maigre. De plus, soyez sûrs que par la grâce divine, ils suivent vos canons autant que nous malgré les ennemis de la foi qui nous entourent de toute part. Enfin, ayez l’obligeance de nous laisser toujours au courant de votre santé ; ceci nous fera beaucoup de plaisir, et quelque service dont vous auriez besoin…
Rédigé au Kesrouan, le 10 Février de l’an 1685.


37- Voici une missive que Douaïhy a dépêchée au Pape Innocent XI l’informant qu’il avait envoyé des élèves au Collège de Rome, avec le Père Ya’coub Awad…Le Patriarche a écrit ce message en italien, le 10 Février 1685.
- Rome, ASV, t. 71, f. 259.
Toubiya Al Anïssi l’a publié dans Collectio…no 84 :


Al Santissimo, la cui fama è illustre, presidente della sedia Apostolica, e direttore del popolo christiano, Padre de padri, e Prelato de prelati, Papa Innocenzo XI, che Dio conservi in vittoria, mille viva e mille baci delle mani.

Quello che occorre di esporre alle orecchie del Padre santo e pastore eletto, è che noi habbiamo mandato il nostro figlio diletto D. Giacomo avodio sacerdote per accompagnare I figlioli, li quail habbiamo mandato al collegio della natione, ed insieme per congratularci con la vostra Santità per la vittoria ottenuta contro li nemici della fede. Preghiamo Iddio Signore del tutto, il quale vuole che tutti gli huomini vengano alla congnitione et obedienza di lui, che ne’ tempi di V. S. facci nascere il sole della fede nell’Oriente e nell’occidente, e ci sia la pace e la quiete nelle quarto parti del mondo. Si come al nascere del sole si dissipano le tenebre e tremano li cuori de leoni, cosi colla providenza commune di V. S. e sante orationi sono stati humiliati li cuori de superbi ed è stata rotta la spina de rebelli. E noi I quail siamo dispersi dalla nostra stanza per la durezza de tiranni, giorno e notte aspettando la quiete e la serenità: e se a Dio piacerà, sarà; e se cosi, si compiacerà V. S. latore della presente si faccia la spesa, finchè esca dalla città di Roma, conforme alla antica vostra consuetudine: e dopo il bacio delle venerabili mani.

10 feb. 1685.

STEFANO PIETRO
Patriarcha della città di Dio Antiochia


38- Douaïhy a expédié cette lettre du 11 Septembre 1685, de Qannoubine, au Pape Innocent XI pour lui confier le Père François de Savoie qui avait vécu 26 ans en ermite exemplaire, au Mont Liban, et qui partait alors pour rencontrer le Pape. Puis le Patriarche jure obéissance à Innocent XI et lui demande sa bénédiction.
- Rome, ASV, 71, f. 259.
Toubiya Anaïssi l’a publiée dans Collectio…no 85 :


Santissimo Padre,

Il latore della presente il P. Francesco di Savoia, havendo menata sotto la nostra cura per lo spatio di 26 anni una vita aspera, povera e solitaria con molta esemplarità e lodevoli costumi, desiderando con grand’ansietà di venire a bacciare li santi piedi di vostra Beatitudine, e godere della sua santa beneditione, ed ha fatto grand’intanza di accompagnarlo con la presente. Onde noi condescendendo alla sua pia domanda, preghiamo l’innata bontà di V. S. A riguardarlo col benigno occhio della sua solita clemenza. Dal medesimo si degnerà d’essere informata, come noi e tutti li nostri sacerdoti in tutti li nostri sacrificii e preghiere non cessiamo, come devoti figlioli, di supplicare S. D. N. Per la conservatione dell sua persona, e per l’augmento della S. Chiesa. E come deppo d’essere stati fugitivi dalla nostra residenza per alcuni anni, siamo, per la divina gratia e sue sante orationi, ritornati in quest’anno. E si come con paternal affetto procura la promotione della santa fede nelle parti dell’infedeli d’Oriente, cosi si degni di riguardare e protegere questa nostra povera natione di Maroniti, la quale ha sempre mantenuta l’obedienza e riverenza alla S. R. Chiesa sotto il tirannico giogo dell’infedeli. C’esibiamo prontissimi alli suoi bramosissimi comandi, et ansiosi di bacciarli li santi piedi, domandiamo la sua santa beneditione. Di Canubin, li 11 settembre 1685, di N.S.

Dev.mo e ob.mo servitore
STEFANO PIETRO Patriarca Antiocheno

1686

39- C’est une lettre à l’intention d’Edwardo Cibo, secrétaire de la Congrégation de la Propagation de la Foi, Evêque de Séleucie et Patriarche de Constantinople. Douaïhy le lui avait expédiée de Tripoli, le 21 Octobre1686, pour lui dire que son délégué était revenu et le remercier pour les vases sacrés qu’il avait envoyé aux évêques de Sidon et de Arca. De plus, pour lui exprimer son désir d’imprimer le livre de la chirotonie.
- Rome, ASPF, Scrit. Non rif, vol. I, f. 215 v.

Publication dans “Les Origines Historiques”, tome III, p. 46-47 :

Que la paix de Jésus Christ, Notre Seigneur et Sauveur, qu’Il avait accordée aux apôtres purs, dans le cénacle de Sion soit avec notre cher et noble frère Louis Chips, l’honorable Evêque de Séleucie et secrétaire de la curie de la Sainte Congrégation de la Propagation de la religion glorifiée. Tout d’abord, nous voulons vous témoigner combien nous aurions voulu vous voir, ensuite nous vous informons du retour de notre délégué, le qass Ya’coub qui nous a transmis votre affection envers nous et envers ce Saint Siège d’Antioche, et nous a indiqué que par votre zèle, leurs Eminences, Messieurs les Cardinaux de la Sainte Congrégation de la Propagande, ont gratifié nos honorables frères, les évêques de Sidon et de Arca de deux couronnes, deux chasubles et de deux chapes. Que la Vérité, Dieu soit-Il loué nous préserve votre Eminence et Votre Honneur, afin que vous persistiez dans vos généreux soins pour cette Eglise et les autres aussi.

Cependant, nous n’avons pas reçu de nouvelles en ce qui concerne la chirotonie que vous aviez demandée pour l’impression. Veuillez, honorable frère s’occuper de ceci pour l’intérêt des évêques.

Enfin, nous vous conjurons de nous mettre au courant de n’importe quel service dont vous auriez besoin de notre région, ainsi nous pourrons mériter de vous le rendre dans les limites du possible.
Que Dieu vous garde dans Sa Paix.

Rédigée dans la ville de Tripoli, le 21 Novembre de l’an 1686 de l’Incarnation.


1691

40- Lettre au Pape Alexandre VIII dans laquelle Douaïhy lui rappelle l’aide que ses prédécesseurs avaient l’habitude de consacrer à l’Eglise Maronite que ce soit pour l’ouverture des écoles, le bon traitement des élèves du Collège Maronite qui étaient revenus au pays que pour l’impression des livres et l’envoi de vases rituels ou pour la construction d’églises. Le Patriarche y demande aussi au Pape de ne point oublier son peuple et de lui offrir 300 scodies que l’Eglise Maronite avait coutume de recevoir annuellement et de travailler à l’impression du « Livre de la Chirotonie ». Puis, Douihy raconte à son destinataire qu’il avait ordonné Juliano Ramirez l’espagnol en tant qu’évêque honorifique de Sidon et qu’il l’avait envoyé à Rome en compagnie de Boutros Moubarak. Enfin, il sollicite du Pape, le titre de « cavalier » pour Khaled Khazen, héritier de Abi Naçif Khazen, « afin qu’il soit respecté dans la communauté… »
Ce message a été expédié du Monastère de Qannoubine, le 25 Février 1691,
- Rome, id, f. 213 v + 216 rv..,

et publié dans “Les Origines Historiques”, tome III, p. 47-49.
Au Saint Père des pères et Chef des chefs, l’honorable Pape Alexandre VIII, que Dieu garde sa Sainteté.

Que le ciel et la terre, l’Est et L’Ouest et tous les horizons se réjouissent à votre accession au Siège Apostolique, le phare de l’Eglise entière. De plus, la communauté maronite se réjouit parce que dès l’aube du christianisme, elle seule parmi les communautés en Orient, reste jusqu’à nos jours soumise à votre chaire gardée de Dieu, et obéissante à vos canons et à ceux de tous vos feu prédécesseurs. Mais, vu que nous sommes sous le joug des nations non-croyantes, nous souhaitons de Celui qui est la Vérité, soit-Il loué et de votre sollicitude paternelle, que nous jouissions de la consolation puisque ces îles et d’autres lieux par là, étaient sous l’administration des princes de Venise. Et au cas où ceci nous est donné, nous espérons votre aide pour le salut des âmes.

En fait, les pontifes qui vous ont précédé, avaient porté depuis longtemps, une grande attention à cette communauté : les uns l’ont aidée à bâtir des écoles, d’autres à subvenir aux besoins des élèves qui ont étudié à Rome et d’autres encore à imprimer les livres, certains lui ont offert des calices et des vases rituels et certains autres lui ont envoyé des aumônes pour la réparation des églises, mais il paraît que l’on nous ait totalement négligés ces dernières années.

Que Votre Sainteté veuille bien embrasser de sa compassion, son peuple dispersé parmi les loups et qu’elle daigne nous envoyer les trois cent piastres que le Pape Urbain VIII, de bonne mémoire, nous avait accordés, en vue d’élever une école pour l’éducation des enfants au Mont Liban puisqu’il est cité dans l’acte que cette somme sera pour toujours et nous ne savons point comment elle a été suspendue.

Ayez aussi la bonté d’imprimer La Chirotonie et Les Consécrations qui regardent les prélats attendu leur nécessité pour les affaires religieuses et pardonnez-nous d’avance d’une part pour les fautes que vous pourriez trouver dans ces livres, et d’autre part pour notre audace, cependant le besoin nous y a obligé. En effet, nous espérons beaucoup de votre clémence parce que la paroisse est la vôtre sur le plan spirituel et elle a été en majorité sous la direction de Venise sur le plan matériel, alors dans les deux cas elle est votre protégée.

En outre, nous vous avisons du fait que ces pays qui sont sous régime de l’Islam, ont connu durant ces années, l’injustice et une énorme oppression à cause des guerres qu’ils ont subies de la part de l’Empereur, que Dieu confirme son pouvoir, et comme ces oppresseurs ne pouvaient pas se venger de lui, ils ont tourné leur cruauté sur les chrétiens qui leur étaient asservis, ce qui conduisit la plupart de ces derniers à quitter leurs maisons, leurs églises et leurs paroisses et à se disperser parmi les nations étrangères. Puis, vu qu’on n’avait dans notre voisinage, nul pour nous secourir, et nul qui acceptât le voyage en mer pour demander l’assistance des princes chrétiens, l’urgence nous a contraint à charger de notre fardeau, le Padre Juliano Ramirez, porteur de cette missive, l’ayant vu aimant cette communauté et très enthousiaste pour le propagation de la saint consignation qu’est la foi.

Sachez aussi, Saint Père, que quand le Padre Ramirez s’est décidé à retourner dans son pays, nous l’avons ordonné évêque sur Sidon et envoyé avec le qass Boutros Moubarak afin qu’ils vous jurent obéissance en notre nom et qu’ils exposent devant vous et devant les chrétiens soucieux, la situation des chrétiens de ces côtés-ci et la difficulté qui les a entourés par les non-croyants, souhaitant que vous nous regardiez tous avec générosité, puisque le peuple est le vôtre et la paroisse vous appartient et ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin mais les malades.

Ensuite, nous vous déclarons Saint Père, que la famille Khazen représente les notables de notre communauté et vos prédécesseurs les papes, avaient l’habitude de conférer aux hommes Al Khazen le titre de « cavalier » et de leur offrir une médaille en or et une chaîne en argent.

Actuellement, le cheikh Abou Naçif est mort et lui a succédé, son fils le cheikh Khaled. S’il vous plaît, veuillez l’honorer de la même grâce qui était à son père et son grand-père pour qu’il ait le même respect qu’eux parmi le peuple et porte plus d’obéissance à Sainteté et d’empressement envers le peuple.

Finalement, nous sommes avec toutes nos ouailles, notre peuple maronite, ses dignitaires, ses moines et ses prêtres, vos humbles disciples. Dans toutes nos messes et prières, nous implorons Dieu de vous garder en vie pour de longues années et, qu’en votre temps, Il mette Sa Sainte Eglise en sûreté, et la fasse triompher de tous ses adversaires.

Voilà, nous avons voulu mettre Votre Sainteté au courant de notre situation en général. Veuillez accepter de notre part les baisements de main et les prières.

Ecrite au Monastère Notre Dame de Qannoubine, le 25 Février de l’an 1691 de Notre Seigneur.

Gloire à Dieu pour toujours.


41- Lettre recommandant la famille Abi Nawfal Khazen. Le Patriarche Douaïhy l’a envoyée au Pape Alexandre VIII le 12 Mars 1691 pour lui demander d’octroyer le titre de « chevalier » aux cheikhs Hosn et Sakhr.

- Rome, Id., f. 213 r+217 v.

Elle a été publiée dans « Les Origines Historiques », tome III, p. 49-50 :

Au Saint Père des pères et Chef des chefs, le successeur de Pierre et vicaire de Notre Seigneur Jésus Christ, l’honorable Pape Alexandre VIII.

Après les inclinations et les baisements dus, nous avançons que le serviteur de Votre Sainteté, le cheikh Fayyad, fils de Nofal Al Khazen et prince de notre communauté maronite est enflammé d’un zèle ardent pour la propagation du christianisme, la protection des monastères, l’édification des églises, le salut des captifs et le rappel de ceux qui ont abjuré à cause des difficultés imposées par les impies, surtout pour la défense de ce Saint Siège Antiochien. Nous notons que, par là, sa parole est influente, et, pour élever davantage son statut, et celui de ses parents, les victorieux rois de France les avaient honorés du consulat, et vos prédécesseurs, les papes, de titre de « chevalier de Rome ». Pour cette raison, nous demandons de Votre Sainteté la faveur d’anoblir ses fils, les cheikhs Hosn et Sakhr d’un honneur pareil.
Votre consentement les obligera, il ajoutera certainement à leur dignité et augmentera leur zèle pour la défense des chrétiens en Orient. Soyez sûr Saint Père que nous sommes tous vos serviteurs et sous votre protection. Enfin, avec les cheikhs mentionnés et votre communauté maronite, agenouillés devant vous, nous demandons votre contentement, priant Dieu, soit-Il loué, qu’Il nous garde Votre Sainteté et qu’Il préserve Son Eglise dans la paix, tout au long de votre pontificat.
Ecrite au Monastère Notre Dame de Qannoubine, le 12 Mars de l’an 1691 du Seigneur.

Votre humble disciple
Stéphan Boutros Patriarche d’Antioche


1693

42- Stéphan Douaïhy a écrit ce message, le 27 Août 1693 à l’attention des cardinaux de la Sainte Congrégation de la Propagande, pour défendre le Patriarche syriaque André Akhijan et demander aux cardinaux de s’intéresser à l’affaire de ce dernier et d’intervenir auprès de l’ambassadeur de France à Constantinople afin de traiter le problème avec le patriarche jacobite, l’adversaire de Akhijan.

- Rome, Id., f. 8 r v


1695

43- Douaïhy a laissé un écrit au sujet des travaux de construction aux monastères Mar Sarkis-Ehden, Mart Moura et Notre Dame de Hawqa. Le Père Ibrahim Harfouche a trouvé cet écrit à la fin du manuscrit « L’Histoire des Temps » dans la bibliothèque du Père Ignace de M’aad, au village de Mrah Azzayyat puis l’a publié i. d 5 (1902), p. 551-552 :

« En 1690, vers les mois d’Octobre et de Novembre, le monastère Mar Sarkis-Ehden Ras Annaher a été rénové puisque l’ancien édifice s’élevait sur des arcades que notre cousin, feu l’Evêque Boulos avait déjà restaurées à deux reprises. Après l’Evêque Boulos, notre neveu, le prêtre Mikhaël avait habité le monastère et en avait renforcé les arcades qui, après quelque temps, poussèrent le mur ouest, suite à quoi le toit se fendit. Le monastère resta inhabité et non roulé une certaine période et finit par s’écrouler. C’est alors que nous avons mis la main dessus. Nous avons écarté les arcades et élevé un mur ferme au centre puis nous avons bâti deux caves dans la galerie interne, une cave devant chaque église et par dessus des cellules pour les moines, nous avons aussi bâti la galerie externe sur du bois et élevé le mur occidental à partir du sol.

Quatre maîtres maçons venant de Rechmayya travaillaient sous la direction de notre fils, le qass Gergés Al Banna le Maronite, originaire du village d’Amioun à Koura. Nous y avons encore construit un moulin. Ensuite, nous avons ordonné évêque notre cousin, le qass Gabriel, et l’avons envoyé vivre au monastère.

De même, lorsque Abou Mikhaël Antonios de Asnoun est devenu moine, nous l’avons aidé et lui avons édifié le monastère Mart Moura qui était tout en ruine à l’exception de l’église. En fait, nous avons construit la galerie nord et la bibliothèque entre l’église et le rocher, en plus de caves au-dessus desquelles furent élevées deux chambres hautes. Je prie la Vérité loué qu’Il nous accorde l’intercession de ces Saints et les prières des prêtres et des moines qui les servent.

« Puis, la muraille externe du monastère Notre Dame de Hawqa, celle qui est à l’intérieur de la clôture s’est ébranlée et nous avons fait appel aux meilleurs maçons pour la reconstruire, c’était au temps de notre frère, l’Evêque Youssef Sleiman, l’abbé (s’il avait été moine nous aurions parlé de cénobiarque, ce qui n’est pas clair) du monastère cité. Ces jours-là étaient difficiles car la famille Hmadé était éloignée du pouvoir et les états changeaient : louanges à Celui qui change et ne change pas Lui-même. Ensuite, en 1695, les fils Amaïra ont intenté un procès à cause des jardins du monastère Mar Sarkis Ras Annaher au village de Zghorta, nous étions alors absent, mais dès notre retour, nous leur avons payé 30 piastres et annulé le procès devant les villageois. De leur côté, ils nous ont écrit un document certifiant qu’ils ne jouissaient d’aucun droit ni dû au monastère mentionné ni à ses propriétés tant au littoral qu’à la montagne, et ce en 1695.


1697

44- Ce qui suit nous montre une copie de ce que le Patriarche Douaïhy a écrit le 24 Avril 1697 lors de la consécration de l’église Mar Mikhaël Bcharrayya, à côté de Aïntourin. La copie se trouve à la bibliothèque de Bkerki, dans le tiroir du Patriarche Douaïhy, f. 19 :…..


Lettre no 44


1698

45- La lettre suivante parle de l’entrée de Jacob, Evêque des Arméniens, à Mar’ach, au Kesrouan. Douaïhy l’a écrite aux cardinaux de la Sainte Congrégation de la Propagande, le 26 Septembre 1698. Il y raconte comment Jacob avait été emprisonné environ trois mois et comment il s’était enfui, d’abord à Chypre puis à Sidon, ensuite à Harissa où il s’était réfugié chez le cheikh Hosn Al Khazen, préfet au Kesrwan. Enfin, c’est lui le Patriarche qui l’avait recueilli... « puisque la communauté maronite est le refuge de tous ceux qui cherchent l’union avec l’Eglise Romaine.. »
- Rome, Id, f. 23 r v.

Lettre publiée dans « Les Origines Historiques », tome III, p. 50-52.

Honorables et nobles Eminences, après les prières que nous élevons à Dieu pour vous, je vous écris cette lettre pour vous dire qu’après mon arrivée au Kesrwan, s’est présenté devant moi, notre frère arménien Jacob, Evêque de Mar’ach, portant un certificat venant de la congrégation de l’examen de la foi assurant la véracité de sa religion, avec un ordre de la part du vicaire du Souverain Pontife signifiant qu’il lui était possible de célébrer la messe dans n’importe quelle église dans la ville de Rome. Je l’ai ensuite interrogé sur son cas, sur quoi il m’a répondu qu’après avoir quitté la cité éternelle, l’année passée, il était venu à la ville de Mar’ach, et lors de la messe, après avoir mélangé l’eau et le vin dans le calice, il a prononcé le nom du Pape assis sur la chaire romaine, en public. A ce moment-là les cœurs des hérétiques présents se sont emballés et ceux-ci l’ont calomnié auprès du gouverneur musulman qui a ordonné son arrestation et l’a emprisonné quelques trois mois. Après l’avoir avili et condamné à une amende importante, le gouverneur l’a exilé et lui a défendu de dire la messe dans les églises arméniennes, même d’y entrer, alors Jacob s’est enfui de Mar’ach en direction de Tarchich, pour rencontrer notre honorable frère Grégoire, le Patriarche arménien. Cependant, quand les arméniens éloignés de la vraie foi avaient découvert ceci, ils ont déposé une plainte contre l’Evêque, ce qui se traduisit pour lui en une offense et des dommages. Puis, Jacob s’est acheminé vers l’île de Chypre, mais là non plus il n’a trouvé le repos, l’ont alors aidé les moines de Jérusalem qui l’ont envoyé à la ville de Sidon et de là l’ont accompagné au Monastère de Harissa dans les contrées du Kesrwan où il est resté environ un mois et demi. Une fois de plus, il a dû quitter car le diable sema la dispute entre lui et l’abbé qui a fini par le chasser ce qui le poussa à trouver asile chez le cheikh Hosn Al Khazen, le gouverneur du Kesrwan. Pour ma part, aussitôt arrivé, j’ai pris l’initiative de le réconcilier avec l’abbé, mais mes deux ou trois tentatives échouèrent, par la suite je l’ai reçu en toute estime, vu que notre communauté maronite est le refuge de tous ceux qui cherchent l’union avec l’Eglise Romaine, surtout qu’il existe entre les Maronites et les Arméniens Catholiques un ancien engagement impliquant que ceux-ci viendraient parmi nous chaque fois qu’ils arriveront en Syrie, et chez nous ils pourront se confesser, communier, marier leurs enfants et inhumer leurs morts sans la moindre objection. A présent, l’Evêque Jacob attend votre noble directive qui l’assistera avec sa communauté catholique à Mar’ach selon votre digne jugement.

Enfin, après le baisement de vos saintes mains, nous implorons la Vérité loué qu’Il nous garde Votre Honneur, et qu’Il répande, par votre ferveur, la loyauté orthodoxe dans les quatre coins du monde.

Rédigée dans la contrée du Kesrwan, le 26 Septembre de l’an 1698 du Seigneur.

Humble serviteur de Votre Honneur
Stéphan Boutros Patriarche d’Antioche
Sceau


46- Une autre missive expédiée à la Sainte Congrégation de la Propagande. Elle traite du problème déjà cité, à savoir, celui de l’Evêque que les Arméniens non catholiques poursuivaient et que le Patriarche avait accueilli au Kesrwan.
- Rome, Id., f. 251 r v.

47- Cette lettre, le Patriarche l’a rédigée le premier Octobre 1698 et envoyée à Louis XIV, le roi de France, afin de le remercier pour avoir choisi Hosn Al Khazen comme consul de France à Beyrouth, ce qui a fut bien accueilli au Kesrwan. Puis Douaïhy y réitère son aubédience au roi de France.

René Restelheuber a mentionné cette lettre dans son livre :
Traditions Françaises, p. 155.
- Paris, Marine B 7 -218 f. 34.

48- Circulaire adressée aux cénobiarques, rédigée le 15 Novembre 1698. Le Patriarche Douaïhy renouvelle son interdiction aux moniales de vivre dans les monastères des moines, sous peine d’excommunication et de suspension du sacerdoce.

Boutros Chebli l’a publiée, id, p. 188-189 :
Que les bénédictions de Dieu et les grâces du Ciel soient sur nos honorables fils les cénobiarques.

D’abord, nous souhaitons vous voir bien et en bonne santé. Ensuite, nous vous avons déjà recommandé à plusieurs reprises de ne pas admettre des femmes dans les monastères des moines pour sauvegarder la pureté et éliminer les doutes. Cependant, il nous est parvenu que certains d’entre vous ont été si loin dans le tort qu’ils ont accepté dans leurs monastères des moniales de douze ans et certains autres les ont même obligées à porter le noir contre leur gré. Pour cette raison et en vertu du précepte de l’Apôtre Paul, des canons des Saints Conciles et des instructions de nos honorables frères les évêques, nous ordonnons ce qui suit : D’abord, personne n’est autorisé à consacrer une moniale chez les moines, puis, une moniale qui a moins de 60 ans ne peut vivre dans les monastères masculins. De plus, quiconque transgresse ce que nous venons de citer verra son sacerdoce suspendu et la femme qui se consacre moniale à l’encontre de nos instructions sera excommuniée. Mais, en ce qui concerne celles qui sont déjà moniales, nous acceptons les femmes âgées d’au moins 40 ans mais qu’elles portent alors le voile blanc ou bleu, telles des novices et au cas où l’une d’elles ne se conduirait pas bien, qu’elle soit bannie du monastère. De plus, sachez que nous n’avons accepté cela qu’en raison des temps difficiles et pour notre réconciliation parmi les nations étrangères, mais il nous est inconcevable qu’une femme soit en habits noirs ou qu’elle porte un voile bleu et qu’elle aille mendier dans les villages et les villes ou qu’elle marche dans les champs ou bien qu’elle fréquente les hommes, et nous refusons qu’elle passe la nuit hors de sa cellule. La personne qui désobéira à cette recommandation devra répondre aux canons de l’Eglise. Alors soyez très vigilants. Enfin, que la bénédiction et la paix de Notre Seigneur soient avec vous.

Rédigée vers la mi-Novembre de l’an 1698 du Seigneur.


1699

49- Le 5 Novembre 1699, Douaïhy a écrit une note de recommandation concernant Cheikh Youssef Abi Rizk Al Bech’alani, frère de Younes, que le gouverneur de Tripoli avait saisi et empalé le 20 Mai 1697 laissant à la charge de son frère Youssef une famille nombreuse ; et voilà que ce dernier voyageait à présent en France pour demander de l’aide.

Youssef Debs a publié cette note, Al Jame’h…p. 346-347.


1700

50- Lettre en karshouni qui remonte au 20 Mars 1700. Douaïhy l’a écrite au roi de France pour lui décrire la situation des Chrétiens qui étaient la proie, de la part du gouverneur de Tripoli, de nombreuses afflictions : déplacement des familles, emprisonnement, fuite….
- René Restelheuber a cité cette lettre dans son livre Traditions, p. 187.
- Boutros Ghaleb aussi l’a publiée dans « Son Ami et Son Avocat », p. 276-278.

- Paris, Marine, B7 – 218, f. 10.

« Votre Excellence, nous et notre communauté maronite habitant Jebbé au Mont Liban, sommes vos serviteurs et sans cesse, prions le Seigneur pour vous. Nous vous informons que depuis de longues années, nous sommes sous la servitude et l’oppression des musulmans qui ont tellement resserré l’étau en ces temps-ci qu’ils touchent l’argent des prêtres et des moines, des hommes et des femmes, des orphelins et des veuves, des enfants mineurs et d’autres, et ce, après avoir infligé différents types de tourments. »

« Ils ont emprisonné les hommes et les enfants et accroché les femmes aux arbres par leurs seins comme nous avons vu de nos propres yeux. Ceci nous a fendu le coeur, c’était sans précédent jusqu’à nos jours et tellement fort que tous les lieux et les villages de Jebbé sont entièrement dévastés et leurs habitants dispersés dans de lointaines contrées, dans des nations étrangères et non croyantes sans aucune assistance spirituelle. De plus, ils ne se sont pas contentés d’opprimer le peuple mais ont aussi porté atteinte à notre personne et à nos évêques et nous ont avili comme nos ouailles à tel point que nous avons dû maintes fois nous habiller à la façon des laïcs et fuir. Nous avons vécu dans les vallées et les grottes, dans les rocs et les montagnes, sous les intempéries, malgré la vieillesse, pour échapper à leurs mains criminelles. Nous sommes déjà fatigué de tout ceci au point d’abandonner notre Siège et de quitter vers des localités étrangères, mais nous n’avons personne à qui nous plaindre et point d’oiseaux pour nous porter sous l’aile de votre protection, honorable et auguste roi ».

Puis le Patriarche a demandé au roi d’écrire à son ambassadeur à Istanbul afin que ce dernier lui obtienne un édit perpétuel capable de restituer l’argent de Jebbé de façon à ce qu’il redevienne comme inscrit dans le registre du Siège et que les tributs reprennent leur forme initiale relative aux Chrétiens en pays d’Islam. Puis que l’ambassadeur même acquière un ordre à l’attention du gouverneur de Tripoli « qu’il ne discute plus, en aucun cas, avec Jebbet Bcharré et que notre Siège à Qannoubine dépende de votre bourse et soit placé sous le mandat de vos ambassadeurs et de vos consuls ainsi il serait à l’abri des Ottomans et des oppresseurs ». D’ailleurs, de nouveau, nous nous engageons à ouvrir grand les portes de ce monastère devant vos consuls, vos marchands et les autres Francs qui arrivent dans ces pays pour le commerce ou la visite. Si maintenant ce qui précède vous convient, veuillez charger le consul de Tripoli de poursuivre l’affaire et lui-même sera notre défenseur auprès du Pacha et votre ambassadeur chez le Sultan.

« De plus, nous vous mettons Majesté, vous qui êtes notre bienfaiteur, au courant des très grandes dettes sous lesquelles notre Siège ploie depuis un peu plus de 10 ans à cause de la misère et des guerres que nos régions ont connues et à cause des pauvres et des misérables qui ont quotidiennement cherché refuge auprès de nous. Nous avons déployé d’énormes efforts pour les payer, sans y parvenir. En fait, ces dettes ont augmenté et nous ne savons guère que faire ni vers qui nous tourner sinon vers votre clémence et votre compassion. Veuillez donc, pour l’amour de Dieu et de Sainte Marie que nous vénérons, nous assister par votre charité et nous secourir par votre bienfaisance puisqu’il n’y a que votre porte à laquelle frapper et que votre bras fort pour nous soutenir. Enfin, qu’il vous soit connu qu’au cas où vous nous traiteriez avec clémence, vous nous auriez épargné d’énormes difficultés et afflictions et vous auriez sauvé notre communauté et la religion catholique dans cette partie du monde. »

51- Lettre datant du 20 Mars 1700. Douaïhy l’a envoyée à De Torcy pour lui demander que la province des Maronites soit sous l’autorité de Damas au lieu de Tripoli.

- Marine, B7 – 218, f. 8.

52- Douaïhy a expédié cette lettre le 20 Mars 1700 à l’attention de Bonchartran. Il y reprend la requête déjà citée et demande pourquoi les consuls de France ne collectent pas, chez les Maronites, les tributs que Bonchartran fixera, à la place des Turcs. Ainsi les Maronites seraient à l’abri de l’intervention des Turcs.
- Marine, B7 – 218 f. 14

53- Stéphan Douaïhy a rédigé cette lettre qui pourrait remonter à l’an 1700, destinée aux cardinaux de la Sainte Congrégation de la Propagande, les renseignant sur les vexations auxquelles les Maronites à Jérusalem étaient sujets, d’un côté de la part des Franciscains, et de l’autre, des Turcs, à cause de l’église maronite de Mar Gergés. Puis, il leur recommande son secrétaire, le prêtre Alias Assem’ani.

- Rome, Id, f. 267r-268r ; 11v-12v ; 271r-273r.

Elle a été publiée dans « Les Origines Historiques », tome III, p. 34-38.

Honorables et nobles Messieurs,

Les Franciscains tout d’abord, puis moi-même, vous avons déjà exposé le fait que ces moines attaquaient la communauté maronite installée à Jérusalem en ce qui concerne ses anciennes coutumes, ses mariages et son obéissance à ses prêtres et à son Patriarche Antiochien. Vous leur aviez déjà ordonnés une première fois, ensuite avertis de laisser notre communauté en paix et de ne s’opposer en rien à sa conduite irréprochable. Ceci a eu lieu sous l’inspiration du Saint Esprit et en accord avec les saints canons relatifs aux Maronites. En effet, lorsqu’en 1445, Timothée, Evêque des Chaldéens, était entré à Rome avec Isaac, le délégué d’Elie, Evêque des Maronites dans l’île de Chypre, et après avoir juré obéissance au Pape Eugène IV, Sa Sainteté a décrété qu’ils étaient libres avec leurs prêtres et leurs diacres de célébrer la messe dans les églises des Catholiques et réciproquement. En plus, que les excommunications qu’ils lanceraient et les bénédictions qu’ils donneraient, seront reconnues devant tous. Les Chaldéens et les Maronites pouvaient d’autant plus se marier à des Catholiques, enterrer leurs morts dans les cimetières de ces derniers et étaient plus estimés que ceux qui n’appartenaient pas à l’Eglise Romaine. De même quand le Patriarche de la famille Arraz avait décidé d’accepter le nouveau calendrier afin que sa communauté soit en accord avec l’Eglise de Rome, et quand il avait ajouté son décret signifiant l’annulation de certains jeûnes locaux et l’introduction d’un nombre de fêtes et de jeûnes latins, le Pape Paul V a ordonné que soient supprimées toutes ces innovations et que les Maronites adhèrent à leurs anciennes coutumes qui étaient bonnes, parce que le changement (inutile) ne pouvait aboutir qu’à l’outrage et au trouble.

Alors lorsque votre premier ordre est arrivé, les Franciscains sont venus chez moi et m’ont promis par les lettres de Grégoire de Virgile, Gardien des Terres Saintes, que nous pouvions être tranquilles vu qu’ils allaient laisser la situation telle qu’elle avait été dans le temps pour maintenir l’accord et l’amour entre nous. Cependant ceci a changé quand Balthazar Candra a été choisi nouveau Gardien des Terres Saintes puisqu’il a suivi l’opinion de quelques moines et a voulu obliger les Maronites de Akka à rédiger devant le tribunal des Musulmans, un acte indiquant qu’ils obéissaient au Gardien de Jérusalem et non pas au Patriarche Maronite, et ils n’ont changé de politique qu’avec la venue de l’évêque de la paroisse qui les a menacés. Mais une fois de plus, quand Francis de San Flora a remplacé Balthazar, il a béni ce que nous avions proscrit et proscrit ce que nous avions béni, il a aussi enjoint à ses moines à Jérusalem, Akka, Nazareth, Harissa et Chypre de ne permettre à aucun prêtre maronite de brûler de l’encens en célébrant la messe dans aucune de leurs églises. En effet, ils ne visaient qu’à éloigner nos prêtres pour qu’ils puissent diriger notre peuple à leur guise, car en fait, l’encens est accepté dans toutes les églises, en Orient comme en Occident, et les communautés de l’Orient ne peuvent dire la messe sans brûler de l’encens. Alors, de quel droit peuvent-ils gâcher la messe solennelle qui nous est parvenue des Apôtres et qui a été imprimée à Rome ? Ils n’avaient d’autant plus aucune autorisation, ni du Pape ni de n’importe quel Patriarche. Et le prêtre innocent de se dérouter. Sur ce, j’ai envoyé recueillir des attestations de notre peuple et d’autres personnes aussi, dans neuf villes, et nous avons su que les Franciscains avaient versé des sommes d’argent et donné de somptueux habits, des calices en argent et choses diverses cherchant à satisfaire notre peuple, et que quelqu’un avait dit à San Flora que la Sainte Congrégation vous avait ordonné de laisser les Maronites pratiquer leur foi selon leurs coutumes. Enfin, je vous informe Messieurs les Cardinaux que je leur ai donné une conférence pour dire aux Maronites concernés : celui qui désire jeûner qu’il jeûne, et qui aime fêter, qu’il fête et que celui qui veut donner la dîme par charité qu’il le fasse, vu que ces propos sont un « bavardage creux » qui affaiblit les gens sans les engager à faire le nécessaire, et nous n’oublions point que l’Apôtre Paul nous a prescrit de menacer le peuple et de l’exhorter à temps et à contre-temps.

Nobles Messieurs, vous n’ignorez pas que si l’homme supporte l’outrage des hérétiques et les iniquités des incroyants, il souhaite la récompense de Dieu, mais qu’il souffre l’avidité de celui qui est uni avec lui dans la foi…Dieu Lui-même dit que l’homme ne peut servir deux maîtres, car il obéira à l’un et désobéira à l’autre. Donc, voilà près de douze ans que nous sommes dans cette lutte et la procrastination est devenue pour les Franciscains preuve qu’ils ont raison, sinon vous ne leur auriez pas accordé tout ce délai. Dans ce cas, nous demandons votre assistance dans l’une de ces deux cas : soit que les moines de Jérusalem nous rendent le monastère Mar Gergés qui était la paroisse des Maronites, soit qu’ils permettent à nos prêtres d’accomplir leur ministère auprès de nos ouailles, comme ils l’ont déjà fait durant 140 ans, dans leurs églises de même que nous leur permettons de le faire dans les nôtres, ainsi les flammes de la brouille s’éteindront et l’amour et l’accord s’établiront entre la communauté et les Franciscains. N’oublions pas non plus qu’en 1559, Ibn Osman avait ordonné que les moines quittent le Cénacle de Sion, et puis il est certain qu’ils ne s’étaient appropriés l’Eglise du Sauveur qu’en 1561, et pendant ces deux ou trois années ils n’ont pu se réfugier ni chez les Musulmans, ni chez les Chrétiens non catholiques, mais plutôt chez leur interprète Jacob Al Hednani connu sous le nom de Ibn Al Kassar qui les avait reçus à Mar Gergés et dans cette période ils ont célébré la messe uniquement dans l’église du monastère. Ensuite, quand ils ont quitté pour aller vivre dans l’Eglise du Sauveur qu’ils avaient achetée, il est arrivé qu’un serviteur Egyptien est tombé dans le puits de l’église et est mort vu qu’il était lunatique et on l’avait apporté pour que le patron du lieu le guérisse. L’histoire répandue accuse les moines de sa mort parce qu’il les injuriait et les tracassait par ses cris. Pour leur part, les prêtres maronites se sont retirés pour ne pas être incriminés et les Coptes ont payé l’indemnité allouée à la victime et ont pris charge de l’église des Maronites.

Aussitôt que le Patriarche Moussa Al Akkari eut su ce qui s’était passé, il quitta Qannoubine et se dirigea vers Damas où il exposa son cas au vizir Mustafa Pacha et reçut de lui une lettre à l’attention du juge de Jérusalem incitant ce dernier à suivre le procès du Chrétien (dhimmi), le Patriarche de Qannoubine, à lui rendre justice ainsi qu’aux Coptes sans partialité ni biais et à lui restituer son église. Nous gardons toujours cette lettre, avec celle que le Patriarche Moussa avait expédiée au Pape Pie IV l’informant de sa venue à Jérusalem en raison de l’église Mar Gergés parce qu’il avait rencontré Boniface de Ragus préfet à la garde de Jérusalem, et après un long examen ils avaient décidé ensemble que le Patriarche annulerait son procès contre les Coptes et que les prêtres maronites serviraient leurs ouailles chez ces derniers, et ce pour différentes raisons : d’abord les moines et les Maronites étaient unis dans la foi, puis ils étaient peu nombreux et l’église suffisait aux deux partis ensuite de peur que Ibn Osman ne changeât de cœur vis-à-vis des moines et ne les éloignât de la cité comme il les avait déjà exclus du Cénacle de Sion ; ainsi l’église sera infailliblement entre les mains des Maronites, enfin quand la reine Sana avait acheté les églises de Jérusalem à 80000 dirhams, elle en avait donné seulement quatre aux Franciscains, à savoir les églises de la Résurrection, du Tombeau de Marie, du Cénacle de Sion et de Bethléem. De son côté, le prélat Gabriel Ibn Qala’i qui faisait partie des moines de Jérusalem a attesté dans un message envoyé au Patriarche Simon de Hadath en 1494, que la reine avait fait don aux Maronites de la Grotte de la Croix et d’autels spécifiques dans le reste des églises qu’elle avait acquises, de plus elle leur avait obtenu l’autorisation de dire la messe dans les églises des moines et parmi eux. Donc le Patriarche Moussa et Boniface ont compté sur ces raisons et d’autres aussi pour que le premier arrête le procès de l’Eglise Mar Gergès. Dans un livre sur les moines en Terres Saintes, Boniface lui-même a raconté que les Maronites à Jérusalem et partout ailleurs, obéissaient complètement à leur Patriarche et que deux moines les assistaient dans la cité en matière de confession et des affaires de la dhimmi.

Honorables Eminences, si maintenant vous veuillez bien contraindre les moines à choisir l’une des initiatives déjà citées, l’amitié et l’entente demeureront comme auparavant, sinon nous serons obligé de permettre à notre peuple de chercher un sanctuaire chez les Musulmans ou les autres communautés chrétiennes, sachant que les Musulmans ne peuvent laisser une partie de leurs ouailles sans sanctuaire, surtout à Jérusalem en raison du profit qu’ils en tirent, de même quelques-uns des notables chrétiens nous ont proposé des endroits de leurs églises et de leurs monastères mais par égard à l’Eglise Romaine nous n’avons pas voulu consentir.

Ensuite, nous vous faisons savoir que les souverains Pontifes avaient coutume de se rappeler cette communauté maronite et de lui faire don de sommes d’argent et de vases de valeur pour le ministère des Saints Sacrements, de lui imprimer ses livres et de participer aux frais de scolarité de certains élèves du Collège Maronite de Rome dont je fais partie, pour qu’ils deviennent missionnaires, et me voilà déjà depuis plus de trente ans au service du Siège, mais je n’ai mérité que deux chapes que vous avez offertes à nos évêques.

Veuillez vos Eminences ne pas nous oublier puisque nous sommes les protégés du Siège Apostolique et les seuls entre toutes les communautés en Orient à nous combattre corps et âme comme vous devez déjà le savoir par le moyen de ceux qui vous transmettent nos nouvelles. Que votre clémence nous pardonne toute importunité que nous vous aurions causée par la longueur de notre explication mais terre et mer nous éloignent de vous et nous n’avons point de porte à frapper sinon la vôtre. Nous vous confions aussi notre fils, le prêtre Elias Assemani, notre secrétaire que nous avons envoyé vous offrir hommage, vous mettre au courant de notre situation et vous demander de régler la dispute avec les moines de Jérusalem. Daignez encore l’assister pour qu’il soit en mesure de chercher une aide auprès des rois chrétiens, ce qui nous aidera à supporter le joug que les non croyants nous imposent et à s’acquitter d’une part des dettes qui accablent ce Siège Antiochien.
Enfin, Honorables Eminences, au cas où vous auriez besoin d’une quelconque faveur, faites-nous savoir par le moindre signe et nous serons heureux de vous la rendre selon notre capacité.
Pour terminer et après le baisement de vos mains, nous implorons Dieu loué qu’Il ne laisse jamais cette communauté loin de votre noble regard et qu’en votre temps, Il élève Son Eglise.

Elève et serviteur de Vos honorables Eminences
Stéphan Boutros
Patriarche d’Antioche
Sceau


54- Lettre au Cardinal Carlo Berberini, chef de la Sacrée Congrégation, le 20 mai 1700, concernant le même sujet.
Rome, Id. 269 r -270r : 278 rv : 276r – 277r
Publiée dans les Origines Historiques, Tome 3, pp. 39-41.

Illustrissime et Eminentissime,

Nous avons reçu votre lettre qui en dit long sur votre zèle et votre enthousiasme pour construire l’école et la communauté que vous protégez. Puisse le Très Haut donner longue vie à votre Eminence et graver votre nom tel sur un roc immuable pour les siècles.

Nous informons votre Eminence que nous avons écrit à Sa Sainteté Notre Seigneur le Pape Innocent afin qu’il nous entoure de sa miséricorde car les contrées de Jbeil, Batroun et Joubbé où vivent les Maronites, ont été presque entièrement détruites. Les paroisses sont dispersées et nous ne pouvons satisfaire l’excessive injustice de l’Etat et du fouet, ni nous fixer dans notre pays. Nous aidons notre communauté car les papes qui ont précédé aidaient sans cesse les patriarches et la communauté avec des aumônes, des calices, des mitres, des articles de valeur et en faisant imprimer leurs livres. Mais dans les temps que voici, nous n’avons rien eu de cela. S’il est difficile de donner de l’argent, que ce soit l’équivalent en nourriture de l’un de ses évêques et de ses diacres qui servent la cellule apostolique. En cela mérite et souvenir immortel pour votre Eminence et Sa Sainteté.

Nous avons écrit également à Sa Sainteté et à leurs Eminences de la Propaganda à cause du conflit qui a plus de 12 ans entre nous et les moines de Jérusalem qui provoquent nos paroisses, méprisent et changent nos coutumes, et nous violent le pouvoir qui est nôtre depuis des siècles, pendant que nous nous soumettons au Siège Apostolique et que nous nous unissons entièrement à lui dans la foi, le jeûne, le nouveau jugement et autres affaires ecclésiastiques. Si vous l’ordonnez, vous serez de votre côté à Jérusalem, alors ils nous rendront notre église que nous avons perdue à cause d’eux, ou ils laisseront nos fidèles tels qu’ils étaient auparavant. Comme il était convenu entre Boniface le gardien de Jérusalem et votre prédécesseur feu le patriarche Moussa qui mourut pour avoir perdu l’église, et si les moines de Jérusalem ne s’étaient pas engagés à ne pas s’opposer à ses prêtres qui servaient sa paroisse dans leurs églises, il n’aurait pas quitté Jérusalem avant d’avoir récupéré l’église, ou il en aurait été autrement, car l’islam a tiré profit du fait qu’on ne saurait empêcher une communauté d’avoir son temple propre à Jérusalem qui reçoit des visiteurs de tous les pays et de toutes les communautés.

Depuis plusieurs années de désaccord entre nos prêtres et les moines de Jérusalem, on a envoyé plusieurs évêques orthodoxes et représentants du patriarche nous proposant de choisir une église ou un couvent leur appartenant sans que nous engagions aucuns frais. Nous avons rejeté cette offre, car nous craignions que cela n’ébranlât la foi de nos fidèles. En effet, toutes les communautés orientales, même de religions différentes, ont le même culte de Dieu au sein d’une Eglise unique, comme cela est éclatant à l’église de Sayednaya près de Damas, dans celle de St Lazare à Chypre, ainsi que dans les couverts de Tripoli, les églises de Getsemani et de Jérusalem même. Mais pour le respect de l’Eglise romaine, ses missionnaires mêmes peuvent entrer dans nos églises et nos maisons. Or si nous prenons une église aux Orthodoxes, ils n’y entreront pas. De même, les Orthodoxes convertis au Catholicisme et d’autres seront perdants de retourner aux origines, car les Francs n’ont pas de pied à terre à Jérusalem, et nous ne pourrons pas, quant à nous, les accueillir et déranger leur patriarche dans son église.

Pour mettre fin à cela, le mieux serait que les moines de Jérusalem, soit nous restituent notre église, soit laissent nos prêtres officier dans leurs églises comme il fut convenu entre notre patriarche et leurs moines à partir de 1564 ; et qu’ils prennent à ce sujet une décision sans appel afin que cela reste clair entre eux et nous. Et comme nous leur permettons d’entrer dans nos églises et d’y officier, eux aussi nous donnent accès aux églises qu’ils détiennent, suivant une très vieille coutume et les prescriptions des saints conciles. Sinon, comme ils nous empêchent d’officier dans leurs églises, nous sommes amenés à les empêcher d’entrer dans nos maisons et dans nos églises. A Dieu ne plaise, car nous sommes dépositaires d’une même vérité et tout le monde le craint. Si deux ou trois d’entre eux sèment la zizanie par caprice ou par manque de bon sens, de par le respect que nous devons à Votre Eminence et à Sa Sainteté le Souverain Pontife, nous ne pourrons vous déplaire ni nous écarter d’un iota de l’Eglise de Dieu, quand bien même ils nous assument.

Notre enfant le prêtre Elias, notre secrétaire, qui viendra baiser vos basques, achèvera le récit de cette affaire oralement à votre Eminence. Si vous le désirez, vous l’entourerez de votre bienveillance et pendrez la peine de faire en sorte que Sa Sainteté Notre Seigneur le Pape et la Propaganda Fide écrivent aux rois chrétiens pour nous obtenir de l’aide. Vous aurez du mérite et vous nous rendrez service en ordonnant au directeur du Collège de nous envoyer un élève pour servir la sainte messe. Bien que vous ne manquiez pas de serviteur dans ce domaine, nous vous rendrons service volontiers. Nous implorons le Très-Haut afin qu’il garde votre Eminence pour nous et pour la communauté, des années durant pleines de joie et de santé. Nous baisons vos mains.

Fait au couvent de Quannoubine le 20 mars 1700.

Le serviteur de Votre Eminence.

En syriaque : Le serviteur Stéphanus Petrus
Patriarche d’Antioche
(Sceau)


55- A la suite de la médiation de l’évêque Gergès Yammine, Stéphan Douaïhy entérina, en vertu de son pouvoir patriarcal apostolique, les statuts de la vie monastique le 18 juin 1700 :

« Nous avons adopté les quinze chapitres et leur prélude disposés de manière à permettre à nos chers enfants les religieux qui les suivront unanimement, de satisfaire à leurs vœux. Celui qui transgressera l’un ou l’autre de ces chapitres ne sera fautif que s’il s’agit d’une faute grave ou s’il induit dans l’erreur ses frères ou quelqu’un d’autre. En vertu de notre pouvoir apostolique et sur le conseil de nos frères les évêques, nous entérinons ces chapitres et exhortons les religieux à s’y plier pour avoir une sainte mort. Fait le 18 juin 1700 ».

Publié par le P. Louis Blaïbel, Histoire de l’Ordre Libanais Maronite, volume 1, 1924, p. 35. Réédité par le P. Boulos Quarali, Les Perles, 1ère partie, p. 54.

56- Lettre au roi de France dans laquelle le Patriarche lui demande de protéger le couvent de Quannoubine, résidence patriarcale, grevé par les redevances au Wali de Tripoli (fin juillet).

Publiée par Boutros Ghaleb, ami et avocat du Patriarche, 278-279.

« Vos serviteurs les Maronites du Mont Liban et de tout l’Orient sont toujours les seuls à adhérer à l’Eglise Romaine et à vous souhaiter tout le bien. Mais comme ils sont asservis par les communautés occidentales, ils sollicitent la bienveillance de Votre Majesté afin que vous écriviez à votre représentant à Constantinople lui signifiant que le couvent de Quannoubine sis près de Tripoli sera sous votre protection car il est le lieu du Siège Patriarcal d’Antioche. Et comme ce lieu saint qu’est le Liban était sous la protection de Théodore le Grand, roi de Byzance, il sera maintenu dans la foi et la sécurité par votre éminente attention, car l’argent qu’il devait auparavant au pacha de Tripoli se comptait à 200 piastres alors que sitôt que nous avons accédé à la dignité patriarcale, il a atteint les 400 piastres et ne cesse de grimper injustement d’année en année. De même, le pays où nous sommes était grevé de 4000 piastres, puis de 7000 et ça grimpe sans cesse de manière arbitraire vu qu’il est protégé. Voudriez-vous bien prendre en charge ce Siège afin de le soulager par votre clémence infinie et nous serons à jamais reconnaissants à Votre Altesse… »

58- Le 5 novembre 1700, Douaïhy décide d’affecter le Moine Gebraël Hawa de la nouvelle congrégation au couvent Marthe Mora et de garder le Moine Abdallah Quarali au couvent Saint Elisée à Bécharré.

L’arrêté est publié par Boutros Chebli, op. cit., p. 191, par Louis Blaybel, op. cit., pp. 32-33, puis par Boulos Quarali, op. cit., p. 58.

Nous sommes informé du désaccord qui sévit chez nos fils les moines alépins, qass Gebraël désireux de prêcher et de sauver les âmes, et qass Abdallah épris d’ascèse et de récollection, et, concédant à leur demande, nous donnons ordre à qass Gebraël d’être rattaché au couvent Marthe Mora à Ehden et de le construire, à qass Abdallah d’être rattaché au couvent Saint Elisée et de le construire. Les biens communs des frères seront réparties à égalité après acquittement des dettes si elles existent. Chaque frère prendra les vivres et les vêtements dont il a besoin et obéira à celui qu’il aura choisi entre les deux. Cela a été consenti par les deux parties. Puisse le Très-Haut les protéger de son regard et les assister afin qu’ils aient le salut eux-mêmes et les autres. Fait à Quannoubine le 5 novembre 1700 A. D.


1701

59- Lettre au P. Boutros Moubarak, Jésuite maronite qui se trouvait à Rome, dans laquelle il l’informe de ce qu’il a fait pour les communautés orientales, notamment pour le patriarche syriaque Andraos Akhijean. C’était d’ailleurs lui qui avait travaillé pour son ordination, qui lui donnait conseil et qui l’aidait dans ses homélies.
Publiée par Youssef Debs, Recueil… p.p. 362-364, et citée par le P. Boutros Chebli, op. cit., pp. 143-144.

« Outre ce que nous faisons pour notre communauté, nous n’avons guère hésité à aider celles de l’entourage, car feu le consul Francis Becket avait envoyé 20 lettres à feu le patriarche Hanna de Safra pour qu’il ordonne Frère Andraos Akhijean. Mais il n’a accepté que lorsque je suis intervenu et j’ai dissipé les difficultés qui l’en empêchaient. Après être devenu évêque, il a pris la fuite vers le Mont-Liban ; mais pour faire plaisir au consul, je l’ai persuadé de rentrer, l’accompagnant moi-même, le conseillant et l’aidant à écrire les homélies que je lui donnais. De même lorsque Frère Ishaq s’est réfugié chez nous alors que j’étais patriarche, je l’ai gardé deux années durant, aidé et ordonné prêtre. Lorsque ce fut à Pierre, patriarche syriaque, de se réfugier chez nous, nous l’avons accueilli en toute dignité pendant une période de temps. Après lui, c’était aux syriaques Père Nehmé et Frère Sleiman de fuir l’injustice de leur patriarche hérétique et de venir chez nous. Il en fut de même pour Yacoub, évêque arménien de Merech que nous avons accueilli dignement, enjoignant à nos fils à Alep d’accueillir tous les jacobites, arméniens, nestoriens et autres convertis, de les évangéliser et de leur venir en aide. »


1671-1701

60- Consécration d’églises.

Dans VAT. SYR. 310 figure la liste des 27 églises érigées et consacrées par le Patriarche Stéphan Douaïhy :

Eglise                          Localité                  Date
1. Saint Jean                Couvent de Hrache    1671
2. Mar Challita Moqbès  Ghosta                     1672
3. Saint Zakhia              Ajaltoun                   1672
4. N.D. des Champs       Dlebta                      1675
5. Saint Elie                   Zouk Mosbeh            1675
6. Saint Elie                   Haret el-Bellané        1675
7. Notre Dame               Ain Warqa                1680
8. Saint Elie                   Ghazir                      1680
9. Notre Dame               Ghazir                      1683
10. Kyriakos                   Rechmaya                1683
11. Saint Georges           Mejdel Méouche       1684
12. Saint Jean                Salima                     1684
13. Apôtres                    Harissa                    1689
14. Saint Georges           Selfaya                    1690
15. Mar Abda                 Beit Chabab             1er mars 1690
16. Notre Dame              Zghorta                   11 mars 1693
17. Saint Georges           Ajaltoun                  19 février 1696
18. SS Pierre et Paul       Zouk Mosbeh           2 mars 1696
19. Saint Elie                  Sahel Alma              8 avril 1696
20. Saint Georges           Deir Roumieh           13 mars 1696
21. Saint Ephrem            Kfardebian               20 mai 1696
22. Saint Antoine            Qozhaya                  23 avril 1697
23. Saint Michel              Charia                     24 avril 1697
24. Saint Elie                  Ghosta                     8/9/1698
25. Saint Antoine        Couvent Ain Warqa       septembre 1698
26. Marthe Mora             Ehden                      21 mai 1701
27. SS Serge et Bachus   Bécharré                  29 mai 1701

1702

61- Copie d’un arrêté de Stéphan Douaïhy vers fin juillet 1702, approuvé par l’évêque Youwakim Yammine en 1767. Il concerne un différend autour d’un point d’eau. En Karchouni.

- Bkerké, tiroir Patriarche Douaïhy, feuille 22.


62- Lettre au Consul français Estelles, de Saïda du 3 octobre 1702, dans laquelle il rapporte que le Patriarche des Syriaques Jacobites résident à Alep a dénoncé à la Sublime Porte que le Pape avait intronisé le Patriarche des Maronites sans le firman du Sultan. Suite à cette délation, la Sublime Porte a donné ordre au Patriarche Douaïhy de se présenter au Wali de Tripoli pour justifier cela. Dans cette lettre Douaïhy demande la protection du Consul Français à Saïda et Alep.

Cette lettre a été signalée par Boutros Ghaleb, Son ami et son avocat, p. 284-285, et par le Consul Estelles, dans sa lettre à Bonchartreine le 25 octobre 1702, publiée par Adel ISMAIL, Documents Diplomatiques et Consulaires…pp. 47-52.

63- Un mois et demi avant sa mort, Douaïhy approuve une lettre de Youhanna Chalhoub adressée à Rome le 18 mars 1704.
- Rome, Id., f. 320 rv.

64- Le Consul Français à Tripoli signale une lettre que le Patriarche lui a adressée après avoir été agressé par Cheikh Issa Hémadi, dans laquelle il lui demande d’envoyer le deuxième interprète du Consulat Mr. Torbay. Cela en vue d’avoir la protection de la France et par conséquent, sa demande a été honorée.

* Voir référence à cette lettre dans les archives du Ministère Français des affaires étrangères :
A.E.B1 1114, Tripoli de Syrie, C.C. 1667-1715, f. 34 rv.


Arrêté no 61

Lettres non datées

65- Lettre aux élèves du Collège Maronite de Rome dans laquelle il les exhorte à acquérir le savoir et à se parer de vertus et de bonnes actions, afin que leur science et leur action profitent au prochain. Il les invite également à s’aimer les uns les autres et à être obéissants à leurs supérieurs.

- Publiée par Rachid Chartouni, Histoire de la Communauté Maronite, Beyrouth, Imprimerie Catholique, 1890, pp. 18-19.
- Republiée par le Père Mikhaïl Gebril, Histoire de l’Eglise antiochienne syriaque maronite, Baabda, 1904, volume 2, 1ère partie, pp. 512-513.
- Republiée par l’Abbé Boutros Fahd, Patriarches et Evêques maronites, XVIIe siècle ; 1984, pp. 197-198.

Chers enfants, Bénédiction et Salutations,

Dieu le Père sait à quel point nous avons envie d’avoir de vos bonnes nouvelles en matière d’études et d’observance de la sainte loi de Dieu. Assoiffés de sciences divines, vous avez quitté parents et pays, enduré voyage et vie à l’étranger. Appliquez-vous donc à étudier pour que la fin ressemble au commencement et que la réussite finale découle des bonnes prémisses. Si vous avez, dès votre bas âge, préféré la science aux parents, il vous faudra vous dépenser pour l’acquérir des nuits blanches durant. Tel un arbre planté sur un cours d’eau ne peut pas ne pas donner de fruits et telle une bonne terre regorgeant de pluie n’est point pauvre en récoltes, vous, qui puisez nuit et jour au pactole de la science, croissez, nous en sommes sûr, dans l’action, dans la science et dans la vertu. Quant à nous, nous nous engageons à récompenser vos efforts, dès que vous serez de retour couronnés de sciences et de vertus, en vous affectant aux meilleurs postes. L’élève paresseux ne saurait comment comparaître devant nous et nous ne saurions comment le récompenser autrement que par la parole du Christ : « Celui qui a beaucoup en recevra davantage, et celui qui a peu sera privé de ce qu’il a ». Nous voudrions, chers enfants, que vous soyez à même de la grâce que vous avez reçue et que vous ne preniez pas à la légère ce pour quoi vous avez été appelés, car le Seigneur vous a choisis parmi des milliers, vous a élevés au rang des savants et vous a tout donné afin de vous parer de vertus et de bonnes actions, dans l’espoir que vous serez utiles au prochain par votre science et votre action. Nous savons que le chemin n’est pas sans embûches et que la vie de l’homme ici-bas est toute pétrie de fatigue. Celui qui endure patiemment les difficultés et qui s’applique tout au long de l’année, verra ses talents fructifier et sera couronné. Nous vous exhortons surtout à vous aimer les uns les autres et à obéir à vos supérieurs. Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous et vous donne perspicacité, savoir et action. Amen.

66- Lettre ayant le même objet que la précédente.

Publiée par :
- Rachid Chartouny, op. cit. pp. 19-20.
- P. Mikhaïl Gebril, op. cit. pp. 513-514.
- Abbé Boutros Fahd, op. cit. pp. 198-199.

Chers enfants, vous n’ignorez pas que la moisson est nombreuse et que les ouvriers sont peu nombreux. Si nous vous avons séparés de vos parents et de votre pays, et envoyés par terre et par mer, dans des pays lointains, c’est pour que vous appreniez la science divine à sa source et qu’à votre retour vous la mettiez au profit des autres en faisant fructifier vos talents. L’Orient a besoin, en effet, de gens qui enseignent, éduquent et réconfortent en ces temps de persécution. Combien y en a-t-il parmi vous qui s’engagent à travailler suivant le dessein du Siège Apostolique qui a fondé les écoles et ordonné les biens ecclésiastiques dans l’intérêt du prochain ? Quiconque néglige ce pour quoi il a été appelé sera jeté dans les ténèbres. Pour cela, nous vous conseillons, chers enfants, de ne pas perdre le temps dans l’oisiveté et de ne pas détester la dignité à laquelle vous êtes appelés, car elle n’a rien à envier à celle des saints apôtres élus par le Christ pour prêcher le monde entier. Dieu vous a choisis par notre intermédiaire afin que vous rentriez au pays dispensant le savoir au prochain et éduquant le peuple par vos homélies et votre ministère des saints sacrements. Lorsque le Maître sera venu et aura vu vos œuvres, il vous donnera ce qu’il vous a promis à l’instar des partisans intègres qu’il a installés, comme promis, sur les douze sièges. Quant au paresseux qui aura négligé le talent de son maître se donnant aux vaines tâches de ce monde plutôt qu’à celles de l’Esprit, il aura en partage le feu de la géhenne, lieu de lamentations et d’avarice infernale. Que Dieu nous en garde ! Nous vous en conjurons donc par Notre Seigneur d’être vigilants et de ne pas perdre le temps à des vanités car le temps est précieux. Obéissez à vos professeurs à vos directeurs, soumettez-vous et communiez très souvent, appliquez-vous à cultiver les vertus et à demander de l’aide, dans votre intérêt et dans celui des autres. Quiconque suivra nos paroles, aura davantage de grâce et de bien de la part du Seigneur et gagnera notre plus grande estime. Celui qui vous a appelés à l’état où vous vous trouvez, se charge de vous accorder la grâce nécessaire pour que vous compreniez tout cela. Paix du Seigneur et bonne chance.


67- Lettre à Cheikh Abou Daher Yazbek de Ghazir. Le moine antonin Antoine Daou en a publié une copie intitulée: « Le Patriarche Stéphan Douaïhy Père de l’histoire libanaise » dans le journal « Al-Nahar » du 12 juillet 1970, p. 8-9. La lettre est en arabe et en voici une photocopie :


Lettre du Patriarche Stéphan Douaïhy au Cheikh Abou Daher à Ghazir.


68- Lettre-réponse à l’évêque Gergès Habquouq (+ 1703) sur les problèmes financiers du Siège Patriarcal. Publiée par Boutros Chebli, op. cit. pp. 167-170. Cf. Bkerké, registre Douaïhy, volume 2.

« Nous accusons réception de votre lettre dans laquelle vous rapportez que tout le monde vous en veut pour avoir interdit aux évêques Gebraïl et Raïfouni de percevoir les dîmes des paroisses. Les cheikhs ont l’habitude d’intercéder auprès de nous et auprès de ceux qui nous ont précédés et ils sont écoutés. Cher frère, nous vous remercions pour les meilleures dîmes versées au patriarche et celui qui occupe ce poste ne peut prétendre à aucun droit sur ce poste. Les évêques de ce temps ne sont pas meilleurs que les évêques Isaac Chedrawi et Mikhaïl Ben Saadé Al-Hasrouni, savants qui ont composé et publié des livres tout en n’étant pas eux-mêmes responsables d’une paroisse. Celui qui nous demande une paroisse, qu’il aille s’installer, comme à l’accoutumée, dans les fermes de Brissât, Blaouza, Kfarzaïna et Ser’el, et qu’il lutte pour nous auprès des cheiks et des gouverneurs. Mais qu’il s’envole de ses propres ailes, se fasse un clan, transfère ailleurs les biens de Quannoubine et me laisse me morfondre dans la solitude, cela ne se fait ni ne se conçoit. L’évêque Gebraïl al-Blouzani n’a été ordonné évêque par notre prédécesseur et envoyé à Alep, qu’à la condition de ne percevoir aucune dîme même s’il réside à Quannoubine. Or il ne nous a remis ni tiers, ni moitié. Quant à l’évêque Youssef Moubarac (Raïfouni), dès qu’il tombe sur un livre ou sur un vêtement ecclésiastique, il le rafle et l’emmène à Raïfoun. En outre, c’est lui qui, de par son rapprochement des cheiks, a fait perdre à Quannoubine trois cents piastres pour les mulets de Aqoura et à nous, deux sacs de drachmes versés à l’Etat et à d’autres lors de notre voyage au Chouf l’an dernier. C’est lui et son frère qui m’ont créé des problèmes dans l’ordination de l’évêque étranger (le franciscain espagnol Julianos Ramirez). C’est lui seul aussi qui empiète sur les paroisses des autres, sème la zizanie entre les cheikhs et ordonne des moines contrairement aux règlements de l’Eglise. C’est lui qui a incité les cheikhs à ne plus nous verser les dîmes. Mais il n’y peut rien, car il est lié à un autre lieu dont il doit s’occuper. Vous nous parlez de l’intercession des cheiks. Soit. Nous leur vouons amour et estime, mais sans exagérer de sorte qu’il n’y ait dégât pour le patriarcat, ni injustice pour le patriarche. Aujourd’hui, ils sont tous et en tout contre le patriarcat et le patriarche, même notre frère qui veut tirer profit de moi quand bien même j’ai besoin de lui. Feu cheikh Abou Nader al-Khazen avait demandé au Patriarche Youssef Halib Al-Aquoury de permettre à l’évêque Karmseddani de percevoir la dîme de Kesrouane pendant un an seulement. Vous, moi et tant d’autres connaissons la réponse du patriarche -une page entière- dans laquelle il refuse son ingérence dans le Kesrouane. De même, que de fois feu cheikh Abou Nawfal m’a dit devant vous et devant d’autres : Béatitude, le patriarcat est à vous et c’est vous le chef. Quand vous recevrez de moi une lettre d’intercession, tenez – en compte si vous jugez que c’est bien, sinon déchirez-la et renvoyez celui qui vous l’aura apportée. Feu cheikh Abou Quanso et cheikh Abou Nassif ont reconnu avoir reçu des évêques des tas de lettres nous concernant et dont ils n’avaient pas tenu compte. Ils nous écrivaient de faire ce qui nous convenait. Leurs enfants mêmes se sont plus d’une fois engagés à ne pas s’opposer à nous tant dans des affaires d’évêques que dans des affaires de paroisses ; nous gardons leurs lettres. A présent et sous votre protection, ils ont soulevé contre nous toutes les paroisses, et au lieu de nous soulager dans notre peine et dans le pétrin où nous nous trouvons -ce que vous-même et d’autres n’ignorez pas- ils veulent en rajouter. Nous aurions voulu nous installer dans le Kesrouane, mais ce sont seulement les problèmes qui nous séparent. Bref, mon frère, je suis toujours affecté par la compagne de Quannoubine, elle continue de m’accabler et je ne pourrai donc donner les dîmes de Quannoubine qu’à celui qui cherchera le fruit de son travail et s’installera chez moi. Mais qu’il vienne manger et boire à Quannoubine tout en étant rattaché à un couvent, à des parents ou à des enfants, cela ne se pourra. C’est tout ce que je dirai. C’est satisfaisant pour nous, pour vous, pour les cheikhs et pour toute la communauté. Soyez-en informé. Nous réitérons la bénédiction et la paix. En effet, nous voulons la prospérité du patriarcat, et quiconque cherche le contraire ne visera que son intérêt propre. »


69- Lettre à Abdallah Ibn Sarkis en Karshouni.

MS Paris Syriaque 334, feuille 20.

« Bénédiction et grâce sur Abou Abdallah Ibn Sarkis. Nous vous informons que les ressortissants de votre village ont décompté l’argent dû à notre fils Cheikh Abou Moussa Ghanem. Ils ont payé leur part mais il vous reste à régler la vôtre qui s’élève à cinq piastres. Vous êtes prié de les lui envoyer, ce que vous n’ignorez pas.

La personne cité est un chrétien dhimmi qui a déjà travaillé avec vous. C’est ce que j’ai appris. Encore une fois bénédiction et paix. »


70- Arrêté de Douaïhy concernant un litige entre P. Hanna Mouhaseb, supérieur du Couvent Mar Challita Moqbès, et la superieure du Couvent Saint Jean Hrache.

Publié par le P. Ibrahim Harfouche, « Vieux couvents au Kesrouan », in Al-Mashreq 5 (1902), pp. 302-303 :

Stéphanus Petrus Patriarche d’Antioche
(Sceau)


Bénédiction, grâce et Saint Esprit sur nos chers enfants le Père Hanna, supérieur du Couvent Mar Challita Moqbès, et Sœur Mariam, supérieure du Couvent Saint Jean Hrache. Nous avons bien envie de vous voir en bonne santé. Nous avons appris que vous vous êtes disputés au sujet de la Zira et du moulin en ruines. D’après le Père Sarkis, l’Evêque Gergès atteste que le Patriarche Youssef a discuté avec eux la question de la maison Saint Pierre, et cela est connu puisque ladite maison a toujours été, d’après l’Evêque Gergès lui-même, aux mains des patriarches. Toujours selon le Père Sarkis pré-cité, notre fils Frère Ephrem s’est mis d’accord avec sa sœur la pèlerine Rafqa pour qu’elle continue à lui donner des roseaux puis ils sont morts sans aucun changement à cet accord. Sous notre mandat, vous vous êtes disputés, puis vous avez convenu que Père Hanna prendrait deux ou trois fagots de roseaux ; cela dure depuis six ans. Vous êtes unis par des liens de parenté et les deux endroits sont des biens ecclésiastiques. اa ne vaut pas le coup que vous vous disputiez. La supérieure de Hrache donnera chaque année au supérieur du couvent Mar Challita Moqbès 100 roseaux d’un an et 50 de deux ans d’un commun accord qui dissipera tout litige. Nous vous confirmons cela et redemandons bénédiction et paix. Fin.


Conclusion

Le Patriarche Stéphan Douaïhy vint après l’Evêque Gibraïl Ibn al-Qilaï. Penseur et écrivain de culture universelle et d’une exceptionnelle fécondité intellectuelle, il l’a surpassé, s’opposant parfois à lui, grâce à son savoir certain, sa méthodologie sérieuse et sa langue scientifique. Ses recherches sont axées sur l’histoire et la liturgie, visant la glorification de la nation maronite et l’intérêt des Maronites. Douaïhy est considéré comme le premier historien maronite sérieux, ayant, par de nouvelles preuves, mis l’accent sur ce qu’avait déjà exprimé le poète populaire Ibn al-Qilaï, à savoir, la pérennité de la foi authentique des Maronites qu’il a farouchement défendue. En vue de défendre l’autonomie de son Eglise et de son droit historique et pour faire face aux pratiques ecclésiastiques qui pouvaient générer l’oppression, le Patriarche a recueilli, depuis qu’il était curé à Ehden et à Alep, un grand nombre de manuscrits liturgiques et historiques, les a révisés, corrigés et reformulés. Par ses commentaires et ses explications détaillées, en fonction des données disponibles, il a éveillé, chez le clergé et les fidèles, l’amour et le développement de la liturgie. Ses œuvres dans ce domaine ont une influence toujours actuelle. Aussi est-il considéré comme le premier savant de l’Orient chrétien à avoir redonné son importance et son caractère sacré à la liturgie maronite jusqu’alors négligée.

En matière d’histoire, tant religieuse que civile, il est parvenu à l’excellence au point d’en être le pionnier.

Sources et Références


I- Sources du Patriarche Stéphan Douaïhy

Nous signalons dans ces pages quelques sources de Stéphan Douaïhy. Elles sont musulmanes et chrétiennes, arabes et étrangères. Certaines ont été rapportées par lui sur un brouillon retrouvé dans le manuscrit de « l’Histoire des temps », d’autres signalées, quoique partiellement, au cours du récit des événements. Douaïhy est supposé avoir consulté ces sources lors de ses études à Rome et de ses déplacements entre Alep, le Mont Liban et Chypre.

A- Sources arabo-musulmanes

1- Al-Tabri Ibn Jarir (224-310 H.) : Abou Jaafar Mohammed Ibn Jarir Ibn Yazid Ibn Khaled Al-Tabri al-Amily, auteur de la grande interprétation et de la célèbre histoire qui nous intéresse : Histoire des nations et de rois, connue sous le nom de : Histoires de apôtres et des rois. Publié à Liden de 1876 à 1901 en 13 volumes. Nous ne savons rien des manuscrits de l’Histoire des nations et des rois ni de la possibilité de les trouver dans les bibliothèques de Rome. Nous tendons à croire que Douaïhy a compté sur Ibn Amid qui s’était lui-même référé à Al-Tabai. Son Histoire débute à l’avènement de l’Islam et prend fin avec le décès de Moustazher Bellah.

2- Ibn Al-Jaouzi « Sibt » (572-654) : Auteur de : Miroir des temps dans l’histoire des notables, en 40 volumes. Publié à Chicago en 1907. des extraits avec traduction française en ont été publiés dans le volume 3 de la collection Histoires de Croisades (Paris 1872). L’Histoire commence avec les commencements de la créature jusqu’à la mort de l’auteur. Douaïhy s’y est référé dans l’Histoire des temps, cf. édition de l’Abbé Fahd, chapitre 8 numéro 28.

3- Aboul-Fida (672-732 H.) : Sultan Iman et roi Imadeddine Aboul-Fida. Auteur du calendrier des pays et d’un Abrégé des nouvelles des gens qui comprend certaines dates anciennes et musulmanes et qui résume environ 20 volumes de l’Histoire complète d’Ibn Al-Athir et autres. Publié à Copenhague en 1789/1794 A.D. L’Abrégé est publié en 1286 H. à partir d’une édition européenne en Asitana.

4- Ibn Khilliquan (608-681) : Juge des juge Chamseddine Aboul-Abbas Ahmad. Né près de Mossul, il a voyagé en Syrie et en Egypte. Auteur du Livre de la mort des notables et Nouvelles des enfants du temps. Un seul volume en a été publié par les soins du Baron de Slan à Paris en 1838/1842 A.D., puis à l’imprimerie Boulaq en 1835/1850, à Téhéran et à Amsterdam.

5- Al-Koutoubi « Ibn Assaker » (686-764 H.): Auteur de Morts et dates, dont une copie manuscrite est disponible à la bibliothèque Vaticane. Douaïhy le cite dans son Histoire de Temps. Cf. édition Abbé Fahd, chapitre 9 numéro 38.

6- Yaquout Al-Roumi Al-Hamawi (575-626 H.): Auteur du Dictionnaire des pays pour connaître villes, villages, destructions, constructions, plaines et déserts de partout. Publié en 6 grands volumes par les soins de Westenfield à Leipzig en 1866/1873, puis à Beyrouth en 1957. Douaïhy le cite dans « l’Histoire des Temps », cf. édition Abbé Fahd numéro 38.

7- Ibn Assaker (499-571 H.) : Auteur de la Grande Histoire de Damas, citée par Douaïhy dans l’Histoire des Temps, cf. édition Abbé Fahd, chapitre 9 no 27.

8- Chamseddine Al-Zahabi (673-748 H.) : Auteur des Etats islamiques que Douaïhy appelle Histoire de l’Islam. Le livre s’arrête à l’année 715 et il est prolongé par Sakhawi jusqu’à 744. cité par Douaïhy dans Histoire des Temps, cf. édition Abbé Fahd, chapitre 9 no 27.

9- Al-Masoudi (+ 956 A.D.) : Il naquit à Baghdad, puis vint en Egypte et voyagea en Perse, en Inde, en Chine… Auteur de Avertissement et Surveillance et les prés de l’or et les minerais des perles.


10- Ibn Sbat, Hamza Ibn Ahme : Son Histoire des princes Tannoukhis d’Occident relate les événements de 527 H. à 922 H. Cité par Douaïhy dans Histoire des Temps, édition Abbé Fahd, chapitre 9, no 6, 37, 41, 47.

11- Al-Idrissi (493-560 H.) Abou Abdallah Mouhammad Ibn Idriss le Sicilien, de la famille des Alaouites. Auteur de « Promenade de celui qui désire percer les horizons » dont une partie a été traduite en latin à Rome par Gibraïl Al-Sahyouni et Youhanna Al-Hasrouni, et publiée à Paris en 1619. La partie qui traite de Palestine et de Damas a été publiée en Allemagne en 1885 après Leipzig en 1828.

12- Ibn Al-Athir Ezzeddine (555-630 H.): S’est déplacé entre Mossul, Baghdad, Damas et Jérusalem. Il était un Iman retenant les dates et expert en généalogie arabe. Auteur de « Histoire complète » qui commence depuis les débuts des temps et finit en 628H. Une partie en a été publié dans la Bibliothèque des Croisades en 1872 à Paris.

13- Al-Hariri, Sayed Ali Efendi : Auteur de Histoires éclatantes des Croisades. Cité par Douaïhy dans Histoire des Temps, édition Abbé Fahd, chapitre 6 no 5, 6, 41, 57, 59, chapitre 9 no 1, 27 et chapitre 10 no 2.

B- Sources arabo – chrétiennes

14- Ibn Al-Amid, Cheikh Gergès Ibn Elias Ibn Abil-Makarem Ibn Abi-Tayeb le Syriaque, décédé à Damas en 1273. Auteur d’une histoire célèbre commeçant par la création et finissant à l’hégire. Il est en 2 volumes, le premier traite de l’histoire ancienne jusqu’à l’avènement de l’Islam, le second traite de l’histoire des musulmans depuis le débuts jusqu’au sultan Baybars en 1260 A.D. Publié à Leiden en 1625 par l’orientaliste Thomas Erpenius. Son titre latin est : Histoire Saracenica. Ibn Al-Amid résume dans ce livre l’histoire de Al-Tabri en abrégeant les longes explications et les détails. L’étude précise de l’Histoire des Temps de Douaïhy montre que cet ouvrage est en grande partie inspiré et parfois copié du livre d’Ibn Al-Amid publié à Leiden. C’est à ce dernier que Douaïhy se serait également référé dans son livre « Histoire des musulmans » ou dans « l’Histoire des Temps » vu qu’il s’en trouvait un manuscrit à la Bibliothèque Vaticane sous les nos 168 et 169 ainsi qu’à la Propaganda Fide sou le no 11.

15- Aboul-Faraj Barhebraeus (623-685 H.) : Grégoire Aboul-Faraj Ibn Haroun l’histoire et le médecin chrétien. Il s’est illustré en philosophie, théologie, grammaire, poésie syriaque et histoire. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont l’Histoire abrégée des pays auquel s’est référé Douaïhy.

C- Sources Maronites

16- Gibraïl Ibn Al-Qilaï (1447-1516) : Né à Lehfed, il devint franciscain et passa un long séjour à Rome avant de rentrer au Mont-Liban et de finir sa vie en évêque maronite de Chypre. Auteur de plusieurs ouvrages de théologie, d’histoire, de droit et de poésie populaire.

17- Ibrahim Haqilani.

18- Merhej Namroun Al-Bani et d’autres élèves du Collège Maronite de Rome.

19- Eusèbe de Cesarée (165-340), Chronicon et historia ecclesiastica.

20- Théodoret de Cyr. Religiosa historia philothea.

21- Ghillaume de Tyr, Historia rerum… Chap. VI no 14, 30, 32, 37, 50.

22- Etienne de Lusignan, Corografia e breve storia universale dell’isola di Chipro, Bologne, 1573.

23- THEOPHANES, Chronographia de 284-813.


24- BURCKHARDT, Descriptio Terrae Sanctae.

25- Fransesco SURIANO, Trattato di Terra Santa e dell’Oriente.

26- Jerolamo DANDINI, Missione apostolica al patriarca e Maroniti dell Monte Libano, Cesene, 1658.


II- Sources et Références de la recherche

A- Documents du Patriarcat Maronite – Bkerké

Nous mentionnons ci-après 22 documents cités par le P. Ibrahim Harfouche, Missionnaire Libanais, dans son Indes du 2e tiroir de Douaïhy :

1- Cahier des comptes du Patriarcat en Karshouni. Il remonte à 1670, début du patriarcat de Douaïhy.
2- Traduction française de la « Biographie abrégée de notre père le Patriarche Mar Estéphan Douaïhy le Maronite, Patriarche d’Antioche, par Semaan Aouad Al-Hasrouni le Maronite ». Traduction d’un manuscrit VAT. SYR. 400. Traduction non datée et anonyme.
3- Copie d’une lettre de Douaïhy au Cheikh Abi-Qanso Al-Khazen à partir de l’original conservé chez Cheikh Rchaid Saleh Al-Khazen al-Khoury Boutros Chebli (Evêque) le 26 décembre 1905 ; au sujet du titre du consulat et de sa perte… et autres. (voir texte ailleurs dans cette étude).
4- Feuille portant quelques ouvrages de Douaïhy.
5- Attestation d’après les ouvrages de Douaïhy concernant l’administrateur du pardon.
6- Lettre originale de l’Emir Béchir I aux Cheikhs Khazen qui concerne Douaïhy et qui lui donne satisfaction. (Publiée par Boutros Chebli, op. cit. 245-246). (Voir texte ailleurs dans cette étude).
7- Copies concernant le Consulat de Hosn Al-Khazen et le voyage de Jean Marmacon… En arabe traduites du français. L’original est perdu, d’après les écrits de Douaïhy. (Voir documents no 3).
8- Lettre de blâme de Douaïhy à l’évêque Gergès Habqouq. En karshouni, publiée par Chebli, op. cit. p. 167-170.
9- Lettre de Béchir I à Douaïhy dans laquelle l’Emir tente de rassurer Douaïhy qui a été offensé par Issa Hamadé (voir texte ailleurs dans cette étude).
10- Lettre du secrétaire du Wali de Tripoli concernant l’objet du document no 9, dans laquelle il dit qu’il a expliqué au Cheikh Rizk de lui faire part de propos particuliers et de se présenter au patriarcat. (voir texte ailleurs dans cette étude).
11- Lettre du secrétaire du Wali de Tripoli ayant le même objet et dans laquelle il dit qu’il a écrit à l’Emir Béchir et à Ismaïl Hamadé lui montrant son mécontentement.
12- Titre de propriété de la ferme de Eghbé dans le Kesrouane (copie de l’original perdu), datée du 23 septembre 1681.
13- Ecrits de l’Evêque Youssef Moubarac au sujet de la Chirotonie de Douaïhy, 1683.
14- Liste en italien des noms des élèves de Rome, Douaïhy en tête, copiée du livre du 100e anniversaire du Collège de Rome publié en 1685.
15- Poésie populaire du Qass Elias Owaïda Al-ghaziri sur les élèves de Rome (en Karshouni).
16- Document sur le désaccord entre l’évêque Gergès Yammine et l’évêque Gebraïl, copié du registre du couvent carmélite Saint-Joseph à Becharré, en italien, 1695.
17- Lettre du Wali de Tripoli à Douaïhy pour le rassurer et l’informer que le Consul payera l’argent pour le patriarche et qu’il doit retourner à son siège, (original arabe), 1695 A.D. – 1107 H. (voir texte ailleurs dans cette étude).
18- Du Wali de Tripoli à Douaïhy pour le rassurer et qu’il ne doit s’inquiéter au sujet du moulin et du terrain qu’il a achetés à Abou Keyrouz. (1696).
19- Document copié du Patriarche Douaïhy concernant sa consécration de l’église saint Mikhaïl Charia près de Aintourin (1969). (voir texte ailleurs dans cette étude).
20- Lettre de Arslane Mohammad Wali de Tripoli pour rassurer Douaïhy et lui dire que l’interprète Torbey l’a informé de l’agression contre les ânesses du couvent de Quannoubine (1109 H. – 1697 A.D.) (voir texte ailleurs dans cette étude).
21- Lettre de Arslane à Douaïhy pour le rassurer et l’inviter à s’installer tranquillement à Quannoubine. (1697). (voir texte ailleurs dans cette étude).
22- Copie d’un arrêté de Douaïhy approuvé par l’évêque Youakim Yammine en 1667 concernant un différend sur un point d’eau.

B- Documents de la Propaganda Fide – Rome

Nous nous sommes limité à la correspondance de Douaïhy disponible dans le volume 235 :

ASPF, SOCG, 235.
ASPF, SRC, vo. I.
ASPF, Scrit. Non rif., vol. I.

C- Bibliothèque Vaticane

- VAT. SYR 400 comprenant la « Biographie abrégée de notre père le Patriarche Mar Estephan Douaïhy le Maronite, patriarche d’Antioche, par Semaan Aouad Al-Hasrouni le Maronite ».
- ASV. T. 71, f. 259 r.

D- Archives des Jésuites – Rome

- Rome, ARSI, GAL. 96 I, f. 99, 259 r.

E- Bibliothèques de Paris

1- Paris Syriaque, 334, feuille 18 z.
2- Paris Arabe, 4622.
3- Paris, Marine, B& - 218.
4- Archives Nationales, A.E. B1 1114. Tripoli de Syrie, C.C. 1667-1715.

Les Références

Nous rapportons, dans ces pages, dans un tableau et par ordre alphabétique, les derniers livres et articles édités dans les magazines et les revues arabes et étrangères, qui on mis en relief la vie du Patriarche Stéphan Douaïhy et ses ouvrages édités.

1. Abi Fadel, Dr. Rabia’, “Stéphan Douaïhy est né le 3 août et la mer et Liban” Article dans le Journal “Al-Nahar”, 6 Août 1987.
2. Barakat, P. Boutros, “Histoire d’Ehben” (originaux et références), Beyrouth, 1984, p. 25-32.
3. Breidy, Dr. Michel,“Cohésion de la poésie religieuse et de la Musique dans el-Chéhimé de l’hebdomadaire pour les Syriaques Maronites”, El-Koubeiyat, 1971.
4. Breidy, Dr. Michel,“Les principes fondamentaux pour étudier les ouvrages de Douaïhy et pour publier ses manuscrits”
“Al-Manara”, 1981, p. 532-545.
5. Breidy, Dr. Michel, “Douaïhy avait-il raison de nier le témoignage du livre al-Hoda sur les origines des Maronites?”
“Al-Manara”, 1982, p. 405-425.
6. Breidy, Dr. Michel, “Pourquoi Douaïhy a été trompé par l’introduction du Ibn-Al-Taïb dans l’Evangile selon Mathieu?”
, “Al-Manara”, 1983, p. 261-274.
7. Bleïbel, P. Louis, “Histoire de l’Ordre Libanais Maronite”MG 1, Egypte, 1924, p. 19-47.
8. Mgr. Boutros Gemayel, Poésies de Gibraïl Ibn Al-Kilaï, Dar Lahad Khater, 1982, p. 209.
9. Gemayel, P. Nasser, “Tableau des noms des élèves du Collège Maronite”, “Al-Manara”, 1984, p. 97.
10. Gemayel, P. Nasser, “Succession des Patriarches Maronites par le Patriarche Boulos Massaad”
, “Al-Manara”, 1985, p. 55-70.
11. El-Hage, Dr. Kamal Youssef, “Les indices de la pensée humaine” “Abrégé de Philosophie Libanaise”, Jounieh (sans date), p. 346-351.
12. Harfouch, P. Ibrahim, “Les anciens couvents de Kesrwan” traduit par Douaïhy d’après “Tarikh Al-Azminat” “Al-Machreq” 1902, p. 686-697.
13. Harfouch, P. Ibrahim, “Les trésors cachés de nos Révérendissimes Patriarches. Les emprunts de Douaïhy”
“Al-Manara”, 1932, p. 490-504-582-596, 719-722.
14. Harfouch, P. Ibrahim, “Les Elèves de l’Ancien Collège Maronite Romain”, “Al-Manara”, 1935, p. 741-742.
15. Harik, Elia, “Le changement politique dans l’Histoire du Liban moderne”, Beyrouth, 1982, p. 101-103.
16. Khazen, Semaan, “Histoire religieuse d’Ehden”, Beyrouth, 1939, p. 85-101.
17. Khater, Antoine, Moine Libanais, “(Douaïhy ) Homme de notre Histoire”, “Al-Sanabel”, (1955), p. 82-98.
18. Khoury, P. Emmanuel, “Stéphan Douaïhy : Patriarche Liturgique” “Al-Manara”, 1984, p. 425-440.
19. Khoury, P. Youhanna Yachou’, “Patriarche Stéphan Douaïhy de Ehden”, “La Revue Sacerdotale”, 1957 et 1958 (La revue théologique) tiré à part.
20. Dagher, Mgr. Youssef, “Les Patriarches Maronites”, Beyrouth, 1957, p. 307-313.
21. Debs, Mgr. Youssef, “Histoire de la Syrie”, MG 7, Beyrouth, 1902.
22. Debs, Mgr. Youssef, “L’unique Détaillé” Beyrouth, 1905, p. 361-368.
23. Communauté Patriarche Douaïhy, “Livret sur l’Eglise Notre Dame de Zgharta et le Patriarche Douaïhy ”, 1985.
24. Amicale Culturelle Patriarche Douaïhy, “Livret sur le Couvent Sarkis et Bakhos - Ehden et le Patriarche Douaïhy ”, 1986, p. 61.
25. Amicale Culturelle Patriarche Douaïhy, “Livret sur le Patriarche Douaïhy … ce qu’est devenue sa cause ”, 1989, p. 39.
26. Amicale Culturelle Patriarche Douaïhy, “Livret sur l’Epoque de Douaïhy le Grand”, Conférence du P. Youssef Yammine, 1990.
27. Amicale Culturelle Patriarche Douaïhy,“Livret sur la vie du Patriarche Douaïhy ”, Conférence du P. Youssef Yammine, 1990.
28. El-Rajji, Mons. Mikhaïl, “Livre de l’Histoire sur les périodes historiques et l’authenticité des copistes VIe siècle”, “Al-Machreq”, 1954, pp. 77-81. Republié dans “Al-Ousoul al-Tarikhiya”, 1958, pp. 232-237.
29. Rouphaïl, P. Boutros, “L’influence Maronite dans la conversion des Eglises Orientales”, édité par le qass Ignace Tannous El-Khoury, Alep, 1936, p. 101-102, 168-177.
30. Ristelhueber, René, “Les traditions françaises au Liban”, traduit par le qass Boulos Abboud, Beyrouth, 1920.
31. Sara, P. Boutros, “Douaïhy le Savant” dans “La lettre de la Paix”, 1926, pp. 289-298; 344-350 puis il a été publié à part.
32. Saadé, P. Ignace, “Les éditions des savants du Collège Maronite dans la Bibliothèque de la Congrégation des Missionnaires Libanais” “Recherches” 1985, pp. 197-203.
33. El-Samarani, P. Philippe, “Stéphan Douaïhy” “Al-Manara”, 1930, pp. 85-88.
34. El-Samarani, P. Philippe,“Les Maronites à l’Ile de Chypre”, Beyrouth, 1978, pp. 119-124.
35. Chebli, El-Khoury (Mgr) Boutros, “Aperçu général du livre “Al-Chartouniat Maronite” d’après le Patriarche Stéphan Douaïhy ” “Al-Machreq”, 1899, pp. 640-651.
36. Chebli, El-Khoury (Mgr) Boutros,“Traduit par Stéphan Douaïhy Patriarche d’Antioche”, Beyrouth, 1913, p. 258. Réédité par Mgr. Ignace Ziadé, Archevêque de Beyrouth, en 1970, p. 242.
37. Chalfoun, P. Boutros, “L’influence du Collège Maronite sur le renouvellement liturgique Maronite d’après les deux livres “Manarat Al-Aqdass” et “Al-Ritab” pour le Patriarche Stéphan Douaïhy ” “Etudes”, 1985, pp. 141-150.
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