Patriarch Estephan Douaihy

Reference: www.zgharta.com


The weekend edition of the Lebanese French language newspaper,L'Orient Le Jour includes an article on Patriarch Estephan Douaihy, reporting a recent visit to the holy valley of Qannoubine by Lebanese journalists, organized by the Maronite Church. It was led by Father Azzi, the appointed postulator of the cause for the canonization of the Patriarch. The article speaks of a simalar visit to Ehden, the birthpalce of the Patrirach, being planned.

The article and a English translation appears below.

L'Orient Le Jour

Journée spirituelle organisée à l’intention des journalistes
Dans la vallée sainte de Qannoubine… sur les pas du patriarche Stéphan Doueihy
L'article de Nada Merhi

«Elevez vos prières à l’intention de la canonisation du patriarche Stéphan Doueihy. » Dans la grotte de Sainte-Marina, dans la vallée sainte de Qannoubine, la voix du postulateur du procès de la canonisation du patriarche Doueihy, le père Paul Azzi, rompt le silence. Entouré de journalistes ayant répondu à l’appel lancé par la Fondation du patriarche Doueihy pour passer une journée dans la vallée sainte, le père Azzi explique que cette tournée s’inscrit dans le cadre des festivités organisées pour commémorer le 377e anniversaire du patriarche Doueihy, dont le procès en canonisation est à sa phase finale. Avec à l’ordre du jour trois stations : une rencontre avec le chef de l’ةglise maronite, Nasrallah Sfeir, pour lui remettre la Positio de sainteté du patriarche Doueihy, qui contient « la vie du serviteur du Dieu, ainsi que l’héroïcité des vertus, les guérisons et miracles rapportés par les fidèles », une visite au couvent de Notre-Dame de Qannoubine, où a vécu le patriarche, comme à la grotte de Sainte-Marina où sont enterrés dix-sept patriarches dont Stéphan Doueihy.

« Trois siècles après sa mort, le patriarche Doueihy est toujours présent dans les esprits », affirme à L’Orient-Le Jour le père Azzi, nommé postulateur du procès en août 2000 par le patriarcat et le synode maronites. « Les gens ne l’ont pas oublié, poursuit-il. Ils se rappellent ses vertus et les miracles qu’il a faits. C’est la raison pour laquelle, quand un homme de Dieu donne un signe de sa présence par des miracles, des grâces ou des guérisons extraordinaires qui lui sont attribués, le synode maronite ne peut pas négliger le procès. Dans le cas du patriarche Doueihy, le synode maronite a ainsi pris en considération tous les miracles qui lui ont été attribués et, en 2000, la décision a été prise de soumettre au Vatican la cause de la sainteté de Doueihy. Pourquoi 300 ans après sa mort ? Je pense parce que le XXIe siècle doit être marqué par l’exemple et la spiritualité du patriarche. Je pense aussi que ce procès en canonisation renferme un message sur le rôle d’un patriarche tant au niveau mondain que spirituel. Mais le patriarche Doueihy représente aussi un idéal, d’autant qu’il était historien, philosophe et théologien. Il a réorganisé la liturgie maronite et a été le lien entre l’Occident et l’Orient, puisqu’il était l’émissaire du pape auprès d’autres églises au Moyen-Orient. » Selon le père Azzi, le patriarche Doueihy avait un message à lancer. « Dieu n’envoie plus des prophètes, mais des saints, affirme-t-il. Dans le cas de saint Charbel, on constate cette vie d’ermite, de prière et d’intimité entre l’homme et Dieu. Avec Hardini, on voit un administrateur. Sainte Rafca est le symbole de l’amour de la Croix et du sacrifice pour la Passion du Christ. Le frère ةtienne Nehmé, dont le procès en canonisation est en cours, donne l’exemple d’un homme de fraternité, d’amour et de tendresse qui n’a pas hésité à venir en aide à des centaines de personnes et de familles délaissées au cours de la Première Guerre mondiale. En ce qui concerne le patriarche Doueihy, j’estime que c’est un appel pour réorganiser le patriarcat maronite, en ce sens qu’il s’agit surtout de construire et de conserver la foi des fidèles, d’autant que le rôle du patriarche, c’est d’être auprès de tout le monde. C’est ce que fait d’ailleurs le patriarche Sfeir qui incarne cette mission du patriarche Doueihy. »

Au couvent Notre-Dame de Qannoubine, la pièce qu’avait occupée le patriarche Doueihy durant ses années d’ermitage est un lieu de pèlerinage pour de nombreux fidèles. D’une simplicité et d’une modestie infinies, elle comporte deux fenêtres minuscules, l’une ouverte sur le Saint-Sacrement, l’autre sur la fresque de la Vierge Marie dont l’intercession auprès d’elle lui a permis de recouvrer la vue. Une troisième fenêtre donne sur la vallée sainte en signe de rencontre avec les quelque 800 ermites et moines qui avaient vécu dans cette vallée d’où s’élevait « un nuage d’encens les jours de fête ». Aujourd’hui, seuls trois ermites y vivent, dont un moine colombien.

Le procès en canonisation du patriarche Doueihy est à sa phase finale. L’enquête sera entamée bientôt, deux miracles ayant été retenus, l’un à Washington, l’autre à Beyrouth. Stéphan Doueihy sera le premier patriarche à être canonisé. « J’espère qu’il y aura d’autres procès, parce que le Liban mérite d’avoir des saints », insiste le père Azzi, précisant que d’autres visites seront organisées à Ehden (village natal du patriarche) et à Méouch dans le Chouf (où il s’est réfugié fuyant les persécutions), sur les pas du patriarche Doueihy.

Une vie imprégnée d’austérité et de foi

Né à Ehden, au Liban-Nord, le 2 août 1630, Stéphan Doueihy a suivi ses études dans l’école du village. Se distinguant par son intelligence et sa sagacité, il est envoyé par le patriarche Georges Omeyra, en 1641, à l’ةcole maronite de Rome, où il poursuit ses études jusqu’en 1655, date à laquelle il rentre au Liban avec à son actif un doctorat en théologie et plusieurs études approfondies sur le patrimoine de l’ةglise maronite.

Ordonné prêtre en 1656, Stéphan Doueihy fonde une année plus tard une école au monastère de Mar Yaacoub, à Ehden. Il y mène une vie d’ascète et d’écrivain avant d’être envoyé en 1658 à Alep. Au cours de cette même année, il est nommé missionnaire de la Congrégation pour la propagation de la foi en Orient. Nommé en 1660 visiteur patriarcal au Chouf et au Liban-Sud, Stéphan Doueihy est envoyé de nouveau, trois ans plus tard, à Alep, où il fonde l’ةcole maronite. Il y passe cinq ans à prêcher et à enseigner, contribuant au retour de nombreuses personnes à la foi catholique, si bien qu’il est nommé « Chrysostome ». En 1668, Stéphan Doueihy fait le pèlerinage de la Terre sainte avec les siens. De retour au Liban, il est sacré évêque de Chypre et désigné visiteur patriarcal des régions de Jubbet, el-Zawiyé et du Akkar. Il retourne à Qannoubine en 1670, date à laquelle il est élu patriarche, malgré sa réticence. Persécuté à plusieurs reprises par les dirigeants du pays, Stéphan Doueihy trouve refuge au monastère Mar Challita, à Ghosta, qu’il avait consacré siège patriarcal en 1673.

En 1680, il se rend au couvent Saint-Maron à Majdel Méouch, passant cinq années dans l’enseignement et la prière et poursuivant les recherches. Il retourne au monastère de Notre-Dame de Qannoubine en 1685, les dirigeants de Tripoli et de Jubbet s’étant engagés à ne plus l’importuner. Un engagement qui fait toutefois long feu, puisque le patriarche se rend de nouveau au monastère de Mar Challita, à Ghosta, en 1703. Il avait, entre-temps, ratifié les Constitutions de l’Ordre libanais et alépin, ainsi que les statuts des religieux antonins de saint Isaïe. Stéphan Doueihy retourne pour la dernière fois au monastère Notre-Dame de Qannoubine le 26 avril 1704 et y rend l’âme quelques jours plus tard (le 3 mai) succombant à sa maladie.

Auteur de plusieurs ouvrages de liturgie, d’histoire, de philosophie, de chants syriaques et de plusieurs traductions, Stéphan Doueihy a pratiqué, à l’instar de ses prédécesseurs, l’austérité, l’ascèse et la mortification. Il a prôné la justice et le droit, et passé de longues heures à prier et à méditer.

Google Translation

Spiritual day organized for the journalists
In the holy valley of Qannoubine… on the steps of the patriarch Stéphan Doueihy
The article of Nada Merhi

Raise your prayers for submission to the canonization of the patriarch Stéphan Doueihy. ” In the cave of San Marino, in the holy valley of Qannoubine, the voice of the postulator of the lawsuit of the canonization of the patriarch Doueihy, the father Paul Azzi, breaks silence. Surrounded journalists having answered the call launched by the Foundation of the Doueihy patriarch to spend one day in the holy valley, the Azzi father explains that this round lies within the scope them festivities organized to commemorate the 377e birthday of the Doueihy patriarch, whose lawsuit in canonization is with its final phase. With on the agenda three stations: a meeting with the chief of the Church Maronite, Nasrallah Sfeir, to give to him Positio of holiness of the Doueihy patriarch, who contains “the life of the servant of God, as well as the heroicity of the virtues, the cures and miracles reported by the faithful ones”, a visit with the convent of Notre-Dame de Qannoubine, where the patriarch lived, as to the cave of San Marino where seventeen patriarchs are buried of which Stéphan Doueihy.

“Three centuries after his death, the Doueihy patriarch is always present in the spirits”, affirms with the East it Jour the Azzi father, appointed postulator of the lawsuit in August 2000 by the patriarchate and the synod Maronites. “People did not forget it, continues it. They remember its virtues and the miracles which it made. This is why, when a man of God gives a sign of his presence by extraordinary miracles, graces or cures which are allotted to him, the synod Maronite cannot neglect the lawsuit. In the case of the patriarch Doueihy, the synod Maronite thus took into account all the miracles which were allotted to him and, in 2000, the decision was taken to subject to the Vatican the cause of the holiness of Doueihy. Why 300 years after its death? I think because XXIe century must be marked for the example and the spirituality of the patriarch. I also think that this lawsuit in canonization contains a message on the role of a patriarch as well on the level society man as spiritual. But the Doueihy patriarch represents also an ideal, the more so as he was a historian, philosophical and theologist. He reorganized the liturgy Maronite and was the bond between the Occident and the East, since he was the emissary of the pope near other churches in the Middle East. ”

According to the Azzi father, the Doueihy patriarch had a message to launch. “God does not send any more of the prophets, but saints, affirms it. In the case of holy Charbel, one notes this life of hermit, prayer and intimacy between the man and God. With Hardini, one sees an administrator. Sainte Rafca is the symbol of the love of the Cross and the sacrifice for the Passion of Christ. The brother ةtienne Nehmé, whose lawsuit in canonization is in hand, gives the example of a man of fraternity, love and tenderness who did not hesitate to come to assistance of hundreds of people and families forsaken during the First World War. With regard to the Doueihy patriarch, I estimate that it is a call to reorganize the patriarchate Maronite, in the sense that it is a question especially of building and of preserving the faith of the faithful ones, the more so as the role of the patriarch, it is to be near everyone. It is what does besides the Sfeir patriarch who incarnates this mission of the Doueihy patriarch. ”

With the convent Notre-Dame de Qannoubine, the part which had occupied the Doueihy patriarch during his years of hermitage is a place of pilgrimage for the many faithful ones. Of an infinite simplicity and a modesty, it comprises two tiny windows, one open on the Blessed Sacrament, the other on the fresco of the Virgin Mary of which the intercession near it enabled him to recover the sight. A third window gives on the holy valley as a sign of meeting with the few 800 hermits and monks who had lived in this valley from where rose “an incense cloud the feastdays”. Today, only three hermits live there, of which a Colombian monk. The lawsuit in canonization of the Doueihy patriarch is with his final phase. The investigation will be started soon, two miracles having been retained, one in Washington, the other in Beirut. Stéphan Doueihy will be the first patriarch with being canonized. “I hope that there will be other lawsuits, because Lebanon deserves to have saints”, insists the Azzi father, specifying that other visits will be organized in Ehden (native village of the patriarch) and in Méouch in Chouf (where it took refuge fleeing persecutions), on the steps of the Doueihy patriarch.

An impregnated life of austerity and faith

Born in Ehden, to Lebanon-North, on August 2, 1630, Stéphan Doueihy followed its studies in the school of the village. Being characterized by its intelligence and its sagacity, it is sent by the patriarch George Omeyra, in 1641, at the School Maronite of Rome, where it continues his studies until 1655, date on which it returns to Lebanon with to his credit a doctorate in theology and several in-depth studies on the inheritance of the Church Maronite.

Ordered priest in 1656, Stéphan Doueihy melts one year later a school with the monastery of Mar Yaacoub, in Ehden. It carries out to it a life of ascetic and writer before being sent in 1658 to Alep. During this same year, it is named missionary of the Congregation for the propagation of the faith in the East. Named in 1660 patriarchal visitor in Chouf and the Lebanon-South, Stéphan Doueihy is sent again, three years later, in Alep, where it melts the School Maronite. It spends five years there to be preached and teach, contributing to the return of many people to the catholic faith, so that it is named “Chrysostome”. In 1668, Stéphan Doueihy makes the pilgrimage of the Holy Land with his. Of return to Lebanon, it is crowned bishop of Cyprus and is indicated patriarchal visitor of the areas of Jubbet, el-Zawiyé and of Akkar. It turns over to Qannoubine in 1670, date on which it is elected patriarch, in spite of its reserve.

Persecuted on several occasions by the leaders of the country, Stéphan Doueihy finds refuge with the monastery Mar Challita, in Ghosta, which it had devoted patriarchal seat in 1673.

In 1680, it goes to the Saint-Maron convent in Majdel Méouch, spending five years in teaching and the prayer and continuing research. It turns over to the monastery of Notre-Dame de Qannoubine in 1685, the leaders of Tripoli and Jubbet being engaged more to importune it. An engagement which makes however long fire, since the patriarch goes again to the monastery of Mar Challita, in Ghosta, in 1703. It, meanwhile, had ratified the Constitutions of the Lebanese Order and alépin, as well as the statutes of the monks antonins of Isaïe saint.

Stéphan Doueihy turns over for the last time to the monastery Notre-Dame de Qannoubine on April 26, 1704 and returns there the heart a few days later (on May 3) succumbing to its disease.

Author of several works of liturgy, history, philosophy, songs syriaques and several translations, Stéphan Doueihy practised, like his predecessors, the austerity, the asceticism and mortification. He preached the justice and the right, and passed of long hours to request and meditate.

Nada Merhi